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Saint-Jacques de Compostelle

Rubrique sur de pélerinage de Saint-Jacques de Compostelle – Articles :

Le roman de Compostelle. Poitiers, Melle, Aulnay-de-Saintonge, Saint-Jean-d’Angély, Saintes, Pons…les haltes monumentales du grand chemin de Compostelle s’imposent au pèlerin. Auteur : Astrid Deroost, photos Hervé Tartarin et Claude Pauquet, Dessin de Philippe Rondeau ;

Chemins de traverse. Avec Marie-Pierre Parthenay, animatrice du patrimoine et directrice de l’Atemporelle. Photos de Claude Pauquet ;

Suivez Aimery Picaud. Un moine nommé Aimery Picaud, originaire de Parthenay-le-Vieux, entreprit au XIIe siècle de conseiller les marcheurs en partance vers la sainte terre de Galice. Auteur : Astrid Deroost.

Photo du bestiaire d’Aulnay par Alain Lemasson, et de l’église de Sangüesa en Navarre, par Jean-Luc Terradillos.

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    Statue de saint Jacques à Châtellerault
    Hervé Tartarin
    Le roman de Compostelle Poitiers, Melle, Aulnay-de-Saintonge, Saint-Jean-d’Angély, Saintes, Pons... Les haltes monumentales du grand chemin de Compostelle s’imposent au pèlerin Par Astrid Deroost Photos Claude Pauquet Dessin Philippe Rondeau
    La région Poitou-Charentes est traversée par plusieurs voies, dont une principale, qui mènent à Compostelle. Le lieu qui, à l’aube du IXe siècle, se découvre sépulcre de saint Jacques le Majeur fait très vite cheminer l’Europe entière. Au Moyen Age, l’affirmation de la foi chrétienne, symbolisée par l’évangéliste Matamoros, l’adoration des saintes reliques et la quête de miracles guident les pas des marcheurs. Aussi la région compte-t-elle d’innombrables lieux cultes de l’art roman : églises voûtées dotées de déambulatoires, monastères, hôpitaux... Tout un art dit de pèlerinage, né de la circulation des hommes – et des richesses –, vers les lieux saints qui s’épanouit pleinement entre la fin du XIe siècle et la moitié du X I I e.
    ur le grand chemin de Saint-Jacques, le pèlerin entre en Poitou-Charentes par la cité de Portde-Piles juste après avoir vénéré les reliques de Saint-Martin de Tours. L’église Saint-Hilaire-le-Grand, du nom du premier évêque de Poitiers, ouvre la voie jacquaire des monuments désormais inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco*. Elle passe par l’église Saint-Hilaire de Melle, Saint-Pierre d’Aulnay-de-Saintonge, l’abbaye royale de Saint-Jean-d’Angély, Saint-Eutrope de Saintes, l’hôpital des pèlerins de Pons. Ces sites – et beaucoup d’autres – témoignent avec faste de l’intense activité architecturale des XIe et XIIe siècles. Différents courants artistiques traversent le Poitou puis, l’Angoumois et la Saintonge. Les sources d’inspiration varient : peintures, scènes historiées de la Bible, végétaux, monstres. Les décors sont simples ou chargés. Les sculpteurs élisent les chapiteaux, les chevets ou les croisées... Mais l’art roman a trouvé un gigantesque terrain d’expression.
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    La crypte de Sainte-Eutrope, à Saintes.
    Le culte de saint Hilaire à Poitiers Poitiers, évangélisé dès le IVe siècle par saint Hilaire, compte de nombreux édifices richement ornés. En plus de la façade de Notre-Dame-la-Grande qui transmet les grandes vérités de la foi chrétienne, on peut y admirer Saint-Porchaire, Saint-Nicolas, Saint-Paul, Saint-Jeande-Montiernef et l’église qui abrite le tombeau de sainte Radegonde. Melle, point de jonction entre la voie occidentale et le grand chemin, compte trois monuments remarquables
    et un hospice. Le plus visible est l’église Saint-Hilaire que les érudits – et la géographie – rapprochent de Saint-Pierre d’Aulnay-de-Saintonge. L’abondante décoration sculpturale de l’église melloise et la richesse ornementale de l’église saintongeaise (jadis en diocèse de Poitiers) offrent des détails communs. Griffe d’un même artiste ? Néanmoins les deux édifices proposent de belles particularités. Echelonnement harmonieux des toits d’absides, du déambulatoire et du chœur, portail intérieur travaillé pour Saint-Hilaire. Un portail sud à l’impressionnant bestiaire pour Saint-Pierre que le temps a placé en dehors de la cité. Du Pays mellois, les jacquets peuvent rejoindre la cathédrale Saint-Pierre d’Angoulême ou poursuivre
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    saint jacques leur périple saintongeais. Deux tours vestiges annoncent Saint-Jean-d’Angély. Pour abriter le chef de saint Jean-Baptiste (rapporté d’Egypte par un moine), les religieux de Cluny édifient la première abbaye en 817. Pillée et reconstruite, elle devient au XIe siècle une étape majeure sur le chemin de Compostelle. L’Europe à Saint-Jean-d’Angély L’abbaye royale, très remaniée au XVIIe siècle, abrite aujourd’hui le Centre de culture européenne, SaintJacques de Compostelle. Dirigée par Alain Ohnenwald et créée en 1989 à l’initiative du ministère de la Culture, de la Région et de la ville de Saint-Jean, la structure pérennise le premier itinéraire culturel européen. Chaque année, six sessions trinationales rassemblent des jeunes autour de la civilisation médiévale (conférences, ateliers d’art, découverte du patrimoine commun) avec en toile de fond «l’apprentissage de la construction quotidienne de l’espace européen». Le Centre propose également des animations destinées au grand public. (Renseignements à l’Abbaye royale, tél. 05 46 32 60 60) Saint Eutrope, évêque martyr Saintes souhaite se transformer en lieu-référence de la sculpture romane. Sous l’influence de l’abbaye bourguignonne de Cluny qui soutient la Reconquista et structure les chemins du pèlerinage, Saint-Eutrope devient au XIe siècle un pôle religieux majeur. On vient y vénérer les reliques de l’évêque martyr. La basilique fut aussi, avant l’Abbaye-aux-Dames, l’un des foyers
    LA TRACE JACQUAIRE A l’occasion de l’année du patrimoine, la Région PoitouCharentes a apporté sa contribution au guide Chemins de Saint-Jacques, nouvelle livraison Gallimard destinée à tous les voyageurs. L’ouvrage, abondamment illustré de photos et de plans, est découpé en trois parties : la première parle d’histoire, d’arts et de traditions, d’architecture et de littérature. Les origines du pèlerinage, son impact sur la conception des édifices religieux et civils, l’éclosion de l’orfèvrerie et de la sculpture romane donnent un solide aperçu de la culture jacquaire. De nombreuses pages évoquent naturellement la richesse du patrimoine régional et les liens qui unirent le Poitou et l’Espagne dès le Moyen Age. La seconde partie fait un tour d’horizon complet des quatre itinéraires principaux et du camino francès. Tous les sites architecturaux d’intérêt sont replacés dans leur contexte historique et sociologique. Des textes plus courts mettent le doigt sur une spécificité locale : tradition, légende ou personnage. Enfin, chaque double page est assortie d’une carte-ruban qui déroule avec précision les haltes, les routes et les chemins de randonnée. D’étape en étape. Le chapitre pratique invite le pèlerin à préparer sa longue migration mais intéresse aussi le simple touriste. Un tableau détaillé rassemble toutes les informations nécessaires. Avant de partir, le marcheur peut aussi contacter les associations françaises ou étrangères spécialistes du sujet Compostelle. Une soixantaine sont répertoriées dont quatre pour le seul Poitou-Charentes. Guides Gallimard, Chemins de Saint-Jacques, 308 pages, 158 F.
    La Vau-Saint-Jacques à Parthenay.
    En attendant la mise en œuvre de l’ambitieux projet, l’atelier propose ses Noctambulations estivales : visites théâtralisées du quartier et de l’église Saint-Eutrope, avec pour points de départ ou d’arrivée la tour ou la crypte de l’édifice. (Renseignements à l’Atelier du patrimoine de Saintonge, tél. 05 46 92 06 27) Pons, le réconfort des malades Pons fait partie des «lieux sacrés, des maisons de Dieu pour le réconfort des saints pèlerins, le repos des indigents, la consolation des malades, le salut des morts, l’aide aux vivants» (Aimery Picaud). Construit à l’entrée de la ville au XIIe siècle, l’hôpital neuf de
    L’hôpital neuf de Pons.
    Le portail sud de l’église d’Aulnay-de-Saintonge.
    de diffusion de l’art roman dans la région. En 1996, Saintes commémore le neuvième centenaire de la consécration de l’église Saint-Eutrope. L’atelier du patrimoine de Saintonge (Saintes, Saint-Jean-d’Angély, Pons) entreprend alors un énorme travail de valorisation de l’art roman. Des expositions sont organisées à destination du grand public. Et surtout une publication, L’imaginaire et la foi, la sculpture romane en Saintonge, fait le pari fou d’inventorier tous les édifices et d’en détailler les ornements. Placée sous la direction de Jacques Lacoste, professeur d’histoire de l’art au Moyen Age à Bordeaux, l’ouvrage est une bible et l’introduction idéale à un centre de documentation et de diffusion de la sculpture romane.
    Pons accueillait tous les malades et déshérités de la terre mais aussi les pèlerins en quête de soins physiques et spirituels. En ce 25 juillet 1999, après un office œcuménique célébrant saint Jacques, les pèlerins rejoindront les vestiges du site. La veille, une fête médiévale doit rassembler la population costumée autour du donjon. (Renseignements à l’office de tourisme, tél. 05 46 96 13 31) *Les fresques romanes de Saint-Savin-sur-Gartempe, à l’écart du grand chemin, sont également inscrites au patrimoine mondial, mais depuis 1984.
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    saint jacques
    Chemins de traverse S ’ O R I E N T E R AVEC LA NOUVELLE CARTE Une carte routière et régionale des chemins est disponible depuis juin,fruit d’une collaboration étroite entre la Région Poitou-Charentes et l’Institut géographique national. Le document valorise trois axes qui se superposent au patrimoine roman : la voie occidentale (Thouars, Parthenay...), le grand chemin (Poitiers, Melle, Aulnay...) et le chemin plus sinueux qui emprunte Saint-Savin, Charroux, Angoulême puis Aubeterre. Des pictogrammes mettent en lumière les monuments peu visibles ou peu connus au même titre que les plus fameux. «La carte répond à une volonté de structurer une politique culturelle et touristique», explique Christine Sarrasin du Centre de documentation et d’animation des monuments historiques en PoitouCharentes, chargée de la réalisation du document. De plus Saint-Jacques appartient à notre imaginaire. Posséder des chemins, les baliser, c’est important. C’est offrir à ceux qui passent la possibilité de s’enrichir.» Itinéraires de Saint-Jacques de Compostelle en Poitou-Charentes, Les Spéciales IGN-découverte régionale, 35 F.
    «
    Ici à Parthenay, nous sommes sur une voie latérale à la grande route qui va de Tours à Bordeaux. Elle était très empruntée par les pèlerins qui venaient d’Angleterre, du nord de la France, de Bretagne et qui rattrapaient l’axe majeur à Melle. Le quartier SaintJacques en témoigne.» Marie-Pierre Parthenay, animatrice du patrimoine et directrice de l’association Atemporelle, aime à énumérer les indices présents dans la cité des Deux-Sèvres : la porte Saint-Jacques, la vierge noire – petit fanal protecteur – ou encore la morphologie de la Vau-Saint-Jacques. Les rez-de-chaussée des maisons à pans de bois abritaient les boutiques et auberges qui accueillaient les pénitents.
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    En arrivant au village de Tusson, en Charente.
    Savin-sur-Gartempe ou Saintes. Cette distinction, imaginée par le Conseil régional Poitou-Charentes, suppose une mise en valeur particulière et dynamique de l’héritage historique. Parthenay remplit son contrat, en deux temps, via l’utilisation des nouvelles technologies. Depuis mai, un site Internet se charge de défricher les chemins virtuels. Il a pour mission de créer des liens avec tous les sites européens associés à Saint-Jacques afin de délivrer un maximum de références historiques, artistiques et touristiques. Sa mise à jour quotidienne intègre aussi des témoignages de pèlerins ou des événements attachés à Compostelle. En septembre, une salle multimédia s’ouvrira au public, aux scolaires et aux chercheurs. La scénographie contemporaine, confiée à Bruno Cohen, enchantera l’accès aux nouveaux outils de la communication. Du CD-Rom ludique à la banque de données archéologiques, Parthenay s’engage à suivre à la ligne l’information jacquaire. Renseignements, association Atemporelle, tél. 05 49 63 13 86 et à l’adresse suivante : http//www.district-parthenay.fr/compostelle-poitoucharentes.htm
    L’église de Saint-Amand-de-Boixe.
    Il y a aussi les nombreux édifices religieux. L’église bâtie vers 1170 par le Seigneur-pèlerin Guillaume IV et surtout Saint-Pierre de Parthenay-le-Vieux. Construit en grande partie au XIe siècle, le magnifique ouvrage est associé au nom d’Aimery Picaud, auteur du Guide du pèlerin de Compostelle. La ville numérisée prétend au titre de lieu phare de l’art roman, de même que Saint-Amant-de-Boixe, Saint-
    En passant par Charroux, Nanteuil, Marcillac-Lanville, Aubeterre A l’est de la grande via Turonensis, Saint-Savin ouvre jusqu’à l’automne un chantier au public. Les fresques de l’abbatiale sont considérées comme les plus importantes de l’art roman français. Les deux scènes qui composent la peinture du Combat des Rois, déposées voilà trente ans, sont en cours de restauration. Au sud de Charroux, dont l’imposante abbatiale conservait quelque 70 reliques, la Charente a reconstruit un itinéraire. «Dans notre département, le cheminement des pèlerins est assez flou. Nous nous sommes appuyés sur les monuments et sur le patrimoine restant pour dessiner un chemin contemporain et y restaurer des haltes jacquaires», explique Marylise Ortiz, directrice du service Patrimoine à Angoulême. Abbaye de Nanteuil, prieuré de Marcillac-Lanville, abbaye de Saint-Amant-de-Boixe, église octogonale de Saint-Michel, cathédrale d’Angoulême, abbaye de La Couronne, église Saint-Jacques d’Aubeterre, aux portes de la Dordogne... Partout, l’architecture romane s’est fait abri, hôpital ou lieu de réflexion sur la route du salut. Nanteuil-en-Vallée, Tusson, Marcillac-Lanville et Aubeterre renouent avec la vocation de l’hospitalité. Cette année, les quatre communes se sont engagées à offrir un prieuré, un gîte ou un logement chez l’habitant. A charge pour les hôtes de proposer un accueil de qualité et un accès privilégié aux richesses architecturales locales. Une série de spectacles et d’animations est d’ores et déjà programmée qui doit transporter le visiteur dans un environnement médiéval. Service Patrimoine d’Angoulême, tél. 05 45 38 70 79
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    L’Actualité Poitou-Charentes – N° 45
    Claude Pauquet
    VOTRE REGARD SUR COMPOSTELLE Dans le cadre de l’année du patrimoine, la Région PoitouCharentes organise, du 1er juin au 30 septembre, un concours de photographies et d’aquarelles intitulé «Regards sur les chemins de SaintJacques-de-Compostelle». Tout au long de cet été, chacun est donc invité à participer. Dans chacune des deux catégories, les candidats doivent traiter l’image d’un site monumental ou naturel appartenant à une aire géographique précise comprise entre les chemins de Saint-Jacques dans la région et l’itinéraire conduisant de Poitou-Charentes à SaintJacques-de-Compostelle. Renseignements au 05 49 55 77 00
    Alain Lemasson
    Bestiaire d’Aulnay
    Suivez Aimery Picaud
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    n moine nommé Aimery Picaud, originaire de Parthenay-le-Vieux, entreprit au XIIe siècle de conseiller les marcheurs en partance vers la sainte terre de Galice. Telle est l’hypothèse généralement admise de nos jours puisque le Guide du pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle garde quelques mystères. L’ouvrage édité dans sa totalité en 1882, traduit par Jeanne Vielliard dans les années trente1, est tiré du Liber Sancti jacobi. Le Livre de Saint-Jacques ou Codex Calixtinus serait lui-même daté de 1139. Itinéraires, étapes et corps saints à visiter ont été soigneusement consignés dans l’ouvrage, à commencer par les quatre grandes routes qui traversent la France. Immuables chemins qui depuis Saint-Gillesdu-Gard (Montpellier, Toulouse et le Somport), Le Puy (Conques, Moissac), Vézelay (Saint-Léonard, Périgueux) et Tours (Poitiers, Saint-Jean-d’Angély, Saintes, Bordeaux) rejoignent Puente la Reina pour se transformer en un unique camino francès. Sur la route de Tours, l’enthousiaste Picaud propose maints détails enclins à semer la concorde entre les peuples... «Après Tours, on trouve le pays poitevin, fertile, excellent et plein de toutes félicités. Les Poitevins sont des gens généreux [...] beaux de visage, spirituels, très généreux, larges dans l’hospitalité...» Puis, viennent les Bordelais au langage rude, les Gascons débauchés et ivrognes, les Basques féroces au parler barbare. Pauvres Navarrais : «Quand on les regarde manger, on croirait voir des chiens ou des porcs dévorer gloutonnement ; en les écoutant parler, on croit entendre des chiens aboyer.» Aimery Picaud livre aussi des conseils pratiques qui en disent long sur la difficulté de l’expédition et sur la société médiévale. Il faut, écrit-il, résister aux bateliers ou péagers cupides, sélectionner les fleuves avant d’abreuver hommes et chevaux et éviter certains mets.
    Exemple plaisant pour la terre du Matamore : «Tous les poissons et les viandes de bœuf d’Espagne et de Galice donnent des maladies aux étrangers.» Mais la partie la plus importante du guide est consacrée aux légendes des saints et à leurs reliques. Elles firent la richesse et la renommée des édifices. «Après, c’est le très saint corps du bienheureux Hilaire, évêque et confesseur, qu’il faut visiter dans la ville de Poitiers. Là, ce saint, rempli de la grâce divine rendit à une mère en pleurs son enfant frappé prématurément d’une double mort.» Prodige parmi tant d’autres. «Aussi son tombeau est-il décoré d’or et pierres précieuses.» Dans un lieu nommé Angély, «le très saint chef de JeanBaptiste est vénéré nuit et jour par un chœur de cent moines et s’illustre par d’innombrables miracles». Avant Blaye et Bordeaux, la halte saintaise revêt une importance capitale. Eutrope y connut le martyre. Aimery Picaud s’attarde longuement sur la légende du saint. «L’affable évêque, issu d’une noble famille de Perse, descendait de la race la plus excellente du monde entier.» Il mourut lapidé et décapité pour avoir converti la jeune Eustelle qui préféra l’amour du Christ aux croyances de son propre père. L’auteur cite encore Roland «qui mourut, dit-on, de soif dans cette vallée de Roncevaux», saint Seurin, Dominique, Facond, Isidore. La route ibérique compte seize étapes moins détaillées. Vient alors la description de la troisième ville sainte après Jérusalem et Rome. Aimery Picaud consacre un énorme chapitre à Compostelle où il donne notamment la description minutieuse de «l’église du très glorieux apôtre Jacques». Enfin, Amery Picaud rappelle le devoir d’hospitalité. Ceux qui refuseraient charité et égards aux pèlerins seraient aussitôt frappés de malheur quand celui qui «les aura reçus et hébergés avec empressement aura pour hôte non seulement saint Jacques, mais notre Seigneur lui-même...» A. D.
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    En Navarre, le portail de l’église de Sangüesa témoigne de l’influence de l’école poitevine de sculpture en Espagne, sur les chemins de Saint-Jacques.
    1. Le Guide du pèlerin de SaintJacques de Compostelle, texte latin du XIIe siècle édité et traduit en français d’après les manuscrits de Compostelle et de Ripoll, par Jeanne Vielliard. L’ouvrage couronné en 1938 a été réedité cinq fois. Editions La Librairie philosophique J. Vrin, 1997. La bibliographie propose notamment les ouvrages de René de La Coste-Messelière, pèlerin érudit et assidu qui vécut près de Melle. En octobre, le Centre de culture européenne de Saint-Jeand’Angély consacre d’ailleurs une session d’études (à Compostelle) à celui qui, dès les années 50, rouvrit le chapitre de la tradition jacquaire.
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