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Rubrique Culture – Articles/brèves :

Exposition au musée Sainte-Croix de Poitiers, « La croix en Poitou, des origines à nos jours », sur le reliquaire de la Vraie Croix. Par Anh-Gaëlle Truong, photo : Christian Vignaud – musées de Poitiers ;

Jacques Perruchon ; Alain Léger ; 732, le site ; Sylvie Denorde et Colette Faut ;

Jabbar Yassin Hussin, légendes de l’exil. Par Aline Chambras ;

Daniel Reynaud. En photo par Jean-Luc Terradillos ; René Guillot ; Denis Montebello.

Marie Casarès. Par Astrid Deroost. Portrait photo par Jean-François Deroubaix ;

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    à venir
    culture res murales et reliquaires, etc. Protéiformes, elles sont le fruit d e l’évolution des sensibilités artistiques et du sentiment religieux, de même que le reflet des heurts du temps. Robert Favreau, vice-président de l’association Parvis qui est à l’origine de l’exposition, insiste sur la nécessité de préserver et transmettre le patrimoine religieux. Il ajoute que «quelles que soient nos convictions religieuses, ces objets font partie de notre héritage culturel. De telles manifestations mettant en évidence les métamorphoses d’un symbole et de ses représentations sur une période aussi longue contribuent à éduquer notre regard.» Quarante-cinq auteurs ont collaboré à l’écriture de ce qui est devenu plus qu’un catalogue mais bien un livre d’art et d’histoire admirablement servi par l’iconographie. S’y retrouve une présentation rigoureuse des croix du Poitou inscrites dans une synthèse générale sur l’évolution des formes de la croix dans toute la chrétienté. Anh-Gaëlle Truong «La croix en Poitou, des origines à nos jours» au musée Sainte-Croix de Poitiers. Tél. 05 49 41 07 53 Le supplice et la gloire, catalogue de l’exposition, Société des Antiquaires de l’Ouest et Editions Somogy, 240 p., 290 F.
    Intersections sacrées
    L Reliquaire de la Vraie Croix de Poitiers, abbaye SainteCroix, Saint-Benoît. La plaque d’or émaillée date du XIe siècle, les autres parties du reliquaire sont postérieures. Photo : Christian Vignaud – musées de Poitiers.
    a croix occupe une place toute particulière dans l’art religieux du Poitou depuis que sainte Radegonde a obtenu de l’empereur de Byzance une relique de la Vraie Croix. L’exposition qui se tiendra jusqu’au 15 mars au musée Sainte-Croix de Poitiers est consacrée à ce signe que l’histoire a chargé de sens.
    Devenue symbole d’un événem e n t fondateur de la religion chrétienne, la croix rappelle la mort du Christ et, surtout, sa résurrection car «si le Christ n’est pas ressuscité, alors vide est not r e message». Présentées dans l’ordre chronologique, les croix fleurissent en bronze, en pierre, sur manuscrits et vitraux, peintu-
    AU CROÎT VIF Dans sa collection Documentaires, le Croît vif édite le livre de Jacques Perruchon, féru d’histoire régionale, sur les Réfugiés espagnols en CharenteMaritime (et Deux-Sèvres) 1936-1945 (252 p., 150 F). Cet éditeur livre en même temps un grand témoignage sur Royan pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment sur le bombardement du 5 janvier 1945 qui a détruit la ville. Ce sont les cahiers du pasteur Samuel Besançon, retrouvés par sa femme après sa mort en 1969 mais restés inédits jusqu’à ce que ses enfants les découvrent trente ans après et décident de les publier : Croix sur Royan, cahiers d’un résistant 1940-1945 (382 p., 160 F).
    L’histoire oubliée des Espagnols en pays charentais
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    n 1936, la guerre civile déchire l’Espagne. Républicains, communistes et anarchistes s’opposent aux partisans de Franco. Les membres des brigades internationales croisent sur leur route le flot des Espagnols cherchant à traverser la frontière française. «Le quatre septembre 1936, un convoi de trois cent soixante et onze réfugiés débarque à Angoulême», écrit Alain Léger dans les premières pages de son livre, Les Indésirables : l’histoire oubliée des Espagnols en pays charentais. Alain Léger est né en 1955 à Roumazières. Il a publié des articles sur l’histoire contemporaine, notamment «L’affaire Boudarel» et «Splendeurs des de Wendel» dans Les Temps Modernes.
    Des affres du déracinement aux vicissitudes d’une improbable intégration dans la société charentaise, ces réfugiés connaîtront, pour beaucoup, le même sort que les juifs et les tziganes. Internés au camp des Alliés, nombreux sont ces «indésirables» qui seront déportés à Mauthausen durant la Seconde Guerre mondiale. Certains Espagnols rejoignent le maquis et vont grossir les rangs de la Résistance charentaise. Couvrant les périodes de l’avantguerre à l’après-guerre, cette vaste fresque historique étudie en profondeur les conditions de cet exil politique et économique. De l’effroi sans fin des survivants à la fin effroyable des victimes de la dé-
    portation, ce livre nous mène au cœur d’une histoire méconnue. Cette monumentale saga historique procède d’un minutieux travail de recherche. L’auteur publie notamment la liste des 430 déportés partis en gare d’Angoulême et celle des 123 familles de Ruelle qui ont accueilli des réfugiés. L’ouvrage ne se limite pas à combler certaines lacunes historiques, il en analyse les raisons sousjacentes et nous interroge sur une mémoire collective qui hésite souvent entre l’ignorance et l’amnésie délibérée. Boris Lutanie
    Ed. Le Croît vif, Collection Documentaires, 448 p., 175 F.
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    L’Actualité Poitou-Charentes – N° 51
    culture
    Les Messagers de la terre « romouvoir l’ouverture à la variété des peuples de la terre, à travers une exposition d’art contemporain» était le souhait de Monique Stupar, directrice artistique et commissaire d’exposition au lycée agricole Xavier-Bernard de Venours. C’est chose faite puisque ce lycée propose, dans son enceinte, une exposition d’œuvres d’art de tous les temps et des cinq c o n t i n e n t s , depuis déjà février 2000 : «C’est le seul lycée en France o ù un espace comme Rur’Art existe», déclare Monique Stupar. Trente et une œuvres sont réunies dans une salle peinte en bleu nuit. La plus ancienne date du premier ou du deuxième siècle avant JésusChrist, les plus récentes des années 90. Les œuvres provenant de musées côtoient les travaux d’artistes contemporains, et le lien est assuré par la sculpture «sans titre» de Gaston Chaissac, artiste contemporain
    P
    Xiaogang Zhang, Z x G1 untitled, huile sur toile, 1998.
    dont l’œuvre de «peinture rustique moderne» a franchi les portes des musées. Œuvres d’artistes inconnus et propriété du patrimoine culturel cohabitent donc dans la seule fin de témoigner de la diversité plastique de la représentation. Assemblages en bois, en terre ou en pierre voisinent un trône fait de capsules de bouteilles, réalisé par l’américain Gregory Warmack : du kitsch au primitif, cette exposition est un panorama, et en faisant le tour de la petite salle bleue à la lumière tamisée, on peut avoir l’impression de faire le tour du monde et des cultures. La musique du «monde», diffusée en quatre endroits, les bruitages (bruit de pluie, vent…) et l’éclairage, très stellaire, aident à l’imprégnation : une sorte de paysage culturel se dessine. Monique Stupar voulait créer un «village planétaire», et, assurément, l’exposition a quelque chose du microcosme et du macrocosme : c’est un peu féerique et ça réveille l’imagination. A. C. A visiter jusqu’au 10 février 2001.
    LIVRE DE BIBLIOTHÈQUE Un très beau livre, destiné aux enfants, sans doute, mais qui déroge à nos découpages générationnels. Un livre pour tous, avant tout. Textes et illustrations (37 auteurs, libraires et illustrateurs) s’accordent parfaitement pour restituer la féerie livresque des bibliothèques. Une inscription figure sur la couverture : «Attention ce livre doit être prêté gratuitement dans les bibliothèques». Les initiatrices de ce projet éditorial, Sylvie Deborde et Colette Faut, précisent que le Livre de Bibliothèque «a été publié en novembre 2000 au cœur de la polémique autour du prêt gratuit en bibliothèque». Mention symbolique donc, mais qui revêt, toutefois, une importance prégnante. Sylvie Deborde et Colette Faut sont bibliothécaires à La Crèche, dans les Deux-Sèvres. Leur association, Marque Page, œuvre à la promotion du livre et de la lecture. B. L. Editions Thierry Magnier, 45 p., 99 F.
    732, le site
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    e jamais avoir entendu parler de la «bataille de 732» est quasiment improbable, néanmoins, comme il est toujours bon de réviser son histoire, cette date «phare» de l’histoire du Poitou a aujourd’hui son «musée» : les éditions BBD, à la demande de la région PoitouCharentes, ont réalisé la construction d’un site à ciel ouvert consacré à cet épisode polémique de l’histoire de France. «Site qui ne se veut ni mémorial, ni monument à la gloire d’une bataille victorieuse», selon Laurent Duffourc, le concepteur du projet. Pour ses créateurs, le lieu est prétexte au rétablissement de la «vérité», leur but est avant tout instructif : il s’agit de mettre le visiteur face aux complexités de l’événement et de lui montrer surtout que «732» mérite d’être expliqué. Le site, situé à Moussais, à côté de Vouneuil-surVienne, est sobre. Sur une butte, des tables de lecture, où les obscurités de cette bataille sont soulignées, replacent les faits dans leur
    contexte. Elles entourent un échiquier géant sur lequel des citations d’artistes de tous les temps incitent à une réflexion sur la question de la guerre. Enfin, dominant la plaine où se serait déroulée la fameuse bataille, une table d’orientation propose le récit du combat, enregistré en français, en anglais, ou en arabe. L’affrontement reprend sa dimension de fait inscrit dans une situation et perd toute portée idéologique. Pour Laurent Duffourc, la reconstitution doit servir un propos «laïque, démocratique et pacifique». En effet, le propos est large et prouve que le site n’est pas uniquement dédié à la «bataille» : ainsi, les tables de lecture offrent des leçons d’histoire mêlée de civ i s m e , où l’on apprend, entre autres, que les échecs, l’abricot ou la calligraphie nous viennent de la culture arabe. Et comme le dit la petite phrase : «Un noyau d’abricot voyage mieux que certaines idées»… Pour le panorama, le travail «archéologique» et le souci pédagogique, cette exposition permanente mérite un détour. Le choix des chants «carmina burana», com-
    posés par Carl Orff, pour ouvrir la reconstitution sonore de la bataille, est toutefois dommage. Cette coïncidence malheureuse laisse ressortir toute l’ambiguïté qui gêne l’approche d’un tel sujet : «732, le site» reste malgré tout support d’un mythe. A chacun d’en tirer ses conclusions. Aline Chambras
    POUR LA GLOIRE… Retour à la chanson pour Philippe Guillemoteau dans son dernier CD où l’on retrouve des musiciens comme Félix Blanchard, Laurent G, Michel Pratt, Didier Fréboeuf, Lionel Dudognon, Mick Martin, Domenico Stocchi… Disponible aux Mondes du disque (Poitiers) et chez CR Rama (Niort). Contact : 05 49 06 96 61
    L’Actualité Poitou-Charentes – N° 51
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    FLEUBEULEUB : COCKTAIL DE BD Publiée à Poitiers par La Nuit du chasseur français, la revue FLBLB – de son vrai nom – sort son 11e numéro. Recueil de mini-BD, la revue propose sa «fricassée de bandes dessinées» réalisées par de jeunes auteurs. Notons l’apparition d’une nouvelle rubrique intitulée «coup de pouce à un auteur vétéran». C’est Dan Clowes qui ouvre la série. Un «dossier» est consacré à l’histoire de la censure dans la BD de – 42453 à nos jours… FLBLB n°11, 59 F.
    Jabbar Yassin Hussin Légendes de l’exil
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    es bords du Clain aux rives du Tigre, de Poitiers à Bagdad, le dernier recueil de contes et nouvelles de Jabbar Yassin Hussin, Le Lecteur de Bagdad, promène son lecteur au-delà des géographies. Irakien installé à Poitiers, Jabbar Yassin Hussin a vécu l’exil : en 1976, il doit quitter Bagdad, où il exerce le métier de journaliste, contraint par l’arrivée au pouvoir de Saddam Hussein. Il n’est jamais retourné dans son pays. Dans ce dernier livre, il réunit huit textes courts où le présent français rencontre les légendes irakiennes. Le passé en filigrane hante les narrateurs et dessine un monde hallu-
    ciné qui perd ses frontières temporelles et spatiales. Les personnages visitent des lieux enchantés et bousculent l’espace-temps : l’irrationnel y est métaphore. De l’absence, de la question de l’identité, de la lutte contre l’oubli, de la perte et de la mort. Pour que le rêve calme la douleur du déracinement. Huit histoires pour abolir la distance entre le passé et le présent, le vrai et le faux, l’Orient et l’Occident. Huit contes aux allures de nouvelles où la réalité s’égare au hasard de rencontres «prophétiques». Le ton est poétique et mélancolique : les histoires sont des voyages aux limites du savoir et de
    l’humain, jusqu’à franchir l’horizon du possible. Le destin devient protagoniste et le conte philosophie : Jabbar Yassin Hussin met en scène la douleur de la mémoire et la vanité de l’écriture. Il semble nous dire que «tout est écrit», mais que l’homme se doit de lutter contre l’emprise des fatalités. Et le conte devient nouvelle, ou viceversa, parce que le texte est une anecdote qui penche vers le mythe, et que le mythe naît de l’anecdote. Jusqu’à ce que la fusion des genres endorme le sens : l’hermétisme de certains textes peut gêner le lecteur, mais n’est-ce pas à lui de s’approprier le livre, tel le vieillard de la première nouvelle qui déchiffre les pages blanches des œuvres de sa bibliothèque ? Aline Chambras
    Ballet atlantique : La danse à vif Début mars, à La Rochelle, le Ballet Atlantique-Régine Chopinot présente sa nouvelle création, Faits d’artifice, une chorégraphie conçue et réalisée par Françoise et Dominique Dupuy pour les danseurs de la compagnie. Pour ce couple emblématique de la danse moderne et contemporaine, Faits d’artifice s’inscrit comme une expérience nouvelle, une étape à la fois logique et improbable, dans un parcours professionnel consacré, depuis cinquante ans, à la création et à la diffusion de la danse. De leur premier maître, l’Allemand Jean Weidt, chez qui ils se sont rencontrés en 1947, Françoise et Dominique Dupuy ont perpétué les principes : créer, innover toujours, et porter la danse là où elle ne va pas, élargir son rayonnement à d’autres lieux, d’autres publics. Chorégraphes et interprètes, ils sont également, dès les années soixante, les maîtres d’œuvre de plusieurs projets novateurs. Citons le festival des Baux-de-Provence, premier festival de danse en France, les Journées de la danse ou Le Jardin de la danse, première intrusion de la danse dans le festival off à Avignon. Le couple se mobilise également pour la prise en compte d’une pédagogie active. Ils imaginent les R e n c o n t r e s internationales de danse contemporaine et créent leur propre institut de formation, d’où sont issus de nombreux danseurs. Depuis vingt-cinq ans, depuis Le bal des gueux et Eclats, Françoise et Dominique Dupuy n’avaient pas cosigné une chorégraphie. Aujourd’hui, Régine Chopinot les a réunis autour d’un nouveau chantier. Un spectacle sur le simulacre, la mascarade, l’illusion, à l’image du jeu de la vie dont nous sommes tous les acteurs. «Dans cette aventure, le choix de l’artifice n’est pas innocent, note Dominique Dupuy. A travers ce thème, récurrent dans mon parcours, c’est peut-être dire simplement que la danse elle-même est fabulation, art de l’artifice, qui agit autant par ce qui est caché et non dit que par ce qui est exposé, et q u i fait des mouvements de l’homme qui danse des mouvements sans lieu, hors du temps, loin de la nature et d’une quelconque vérité. Un art en lui-même, non pas coupé de la réalité, mais en proposant une autre, la sienne.» Mireille Tabare Création les 3, 4, 5 et 6 mars à la Chapelle Fromentin, La Rochelle. Le 28 mars à La Roche-sur-Yon et le 12 avril à Poitiers.
    MÉLUSINE EN BULLES Geste Editions inaugure son entrée dans la bande dessinée avec la publication du premier tome de Mélusine, fée serpente, intitulé La Grand’Goule, à laquelle Sophie Balland donne corps et Didier Quella-Guyot verbe. On retrouve avec plaisir une évocation colorée du Poitou médiéval, émaillée de clins d’œil et reconstitutions. La façade de Notre-Dame arborait encore ses couleurs vives. Poitiers s’animait régulièrement de processions pour calmer la Grand’Goule, dragon terrifiant qui se régalait des religieuses bien fraîches du couvent SainteCroix. L’histoire est une adaptation libre et documentée de la légende de la fée Mélusine liée à Raymondin par un pacte : elle lui offre le pouvoir et la richesse mais il ne doit jamais chercher à la voir le samedi. Ceux qui ne connaissent pas le dénouement attendront le second tome à paraître. A-G T Mélusine, le fée serpente, t. 1, Geste Editions, 48 p., 69 F.
    J.-L. T.
    Daniel Reynaud sur la Charente, à Saint-Simon.
    DANIEL REYNAUD «Né le jour anniversaire de la bataille de Valmy, l’année du Front populaire à Barbezieux», Daniel Reynaud repose, depuis le 15 janvier 2001, à Saint-Simon-sur-Charente, dans le petit cimetière entouré de vignes qu’il avait choisi. Ce poète a donné une couleur à son pays, le «bleu charente» (entretien dans L’Actualité n° 30) et n’a cessé d’approcher, dans ses poèmes, la cadence du grand fleuve silencieux. Il écrit dans Profil songeur de la Charente : Tu pourrais remplacer mon sang sans avoir à rougir de moi et descendre loin doucement pour ne pas réveiller la mort
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    L’Actualité Poitou-Charentes – N° 51
    culture RENÉ GUILLOT LE KIPLING SAINTONGEAIS Réné Guillot est mort à Paris le 26 mars 1969, laissant derrière lui une œuvre considérable. Romancier, poète, conteur, traducteur, encyclopédiste, homme de théâtre et grand voyageur, ce Saintongeais fut aussi professeur de mathématiques. Il enseigna au lycée de Dakar, et c’est à l’Afrique qu’il doit ses inépuisables sources d’inspiration. Auteur de Crin-Blanc, de Sirga la Lionne (adapté au cinéma sous le titre de L’enfant lion par Luc Besson) ou du Maître des Eléphants, les animaux furent pour lui des «muses». Serge Drey lui consacre un ouvrage, Biographie d’un écrivain charentais, entre Seugnes et savanes, René Guillot, le Kipling saintongeais . Le travail de reconstitution, les documents, les extraits, les illustrations et les hommages attestent aussi bien du travail sérieux de biographe que de la richesse de l’œuvre de René Guillot et donnent forme à un livre très «ludique». A. C. Editions La malle aux livres. Prix Madeleine La Bruyère de l’Académie de Saintonge.
    M
    aria Casarès-Quiroga, Galicienne d’origine, comédienne, avait une maison en Charente. Légué, à sa disparition, à la commune d’Alloue, le domaine de La Vergne naît au théâtre. Pour la première année, la Maison du comédien Maria Casarès s’est animée de gestes et de paroles. Acteurs, musiciens et spectateurs sont venus. De tout près et d’ailleurs, malgré la frilosité estivale et l’audace du rendez-vous. François Marthouret a lu Pessoa, Geneviève Page a dit Baudelaire et Cocteau, des musiciens ont chanté Llorca ou la Galice... Véronique Charrier, responsable des lieux, a fait du théâtre, patrie de la célèbre exilée, la scène des Rencontres d’été d’Alloue. Le vaste ensemble de pierre avait séduit Maria Casarès en 1960. Lorsque l’actrice disparaît en 1996, la petite commune du Confolentais hérite le domaine de La Vergne. Pour le faire vivre, Lucien Simonneau, maire, souhaite la personne capable de bâtir un projet solide. Le dossier atterrit sur le bureau de Véronique Charrier, à Radio-France, direction de la musique. Celle qui fut aussi directrice adjointe auprès d’Alain Crombecque au Festival d’Avignon a par trois fois croisé – professionnellement – Maria Casarès. Son étude, livrée en 1998, est tout entière inspirée par la personnalité de la donatrice : «Elle ne voulait surtout pas d’un musée. Pour ne pas trahir son énergie, je me suis interrogée sur ce don. J’ai réfléchi à partir d’elle et j’ai imaginé un lieu de vie», explique Véronique Charrier.
    Maria Casarès Don-remerciement à la France terre d’asile, don à une commune rurale, don fait par l’une des plus grandes actrices du XXe siècle... L’acte généreux, telle une voix, a dicté son utopie. La Maisonassociation du comédien a pris forme, est devenue lieu de transmission, de résidence, de formation et de création. Cet été, les élèves du Théâtre national de Strasbourg ont découvert la vie de troupe. La grande cuisine s’est emplie de répliques conviviales. Dehors, l’estrade et le mur de pierre ont, naturellement, planté le décor. A l’avenir et tout au long de l’année, des comédiens amateurs ou professionnels, des metteurs en scène, des auteurs, des écrivains de la région ou du monde trouveront à La Vergne le refuge idoine pour méditer et travailler. La restauration d’une grange et des communs devant, peu à peu, élargir les capacités d’accueil. La maison d’habitation restera, elle, telle que l’avait aimée sa propriétaire. Grande et simple. Véronique Charrier souhaite encore impliquer, entre autres, les scènes nationales de Poitou-Charentes, associer le public et les habitants d’Alloue à la vie de la Maison :
    Le théâtre en héritage «Il faut que les gens des alentours puissent assister aux répétitions, échanger avec les comédiens.» La prime expérience a vu le directeur de l’école communale partir vers La Coruña, accompagné d’un metteur en scène. Revenu de la terre natale de Maria Casarès, le pédagogue a raconté son voyage devant un parterre de spectateurs. Il y eut aussi, ce soir-là, la projection sur grand écran d’Orphée de Jean Cocteau. D’autres retrouvailles entre voisins du monde auront lieu, d’autres Rencontres aussi. Et entretemps, des colloques, des travaux sur l’écriture et la parole. Aujourd’hui, et avant la constitution d’un fonds Maria Casarès, une exposition guette le visiteur. On y voit les belles images de l’actrice et de ses camarades de théâtre. On y lit les mots tirés de Résidente privilégiée, autobiographie rédigée à quelques pas. «Maria est toujours présente, souligne Véronique Charrier. Son talent aide et oblige à l’exigence.» Astrid Deroost L’Actualité Poitou-Charentes – N° 51 Association La Maison du comédien, Maria Casarès, Domaine de La Vergne, 16490 Alloue (05 45 31 81 22). Initiative soutenue par la commune d’Alloue (le maire, Lucien Simonneau, est secrétaire général de l’association), la Communauté de communes du Confolentais, le Département de la Charente, la Région PoitouCharentes, la Drac, le ministère de la Culture.
    TROIS OU QUATRE Denis Montebello publie, en janvier 2001, son troisième livre chez Fayard, un récit où se mêlent fiction et autobiographie. 158 p., 79 F.
    Jean-François Deroubaix
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