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Patrimoine

Rubrique Patrimoine – Articles/brèves :

Du nouveau du Grand Meaulnes à Rochefort. Par Alain Quella-Villéger ;

Livre : « Architecture : patrimoine du XXe siècle » de Gilles Ragot ;

Jean-Claude Aréna et Michel Valière, ethnologue ;

Livre : « Belles et Rebelles » d’Alain Quella-Villéger.

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    patrimoine
    POUR UNE ETHNOLOGIE DU GOÛT Aréna, Pâtissiers du Limousin au XXe siècle : tel est le titre de ce livre cosigné par JeanClaude Aréna, passionné d’ethnographie limousine, et par Michel Valière, ethnologue régional. L’ouvrage relate l’histoire de la famille Aréna, longue lignée de pâtissiers et inventeurs du gâteau éponyme, l’Aréna, douceur à base d’amandes, témoignage gustatif et patrimonial de la tradition limousine. B. L. Editions Arpe (Association régionale pour la promotion de l’ethnologie), 130 p., 130 F.
    Du nouveau sur Le Grand Meaulnes à Rochefort
    L
    VISAGES : FIGURES ROMANES Immersion par l’image, la musique et l’écriture dans l’art roman, Visages est un CDRom qui incite à poser le regard sur des visages vieux de 1000 ans. Réunis en constellation, visages rencontrés lors d’un voyage virtuel du Poitou à la Catalogne, ils sont ici rassemblés et contés : «Visages sans visage le temps vous a perdus, Il n’y a plus sur vous ni sourire ni peur, Il n’y a plus que l’essentiel derrière le visage, Ce terrible pays d’ailleurs qui nous hèle.» Visages a été créé et produit à Saint-Jean-d’Angély sous la direction de Rémy Prin.
    ’Actualité Poitou-Charentes s’était fait l’écho, dans son numéro Patrimoines (n° 45, p. 107) du bref séjour effectué par Alain-Fournier à Rochefortsur-Mer en 1913 ; séjour décisif où le jeune homme de lettres revit pour la première fois depuis le coup de foudre parisien de juin 1905 celle qui était entre-temps devenue Yvonne de Galais dans Le Grand Meaulnes, son roman alors en gestation : la mystérieuse Yvonne de Quiévrecourt. Mais beaucoup de flou subsistait encore sur cet épisode, révélé seulement par des biographes en 1955 et 1964. On en sait désormais plus grâce au livre publié en Suisse par une chercheuse résidant à Bruxelles, Michèle Maîtron-Jodogne : AlainFournier et Yvonne de Quiévrecourt – Fécondité d’un renoncement1 . Reprenant scrupuleusement l’ensemble des documents originaux disponibles, dont un petit agenda noir inédit, étoffant son enquête du recours aux témoignages croisés comme à la presse locale, n’écartant ni les données météorologiques ni même le journal intime de Pierre Loti, Michèle Maîtron-Jodogne prouve et précise les rencontres entre la belle inspiratrice (dont la photo ne fut publiée pour la première fois qu’en 1994) – devenue entre-temps l’épouse d’un médecin de Marine, Amédée Brochet – et l’apprenti-romancier, qui venait juste d’achever son célèbre récit (commencé en 1909 ; à paraître en octobre 1913). A cette époque, au demeurant, Alain-Fournier était l’amant de la comédienne Madame Simone (après le décès de son mari, en 1915, celle-ci épousera l’auteur dramatique charentais, François Porché). Le cadre des rencontres, fixées par Michèle MaîtronJodogne entre le 25 et le 28 juillet 1913, fut le jardin de l’Amirauté (dit de la Marine, au-dessus de la Corderie
    royale), «sur un petit banc de bois […] entre deux courts de tennis, par un temps radieux» (Marc Rivière) : trois rendez-vous en toute respectabilité, des confidences très chastes, le «visage de la Beauté, de la pureté et de la grâce», et la fin d’un mirage… Bien entendu, on ne saurait rétrécir cette œuvre emblématique de l’avant-guerre à de strictes confidences anecdotiques ayant fonction régionaliste. Il va de soi que l’ouvrage érudit entend proposer une relecture psychologique de l’œuvre entière du romancier météore, mort moins d’un an plus tard sur le front (le 22 septembre 1914), et dégage des analyses littéraires novatrices, ne serait-ce que sur les rapports entre travail de deuil amoureux et création littéraire. On apprend d’ailleurs, grâce à cette enquête serrée, combien Alain-Fournier admira avec passion le Dominique du Rochelais Fromentin (un de ses livres-culte, eu égard à sa puissance dramatique). S’il semble en revanche avoir accordé peu d’importance à l’œuvre de Pierre Loti, notons tout de même que le premier titre de son roman était Le Pays sans nom (fin 1908), écho nourri par le hasard à une nouvelle du romanciervoyageur rochefortais intitulée Pays sans nom (1891). On sait qu’ils ne se sont pas rencontrés, mais une photographie atteste en revanche que Loti reçut chez lui, à l’une de ses fêtes dite des Ondines, le 25 avril 1908, Yvonne de Quiévrecourt en personne (plutôt que sa jeune sœur Jeanne, comme on l’a généralement cru ; leur père, Pierre Toussaint de Quiévrecourt, étant contrôleur général de la Marine, à Rochefort). Reste que l’épisode rochefortais est en quelque sorte le post-scriptum inédit du roman. «La rencontre de Rochefort, écrit Michèle Maîtron-Jodogne, nous apparaît maintenant dans toute sa richesse et sa complexité. Moment de crise pour Fournier – et sans doute aussi pour Yvonne de Quiévrecourt – elle ramène à un point d’incandescence un tourment qu’année après année les deux jeunes gens ont appris à baliser.» Alain Quella-Villéger 1. Aux éditions Peter Lang (Jupiterstrasse 15, case postale 277, 3000 Berne), 343 p., 216 FF.
    Visages – L’imaginaire des pierres romanes, CD-Rom, Editions Cosei, www.cosei.com
    Architecture : patrimoine du
    XXe
    siècle
    L BELLES ET REBELLES Sous ce titre, Alain QuellaVilléger décrit la sage familiale de Marcelle Tinayre, issue d’une famille charentaise, romancière, cofondatrice du prix Femina, de sa mère, Louise Chasteau, et de sa belle-mère, la communarde Victoire Tinayre. Ed. Aubéron, 488 p., 175 F.
    es éditions Patrimoines & médias, appréciées pour leurs ouvrages sur les châteaux, ont eu l’excellente idée de s’intéresser au patrimoine architectural du XXe siècle en Poitou-Charentes et de faire appel à un spécialiste. Gilles Ragot fut responsable des archives d’architecture du XXe siècle à l’Institut français d’architecture. Ce livre démontre, par un choix de cent bâtiments, que la région Poitou-Charentes n’est pas restée à l’écart des grands courants architecturaux. Bien qu’il ne s’agisse
    pas d’un inventaire exhaustif, on peut regretter des absences, en particulier l’hôtel de région construit par Antoine Grumbach, assisté de Dominique Deshoulières et Hubert Jeanneau. Loin de l’architecture héroïque des années 80, cet édifice se distingue par son élégance, le soin apporté aux finitions et son intégration au site urbain. Ce panorama demeure cependant très large. Gilles Ragot n’oublie pas des constructions plus modestes mais significatives (silos agricoles, relais électriques, péages…), ni les ouvra-
    ges du mur de l’Atlantique. Il donne envie de comprendre l’architecture et de découvrir la région sous un angle nouveau. J.-L. T. Architecture du XXe siècle en Poitou-Charentes, éd. Patrimoines & médias, 200 p., 249 F.
    10
    L’Actualité Poitou-Charentes – N° 51


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