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Route de l’art

Rubrique La route de l’art – Articles/brèves :

Stéphane Calais. En portrait par Hervé Tartarin ;

« L’art dêtre au monde », projet conçu et mis en oeuvre par Dominique Truco ;

Alice Maher ;

Radegonde selon Jean-Pierre Pincemin. Entretien avec l’artiste par Jean-Luc Terradillos, gravure de l’artiste photographiée par Christian Vignaud ;

Julio Le parc. Photo de l’artiste argentin en illustration ; « Dieux d’argile », exposition. Photo de pièces issues de l’exposition.

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    la route de l’art
    Murs de Stéphane Calais H E R V É DELAMONT Issue d’un travail nommé «De la tombe du guerrier», l’exposition «Des objets, des Images» est signée Hervé Delamont. Enseignant à l’Ecole supérieure de l’image, l’artiste présente pour la première fois au public soixante images et quarante objets. Des créations épurées où «l’emploi de plusieurs matériaux pour une même pièce, l’exaspération des formes, la tension sémantique entre l’horizontal et la verticale sont poussées à l’extrême», note Blandine Chavannes. Chapelle Saint-Louis du collège Henri IV, à Poitiers. Jusqu’au 5 septembre. «Les sculptures et les dessins que Stéphane Calais réalise sont les outils d’un réel en permanente expansion», écrit Nathalie Ergino. Ces formes éphémères s’inspirent de fiction et de biographie avec notamment l’utilisation des signes de la bande dessinée. Cet été, l’artiste exécute deux grands murs peints dans la galerie de l’Ecole municipale d’arts plastiques de Châtellerault. Du 3 juillet au 31 août, 12, rue de la Taupanne, à Châtellerault.
    ECLIPSE DE SOLEIL Le 11 août aura lieu une éclipse totale du soleil. Dans la région, près de 90% du disque solaire sera occulté par la lune vers midi. Pour cette occasion unique, l’Astrolabe de La Rochelle et l’Espace Mendès France proposent une exposition produite par la Société astronomique de France afin de mieux préparer le public à cet événement. ESPACE MENDÈS FRANCE Tout l’été, à travers ses spectacles et expositions, l’Espace Mendès France invite à la découverte des météorites, messagères de l’univers, et à emprunter les traces d’Abel qui conduisent aux origines de l’homme. Dans le théâtre de la sciencesou sur l’atrium, jusqu’au 14 septembre, chaque mardi à 20h30, la chimie devient magie et l’hérédité est expliquée aux enfants et aux parents. Pour les passionnés d’Internet : forum découverte du Web et courrier électronique, du mardi au vendredi de 14 à 17 h. En permanence l’accès à Internet est gratuit et libre pour les adhérents. Aux plus rêveurs ou aux plus conquistadors, le Planétarium offre des voyages intergalaxiques et des conquêtes de l’espace. Deux films sur le chantier archéologique des Cordeliers sont présentés, réalisés par Marika Boutou et Patrick Treguer, et par Julie Millot. Tél. 05 49 50 33 08
    Jean-Luc Terradillos
    Hervé Tartarin
    ALICE MAHER En 1997, l’artiste irlandaise Alice Maher faisait surgir du Clain les «Filles d’Uranos», tandis que des fragments poétiques disposés dans des nichoirs à mots conduisaient sur la promenade du Pré-l’Abbesse à une géante Ophélie dessinée dans le paysage. Sur la rive, elle continue de guetter votre regard.
    Le monde en réparation JACQUES VILLEGLÉ ET PIERRE HENRY Le Confort Moderne réunit à Poitiers Jacques Villeglé et Pierre Henry dans une exposition d’affiches lacérées et une création musicale. Jusqu’au 28 août. Tél. 05 49 46 08 08
    P A T R I M O I N E VIVANT, P A T R I M O I N E CACHÉ Cette exposition célèbre le patrimoine d’une aire géographique étendue de part et d’autre de la Vienne dont l’occupation humaine a laissé au fil des siècles nombre de vestiges, de bâtiments, de traditions. Jusqu’au 12 septembre, à Chauvigny.
    B A U J A U L T L’OUBLIÉ Né à La Crèche en 1828, l’artiste statuaire Baptiste Baujault, célèbre en son temps, est effacé des m é m o i r e s . Pourtant, la région compte un grand nombre de ses œuvres sur les places publiques. A l’occasion du 100e anniversaire de sa mort, une étude lui est consacrée par Marie-Paule Dupuy et publiée par la revue Aguiaine. Le Subiet (bulletin de la Sefco, Les G r a n g e s , 17400 Saint-Jeand’Angély). Pages réalisées par Emmanuelle Daviet
    A Poitiers, «L’art d’être au monde - Le monde en réparation» est une invitation à mieux vivre ensemble en créant des liens nouveaux entre 18 artistes européens qui interrogent et transforment notre existence, des commerçants, artisans et entreprises, et le public. Conçu et mis en œuvre par Dominique Truco, directrice des arts plastiques au Confort Moderne, ce projet commence à se concrétiser. Depuis janvier 1999, dans les pages de L’Actualité, Glen Baxter préfigure le 3e millénaire ! Depuis mai, au restaurant Ishtar, Grand’ rue, vous pouvez déjeûner à la table Jacques Villeglé et à partir d’août sur les nappes à emporter de Philippe Untersteller. Dès septembre de nouvelles œuvres seront à partager à la médiathèque (les images de Marylène Negro), chez les libraires (Le Livre de Klaus Scherübel), chez le cirier Guédon (le cercle de lumière de Jason Karaïndros), à l’agence Air France (les «airs» de Gakob Gautel). D’autres réalisations sont en cours, qui verront le jour progressivement. Renseignement au 05 49 46 08 08
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    L’Actualité Poitou-Charentes – N° 45
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    ean-Pierre Pincemin expose, cet été au musée Sainte-Croix de Poitiers, des gravures réalisées depuis 1971, ainsi que des peintures et des sculptures. Son œuvre protéiforme est nourrie d’expériences de toute nature, d’interrogations sur la matière même de la peinture. Autodidacte, Jean-Pierre Pincemin est aussi pédagogue. Dans les années 80, sa présence à l’école des Beaux-Arts de Poitiers rayonnait bien au-delà . Pour ce «retour» estival, nous lui avons montré les peintures de la Vie de sainte Radegonde, dont le manuscrit est conservé à la médiathèque de la cité. Parce que Radegonde fonda à Poitiers, au VIe siècle, l’abbaye Sainte-Croix. C’est ainsi que Jean-Pierre Pincemin a réalisé des petites peintures sur le cycle de Radegonde. Elles seront exposées cet été dans ce musée qui a été construit en partie à l’emplacement de l’ancienne abbaye. Saint Christophe est apparu dans votre peinture en 1991. Est-ce la vie des saints qui vous attire ou l’histoire de leur représentation ? J.-P. Pincemin – La représentation pourrait être définie comme la figuration de la figuration. L’artiste s’accorde le droit de représentation de ce qu’il a déjà vu. Il l’expérimente dans des objets de même nature, et sans chercher de documentation historique et sociale qui viserait à corriger quoi que ce soit à cette représentation. La représentation est donc une grille de complaisance. Pour les deux tableaux réalisés en 1991, «Saint Christophe» et «La Chasse à l’ours» (sans titre dans les catalogues), deux questions se posaient : Est-il possible de peindre comme le lissier exécute un tapis, à savoir du haut à gauche vers le bas à droite ? Contradictoirement, par le choix du sujet à forte connotation narrative, peut-on inclure un «événement» comme on l’explique dans les sciences physiques ? Le parti pris a été celui de la peinture primitive (XIII-XIVe siècles), de son corollaire, la peinture naïve, et de l’humour, détachement pour laisser le peintre travailler et le spectateur regarder sans prendre son mouchoir. L’«événement» est cette narration. D’autres tableaux auraient pu se
    Christian Vignaud - Musées de Poitiers
    Radegonde selon Jean-Pierre Pincemin faire à condition de trouver d’autres sujets directement narratifs. Ce fut le cas avec «La Chasse au tigre», «La Chasse au lion», quelques pornographies en trois tableaux et, plus récemment, avec une série de seize petites peintures sur les «Amants séparés» dont j’avais préparé le scénario, la forme grammaticale et la syntaxe pour un texte qui signifierait la durée et la finalité. J’ai retrouvé dans le cycle de Radegonde les mêmes obligations que celles que je viens de citer. Comme vous avez pu le voir, j’insiste sur le côté «sexy» de cette femme reine et sainte, et je procède un peu comme dans le cinéma muet : stylisation des expressions, ralenti des mouvements et déceptivité – c’est-à-dire nostalgie des paradis perdus, distance dans la communication. Vous avez écrit en 1996 : «J’ai appris à peindre en faisant de la gravure.» Pouvez-vous préciser ? Les peintres ont le don d’universalité, qui n’est rien d’autre que le plaisir en apprenant et le désir de connaissance. Par son incapacité à traiter la forme abstraite, la gravure risque de se limiter à la forme laborieuse et aux disciplines du maître en taille douce. Radicalement, on peut dire que Rembrandt et Picasso sont les maîtres de ce qu’il faut bien appeler une technique – maîtres aussi dans la peinture –, l’un n’irait pas sans l’autre. La gravure est une pratique de Chinois, d’Hokusaï si l’on veut, et qui trouve son ancrage dans la rapidité et sa conséquence, la caricature, ou, autre conséquence, la contemplation. Conséquence de ces conséquences : la vie. Ce à quoi l’universaliste doit répondre. Recueilli par J.-L. Terradillos Exposition au musée Saint-Croix, Poitiers, du 1er juillet au 31 octobre.
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    la route de l’art SOUVENIRS DE L’ÎLE DE RÉ Le musée Ernest Cognacq évoque les souvenirs des touristes qui tombèrent amoureux des rivages et des marais de l’île. Photographies, jeux, costumes de plage illustrent ces moments ainsi que des billets d’humeur sur l’île rédigés par Claude Nougaro, Michel Piccoli, Gisèle Casadessus… Jusqu’au 17 octobre. Tél. 05 46 09 21 22
    AIX : DE WATERLOO À L’AFRIQUE En juillet 1815, avant sa reddition aux Anglais et son exil à SainteHélène, Napoléon se réfugia trois jours sur l’île d’Aix dans la maison du commandant de la place de l’île. Achetée en 1926 par le baron Gourgaud, arrière-petit-fils du général Gourgaud, aide de camp de l’Empereur, la demeure fut transformée en musée napoléonien. Les collections évoquent l’épopée et la légende du personnage. Le baron Gourgaud réalisa trois grandes expéditions en Afrique. Il rassembla ses collections zoologiques et ethnographiques dans d’anciennes maisons de pêcheurs de l’île. Le musée conserve des trophées et des objets évoquant les anciennes civilisations de ce continent. Un site à l’image de l’île d’Aix : modeste mais atypique. Musée national napoléonien, musée national africain. Tél. 05 46 84 66 40
    Musée d’Orbigny-Bernon, 2, rue Saint-Côme, La Rochelle, jusqu’au 30 décembre. Tél. 05 46 41 46 50
    AQUARIUM DE LA ROCHELLE Avec l’opération «Observateurs des pertuis», l’Aquarium et le Centre de recherche sur les mammifères marins ont mis en place un programme d’études, hébergements, soins et protections des grands vertébrés marins, les dauphins et les tortues. Fin juin, neuf tortues marines recueillies après échouage, soignées et baguées ont été relâchées sur le plateau de Rochebonne, à 60 milles au large de La Rochelle. Tout comme Renée, femelle dauphin échouée en mer du Nord qui a retrouvé ses congénères et son milieu naturel en même temps que les tortues. Tél. 05 46 34 00 00
    Cloître des Dames Blanches, à La Rochelle. Tél. 05 46 51 51 51
    Christian Vignaud – Musées de Poitiers
    LES PEINTRES SINGULIERS D’ESSAOUIRA Dans le cadre de «Temps du Maroc», le cloître des Dames Blanches accueille les œuvres de quinze peintres d’Essaouira, cité atlantique du Maroc. Trait vif et naïf, couleurs chaleureuses, animaux fantasmagoriques, ces œuvres s’imposent au regard par leur force et leur originalité. Les totems, sculptures et peintures exposés ne se rattachent à aucun mouvement pictural contemporain et signent là leur véritable singularité.
    Julio Le Parc
    LE BARON DE CHASSIRON ET L’ASIE EXTRÊME-ORIENTALE AU XIXe SIÈCLE Issu de l’une des plus célèbres familles de la Charente- Maritime, le baron Charles de Chassiron (18181871), diplomate lettré, participa de 1858 à 1860 à une importante m i s s i o n envoyée en ExtrêmeOrient. Cette mission visait à renouer les relations diplomatiques et commerciales avec la Chine et le Japon. Homme d’une grande curiosité et collectionneur averti, le baron rapporta de ce voyage plusieurs centaines d’objets d’art et de documents divers. Parmi ces documents : une importante série de livres japonais illustrés par Hokusai, Kuniyoshi, Yoshitora et Kuminao dont l’homogénéité et la nature présentent une valeur quasi «archéologique». Le baron légua l’ensemble de sa collection à la ville de La Rochelle afin d’enrichir son musée des Beaux-Arts. Cette exposition donne lieu à la publication richement illustrée du catalogue scientifique complet de la collection Chassiron. L’ouvrage est précédé d’une évocation de la vie, des voyages et des missions de ce précurseur mais aussi de son activité de collectionneur et promoteur du japonisme en Europe.
    Dialogue lumière Autour du thème de la lumière électrique, Julio Le Parc joue avec l’architecture de la tour Saint-Nicolas. Il crée un dialogue entre verticalité et horizontalité, sollicite l’œil à la recherche du mouvement, provoque le spectateur. Depuis quarante ans, l’artiste d’origine argentine expérimente l’art cinétique. Pour Julio Le Parc, ces expériences excluent la possibilité d’appréhender le phénomène d’un seul coup d’œil comme dans le cas des tableaux traditionnels accrochés au mur, ou des sculptures sur le socle autour desquelles tourne le spectateur. Au contraire. «Elles le plongent dans des situations visuelles en le sollicitant simultanément de tous les côtés, afin que l’image perçue pendant son passage soit le produit de son temps d’arrêt dans cet espace, des mouvements qu’il effectue, des images qui y sont produites successivement», explique l’artiste. Un artiste admiré par l’écrivain Pablo Neruda. Jusqu’au 20 septembre à la tour Saint-Nicolas. Tél. 05 46 28 33 13 Julio Le Parc, Lumière visualisée, 1962-1981.
    DELACROIX LE VOYAGE AU MAROC Découvrir les Carnets du Maroc d’Eugène Delacroix, c’est deviner les visages croisés, toucher du regard l’étoffe des costumes, entrevoir les paysages qui ont marqué l’expérience marocaine du peintre. Delacroix a ensuite puisé dans ses calepins pour réaliser de grands tableaux, notamment «Noces juives dans le Maroc» et «Moulay AbderRahman». La médiathèque de La Rochelle expose des fac-similés des carnets jusqu’au 20 août.
    Ci-contre, «Vue panoramique des environs de Meknès», dessin original de Delacroix, collections du musée Sainte-Croix de Poitiers.
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    L’Actualité Poitou-Charentes – N° 45
    LA MASCARADE NUPTIALE Les nains constituant cette Mascarade nuptiale sont une «véritable singularité» comme l’indiquent les minuscules commentaires rédigés en portugais sur les personnages eux-mêmes... Nés au Brésil, ils étaient envoyés en présent par les gouverneurs des provinces brésiliennes à la cour du roi du Portugal. Ce tableau est une pièce majeure du musée du Nouveau Monde. Cette œuvre est exceptionnelle par ses dimensions et par la rigueur expressive de sa composition pyramidale. Ce genre de peinture, d’une grande rareté, peut être rapprochée
    des cabinets de curiosité qui appartenaient à l’archiduc Ferdinand II d’Autriche (1529-1595). Musée du Nouveau Monde, à La Rochelle. Tél. 05 46 41 46 50
    M I C H E L DANTON La calligraphie inspire le travail de Michel Danton. Cet artiste mène une recherche picturale sur la phrase, dont «l’horizontalité affirmée, la matérialité et le rythme des signes – liés ou déliés, lisibles ou illisibles – tiennent lieu de paysages tant mentaux que picturaux», indique Catherine Duffault. Musée de l’Echevinage, à Saintes. Tél. 05 46 74 20 97
    ROCHEFORT MIS EN BOÎTE Personnage original et photographe-chroniqueur, René Kérigny (1882-1962) a pris sa ville natale, Rochefort, sous tous les angles. Son travail réalisé avec humour est présenté autour de quatre thématiques : les portraits, la vie quotidienne, les événements festifs et la vie politique des années 30. Musée d’art et d’histoire de Rochefort, jusqu’à fin octobre.
    C A R T O G R A P H I E DES AMÉRIQUES «Je ne peux qu’en rire, écrivait Hérodote au Ve siècle av. J.-C., lorsque je vois nombre de personnes dessinant des cartes du monde sans avoir aucun élément pour les guider.» Ce «mappa mundi» à caractère plus mystique que scientifique se poursuit jusqu’à l’âge de l’imprimerie et même après le voyage de Christophe Colomb en Amérique. La conception ptolémaïque du monde n’avait en effet aucune connaissance de l’Amérique, mais seulement de l’Europe, de l’essentiel de l’Afrique et de l’Asie, et même un peu de l’Arctique, de l’Antarctique et de l’Australie. Au XVIe siècle, la connaissance cartographique était considérée comme un secret d’Etat. La compétition entre les cartographes contrariait les intérêts des diverses nations des Etats européens. C’est pourquoi les premières cartes imprimées diffèrent assez curieusement les unes des autres. Les cartes les plus anciennes trahissent une fascination récurrente pour l’inconnu, avec des monstres marins, des continents peuplés d’une faune étrange, autant d’éléments qui ne résultent pas de l’observation directe mais de voyages imaginaires. Durant le XVIIIe siècle, une explosion de l’information, associée à «l’ère de la raison» a donné naissance à des cartes incluant des vignettes donnant des détails tels que «la façon de pêcher pour sécher et saler la morue à Terre-Neuve». Le capitaine Cook est évidemment présenté avec une carte générale montrant le trajet des navires qu’il commandait. L’exposition couvre une période effective de quatre siècles et demi. Musée du Nouveau Monde, à La Rochelle, jusqu’au 30 septembre.
    MUSÉE DE LA MARINE Le musée de la Marine évoque l’époque des chefs d’escadre et présente une importante collection de maquettes de navires, de machines d’arsenal, de sculptures monumentales et de souvenirs, parmi lesquels le cabestan du vaisseau Duguay-Trouin lancé à Rochefort en 1796. Musée de la Marine, place de La Galissonnière, Rochefort.
    Dieux d’argile Au musée des tumulus de Bougon, situé dans les Deux-Sèvres à proximité d’une des plus anciennes nécropoles néolithiques, l’exposition «Dieux d’Argile» présente 300 objets, témoins muets de la vie quotidienne et rituelle en Hongrie au 6e millénaire avant notre ère. Des objets exceptionnels issus de gigantesques fouilles de sauvetage menées de 1993 à 1996 lors de la construction de l’autoroute M3 reliant Budapest à Kiev. Ces travaux, sans précédent dans l’histoire de l’archéologie hongroise, ont mobilisé nombre de scientifiques, d’étudiants en archéologie et divers spécialistes. Le matériel découvert a fourni des renseignements essentiels sur l’articulation des différentes cultures du Néolithique du bassin des Carpates. Les objets exposés proviennent de trois sites du Néolithique et ne représentent que 10% du produit des fouilles : il s’agit donc des plus belles pièces. Objets de la vie quotidienne ou liés aux rites funéraires, céramiques, parures, statuettes, vases, coupelles, braseros, centaures sont rassemblés dans cette exposition jamais présentée en France. «Dieux d’Argile» fait allusion à ces figurines énigmatiques façonnées dans l’argile et trouvées dans les maisons : têtes fantomatiques aux allures cycladiques, centaures que l’on croirait sortis d’une mythologie grecque ignorée. Ces «golems» d’un autre temps se distinguent par l’épuration extrême de leurs lignes : contours purs, formes géométriques stylisées. Musée des tumulus de Bougon, jusqu’au 31 août. Tél. 05 49 05 12 13
    ECOLE DE MÉDECINE NAVALE Créée en 1722, l’Ecole de médecine navale et tropicale fut la première au monde. Sa bibliothèque, ses collections d’anatomie, de chirurgie et d’histoire naturelle en font l’un des rares cabinets de sciences et de curiosités conservés en Eur o p e dans son environnement d’époque. Ecole de Médecine Navale, 25, rue Amiral Meyer, Rochefort.
    ZAO WOU-KI À ROYAN Le Centre d’arts plastiques de Royan rend hommage à Zao WouKi, un grand peintre abstrait et lyrique de l’après-guerre. Aux Voûtes du port, jusqu’au 26 septembre.
    LE FÂ : ARCHÉOLOGIE ET IMAGES Cette exposition rend compte des recherches menées sur l’un des sites archéologiques majeurs de la région établi sur l’estuaire de la Gironde, à proximité de la Saintes antique. En contrepoint, l’exposition présente des photographies noir et blanc de Maurice Dupont, président du photo-club royannais. Musée Dupuy-Mestreau, Saintes, jusqu’au 25 juillet.
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    la route de l’art
    La censure anti-BD Il y a cinquante ans, le Parlement français adoptait la loi 49-956 sur les publications destinées à l’enfance et à l’adolescence. Son objectif : moraliser la presse illustrée jugée nocive et corruptrice. Cette loi instaura le délit de «démoralisation de la jeunesse». Elle fit des ravages dans le milieu de l’édition. Barbarella et Hara-Kiri firent l’objet d’interdictions mémorables. Des albums de Buck Danny, Lucky Luke et Gil Jourdan, publiés en Belgique, furent interdits d’importation. Le journal Tarzan et les éditions Pierre Mouchot passèrent à la trappe. Un grand nombre de publications ayant été victimes d’interdictions sont actuellement présentées au musée de la bande dessinée, ainsi que les versions «avant/après» de quelques planches censurées. L’exposition raconte comment la loi fut préparée, votée et surtout appliquée. Jusqu’au 26 septembre, CNBDI, Angoulême. Tél. 05 45 38 65 65
    I N S T A L L A T I O N S DE JACQUES VIEILLE ET ANGE LECCIA Le matériel de médiation – téléviseurs, projecteurs, haut-parleurs – est le support privilégié d’expression d’Ange Leccia. Celui-ci détourne ces objets et les réduit à leur rôle premier : diffuser une lumière ou un son pour induire une communication de sens. Jacques Vieille met en jeu la relation nature/culture, en figurant l ’ e m p r i s o n n e m e n t animal. Ces deux commandes publiques ont été créées dans la tour du Prince de Galles à Thouars, ancienne prison des faux-sauniers. Jusqu’au 12 septembre.
    L A B Y R I N T H E S EN MELLOIS «Romanes 99» accueille cette année dans les trois églises romanes de la ville de Melle et à l’Hôtel de Menoc, douze artistes autour de la thématique labyrinthique. A découvrir les swing picturaux du jazzman Daniel Humair, les abstractions abyssales de Philippe Untersteller, les fils de lumière de Clarisse Schelgel-Denoue, et autres c h e m i n a n t e s voies de Thésée, signées Michel Davo, Jean-Pierre Touchet, Peter Knapp, Henk Hage, Marjan Bijlenga, Raoul Furno, Annick Bongrand.
    F E L I C E VARINI La création de Felice Varini est conçue spécifiquement pour l’espace de la chapelle Jeanne d’Arc de Thouars. En référence à la Renaissance où les univers de la peinture et de l’architecture cohabitent parfaitement, Felice Varini intervient en peignant directement sur les murs de l’édifice. Le décor réel joue comme un fond sur lequel la forme se construit, glisse ou se délie et dépend de notre déplacement. Le travail prend sens en fonction du spectateur. Jusqu’au 12 septembre. Tél. 05 49 67 93 79
    Ci-dessus, œuvre de Claude Lévêque, 320 x 15 cm, coll. Frac Poitou-Charentes.
    L’ÉTÉ DE RICHARD TEXIER La ville de Niort célèbre son peintre, Richard Texier, à la médiathèque, au donjon et à l’hôtel de ville, où sont visibles des grandes peintures, dont une de 10 x 2,80 m. Jusqu’au 30 septembre. Tél. 05 49 77 16 70
    TRÉSORS DES ÉGLISES DE CHARENTE Peintures, sculptures, orfèvrerie, vêtements liturgiques, le musée des Beaux-Arts d’Angoulême présente les plus beaux objets du XVIIe au XXe siècle conservés en Charente. Musée des Beaux-Arts, Angoulême, jusqu’à la fin août. Tél. 05 45 95 07 69
    L’ART DU TRANSFERT Peintures, vidéos, photographies, néons, installations sonores, sculptures… Divers supports pour dix a r t i s t e s . Certains d’entre eux revisitent l’art optique tel qu’il avait été proposé dans les années 19601970. «Au-delà de toute interprétation plastique, historique, intellectuelle ou philosophique des œuvres, reste la sensation pure que nous offre chacune de ces créat i o n s , chaque univers, chaque sphère pour nous emporter, corps et âme, jusqu’aux limites de la transe», indique Philippe Régnier, organisateur de l’exposition. Des œuvres purement «rétiniennes», par Delphine Coindet, Claude Lévêque, Stéphane Magnin, Miltos Manetas, Sarah Morris, Ugo Rondinone, Sam Samore, Pierre Thoretton, John Tremblay et Ettore Undo. Frac Poitou-Charentes, à Angoulême, jusqu’au 27 novembre. Tél. 05 45 92 87 01
    Alain Rezzoug
    Structures d’Emmerich Architecte-ingénieur, David Georges Emmerich (1925-1996) fut, en France, le principal représentant des recherches sur la morphologie structurale en architecture. En 1958, il invente les structures «autotendantes» où traction et compression s’équilibrent pour former une configuration légère, indéformable et autostable ; prélude à une architecture sans fondation articulée sur la combinatoire géométrique de ses constituants. Les recherches d’Emmerich appellent à approfondir leur équivalence avec la pratique artistique contemporaine, axée sur les recherches minimales, modulaires et sérielles. Structures, dessins, croquis, maquettes : l’architecture nomade d’Emmerich au château d’Oiron, jusqu’au 31 octobre. Tél. 05 49 96 57 42
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    L’Actualité Poitou-Charentes – N° 45
    Ci-dessous, les fils de lumière de Clarisse Schelgel-Denoue, en l’église Saint-Pierre de Melle.
    Des musées net plus ultra En Poitou-Charentes, générer des mouvements fédérateurs entre les musées et développer les initiatives locales pour valoriser le patrimoine passe par la mise en réseau informatique. Marie-Françoise Huyghes des Etages, conseiller pour les musées à la Drac et conservateur du patrimoine national, dresse le panorama de la politique régionale des musées en Poitou-Charentes. La Drac a mis en place un réseau informatique des musées de Poitou-Charentes dont l’originalité constitue une dynamique pilote au niveau national. Oui. Cette dynamique nous permet de sortir des produits multimédias très diversifiés. C’est un outil capital auprès du grand public. L’objectif premier était l’inventaire informatisé des collections. Nous sommes ensuite passés à des opérations de synthèse de ce contenu scientifique sur des thématiques données permettant un accès privilégié au public. Ainsi, l’an dernier, nous avons sorti notre premier produit multimédia, un CD-Rom sur l’aventure maritime. Le cap des ventes a dépassé nos espérances avec plus de 2 000 exemplaires vendus. Le musée de Rochefort a d’ailleurs le projet de réaliser une exposition de type classique tirée de ce CD-Rom. Ces opérations traduisent-elles une volonté de démocratisation culturelle ? En effet. Il est important d’élargir les publics, tant par des actions en direction de publics défavorisés que le développement de la connaissance des collections et des contenus patrimoniaux grâce aux nouvelles technologies. Outre les CD-Rom, vos autres produits multimédias sont les expositions virtuelles. Quel est leur contenu ? La première exposition virtuelle est consacrée à la célébration des dix dernières années d’acquisitions au titre du Fonds régional d’acquisitions des musées. Cette exposition présente un contenu scientifique avec des séries d’objets sélectionnés et retravaillés par les étudiants de l’Ecole supérieure de l’image. Il y a donc un travail de création offrant une dimension particulièrement originale. La seconde exposition virtuelle a pour sujet les faïences de la ville de Parthenay. Ces expositions sont accessibles sur le site Internet des musées du PoitouCharentes. Ce site justement présente un caractère résolument pédagogique. Pourquoi ce choix ? L’aspect pédagogique plaît au grand public, il a besoin d’avoir des accès logiques de visite. D’autre part, dans le cadre du prochain contrat de plan, nous préparons toute une politique de développement des actions pédagogiques avec des outils innovants tels que les valises pédagogiques électroniques ou bien les valises virtuelles branchées sur le site. Ces outils permettent d’atteindre des secteurs situés hors territoire français. Le Canada, par exemple, est très demandeur pour effectuer ce type d’échanges. Recueilli par Emmanuelle Daviet
    En-tête de Laroche-Joubert, 1869, coll. musée du papier.
    SPLENDEURS ET MISÈRES DE LA PAPETERIE EN CHARENTE Dans le cadre du bicentenaire de la machine à papier, le musée du papier du Nil évoque les sites et les productions papetières charentaises avec notamment la présentation d’un florilège documentaire caractéristique de cette activité. A travers une sélection de documents et d’objets, l’exposition témoigne de la «belle époque» de la papeterie industrielle en Charente de 1830 à nos jours. A voir jusqu’au 9 janvier 2000. A découvrir également : «Imaginaires d’usine» qui retrace l’histoire du site de Saint-Cybard, Le Nil, et la fabrication industrielle du papier. Musée du papier Le Nil, Angoulême, jusqu’à la fin du mois d’août. Tél. 05 45 92 73 43
    LES MUSÉES DE LA RÉGION SUR INTERNET Ce site répertorie plus de quarante musées implantés dans la région. Il a pour objectif de mettre en évidence l’identité de chacun d’entre eux et la qualité des œuvres et des objets qui y sont présentés. Les collections ponctuelles sont répertoriées et mises à jour dans une rubrique réservée aux expositions. Des informations pratiques quant à l’organisation d’un déplacement dans la région sont également fournies. http.// www.alienor.org.
    MACHEROT, UN DESSINATEUR AUX CHAMPS Des années 50 aux années 80, Raymond Macherot a conquis deux générations de lecteurs de Tintin et Spirou. Son bestiaire, où l’on retrouve les lérots Chlorophylle et S i b y l l i n e et le chat-détective Chaminou, est présenté à travers un large choix de planches originales dont des inédits et plusieurs hommages. L’univers de l’un des m a î t r e s de la bande dessinée franco-belge à découvrir dans une scénographie ludique et inventive. Jusqu’au 26 septembre, au CNBDI.
    PRÉHISTOIRES DE BANDE DESSINÉE «Comics Park» ravira autant les amateurs de BD que les mordus de paléontologie. A travers quatre chapitres, l’exposition propose de parcourir les différentes approches de la préhistoire dans la bande dessinée : l’aventure préhistorique, les mondes perdus, les dinosaures, le travail des paléontologues. La collaboration active entre le musée de la bande dessinée et la galerie de paléontologie du muséum national d’histoire naturelle a permis de mêler planches originales (Ché-
    ret, Aidans, Jacobs, Vance…) et trésors archéologiques vieux de plusieurs millions d’années. Signalons que le musée de la bande dessinée, créé en 1991, conserve plus de 4 000 planches originales de BD qui permettent de retracer l’histoire de la BD d’expression française depuis plus de cent cinquante ans. Jusqu’au 19 septembre, au CNBDI, à Angoulême. Tél. 05 45 38 65 58
    L’Actualité Poitou-Charentes – N° 45
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