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Création : Michaël Sterckeman

Rubrique Création – Article :

Un drôle de petit manège. Michaël Sterckeman publie « Petit Manège », une poésie du changement en neuf portraits amoureux. Article : Astrid Deroost, photo : Claude Pauquet. Illustration : extrait du « Petit Manège ».

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    création Et bizarrement, les personnages en proie à un «désordre joyeux» nous plongent dans la gravité des histoires ordinaires. Bref, ces êtres-là nous regardent. «J’ai voulu témoigner avec légèreté d’une poésie, d’une culture du changement qui s’applique à la relation amoureuse», explique le jeune homme en avouant ses sources d’inspiration : une attirance personnelle pour le sujet, les comédies américaines des années 50, et les Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes. «Dès la première image, poursuit-il, j’ai adopté un point de vue d’entomologiste. J’ai regardé mes personnages de loin. Le texte séparé de l’image symbolise cette distance.» Mais le stratagème a ses contraires. Une plume «frénétique» donne de la chair aux héros. Leur petite taille fait d’eux des enfants-poupées un peu irresponsables, attachants. Et l’inconstance, malgré l’humour, se fait moins désinvolte au fil des pages. Michaël Sterckeman, originaire du Nord, a fait le voyage vers la Charente pour fréquenter l’Ecole supérieure de l’image et suivre l’option neuvième art. «A Angoulême, il existe une communauté de dessinateurs. Des gens viennent de très loin avec pour référence commune la bande dessinée. L’on apprend au contact des autres et c’est très stimulant», insiste l’auteur, lecteur d’Hergé, de Bilal (à l’adolescence), de Muñoz, Crumb, D u p u y et Berbérian, Aristophane et de tant d’autres. Amateur d’édition indépendante, il a luimême participé à l’ouvrage Comix 2000, publié par L’Association. «La bande dessinée est mon mode d’expression. Sa vocation est de montrer des univers personnels. Elle permet des représentations symboliques, l’expression d’états mentaux. Mon ambition est d’être très précis dans l’expression des sentiments. Peut-être est-ce pour cela que mon dessin fourmille d’informations. Il y a dans cette démarche quelque chose d’assez jouissif», confesse Michaël Sterckeman. L’auteur, formé à l’outil multimédia, se consacre aujourd’hui à l’écriture d’une fiction interactive. «J’aime aussi la bande dessinée, compare-t-il, pour son économie de moyens. Elle permet de créer avec trois fois rien.» s Michaël Sterckeman, Petit Manège, Ego comme X, 62 pages. Travaux d’étudiant avec l’association Café Creed : La bicyclette hystérique . Ci-contre : p. 33 de Petit Manège.
    Michaël Sterckeman publie Petit Manège. Une poésie du changement en neuf portraits amoureux Par Astrid Deroost Photo Claude Pauquet
    Un drôle M
    de petit manège ichaël Sterckeman, 24 ans, extrapole. Il préfère les musiques intérieures, fictives et mensongères, au récit des choses vécues. Petit Manège, son premier albumlivre de bande dessinée, vient de paraître aux éditions Ego Comme X. L’auteur y brosse avec bienveillance neuf destinées sentimentales. Il raconte la passion simple de Camille, la vaine attente de Caroline, le cynisme feint de Cassandra Feininger, les confidences-fleuve de Marco ou les petits arrangements avec l’amour de Georges Rafter.
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    L’Actualité Poitou-Charentes – N° 50
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