fermer... MAISON DE L’ÉTUDIANT
Trait d’union sur le campus
s Les jeunes diplômés innovent
Le concours «En PoitouCharentes, les jeunes diplômés innovent», créé par la Région, devrait donner de l’élan à ceux qui, à la sortie d’une école ou de l’université, caressent le rêve de créer leur propre entreprise. Les initiatives les plus innovantes et économiquement viables seront sélectionnées par un jury. Les lauréats recevront 25 000 F pour le lancement de leur projet assorti d’un accompagnement dans une structure adaptée à leurs compétences ou d’une bourse de 9 000 F attribuée dans le cadre d’une formation à la création d’entreprise.
L
s Vélo campus
Pratique, facile à stationner et non polluant, le vélo est en vedette sur le campus de l’Université. Le District de Poitiers met en circulation trente bicyclettes pour promouvoir ce mode de déplacement chez les étudiants. Pour 30 F par mois, ceux-ci peuvent utiliser librement des vélos peints aux couleurs du District, en semaine comme le week-end, toute l’année et même durant les vacances. L’étudiant doit par contre veiller à l’entretien de son vélo, de même que remplir un carnet de bord indiquant les parcours et les différents problèmes d’usage. La faculté des sciences du sport pourra ainsi utiliser ces observations pour étudier les modes d’utilisation du vélo sur le campus et en ville.
La Rochelle : le doyen défend sa fac
«
elon toute probabilité, La Rochelle restera une université de petite taille. Il appartient à ses responsables et à l’ensemble de sa population de prouver qu’on peut être petit mais original et soucieux de l’avenir». Les experts du Comité national d’évaluation, qui ont ausculté l’université, ont pointé ses atouts : «constructions modernes et de qualité, personnel qui a su garder le dynamisme des pionniers», et ses insuffisances : «isolement universitaire, insuffisance de moyens, absence de projet collectif». Sur les difficultés de la fac de droit, ils évoquent la nécessité pour celle-ci de se renforcer en «favorisant la stabilisation des en-
Alain Rezzoug
a construction de la Maison de l’étudiant, à l’extrémité est du campus universitaire de Poitiers est sur la bonne voie. Jusqu’à maintenant, tout laisse croire que les échéanciers seront respectés : fin des travaux extérieurs en mars et aménagement intérieur au cours du printemps. Cette maison se veut un espace d’échange entre les étudiants de différentes disciplines, mais aussi une occasion d’améliorer leur vie culturelle. La Maison de l’étudiant avec une aire d’information et de communication, un lieu festif et culturel, constituera un carrefour d’animation sur le campus dès la rentrée 1998. Œuvre des architectes Gérard Lancereau et Bénédicte Meyniel, le bâtiment, donnant sur l’avenue du Recteur Pineau, est formé de trois parties. Les bureaux administratifs regroupent les services du Crous et du SCUIO, ainsi que des salles de réunion pour les associations étudiantes. A l’autre extrémité, se situe une salle de spectacle polyvalente accompa-
gnée d’une salle de répétition et des loges. Ces deux espaces seront reliés par un passage couvert dans lequel se tiendra un bar donnant sur une terrasse extérieure. «Malheureusement, le directeur de ce nouvel établissement tarde à être nommé», affirme Daniel Lhomond, adjoint au maire chargé de l’Université. La charge première du responsable sera de planifier les activités de l’inauguration en octobre prochain et pour l’année scolaire 1998-1999. Selon Christian Cormier, chargé de mission à l’Université, le directeur devrait rentrer en fonction en
avril ou en mai. La Ville de Poitiers et l’Etat ont investi chacun 10 MF pour mettre sur pied cette maison dont la gestion sera assurée par l’Université. La création de la Maison de l’étudiant est une étape importante de la restructuration du campus, à laquelle succédera la rénovation du restaurant universitaire Champlain. Les étudiants semblent voir d’un bon œil cet établissement qui comblera certainement un manque sur le domaine universitaire, et espèrent surtout être impliqués dans le conseil d’administration.
Emmanuelle Bergeron
S
seignants et en permettant un embryon de développement d’une recherche de qualité sur place». Jean-Marie Garrigou-Lagrange, doyen de la fac, a tenu à répondre au constat des experts du CNE, dont le rapport, estime-t-il, «ne rend qu’imparfaitement compte du fonctionnement de notre faculté». D’une part, relève-t-il, «un certain nombre de changements se sont produits» depuis l’évaluation du CNE, dont les sources d’information remontent au plus tard au début de 1997. A l’époque de leur visite, «plusieurs emplois de professeurs n’étaient pas pourvus, faute de candidats. Il n’en est plus de même cette année, tous nos emplois sont occupés», écrit le
doyen, qui poursuit : «les filières d’enseignement sont actuellement incomplètes, faute de troisième cycle. L’université vient de déposer au ministère deux dossiers de demande d’habilitation pour des DESS en droit, qui ouvriront à l’automne prochain. Dans le domaine de la recherche, l’Université a déposé en décembre un dossier pour obtenir la reconnaissance de deux équipes de recherche constituées à la faculté et un soutien à la réalisation des programmes de recherche élaborés par ces deux équipes. Une faculté ne se construit pas en un jour. La nôtre a moins de cinq ans. Elle n ’ e s t pas achevée, mais elle Jean Roquecave avance».
4
L’Actualité Poitou-Charentes – N° 39
COLLOQUES
Marc Deneyer
PUBLICATION
La notion de pays
Créés par la loi d’orientation pour l ’ a m é n a g e m e n t du territoire promulgée enn 1995, les «pays» relèvent-ils d’une nouvelle conception de l’aménagement du territoire révélant la cohérence d’un espace vécu, ou constituent-ils une structure supplémentaire, dépourvue de budget et de pouvoir de décision ? En quoi ce nouveau découpage territorial peut-il permettre aux acteurs locaux d’imaginer des a c t i o n s de développement innovantes ? Pour répondre à ces questions, le laboratoire Iteem organise un séminaire le 4 juin 1998 à la Maison des sciences de l’homme et de la société de l’Université de Poitiers. Ce séminaire doit rassembler des intervenants d’horizons géographiques et professionnels variés. Date limite de propositions : 15 mars (Samuel Arlaud et Michel Périgord).
Les adresses e-mail de la MSHS fonctionnent ainsi : prénom.nom@mshs.univ-poitiers.fr
Textes, documents et nouveaux médias
Les nouveaux médias sont-ils de formidables instruments d’enrichissement du savoir, ou peuvent-ils entraîner la disparition des connaissances accumulées dans les livres ? Quels sont les bouleversements à l’œuvre concernant la lecture, l’écriture ou les processus traditionnels de diffusion de l’information scientifique ? Ces deux questions sous-tendaient le colloque organisé l’an passé à l’Université de Poitiers par la Maison des sciences de l’homme et de la société qui vient d’en publier les actes. Cette réflexion scientifique interdisciplinaire peut intéresser les chercheurs et les étudiants, mais aussi les documentalistes et les professionnels de l’information et de la communication.
Ed. Atlantique et MSHS, 200 p., 145 F.
La Vienne, à 6 km de sa source.
Le pôle environnement prend sa source à Poitiers
De plus en plus de laboratoires de recherche sont impliqués dans des projets liés à l’environnement ou sont confrontés au respect de nouvelles normes environnementales. Pourquoi ne pas regrouper autour d’un même axe les différentes recherches qui touchent à l’environnement ? C’est ce à quoi s’attache le président de l’Université de Poitiers, Alain Tranoy. La gestion de l’environnement passe non seulement par les domaines scientifiques tels que la chimie, la biologie et l’ingénierie, mais aussi par le travail des économistes et des juristes. Un rapport, produit par Pierre Gravelle du CNRS, a permis de répertorier le potentiel d’un tel projet, réparti à travers plusieurs disciplines sur le campus. L’Esip et le laboratoire de catalyse et chimie fine y seront particulièrement impliqués. Comme l’explique Alain Tranoy, «l’objectif du pôle environnement est d’abord d’associer la recherche effectuée dans différents domaines liés à l’environnement». Le projet permettra aussi de mettre au point des filières mixtes afin de fournir des réponses aux demandes provenant de l’extérieur, comme par exemple des problèmes de gestion de l’eau ou de traitement des déchets des communautés autour de Poitiers. Eventuellement, il sera possible de réunir d’autres universités qui possèdent certaines secteurs forts en liaison avec ce domaine, comme celles de La Rochelle, Limoges, Nantes, Orléans, etc. A plus long terme, il sera intéressant de développer un partenariat avec certains pays étrangers comme l’Argentine, le Vietnam ou l’Afrique de l’Ouest, où des contacts ont déjà été établis. Le projet de pôle environnement sera mis en évidence comme une des priorités pour les deux années restantes du contrat de l’Université avec l’Etat. E B
Psychologie du sport
La faculté des sciences du sport et la MSHS accueillent les 19 et 20 mars 1998 les Journées nationales d’étude de la Société française de psychologie du sport. Renseignements : Y. Blandin, tél. 05 49 45 33 43
Technologies et connaissance dans la mondialisation
Une conférence internationale sur ce thème se tiendra à la MSHS du 9 au 11 septembre 1998, organisée par le Grief et Migrinter-IERS-TIDE en collaboration avec l’EPEE (Université d’Evry) et le Larea-Cerem (Paris X). Renseignements à la faculté des sciences économiques.
La morphologie
Une école d’été CNRS sur le thème «La morphologie : des systèmes aux traitements» se tiendra à la MSHS du 24 au 28 août. Sont concernés : les chercheurs, enseignantschercheurs et étudiants travaillant dans les domaines de la linguistique, psycholinguistique, neuropsychologie, neurolinguistique et simulation informatique.
Suite / Série / Séquence
Du 12 au 14 mars 1998, à la MSHS et au château d’Oiron, le Collège international de philosophie et le groupe «Lisible/Visible» (Forell) de l’Université de Poitiers organisent un colloque sur le thème : «Suite / Série / Séquence». Renseignements : Liliane Louvel, tél. 05 49 45 46 33
L’Actualité Poitou-Charentes – N° 39
5
La frise sculptée du Roc-aux-Sorciers
Angles-sur-l’Anglin, dans la Vienne, la frise sculptée du Roc-aux-Sorciers est l’un des chefs-d’œuvre de l’art pariétal magdalénien. Dans un abri sous roche, cette frise de dixhuit mètres de long forme un ensemble unique par sa richesse en figurations animales – bisons, chevaux, bouquetins – et surtout humaines. En effet, tous les préhistoriens connaissent les quatre «Vénus» grandeur nature d’Angles. Deux femmes, Suzanne Cassou de Saint-Mathurin et Dorothy Garrod, ont fouillé le site entre 1947 et 1964. Deux autres femmes, Ludmila Iakovleva et Geneviève Pinçon, ont poursuivi les recherches depuis 1993, après le décès de Suzanne Cassou de SaintMathurin qui légua le terrain à l’Etat et le matériel archéologique issu des fouilles au musée national des Antiquités historiques de Saint-Germain-en-Laye. La publication de la synthèse de leurs recherches est d’autant plus précieuse que l’accès à cet abri sous roche est interdit. Des moulages ont bien été réalisés par le ministère de la Culture mais aucun n’est encore exposé. Reste à construire un bâtiment dans le village – l’un des plus beaux de France –, pour mettre en valeur ce patrimoine exceptionnel. Un projet existe. Il tarde. En attendant, cet ouvrage, qui présente pour la première fois le relevé détaillé de la frise, les photographies de chaque élément, leur description et leur interprétation, permettra de saisir le grand art des sculpteurs et graveurs qui vivaient dans la vallée de l’Anglin il y a 14 000 ans. Ed. CTHS et RMN, 168 p., 320 F.
La cité sous le verger
Au cœur de Poitiers, les archéologues exhument un quartier gallo-romain
Marc Deneyer
D
e longs alignements en briques rouges, une cave où l’on distingue nettement un soupirail, ou encore un profond bassin pour recueillir l’eau de pluie... Les vestiges gallo-romains qui viennent d’être mis au jour sur le chantier archéologique de l’ancien parking du Calvaire, au cœur de Poitiers, ont de quoi impressionner par leurs dimensions et leur état de conservation. Le quartier du Calvaire, du nom du couvent des Filles du Calvaire, fondé en 1682 sur ordre de Louis XIV et situé à l’emplacement de l’actuelle Trésorerie générale, avait déjà révélé d’autres vestiges, notamment un bassin et d’importantes quantités de coquilles d’huîtres, découverts en 1888, et une demeure urbaine gallo-romaine, mise au jour avec la construction de la Trésorerie en 1973. Aujourd’hui, ce chantier précède, comme la loi l’exige, la construction d’un ensemble immobilier baptisé Clos des Carmes. «Ce site était au cœur d’un quartier résidentiel gallo-romain assez luxueux, à l’intérieur du rempart de Poitiers, au temps du BasEmpire, explique Luc Bourgeois, conservateur du patrimoine à la Direction régionale des affaires culturelles. Puis ce fut un îlot médiéval peu construit. Et depuis au moins mille ans, la zone est
occupée par des jardins et des v e r g e r s . Nous avons donc la chance d’avoir des vestiges bien conservés et sur une zone assez vaste.» Le chantier, financé par l’aménageur du projet avec l’aide de la ville de Poitiers, de la Drac et de l’association des archéologues de Poitou-Charentes, pourrait ainsi se révéler d’importance. «Nous avons découvert une rue, raconte le conservateur, ce qui va nous donner des informations sur l’organisation du quadrillage de la ville, pour lequel n’existent encore que des hypothèses. Et puis, nous aurons au moins un plan de maison complet, qui nous permettra de comprendre le fonctionnement de l’ensemble d’un habitat et d’apprécier la façon dont les Poitevins ont adapté la maison pompéenne à leur environnement.»
Une rue et des maisons
La rue, de 6,5 m de large, orientée nord-est – sud-ouest et perpendiculaire à la Grand-Rue, date probablement des débuts de l’occupation du quartier, dans les premières décennies de notre ère. Elle conditionne l’orientation des bâtiments qui lui sont postérieurs. Ainsi, à l’est de cette voie, un couloir de service de 15 m de long, qui met en évidence la présence d’un grand bâtiment, de-
vait alimenter le foyer d’une pièce chauffée, comme des bains publics ou privés. A l’ouest de la rue, on commence à distinguer le plan d’une maison privée, où une galerie couverte entourait une petite cour avec une citerne recueillant les eaux de pluie, pour l a consommation quotidienne d’eau. On peut voir très distinctement une très belle cave conservée sur toute sa hauteur, avec des enduits encore en place et un soupirail qui la relie à la rue. Cette cave avait ensuite été comblée avec un tas de matériaux et, parmi eux, les archéologues ont découvert un laraire en pierre, niche sculptée pour recevoir une statuette religieuse, un bloc de pierre représentant une déesse mère assise dans un fauteuil, de nombreux fragments de poterie, des épingles en os ou encore une palette à fard en bronze et sa spatule. Ils ont également retrouvé cinq sépultures de nouveaux-nés dans un espace restreint de la maison. Toutes ces données ainsi q u e des milliers d’autres recueillies sur le chantier seront décrites, enregistrées, triées, étudiées car, dès la mi-mars, débutera la construction du projet immobilier. D’ici là, le public peut accéder à un belvédère implanté sur le site, près de la Trésorerie, jusqu’à la fin des fouilles.
Cécile Poursac
6
L’Actualité Poitou-Charentes – N° 39
Les Quatre saisons de Chopinot
Pour sa nouvelle création, Régine Chopinot a choisi la version des Quatre saisons de Vivaldi enregistrée par Fabio Bondi et l’ensemble Europa Galante. «Ça a été le choc, raconte la chorégraphe du Ballet Atlantique. Comme si le côté caché de l’œuvre se trouvait d’un coup en phase avec tout mon travail sur la perception et les sens, ces voies de connaissance bien émoussées aujourd’hui en Occident…» Une interprétation qu’elle juge fantastique pour la danse : «C’est un travail sur l’énergie et sur l’espace… C’est vraiment pour nous. Cette musique accepte aussi bien le travail d’épure, d’écoute, de lenteur, mais aussi tout ce qui est rythmique.» Les Quatre saisons de Régine Chopinot commencent par l’hiver, «où tout se prépare à surgir». Quatre saisons colorées et sensuelles reliées aux quatre âges de la vie.
Du 5 au 8 février à la chapelle Fromentin, La Rochelle.
Ars Nova et Miss Nobody
Récemment installé à Poitiers après La Rochelle, l’ensemble instrumental Ars Nova enregistre la musique du dernier spectacle d’Anne Torrès, Miss Nobody. Musique signée Ahmed Essyad, sous la direction de Philippe Nahon. Trois musiciens seront d’ailleurs sur scène, pour interpréter notamment les rôles d’un ange boxeur (chanté par Alexandre El Komos, haute-contre) et d’un agent municipal. Anne Torrès a présenté plusieurs de ses créations à Poitiers. Elle revient au Théâtre-Scène Nationale et retrouve Claire Lasne (on se souvient de la superbe Expédition Rabelais) dans le rôle de Velma. Qui est Velma ? Une pute blafarde qui se soûle au J&B, se pique à l’héroïne et se raconte à un faux chien qu’elle tient au bout d’une corde ? «Un pot de peinture qui tortille du cul les yeux dans le vide» ? Elle aimerait bien tenter un nouveau départ avec une Anne Torrès nouvelle robe (une robe de théâtre), un nouveau nom (elle s’est baptisée Miss Nobody parce que «nobody’s perfect»). Avec Jo ? Qui est-il d’ailleurs ? Son souteneur ? Son dealer ? L’homme de sa vie ou celui de sa mort ? Anne Torrès raconte l’histoire de ce couple aux prises avec cette chienne de vie. Un couple qui se fait des scènes qu’on se fait pour exister, comme au théâtre. D’un fait divers noir, elle fait une tragédie. Une tragédie poétique et déglinguée qui se déroule dans un entre-deux indéfinissable, entre l’humour et le drame, entre la cruauté et la tendresse, entre l’imaginaire et le réel, entre la vie et la mort. Les 31 mars, 1er et 2 avril au centre de La Blaiserie à Poitiers. L’ensemble Ars Nova donnera un concert le 17 mars à l’auditorium Saint-Germain de Poitiers dans le cadre des Contempo... Reines, organisées par le Conservatoire national de Région. La musique d’Ahmed Essyad sera interprétée par quatre solistes (violon, alto, violoncelle, contrebasse), les professeurs et les grands élèves du conservatoire, sous la direction de Philippe Nahon.
s Combat de nègre et de chiens
Brigitte Foray fut à plusieurs reprises l’assistante de Stuart Seide. Le directeur du Centre dramatique Poitou-Charentes sait donc à qui il a affaire en produisant Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès. Le spectacle sera créé à la Scène nationale de Poitiers du 7 au 11 mars, à Beaulieu. Ce texte, écrit à l’occasion d’un voyage en Afrique dans une période troublée, vibre de l’extrême sensibilité de l’auteur à cet environnement étrange et inquiétant. Brigitte Foray le qualifie de «variation sur le thème du rapport de force entre deux personnes».
s Concerto pour clarinette
La clarinette tient le rôle principal de la série de concerts proposés par l’Orchestre Poitou-Charentes en mars. Au programme, sous la direction de Pascal Verrot et avec le soliste clarinettiste Philippe Berrod : un des chefs-d’œuvre pleins d’allégresse de la fin de vie de Mozart, le Concerto pour clarinette, ainsi que sa Symphonie n° 40 en sol mineur, dont l’énergie et la violence en font une exception. L’œuvre contemporaine a été confiée à Laurent Cuniot. Il s’agit de la création mondiale du Concerto pour clarinette. Laurent Cuniot avait déjà créé Verrà la morte en 1995 avec la voix de Sylvia Marini et l’Orchestre Poitou-Charentes. Les 24 mars à Angoulême, 26 à Poitiers, 27 à La Couarde-en-Ré, 28 à Marennes, 29 à Rochefort.
Le mot résonne comme une formule magique. Shazam ! ouvre des portes sur l’espace désorganisé, dédoublé, transformé par Philippe Decouflé. Ça commence comme au cinéma : dans le noir, a v e c au loin des images… Shazam !, une histoire de fantômes danseurs, dans un drôle de théâtre, qui jouent à nous faire peur, à nous rouler dans la farine magique qui est le pain quotidien de Philippe Decouflé et de ses petits camarades de la compagnie D.C.A. Chorégraphie de doigts, de pieds, d’oreilles, de paupières ; des perspectives et des déformations, des modifications de profondeur de champ, des gros plans : Decouflé s’amuse avec l’apparence et l’illusion pour créer des visions aussi ludiques que poétiques.
Répétitions et création à la Coursive, Scène nationale de La Rochelle du 5 au 11 mars.
Mytilus
La formule magique de Decouflé
s De l’air avec Claude Magne
Chorégraphe en résidence au Conservatoire de Poitiers, Claude Magne, co-fondateur avec Anne Maurin de la compagnie Robinson, va créer De l’air, de l’air !, les 19 et 20 mars au centre de Beaulieu dans le cadre des 9e rencontres musique et danse Contempo...Reines .
L’Actualité Poitou-Charentes – N° 39
7
s Frac Poitou-Charentes
Le Fonds régional d’art contemporain PoitouCharentes et celui de Provence-Alpes-Côte d’Azur échangent leurs collections. A Angoulême (18 février-25 avril), l’exposition s’ouvre sur la manière dont les relations sociales sont induites par l’architecture et l’urbanisme, et présente aussi des “sculptures” dérisoires, dessins intuitifs, silhouettes peintes évanescentes, photographies de visages qui portent la trace d’une vie tourmentée. Ces œuvres suggèrent un monde dont la fragilité, la modestie et l’humilité jouent comme la mise en cause d’une société dominée par la consommation, l’efficience et l’arrogance des certitudes. A Saintes (9 mars-31 mai), le musée de l’Echevinage a opéré une sélection de peintures et dessins de la génération actuelle. s MARC DENEYER À TOULOUSE La galerie du Château d’eau à Toulouse, haut lieu de la photographie en France, consacre une exposition rétrospective à Marc Deneyer, du 7 janvier au 16 février. s HISTOIRE DE LA PHOTO Sous le titre générique de Etant donné l’âge de la lumière, Alain Fleig a publié chez Ides et Calendes deux volumes intitulés : Photographie et surréalisme, Naissance de la photographie comme média. Chez le même éditeur, Alain Fleig a déjà publié l’an dernier un superbe ouvrage sur la photographie orientaliste (1860-1914) : Rêves de papier. s FRANCK GÉRARD AU CONFORT MODERNE Après avoir présenté les «Méthodes» d’Ariane Combe Duchâteau, un travail sur les noms propres, les mots, les glissements de sens et les définitions du dictionnaire (jusqu’au 20 février), le Confort Moderne organise la première exposition à Poitiers de Franck Gérard. La marche conduit ce photographe à la frontière de sites industriels et “naturels”, docks, ports, friches, etc.
Photographie de Keiichi Tahara, au musée de Rochefort
Surfaces sensibles
L
’histoire et l’identité d’une ville sont une conjonction v a r i é e d’architectures, d’environnements, d’événements, d’activités, au centre desquels on retrouve toujours le genre humain. C’est cette épaisseur humaine que Pierre Bour, Christian Vernou et Gaby Marcon, conservateurs des musées de Cognac, Saintes et Rochefort, ont choisi de mettre en valeur et d’exposer dans leurs musées respectifs sous le titre de «Surfaces sensibles». «Depuis 1996, souligne Gaby Marcon, conservateur du musée d’art et d’histoire de Rochefort, nous nous attachons au travers de l’art contemporain à faire pénétrer l’histoire de nos villes dans nos musées afin d’éveiller et de retenir l’intérêt et la sensibilité du public. Cette histoire ne repose pas uniquement sur le patrimoine, sur le bâti. Elle s’écrit aussi quotidiennement par les habitants de la cité, d’un quartier. C’est ce que nous avons voulu montrer.» Cette exposition est l’aboutissement d’un projet artistique de qualité conduit tout au long de l’année 1997, reliant trois artistes photographes à trois quartiers populaires de chaque ville.
Dans le quartier de Crouin à Cognac, Olivier Menanteau s’est fondu dans le quotidien de jeunes adolescents, du pied des immeubles aux salles de classes, terrains de sport, jusqu’aux rivages atlantiques du camp de surf des vacances d’été. Trente grands formats couleur épinglent des moments de vie où se tissent histoires collectives et personnelles. A Saintes, dans le quartier de Saint-Eutrope, Christian Robert a rencontré de jour les habitants qu’il photographiait la nuit dans leurs territoires familiers : Adrien parmi ses peluches, la boulangère entre croissants et baguettes, l e bistrotier sous pression, Emmanuelle dans son jardin de lys... Vingt-deux portraits noir et blanc, souvent austères, animés de moirures de lumière artificielle. A Rochefort, l’artiste japonais Keiichi Tahara semble avoir restitué l’essence d’un quartier, le Petit Marseille. Accrochées à hauteur du regard, 140 paires de mains, photographiées en noir et blanc, bordent les murs du musée. Portraits anonymes d’une humanité agissante, ces éclosions de mains de femmes, d’hommes, d’enfants témoignent de conditions de travail, de
vie, d’états de solitude, de tendresse, de fragilité... Au sol, au centre de la salle, sur un lit de terre du marais, Keiichi Tahara a composé un jardin de lumière et de mémoire. Serrée entre une immense pierre de Rochefort, une porte rouillée de l’arsenal et une ligne de lumière, dans une architecture en briques de verre, une vidéo laisse entendre des voix d’enfants et le murmure de la Charente sur lesquels défilent mille images de personnes, d’objets, d’événements, saisies par l’artiste ou transmises par les habitants eux-mêmes, traces de leur propre histoire. Une histoire riche et sensible, d’un quartier construit en 1963 pour accueillir cinquante familles rapatriées d’Algérie. Il y a maintenant quatre cents familles. Keiichi Tahara est entré dans la profondeur de ces univers. «En tant que Japonais, j’étais plus étranger que jamais», dit-il. L’attention portée par les Rochefortais à cette œuvre indique que quelque chose a vraiment changé. On se rend en bus du quartier au musée.
Dominique Truco
Expositions à Cognac jusqu’au 9 mars, à Saintes jusqu’au 8 février, à Rochefort jusqu’au 15 avril.
8
L’Actualité Poitou-Charentes – N° 39
s Fille de la Terre
Fille de la Terre, de Geneviève Proust-Bouffard, propose un témoignage rétrospectif sur une enfance paysanne dans le pays Mellois d’il y a quelques décennies. On y trouve donc ces évocations «attendues» – mais non point fastidieuses pour autant – de paysages d’autrefois, de pratiques agricoles révolues, de Noëls plus sobres qu’aujourd’hui (la «merveille» de simples crayons de couleur...), de l’imposition du moule scolaire («une annihilation culturelle délibérée»), du refoulement humiliant du parler paysan. «Victoire» – ou tout au moins «Mémoire» – de ce dernier, du reste, au gré des nombreuses transcriptions effectuées par l’auteur. Un charme particulier s’attache en outre à ce récit, car il donne également à lire, authentique, émouvant, un travail de deuil à l’égard de parents prématurément disparus, auxquels l’écriture autorise l’offrande d’un hommage pudique. A E
Geste Editions, 204 p.
CENTRE DRAMATIQUE POITOU-CHARENTES
Stuart Seide prend le nord
L
e directeur du Centre dramatique Poitou-Charentes quitte Poitiers pour Lille. Nommé par le ministre de la Culture, Stuart Seide prendra la direction du Centre dramatique national de Lille-Tourcoing, à compter du 1er juillet, et pour trois ans, succédant ainsi à Daniel Mesguich. Belle promotion pour le metteur en scène d’origine newyorkaise qui avait pris ses fonctions à Poitiers en 1992. En cinq ans, Stuart Seide a fait parler, non seulement de lui, mais aussi de la région. On lui doit huit pièces (mises en scènes ou interprétations), Mood Pieces de Tennessee Williams, Henri VI de Shakespeare (joué dans la cour d’honneur du Palais des Papes à Avignon et prix de la critique), Le Grain et la Balle d’après Beckett, Faustus de Marlowe, La Dernière Bande de Beckett, L’Anniversaire d’Harold Pinter, Le Régisseur de
La Tragédie de Macbeth, Valérie Marchant, Jacqueline Bollen, Hélène Theumissen.
la Chrétienté de Sebastien Barry et La Tragédie de Macbeth de Shakespeare. Il a également coproduit plusieurs créations, favorisant l’émergence de nouveaux talents (Claire Lasne, Julie Brochen...) parmi ses élèves du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris. En mars, le Centre dramatique coproduit le spectacle de Brigitte Foray, Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès. Sa dernière mise en scène, La Tragédie de Macbeth, achève sa
Marie-Françoise Plissart
tournée tandis que débute fin février celle du Régisseur de la Chrétienté, avec trois semaines au Théâtre de la Ville à Paris. Le futur patron du CDN de LilleTourcoing aura à mettre en place un «grand pôle de formation initiale qui fait défaut au nord de la France», en plus de la mission traditionnelle d’un CDN, de création, de développement du public, de l’accueil et de l’accompagnement de jeunes metteurs en scène.
Laurence Chegaray
s L’ABCdaire des déser ts
Dans la collection L’ABCdaire, Jean-Loïc Le Quellec et Guy Barthélémy cosignent un ouvrage consacré aux déserts. Les hasards de l’ordre alphabétique – c’est la «règle du jeu» de la collection – font ainsi se succéder entrées géographiques, ethnographiques ou artistiques (Kara-Koum voisinant par exemple avec irrigation et Lawrence d’Arabie) ; autant d’invites à la découverte, à la mémoire (ces films, ces tableaux, ces livres... mais nous les connaissons !), à l’aimable rêverie teintée de mélancolie enfin, tissant, subreptice, la toile d’une nécessité intime ou métaphysique – poétique, à tout le moins. Peu de risque de s’égarer, pourtant, en ce parcours initiatique : introduction, notes, index, cartes, renvois guident judicieusement le lecteur. Une superbe iconographie parachève l’ensemble. A E Flammarion, 120 p., 59 F.
Lettres du temps qui passe
P
endant un an et demi, de février 1995 à octobre 1996, deux femmes s’écrivent. Ce sont deux femm e s réelles, deux «femmes d’aujourd’hui», parvenues à ce temps de la vie que les petitsenfants commencent à ensoleiller de leurs sourires. Toutes deux épouses de chefs d’entreprises – avec d’amers revers pour l’un, avec d’apparents succès pour l’autre (à «preuve» : une carrière politique qui s’esquisse...) – elles évoquent effectivement les joies et les peines de ce «temps qui passe», qui « passe» si mal pourtant, parfois... En vérité, on pourra être agacé par ces échanges épistolaires aux termes choisis, à l’amitié sans nuage véritable, par ces intérêts
ou ces activités para-artistiques f l e u r a n t bon la province «culturellement correcte» (Bobin, Comte-Sponville...) où les ateliers d’écriture font songer aux b o n n e s œuvres d’antan, par l’artificialité, voire l’incongruité sans vergogne – inconsciente ? – du projet éditorial lui-même, par ces deux «bourgeoises» en somme, où d’aucuns, assurément aigris eux-mêmes, pourraient se plaire à déceler deux avatars vendéens de néo-bovarysme... En vérité, pour peu que l’on parvienne à remiser ces agacements initiaux, on sera surpris de se trouver si sourdement, si justement touché par ces missives, où la référence personnelle, l’autobiographie l’emportent peu à peu. Une fois de plus, la singularité,
l’histoire individuelle sont ici le moyen privilégié d’accéder à l’universel ; de créer, de forcer la sympathie, au sens propre du terme. Les doutes, les attentes, les tourments, les fatigues de Lise sont-ils si loin des nôtres ? Les attentions, le plaisir de ces belles et bonnes «tasses de thé», la lucide finesse, la célébration de la vie dans l’étonnement renouvelé, chez Régine, nous sont-ils si étrangers ? La poésie, enfin, est en ces lettres plus qu’une référence. Phrases et mots y font entendre souvent une de ces «petites musiques» où l’oreille et le cœur aiment à s’attarder.
Anne Exeter
Par Régine Albert et Lise Cassin, Geste Editions, 237 p.
L’Actualité Poitou-Charentes – N° 39
9
s Entreprendre en Poitou-Charentes
Le 18 novembre dernier, à Angoulême, trois créateurs d’entreprise ont été récompensés dans le cadre de la 22e édition du concours «Entreprendre et innover en Poitou-Charentes», qui a généré 523 emplois depuis sa création en 1989. Un premier prix de 100 000 F a été remis à Jean-Michel Le Meur, 47 ans, pour son projet de récupération, de recyclage et de valorisation de déchets plastiques (voir page 33). Il s’agit d’utiliser des déchets provenant d’équipements automobile, de chaussures ou de matelas pour fabriquer des calages d’emballage ou des matériaux d’isolation phonique et thermique. Franck Lacombe, 37 ans, a reçu le deuxième prix de 50 000 F pour aider les professionnels de la santé à gérer la carte à puce Vitale, qui devrait être diffusée à tous les assurés sociaux dans le courant de l’année par la Caisse nationale d’assurance maladie. Le troisième prix, de 25 000 F, a été remis à Michèle Malnard, 51 ans, créatrice avec son époux de la chocolaterie Duchesse Anne à Poitiers, qui projette de confectionner des chocolats de qualité en utilisant des produits régionaux, le miel, le melon, le cognac, en particulier pour la fabrication de truffes.
Découpage à l’eau : l’acier n’y résiste pas !
C
s Soutien à l’innovation
Aider les entreprises à développer des projets innovants , tel est le principal objectif de la SA Poitou-Charentes Innovation, créée à l’initiative de la Région. La société PoitouCharentes Expansion, dirigée par Bernard Méaux, qui gèrera PCI, interviendra en faveur d’entreprises ayant besoin de crédits pour la mise en œuvre de brevets issus de structures régionales ou qui souhaitent investir dans de nouvelles technologies. 3,5 MF ont été crédités par la commission permanente du Conseil régional.
omment couper avec de l ’ e a u , de l’acier, de l’inox, de l’aluminium, du marbre, du bois ou toutes matières plastiques ? L’entreprise Erédis possède pour cela deux machines. L’une fonctionne à l’eau pure et découpe de faibles épaisseurs. Dans l’autre, plus grande, l’eau pure peut être mélangée à un abrasif pour les matériaux plus durs. L’eau est soumise à une pression à 3 400 bars, et un jet d’une vitesse de 700 mètres par seconde permet de couper des épaisseurs inférieures au millimètre pour le bois et jusqu’à 120 mm pour l’acier. Tous les autres moyens de découpe ont tendance à chauffer la matière, ce qui modifie la structure interne du matériau. La découpe n’est alors pas assez précise pour laisser la pièce telle quelle. Le jet d’eau ne provoque pas d’échauffement et permet donc une découpe propre, au dizième de millimètre près, et facile à retravailler. La matière n’étant pas chauffée, cela évite également le dégagement de vapeur toxique (problématique pour les matières plastiques). Afin de réduire les nuisances sonores, importantes lors de la découpe de certains matériaux, des recherches avec des laboratoires d’acoustique de Poitiers sont envisagées. Installée depuis le mois d’octobre 1997 à Châtellerault, Erédis a déjà travaillé avec une dizaine
Marc Deneyer
d’entreprises. «De nombreuses entreprises, déjà sous-traitantes, qui ont besoin de gagner du temps, font appel à nous pour détourer des pièces. Nous avons également travaillé sur des prototypes pour une entreprise de design de meubles, des écoles primaires nous ont commandé des jeux, etc. Les entreprises habituées à faire de la sous-traitance arrivent avec leur matière première, leur dessin sur disquette, nous avons juste à faire la découpe. D’autres ont uniquement un plan papier et nous devons trouver la matière première et dessiner leur pièce», explique Stéphane Béharelle, directeur technique. «Il est très intéressant de ne pas se cantonner à un seul domaine et
d’exploiter ainsi toutes les possibilités de la machine capable de traiter toutes les matières. Mais il est alors nécessaire d’acquérir un savoir-faire différent pour chacune d’elles.» Erédis est une filiale de Valttec, entreprise de transfert de technologie basée au Futuroscope. Grâce à ses contacts avec la société Digital Control de Toulouse, premier constructeur européen de machines découpe à jet d’eau, Valttec a décidé d’implanter cette technologie de pointe qui n’existait pas en Poitou-Charentes, répondant ainsi à un besoin des entreprises régionales, certaines ayant déjà recours à ce procédé mais à l’autre bout de la France.
Marie Martin
L’école-entreprise c’est emballant !
Six classes de Poitou-Charentes (CM1 et CM2) participent jusqu’en juin 1998 aux premières classes scientifiques et techniques école-entreprise, lancées par l’Académie de Poitiers. Ce projet, sur le thème de l’emballage, un secteur particulièrement développé dans la région (lire L’Actualité n° 36), vise à créer des relations entre le monde de l’entreprise et l’Éducation nationale. Les élèves suivront d’abord une phase de préparation en classe où ils se familiariseront avec le recyclage, les différents types d’emballages et leur fabrication. Ensuite, suivra un travail sur le terrain, sous forme d’enquêtes, comprenant la visite d’entreprises et la rencontre avec des professionnels. Pour clore le projet, les élèves devront illustrer le fruit de leurs recherches grâce à des bandes dessinées. Ce programme de partenariat, auquel participent l’Espace Mendès France, le CNBDI d’Angoulême ainsi qu’onze entreprises régionales, contribuera à l’épanouissement des jeunes par l’apprentissage de métiers en préparant leur insertion future dans la vie professionnelle.
10
L’Actualité Poitou-Charentes – N° 39
s Prix Qualité Poitou-Charentes
Le 27 novembre dernier, le Mouvement français pour la qualité Poitou-Charentes récompensait, pour la dixième année consécutive, les entreprises régionales ayant entrepris une démarche qualité remarquable. Pour 1997, les compétiteurs (entreprises, établissements, agences commerciales et services publics de tous secteurs d’activités) étaient ainsi regroupés en deux catégories : PME-PMI et établissements de moins de 500 personnes. Dans la première, les trois premiers prix ont été respectivement décernés à IGS PoitouCharentes Photogravure (L’Isle-d’Espagnac), spécialiste de la conception, mise en forme, présentation et réalisation d’opérations d’éditions préliminaires à l’impression, et à deux industriels producteurs de pièces plastiques : Proteaux et Cie (Niort) et Transformation plastique du Sud-Ouest (Brie). De même, la seconde a vu récompensées la cimenterie Calcia d’Airvault, le fabricant de matériels de ventilation et de traitement de l’air ABB VIM (Azay-le-Brûlé) et la Camif Collectivités Entreprises (Chauray). D’un cru exceptionnel, cette manifestation, qui clôturait le mois de la qualité en PoitouCharentes, fut l’occasion de rappeler qu’avec plus de 150 entreprises ayant fait l’objet d’une certification de leur système qualité, notre région souscrivait complètement à l’adage qui veut qu’en matière de qualité, comme l’a souligné Claude Moreau, vice-président du Conseil régional, «le prosélytisme se fasse par l’exemple».
FOUNTAINE-PAJOT
Les navettes innovantes
L
a première navette rapide de transport de passagers IRIS entrera en service en avril prochain aux Antilles pour assurer la liaison Marie-Galante/Les Saintes. Ce navire, qui est à la fois le prototype et le premier exemplaire de la série des IRIS, effectue ses essais en mer depuis début février, en vue de l’obtention du certificat de navigabilité, puis il traversera l’Atlantique à bord d’un cargo spécialisé dans le transport de navires. Les navettes IRIS sont les premiers catamarans de transport de passagers de grande taille réalisés en matériaux composites. Leur construction modulaire fait appel à deux coques composites de 40 mètres reliées par des bras d’aluminium supportant des modules de transport de passagers qui peuvent être remplacés à volonté par des containers de fret. Selon les versions, elles peuvent emmener 160, 240 ou 400 passagers à des vitesses de 56 à 70 km/h. Créé en 1994, le chantier de construction IRIS (InteR Island Shuttle) Catamarans, filiale du constructeur de catamarans de plaisance
Fountaine-Pajot d’Aigrefeuilled’Aunis, occupe aujourd’hui les hangars de l’ancienne usine d’hydravions SCAN, de Port-Neuf à La Rochelle, où elle emploie une trentaine de personnes. Une vingtaine de ces navires – à six millions de dollars l’unité – ont été commandés par les responsables de l’exposition nationale suisse «Expo 2001», qui doit se tenir à partir du 3 mai 2001 sur des îles artificielles aménagées sur les trois lacs de Bienne, Neuchâtel et Morat. Les navettes du chantier rochelais ont séduit les responsables du comité d’organisation de l’expo-
sition qui, pour acheminer les quinze millions de visiteurs attendus, cherchaient un moyen de transport rapide, innovant et respectueux de l’environnement. Les coques des navettes sont en effet conçues de telle sorte que le sillage du navire est très faible, ce qui garantit une atteinte minimum aux rivages. Pour le chantier rochelais, qui devrait embaucher rapidement une centaine de salariés supplémentaires, la commande suisse représente un marché de 600 à 700 MF, ainsi qu’une vitrine considérable pour ses produits.
Jean Roquecave
Anvar : 38,2 MF pour l’innovation en 1997
S
i Claude Sautour, délégué régional de l’Anvar, avait choisi de présenter son bilan 1997 à bord de la navette IRIS, ce n’était pas dû au hasard. Le chantier rochelais a en e f f e t bénéficié de l’aide de l’Anvar pour mettre au point son concept. En 1997, l’Anvar Poitou-Charentes a aidé financièrement 69 projets, dont 66 émanaient d’entreprises, pour un montant global de 38,2 MF. Les innovations, soutenues à hauteur de 33,2 MF, représentent 48 projets, alors que 15 recrutements de chercheurs et ingénieurs R&D ont été aidés pour 2,3 MF. La répartition des aides est équilibrée entre les
quatre départements. Tous les secteurs d’activité bénéficient de l’aide de l’Anvar, avec une prédominance des transports et de l’agroalimentaire. «Nous ne faisons pas de saupoudrage, dit Claude Sautour, notre intervention est calée sur un projet d’entreprise, c’est-à-dire la transformation d’une idée en un produit qui sera vendu sur le marché. Nous raisonnons sur des projets relativement lourds, le montant moyen d e notre aide, c’est environ 700 000 F pour 40% à 50% du financement global du projet. C’est une aide importante pour beaucoup d’entreprises qui ne pourraient pas se lancer dans des
projets de développement sans cela. Et, lors de l’instruction des dossiers, l’intervention de l’expert technico-économique permet souvent d’apporter un plus au projet.» Le délégué régional regrette pourtant la frilosité des entreprises vis-à-vis de son organisme : «Tout le monde connaît l’Anvar, mais on ne fait pas la queue pour venir chercher des financements. C’est nous qui allons vers l’entreprise quand elle est en cours de projet pour expliquer qu’elle peut bénéficier de nos interventions. Il faudrait qu’on fasse mieux connaître nos moyens d’intervention pour que les entreprises viennent davantage nous voir.» JR
L’Actualité Poitou-Charentes – N° 39
11
fermer...
Discussion
Aucun commentaire pour “Rubrique Instantanés”
Poster un commentaire