fermer... Roger Joussaume
«Pierres étranges d’Ethiopie», musée des tumulus de Bougon, du 2 avril au 30 septembre. Roger Joussaume donne une conférence sur les mégalithismes de l’Ethiopie le 14 mai, 20h30, à Niort (Conseil général). Il a dirigé l’ouvrage Tiya, l’Ethiopie des mégalithes, 392 p., éd. APC (Chauvigny), 1995, et publié avec Jacques Tarrete La fin du Néolithique dans la moitié nord de la France, éd. La Maison des Roches, 1998.
Le site de Tuto Fela
L’Ethiopie des mégalithes
Néolithique dans le marais Poitevin
L’Association des publications chauvinoises a publié Les Enceintes néolithiques de La Mastine et Pied-Lizet (CharenteMaritime). Ce livre est consacré aux fouilles archéologiques et études paléo-environnementales menées dans le marais Poitevin entre 1984 et 1988. Il est dirigé par Serge Cassen, chargé de recherche au CNRS (laboratoire de préhistoire armoricaine, Université de Nantes, UMR CNRS 153), et Chris Scarre, du McDonald Institute for Archeological Research, Cambridge.
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s SITE DE LA MAUCARRIÈRE Des fouilles menées par Nicolas Betorin, de l’association pour les fouilles archéologiques nationales, se sont achevées en mars, sur le site gallo-romain de la Maucarrière, dans la plaine du Breuil, à Tessonnière, dans les Deux-Sèvres. Il s’agit d'un établissement rural occupé entre le Ier siècle avant J.-C. et le Ier siècle de notre ère.
oger Joussaume a été séduit par l’Ethiopie il y a bientôt trente ans, en allant y étudier des dolmens assez proches de ceux de l’Ouest de la France. «J’ai découvert un pays fascinant, constitué pour l’essentiel de hauts plateaux verdoyants, et un domaine de recherc h e complètement neuf : le mégalithisme», affirme cet archéologue, directeur de recherche au CNRS (UPR 311, laboratoire de recherche sur l’Afrique orientale). Chaque année, il mène une campagne de fouilles avec son équipe dans la corne de l’Afrique. Le résultat de ses travaux permet au musée des tumulus de Bougon de présenter la première exposition en France sur la préhistoire de l’Ethiopie. Plusieurs volets sont évoqués : l’art rupestre, les mégalithes et la vie rurale actuelle. Dans ce pays, «il n’y a pas un mais des mégalithismes», comme le souligne Roger Joussaume : «Les premiers dolmens ont été construits au IIe millénaire avant notre ère, des stèles ont été élevées jusqu’au XIVe siècle, au moment de l’arrivée du christianisme et de l’islam, mais certaines formes de mégalithisme ont tenu jusqu’à nos jours chez deux peuples, les Arsi et les Konso. Précisons que les peuples du Nord ont
Roger Joussaume au musée de Bougon devant une stèle d’Axoum (nord de l’Ethiopie et Erythrée). Ce monolithe de plus de 21 m de haut est reproduit ici au quart (5,20 m).
connu l’écriture au VIIe siècle tandis que ceux du Sud ont vécu dans la préhistoire jusqu’aux XIIIe-XIVe siècles.» L’équipe de Roger Joussaume a fouillé deux grands ensembles de stèles, le cimetière de Tiya dans le Soddo et le site de Tuto Fela dans le Sidamo. Des moulages des différents types de monolithes sont présentés au musée de Bougon. A Tiya, site classé patrimoine mondial par l’Unesco, la plupart des stèles ont été élevées aux XIIe et XIIIe siècles. D’une hauteur de un à cinq mètres, plates et fichées en terre, elles sont ornées des motifs sculptés représentant des épées dans la partie supérieure, des symboles hermétiques juste au-dessous, et une perfora-
tion dans la partie enterrée. Hypothèse de l’archéologue : «La signification de ces stèles funéraires est certainement liée au mérite et non à la hiérarchie sociale, ainsi les épées pourraient indiquer le nombre d’ennemis tués par le défunt. La perforation, qui se trouve près de la tête du squelette, pourrait symboliser le passage entre le monde des morts et celui des vivants.» Le cimetière de Tuto Fela compte 300 stèles phalliques et anthropomorphes, pouvant atteindre 8 m de haut, sur un tumulus de 50 m de long sur 20 m de large. Les fouilles ont attesté la présence de plusieurs cimetières superposés, du Xe au XIVe siècle. Il y eut d’abord des stèles phalliques fixées en terre au bord de fosses sépulcrales. Plus tard, des stèles anthropomorphes ont été déposées dans le tumulus de pierre mais, à cette époque, des stèles phalliques furent réemployées et gravées des mêmes signes. Des cérémonies ont encore lieu sur le site. Le culte phallique persiste en Ethiopie. Au nord du Sidamo, le peuple Arsi plante au bord du tertre funéraire une stèle en béton peint dans des couleurs vives, tandis que près du lac Chamo, le peuple Konso dresse près de la tombe une statue en bois au pénis proéminent sur le front. J-L T
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FOUILLES DE CRAM-CHABAN
De l’âge du bronze au Moyen Age
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ans le cadre de l’aménagement d'une route nationale à La Laigne, en Charente-Maritime, deux nécropoles de l’âge du bronze et gallo-romaine et un vaste établissement médiéval abandonné à la fin XIVe siècle ou au début du XVe siècle, ont fait l’objet de fouilles, l’été dernier. Dans la nécropole gallo-romaine, située sur la commune de CramChaban, à Sainte-Gemme, les f o u i l l e s menées par Bernard Farago, chargé d’étude de l’association pour les fouilles archéologiques nationales (Afan), ont révélé des cercueils en bois, du mobilier, dont des poteries. A n n i e Bolle, archéologue de l’Afan, a mené les fouilles du site médiéval qui se sont déroulées sur 2 ha. «Le site a permis d’étudier l’évolution d’un village, de son architecture, les déplacements de la population sur plusieurs siècles, dit-elle. Au XIe siècle, pé-
riode de grands défrichements, le village s’était installé près d’un ruisseau, dont on voit encore les traces. Ensuite il s’est progressivement déplacé vers le nord, à l’emplacement du village actuel.» Des empreintes de trous dans le sol, qui avaient été creusés pour fixer des poteaux, permettent de retrouver le plan de bâtiments en bois des Xe et XIIe siècles, une maison d’habitation avec du mobilier et des bâtiments agricoles. « D e s fosses, explique Annie Bolle, devaient être destinées à conserver les grains. Du mobilier révèle des activités liées au textile, et l’on pense que des fibres étaient stockées dans l’humidité de silos pour éviter qu’elles ne se cassent.» Des traces de bâtiments du XIIIe et XIVe siècles ont aussi été mises au jour. Les établissements en bois devaient servir d’annexes, et sept maisons construites en pierre liées à la terre ont été identifiées. A
partir du XIIIe siècle, un fossé et un mur ceinturaient le village. «Il est difficile de savoir si cet ensemble avait une fonction d é f e n s i v e , dit Annie Bolle. C’était peut-être simplement pour protéger les animaux domestiques des prédateurs.» Le troisième site a révélé deux sépultures de l’âge du bronze, d’environ 2 000 ans avant J.C . , l’une s’inscrivant dans un cercle près d’une autre placée à l’intérieur de trois cercles concentriques. «Ce dernier cas de monument funéraire est assez rare, explique Claire Soyer, ingénieur au service archéologique de la Drac. Les cercles constituaient peut-être la base d’un tumulus. Les sépultures étaient recouvertes de dallages de pierre. Des bois de cervidés ont été retrouvés près d’un
Relevé : Michel Pichon
corps et des anneaux en os près de l’autre.» Dans la région, peu de sépultures de l’âge du bronze ancien ont pu être datées par la présence de fragments de céramiques. A R
MISSION ARCHÉOLOGIQUE EN THAÏLANDE
Les sépultures de Ban Wang Hi
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ntre janvier et mars 1998, dix-sept sépultures d’enfants, voire de nouveauxn é s (cas extrêmement rare), et d’adultes datant d’environ 2 000 ans ont été mises au jour, sur le site de Ban Wang Hi en Thaïlande, par l’équipe d’archéologues français dirigée par un Poitevin, Jean-Pierre Pautreau (CNRS UMR 6566, Université de Rennes), dans laquelle Patricia Mornais assurait l’anthropologie de terrain. Cette mission associe des archéologues français de CNRS, du musée Guimet, et des archéologues thaïlandais du département des Beaux-Arts de Chiang Mai, avec le soutien du ministère des Affaires étrangères. La plupart des défunts portent
des parures (colliers de pierre et de verre, bracelet en bronze et anneaux d’oreille) mais aussi des instruments en fer. Plusieurs tombes possèdent des offrandes de vases en céramique. L’extrême rareté des sépultures protohistoriques connues à ce jour dans le nord de la Thaïlande et la qualité de conservation des restes dégagés en font une découverte d’un grand intérêt scientifique. Les observations effectuées sur les modes d’inhumation (traces des linceuls), les rituels (dépôts de vases spécifiques avec les corps des bébés) et le mobilier d’accompagnement (anneaux et bracelets en bronze, armes et outils en fer, verres d’origine indienne) éclairent d’une façon nouvelle la
connaissance de la fin des âges des métaux dans cette vaste région. C’est à ce moment que s’accentuent les contacts avec la Chine et surtout avec l’Inde dont les apports vont être particulièrement sensibles dans le domaine religieux et dans l’organisation de la société.
MAFT
Un collier mêlant des perles en pâte de verre bleues à d’autres en coquillage et deux anneaux d’oreille en verre translucide .
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Découverte exceptionnelle de deux sépultures gallo-romaines à Naintré, dans la Vienne
Deux riches gallo-romains
dans le plomb
à descendre les sarcophages à de possibles restes de bouquets de fleurs. Cet ensemble était probablement entouré d’un enclos en pierre ; des traces subsistent. «Ce type de nécropole revêt un caractère exceptionnel en milieu rural, de par son architecture et sa qualité de conservation, explique Jean-François Baratin, conservateur régional de l’archéologie. Pendant l’Antiquité tardive, l’inhumation était le mode général de sépulture. Les sarcophages en pierre ou en marbre, parfois décorés, et les cercueils en plomb, plus onéreux, étaient surtout utilisés en milieu urbain, et les cercueils en bois dans les campagnes. Or, nous nous trouvons probablement face à la sépulture de propriétaires, placée sur un vaste domaine agricole. L’empire romain était en crise, les élites allaient s’installer dans de riches villas rurales.» La structure et le mobilier des tombes semblent représentatifs des deux tendances fréquentes sur les sites du Bas-Empire : l’alliance du luxe et du bricolage. En laboratoire, une équipe d’une quarantaine de personnes est en train de réaliser une carte d’identité extrêmement précise des défunts, des caveaux et sarcophages, des dépôts funéraires et vêtements. Plusieurs disciplines scientifiques sont requises : anthropologie (description morphologique, pathologie, etc.), métallographie, géologie, palynologie (étude des pollens), xylologie et anthracologie (bois et charbons de bois), mycologie, entomologie, malacologie (coquillages marins et terrestres), parasitologie, cristallographie, datations au carbone 14, analyses de l’ADN et des acides gras (contenu des vases). Quelques sépultures de ce type ont été identifiées dans la région Poitou-Charentes, mais il s’agit de découvertes anciennes qui n’ont pas fait l’objet d’observations précises. Les recherches entreprises à Naintré offrent l’occasion de réaliser un état des lieux de tous ces sites. A R s
C
’est à l’occasion de l’extens i o n de la sablière de Laumont, à Naintré, en décembre dernier, que le personnel de la société Ragonneau a mis au jour une structure maçonnée contenant un sarcophage en pierre. Les responsables de l’exploitation ont aussitôt protégé cette découverte. Une opération a alors été entreprise par Bernard Farago, chargé d’étude de l’association pour les fouilles archéologiques nationales, en collaboration avec Henri Duday, spécialiste de l’anthropologie physique appliquée à l’archéologie (CNRS Bordeaux). Cette fouille a révélé des sépultures gigognes, composées de deux caveaux funéraires accolés, recouvrant deux sarcophages en pierre, protégeant deux cuves en plomb. Dans le caveau nord, au pied du sarcophage, cinq vases en verre, une tablette à écrire en ivoire, un bassin ovale et des anneaux en bronze ont été trouvés. A la tête du sarcophage, un coffre en bois contenait de nombreux objets (collection de coquillages marins, verreries, deux pièces de vaisselle miniature, coupelles en bronze, un peigne en os, un miroir, etc.) et un coffret, dans lequel avaient été placées quatre fioles à parfum en verre. Et près du coffre, les chercheurs ont reconnu une cruche en céramique, une hache polie néolithique, des jetons de jeu en pâte de verre. Dans le cercueil en plomb, le corps d’une femme, peut-être une adolescente, était recouvert de plusieurs épaisseurs de vêtements. Dans le caveau sud, une amphore africaine ou orientale, une cruche en bronze ont été retrouvées près du sarcophage. Une paire de sandales en corde avait été placée à l’extérieur du cercueil en plomb, à l’intérieur duquel le squelette d’une femme était recouvert de quelques fragments de tissus. Les caveaux étaient constitués de matériaux récupérés dans un habitat. La fouille a révélé une grande quantité de détails : des traces de cordes ayant servi
Bernard Farago
Le caveau sud construit en moellons de récupération, dans lequel on distingue le sarcophage en pierre qui contient un sarcophage en plomb.
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