fermer... Le chantier de l’Hermione est installé dans la double forme de radoub de l’arsenal rochefor tais, près de la Corderie royale et du «labyrinthe des batailles navales» du Jardin des Retours.
Reconstruire l’Hermione
Rochefort reconstruit la frégate à bord de laquelle La Fayette s’embarqua en 1780 pour prêter main forte aux indépendantistes américains
S
ilencieux pendant soixante-dix ans, l’arsenal de Rochefort résonne à nouveau des coups de marteau des charpentiers. Installé dans la double forme de radoub du XVIIIe siècle, au bord de la Charente, le chantier de construction d’une réplique de l’Hermione, inauguré il y a un an et demi, a pris son rythme de croisière. A deux pas de la Corderie royale.
Un projet de taille, qui a vu le jour dans les années 90, à l’initiative de la Ville de Rochefort et du Centre international de la mer : reconstruire à l’identique, et selon les techniques de l’époque, la frégate Hermione à bord de laquelle La Fayette s’embarqua en 1780 pour aller soutenir les indépendantistes américains. L’objectif : rendre à Rochefort sa vocation première de ville-arsenal en faisant de ce chantier, qui doit durer dix ans, un pôle culturel où les visiteurs peuvent s’initier aux techniques de construction navale du XVIIIe siècle. «Ce trois-mâts, long de plus de 60 mètres hors tout et déplaçant 1 000 tonnes, sera la réplique exacte de la frégate d’origine, explique Maryse Vital, chargée de la coordination du chantier au sein de l’association Hermione-La Fayette, qui pilote le projet. Il est construit en respectant au plus près la réalité historique et les techniques traditionnelles. Clouées et chevillées de bronze, les pièces de charpente sont en chêne massif, ce qui présente des difficultés d’approvisionnement en bois courbe, les arbres «tors» étant de plus en plus rares dans nos forêts françaises !» La construction de la charpente a été confiée à l’entreprise Asselin, de Thouars (Deux-Sèvres), spécialisée dans les chantiers importants, notamment pour les monuments historiques, qui emploie actuellement sept personnes, dont plusieurs charpentiers de marine et un historien. Si la construction de la membrure est assurée par une équipe réduite, la deuxième phase – le bordage – prévue pour l’an 2000, nécessitera plus de main-d’œuvre. «Durant les cinq premiers mois de l’année, nous avons accueilli sur le site 25 000 personnes, en visites guidées ou visites libres, précise Maryse Vital. Durant l’été, l’équipe d’animation est renforcée, et le chantier est ouvert au public tous les jours, avec un minimum de sept visites guidées quotidiennes. L’association Hermione-La Fayette s’appuie, pour l’accueil du public, sur la logistique du Centre international de la mer. Le projet est financé étape par étape. Pour l’instant, le budget est assuré jusqu’à fin 1999, pour un montant de 18 MF, notamment grâce au concours de la Ville, du Département, de la Région, de la Communauté de Ville de La Rochelle, de la fondation du Crédit agricole, du ministère de la Culture et de l’Union européenne, ce qui permettra de terminer la membrure et les pièces de renfort. Nous recherchons actuellement des financements pour les étapes suivantes.» s
Visites tous les jours, 9h-19h. Association Hermione-La Fayette, tél. 05 46 87 01 90 Sur les techniques de navigation à l’époque de l’Hermione, lire L’Actualité n° 39.
q Mireille Tabare P h o t o s Sébastien Laval
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L’Actualité Poitou-Charentes – N° 41
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