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Claire Wendling publie dix ans de travaux aux éditions Le Cycliste et travaille sur deux projets de bande dessinée
Par Astrid Deroost Photo Claude Pauquet
Wendling l’art en mouvement
C
laire Wendling coule son imaginaire dans un médium, le quitte et le retrouve. S’insurge contre l’habitude funeste au créateur. A 33 ans, l’artiste installée en Charente a déjà signé une longue série de bande dessinée, fait de la recherche de personnages pour la Warner, et illustré, tout récemment, Aphrodite (1896) de Pierre Louÿs : «Huile, crayon, informatique, j’ai fait appel à plusieurs techniques, explique-t-elle. Pour moi, la peinture à l’huile a autant de valeur qu’un dessin fait à l’ordinateur. Cela ne veut pas dire que tout est égal mais que je ne privilégie rien dans l’absolu. Cela évite l’enfermement.»
Des travaux de Claire Wendling, issus, précisément, de différentes disciplines, sont aujourd’hui rassemblés dans Drawers. Et l’ouvrage, édité par les éditions bordelaises Le Cycliste, dévoile de très fécondes errances. «Ma vie, mon œuvre», s’amuse l’auteur qui fut, dès l’atelier de bande d e s s i n é e , invitée à publier. En 1989, Claire Wendling avait rejoint l’école des Beaux-Arts d’Angoulême (aujourd’hui Ecole supérieure de l’image) depuis deux ans lorsqu’un éditeur l’a entraînée dans une aventure d’images. Celle-là même que la jeune fille, d’abord destinée à la biologie, avait laissé grandir en elle. De tout temps attirée par le dessin animé et par la bande dessinée – Mézières, Moebius, Cabanes, Battaglia... –, Claire Wendling a finalement choisi l’apprentissage du 9e art. A Angoulême, les exercices de l’étudiante venue de Montpellier sont vite repérés. Al-phart Avenir dès 1989, elle participe à un ouvrage collectif d’illustrations, publie une histoire courte puis dessine, au rythme d’un ouvrage par an, Les lumières de l’Amalou d’après le scénario de Christophe Gibelin. Flamboyance du trait, fantastique du genre : le premier tome est récompensé à Angoulême, le quatrième à Lille. La série terminée, Claire Wendling part pour Los Angeles, appelée une fois encore, et touche du doigt son rêve de dessin animé : «Les choses ne me viennent pas naturellement. J’ai toujours en-
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LE LIVRE D’UNE ŒUVRE
«Dans le milieu de la bande dessinée, Claire Wendling est quelqu’un qui ne laisse pas indifférent. Elle impressionne. Elle est capable de passer de l’épure totale à une recherche complexe, à la peinture, par exemple sur le corps humain. Au festival d’Angoulême, des auteurs très expérimentés sont venus acheter Drawers.» Pol Beauté, jeune éditeur à Bordeaux, présente avec conviction le troisième Dossier du Cycliste et parle d’ouvrage exceptionnel. «Ce n’est ni une monographie, ni une compilation d’œuvres déjà parues, mais un beau livre qui complète ce que l’on connaît d’un artiste.»
BIBLIOGRAPHIE
Drawers, Editions Le Cycliste, sorti en avant-première pour la dernière édition du festival de la bande dessinée, est aujourd’hui en librairie. Aphrodite, volume III, Pierre Louÿs, illustrations de Claire Wendling, éditions Les Humanoïdes Associés (2000). Les lumières de l’Amalou, dessins Claire Wendling, scénario Christophe Gibelin, série en cinq albums : Théo, Le pantin, Le village tordu, Gouals, Cendres, éditions Delcourt (1990-1997), collection Conquistador. Iguana Bay, éditions Le Cycliste (1996). Desk, éditions Delcourt. Planches et dessins, éditions Jour de Fête (1995). Carmina et Vittorio, dessins Claire Wendling, scénario Christophe Gibelin dans Les enfants du Nil, éditions Delcourt (1990).
MILITANCE
Claire Wendling préside la Maison des auteurs, association née à Angoulême il y a quelques mois. «La bande dessinée ne s’est jamais aussi bien portée et pourtant beaucoup d’auteurs n’arrivent pas à vivre de leur art», dit-elle. La Maison des auteurs regroupe plus de 70 membres. A noter que, par la volonté de Magelis, une bâtisse Maison des auteurs prend forme dans le centre d’Angoulême. Elle devrait ouvrir courant 2001. maisondesauteurs@arkadia.org
vie de faire ce qui me semble impossible. C’était pour moi l’occasion de sortir du milieu de la bande dessinée, je me sentais prisonnière d’une certaine façon de voir le monde.» Passionnante et éprouvante expérience américaine. L’artiste se rappelle l’aspect collectif et fructueux de la création, dit son admiration pour les productions étrangères, innovantes et très cinématographiques. Puis elle évoque le retour, le travail de recherche pour l’illustration d’Aphrodite et l’envie retrouvée de faire de la bande dessinée. Claire Wendling a plusieurs projets en cours dont une fable et une œuvre-support de réflexion sur l’heroic fantasy, une histoire noire-fantastique pour adultes, une ébauche plus légère sur l’enfance... «Je ressens plus de liberté dans le dessin, dans le croquis, reconnaît l’auteur. La bande dessinée est un art complexe, il faut obéir à beaucoup de règles, aller plus loin. Mais c’est l’art qui permet de faire exister un personnage, un monde... On approche du mouvement.» s
Ci-dessus et ci-contre, recherches pour Warner bros et recherche pour Aphrodite. En bas à droite, affiche. Page de gauche en haut, croquis préparatoire pour une future BD (Caillou Caillou), à droite, recherche pour Warner bros. En bas à gauche, personnages pour le jeu de rôle Shaan chez Halloween Concept.
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