fermer... Les défis
d’Eric Espéret
s La Rochelle se renforce à l’Est
Ouvert en 1995, le département de langues asiatiques de l’Université de La Rochelle compte aujourd’hui 330 étudiants, dont 200 en première année. Si le chinois et l’anglais dominent, les étudiants en langues étrangères appliquées aux relations internationales de la zone Asie-Pacifique ont aussi le choix d’apprendre à maîtriser l’indonésien, le coréen et le japonais. Pour qu’ils puissent compléter leur formation sur place grâce à des stages à l’université ou dans les entreprises, l’Université rochelaise a signé des accords de coopération avec dix universités de cette région du monde. Il s’agit des universités de Shanghai, Pékin, Wuhan et de Guangxi (fin 1998) en Chine, de Séoul en Corée, de Sydney en Australie, de Waikato en Nouvelle-Zélande et de Vancouver au Canada. La filière va se renforcer à la rentrée prochaine avec l’ouverture d’un troisième cycle, un dess de management international appliqué à l’Asie, d’un iup de management international option AsiePacifique et d’un diplôme universitaire de langues, cultures et civilisations asiatiques mention coréenjaponais.
uvrir l’université sur le monde extérieur, favoriser la rencontre entre publics d’horizons différents, miser sur la dynamique de l’interdisciplinarité, Eric Espéret a des idées, et il les met en œuvre. Son élection récente à la tête de l’Université de Poitiers s’inscrit dans la continuité de sa démarche. Enseignant-chercheur en psychologie, directeur pendant neuf ans du laboratoire Langage et communication de l’Université, c’est aussi l’un des fondateurs de la Maison des sciences de l’homme et de la société, dont il a assuré la direction depuis 1995. «J’ai eu envie de mettre à profit l’expérience acquise au niveau de la MSHS pour tenter de relever certains défis auxquels sont confrontées les universités actuelles. Et en premier lieu, leur capacité à évoluer. Avec plus de 26 000 étudiants, 1 300 enseignantschercheurs et 800 personnels, l’Université de Poitiers compte, en France, parmi les plus importantes. C’est aussi une des plus anciennes, structurée depuis l’origine sur une forte tradition facultaire. Coordonner ces dynamiques facultaires pour faire émerger une véritable politique d’établissement m’apparaît un enjeu central.» D’autres défis se font jour, comme l’accueil de nouveaux publics, étudiants étrangers, adultes en formation continue. Il faut s’adapter et, pour cela, modifier radicalement les contenus des enseignements, les modalités de contrôle, de relations. Favoriser et investir dans l’amélioration du cadre de vie des étudiants, dans l’accueil des nouveaux publics, c’est l’un des objectifs du programme national Universités 3e millénaire. Des investissements sont également prévus, dans le cadre de ce programme, pour soutenir des projets impliquant les nouvelles technologies.
O
Claude Pauquet
UNIVERSITÉ
POITIERS
C’est un autre grand défi : réussir à évoluer vers une utilisation «transparente» de ces nouvelles technologies, en les popularisant, en les rendant accessibles, notamment aux nouveaux publics. Autre évolution capitale, l’ouverture sur le monde extérieur. De plus en plus, l’université est amenée à jouer un rôle moteur dans l’aménagement du territoire. Par la création de formations nouvelles, sources d’activités, de formations permanentes répondant à la demande des milieux socio-économiques. En favorisant l’insertion professionnelle des étudiants par le développement de filières professionnalisantes à tous les niveaux du cursus, en relation étroite avec les entreprises. Au travers de projets transdisciplinaires associant plusieurs laboratoires, et générant des transferts de recherche vers le milieu socio-économique. «Les transferts sont essentiels comme moteurs de l’activité économique, ils peuvent être créateurs d’emplois, mais aussi d’activités nouvelles.» Acteur régional, en binôme avec l’Université de La Rochelle, l’Université de Poitiers joue également un rôle au niveau national – notamment au travers du réseau Centre-Ouest regroupant six universités – et international – réseau européen d’universités, relations transcontinentales. «Qu’elles le veuillent ou non, les universités sont amenées à s’ouvrir sur l’extérieur, sur la région, sur l’international. Et ceci ne peut se faire qu’en étroite collaboration avec les collectivités à tous les niveaux.»
Mireille Tabare
s ROGER GIL, DOYEN DE MÉDECINE
Le professeur Roger Gil, chef de service de neurologie au CHU de Poitiers, a été élu doyen de la faculté de médecine et de pharmacie de l’Université de Poitiers. Cet humaniste, président du comité d’éthique du CHU, nous a accordé un entretien sur les questions morales suscitées par les greffes d’organes (L’Actualité, spécial 10 ans). Il aura à gérer gros dossiers : le projet de transfert de la faculté près du CHU et le développement de la recherche.
s LES VICE-PRÉSIDENTS
La nouvelle équipe dirigeante de l’Université de Poitiers est composée de cinq vice-présidents : Alain Mignot, maître de conférences de droit (conseil d’administration), Jean-Paul Bonnet, directeur de recherche CNRS, CEAT-LEA (conseil scientifique), Yves Jehenne, maître de conférences de géobiologie (conseil des études et de la vie universitaire), Sandrine Martin (étudiante), Philippe Brissonnet, ingénieur d’études à l’Oavup (personnels Iatos).
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L’Actualité Poitou-Charentes – N° 43
COLLOQUE
Les nouveaux espaces ruraux de l’Europe atlantique
En l’honneur du professeur Roger Béteille, l’Upres de géographie Iteem de l’Université de Poitiers organise, les 1er et 2 avril 1999, un colloque sur les nouveaux espaces ruraux de l’Europe atlantique. Thème qui sera abordé selon quatre axes majeurs : fondements et acteurs du changement rural, agriculture en mutation et diversification des fonctions rurales, populations nouvelles et changement social, recomposition des paysages atlantiques. Le samedi 3 avril, une sortie sur le terrain permettra de rencontrer des élus, des agriculteurs et des agents économiques nonagriculteurs. Comité d’organisation : Jean Soumagne, Samuel Arlaud et Michel Périgord. Tél. 05 49 45 41 50, fax 05 49 45 45 82
Un gène impliqué dans le cancer papillaire de la thyroïde
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s Cime 1998
Les actes du colloque Cime, organisé l’été dernier à Poitiers, sont disponibles aux services universitaires CH 13 (40, avenue du Recteur Pineau, 86000 Poitiers, tél. 05 49 45 36 13). Ce colloque a été organisé par le professeur Maurice Gomel qui, depuis une trentaine d’années, milite et œuvre pour l’évaluation de la qualité des enseignements supérieurs afin qu’elle conduise en retour à une amélioration leur qualité pédagogique. Ce travail de pionnier, mené avec ténacité, porte aujourd’hui ses fruits. Le réseau Cime (Coopération interuniversitaire sur les méthodes d’évaluation) associe une trentaine d’universités. Maurice Gomel espère que cette «révolution culturelle» va s’étendre à l’ensemble des universités françaises. Le prochain colloque Cime sera organisé en l’an 2000 par l’Université de La Rochelle.
l existe deux types de cancers de la thyroïde : les cancers médullaires et les non médullaires. Les premiers sont les plus rares ; les formes familiales en représentent 30% à 40% et sont souvent causées par l’oncogène RET alors défectueux (les oncogènes défectueux sont impliqués dans de nombreux cancers). Les cancers non médullaires représentent la majeure partie des affections malignes de la thyroïde. Ce type regroupe essentiellement des formes sporadiques mais on connaît aussi des cas familiaux, plus agressifs. Avec plus de six mille patients opérés de la thyroïde, le service de chirurgie du professeur Jacques Barbier du CHU de Poitiers possède une grande expérience c l i n i q u e . Dans certaines familles, un grand risque de récidive a été observé suggérant l’implication d’un ou de plusieurs gènes dans ces formes de cancers. Une étude systématique des familles touchées dans l a région Poitou-Charentes a permis d’observer dans l’une d’entre elles la présence de huit sujets atteints sur seize membres. Cette observation a conduit à la mise en évidence d’une forme de cancer papillaire (non m é d u l l a i r e ) de la thyroïde à transmission héréditaire et à la l o c a l i s a t i o n chromosomique d’un gène impliqué dans la maladie. A Poitiers, quatre personnes ont participé à cette découverte : le professeur Jean-Louis
Sébastien Laval
Kraemps, chirurgien, le professeur Dominique Bonneau et le docteur Patrizia Amati, génétic i e n s , et Pierre Levillain, a n a t o m o p a t h o l o g i s t e . «Nous avons localisé un gène prédisposant dans la forme de cancer non médullaire de la thyroïde étudiée, explique Patrizia Amati. Nous avons testé l’ensemble du génome humain, grâce aux marq u e u r s chromosomiques du généthon. Le gène responsable se situe sur le chromosome 19, dans une région qui comporte de nombreux autres gènes.» Historiquement, il s’agit du premier gène découvert impliqué dans un cancer de la thyroïde. Bien que celui-ci ne soit pas e n c o r e identifié, isolé et séquencé, il s’agit d’un premier pas important, en particulier dans
Séminaire clinique de psychanalyse
L’association de la cause freudienne organise à Poitiers (auditorium Sainte-Croix) un séminaire sur la clinique psychanalytique des psychoses, animé par des psychanalystes. Le 30 janvier, 14h30-18h : «Erotomanie et transfert» par Roger Cassin, «La faillite de l’amour» par Charles Schreiber. Le 20 janvier, 14h30-18h : «Parcours signifiant et psychose à travers deux c u r e s psychanalytiques» par Marie-Thérèse Grangereau-Jacques, «Psychose ordinaire et psychose déclenchée : deux observations d’enfant» par Vincent Moreau. Le 20 mai, 20h30 : «Mélancolie et paranoïa» par Guy Briole. Contact : Martine Coussot, 05 49 37 15 24
le dépistage précoce non seulement des cancers de la thyroïde (qui peuvent survenir dès l’âge de dix ans), mais aussi des sujets à risque. En outre, cette découverte montre que les formes a priori spor a d i q u e s de très nombreuses maladies pourraient cacher une prédisposition génétique des individus atteints. «Evidemment, le seul “traitement” envisageable actuellement reste l’ablation d u nodule, note Jean-Louis Kraemps. Cependant, si d’autres gènes responsables de ce type d’affection sont découverts, on pourra aussi déterminer, très tôt au cours de l’évolution de la tumeur, l’agressivité de la forme cancéreuse, et adapter ainsi la chimiothérapie.» «Il s’agit d’une collaboration e x e m p l a i r e entre les services d e chirurgie endocrinienne, d’anatomie pathologique et de génétique médicale du CHU de P o i t i e r s , précise Dominique Bonneau. Les avancées de la recherche, en génétique médicale en particulier, ne peuvent venir que de telles approches pluridisciplinaires.»
Laetitia Becq-Giraudon
L’Actualité Poitou-Charentes – N° 43
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