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Australopithecus aethiopicus, Australopithecus africanus et maintenant Australopithecus garhi, les scientifiques recherchent le spécimen établissant la liaison entre les australopithèques plus anciens qui vivaient il y a environ 3 Ma et le genre Homo qui se développe aux alentours de 2 Ma. Aethiopicus, ayant évolué vers des formes exclusivement robustes, a depuis longtemps été éliminé de la course. «Jusqu’à l’arrivée de garhi, africanus était considéré comme le meilleur candidat, bien qu’à mon avis, il présente une morphologie faciale et crânienne légèrement déviée de la direction vers Homo. Garhi arrive à point, ce dernier, combinaison de traits d’ Australopithecus afarensis et du genre Homo, est le meilleur candidat», assure Berhane Asfaw. «Les prémolaires ont évolué dans la direction d’Homo, sans en avoir encore atteint la forme définitive. Les membres retrouvés présentent également les caractères d’une transition. En effet, les plus anciennes espèces d’australopithèques ont un humérus long et un fémur court, tandis que les Homo présentent un ratio inversé. Sans avoir encore acquis un ratio de type Homo, le fémur de garhi est plus long et l’humérus plus court que chez ses ancêtres.» Ces arguments appuient la thèse de l’équipe qui veut voir en garhi la personnalisation de la transition entre l’australopithèque et l’Homo. «Cela ne veut pas dire que nous ne trouverons pas, dans les prochaines années, un meilleur candidat. Mais, pour le moment, nous devons avancer avec les données dont nous disposons», explique Berhane Asfaw. Autre découverte de taille : des os d’animaux ont été retrouvés à proximité des restes fossiles de Garhi, ils portaient des traces de découpe intentionnellement faites pour racler la viande collée aux os. Cependant, aucun outil n’a été mis au jour dans ce site. C’est au nord du moyen Awash, à Gona, que des milliers d’artefacts en pierre datés, d’environ 2,6 Ma, ont été retrouvés, mais cette fois-ci, aucune trace de l’artisan. Garhi fut-il celui ci ? «C’est fort possible, les époques correspondent et, pour l’instant, Australopithecus garhi est le seul hominidé retrouvé dans cette région, susceptible d’avoir confectionné ces outils», souligne Berhane Asfaw. Si c’est le cas, les conséquences de l’utilisation de l’outil sont décisives pour l’évolution vers le genre Homo. Les outils permettent d’obtenir plus de viande sur les carcasses, par raclage ou percussion, ce qui signifie plus de protéines et plus de graisses, éléments déterminants de développement du cerveau. Cela expliquerait que le passage du petit cerveau de garhi, 450 cm3, à celui beaucoup plus volumineux des premiers Homo, soit un élément supplémentaire au dossier de garhi, «meilleur candidat». A.-G. T. s
Australopithecus garhi
candidat surprise
E
n novembre 1997, Yohannes Hailé-Sélassié, un étudiant de l’Université de Berkeley, met au jour une moitié de mâchoire près du village de Bouri dans la vallée de l’Awash en Ethiopie. La suite des fouilles révèle l’autre moitié, puis le frontal en morceaux et les pariétaux. A 300 mètres de là, dans un site daté de la même période, soit 2,5 Ma, un humérus et un cubitus, un fémur, des phalanges de pied ainsi qu’une partie de mandibule sont aussi récoltés. Sans être absolument certains que le crâne et les os de la jambe et des bras appartiennent au même individu, Berhane Asfaw et les membres de l’équipe dirigée par Tim White reconnaissent cependant une espèce d’australopithèque jusqu’alors inconnue et la nomment Australopithecus garhi, ou australopithèque «surprise», dans la langue parlée dans cette partie de l’Ethiopie. Il y a 2,5 Ma, plusieurs espèces d’australopithèques coexistaient. Parmi les trois espèces connues,
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L’Actualité Poitou-Charentes – N° 50
Claude Pauquet
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