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Recherche et innovation dans le secteur des plantes à parfums, aromatiques et médicinales
Par Delphine Quintard Photo Bruno Veysset
Arcobio
Q
ui n’a jamais bu une infusion de camomille aux vertus apaisantes avant d’aller dormir, ou encore un tilleul pour accélérer la digestion ou calmer la nervosité ? Ces prop r i é t é s bienfaisantes des plantes, Georges Portoghese les recherche et les développe. Depuis décembre 1999, il a fondé, en collaboration avec René Ricou, Arcobio qu’il définit lui-même comme étant «une société de conseil, de formation, de développement, d’amélioration et de production dans la filière des plantes possédant un intérêt soit pour la parfumerie, soit pour l’aromatique, soit pour la médecine (la filière dite Pam)». Cette société est installée dans les bâtiments de l’Institut de biologie moléculaire et d’ingénierie génétique de l’Université de Poitiers. Georges Portoghese est depuis toujours passionné par les plantes. Après un BTS horticole et une école d’ingénieur, il a travaillé pendant dix-huit ans dans diverses entreprises tant en re-
cherche qu’en jardinerie ou en pépinière. Ce savoir accumulé en vingt-cinq années au service des plantes lui a permis de mieux appréhender leur «alphabet». Aussi ce passionné expliquet-il «qu’il faut apprendre à regarder la plante et essayer de comprendre ce qu’elle dit. Chaque plante a son mode d’expression (par les feuilles, les couleurs, les bourgeons, les tiges, les textures...). Il m’a fallu apprendre sur le terrain à déchiffrer ces différents langages que l’on n’apprend pas à l’école.» Avec un réseau de 480 contacts (clients, partenaires de production ou de recherche... ), répartis sur les cinq continents, Arcobio a pour objectif de devenir «le pivot de la filière Pam». A cette fin, elle participe à la découverte de nouvelles plantes (plus de 1 000 plantes sont découvertes chaque année dans le monde, alors que 4 disparaissent chaque jour) par le biais de projets de recherche sur le terrain à Madagascar, en Inde, en Chine, en Amérique latine, et bientôt en Sibérie. Elle assure ensuite, à partir d’un échantillon, la phase de détection et d’analyse des principes actifs puis la multiplication en milieu de culture ainsi que la production à grande échelle des plants. Viennent alors les phases d’extraction du principe actif puis de traitement et conditionnement selon les modalités fixées par le client (médicament, huile essentielle, extrait...). En contrôlant ainsi la filière, Arcobio représente un modèle de coordination. Le principe paraît simple ; cependant, contre toute attente, c’est la seule entreprise à proposer de tels services sur le marché. Elle s’astreint à des conditions draconiennes de confidentialité et de qualité. «Nous travaillons actuellement sur la recherche de nouveaux clones, plus adaptés aux nouveaux besoins, sur des plantes telles que la lavande vraie, le thym, mais aussi sur le développement de nouvelles souches, par exemple le géranium, souligne Georges Portoghese. Nous préparons divers programmes traitant des problèmes des zones humides, des déchets, de l’environnement et de la sauvegarde du patrimoine végétal.» Toujours dans un souci de communication du savoir qu’elle détient sur les plantes, Arcobio est en train de créer, avec le concours du Muséum national d’histoire naturelle, du Conservatoire des plantes médicinales de Mulhouse, de la Société française d’ethnopharmacologie, de l’Université de Poitiers, du Royal Botanic Garden de Kew et de l’Espace Mendès France à Poitiers, la plus grande base de données en botanique. s
L’Actualité Poitou-Charentes – N° 50
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