fermer... «Sapience n’entre point en âme malivole» (Sagesse n’entre point en âme malveillante). Rabelais,
Pantagruel, ch. VIII
EPIGRAPHIE CONTESTATAIRE DE JACQUES VILLEGLÉ
Lors de la rencontre De Gaulle-Nixon en février 1969, Jacques Villeglé observe et relève des caviardages de slogans politiques sur les murs du métro parisien. De cette «guérilla des signes» surgit l’invention de son alphabet socio-politique, épigraphie contestataire sans cesse augmentée. A l’écriture latine, Jacques Villeglé superpose des idéogrammes afférents aux idéologies politiques de tout bord ou émanant des domaines économiques, religieux, ésotériques. «Releveur de traces de civilisation» par l’affiche lacérée qui embrasse toute l’activité et l’histoire humaines, avec ses écritures socio-politiques, Jacques Villeglé, pionnier du Nouveau Réalisme, donne à voir «une trace métis de la société marginalisée». Il compose des tableaux en partant de textes littéraires, de Louis Even, Georges Perec, Benjamin Péret, ou des formes comme le boustrophédon et le carré magique. En transcrivant depuis le printemps 2000 des maximes d’auteurs et penseurs connus sur des ardoises d’écoliers collectées chez Emmaüs par des amis, Jacques Villeglé poursuit la rencontre de la culture populaire et de la culture des lettrés. Ceci en lettres blanches indélébiles d’un stylo correcteur. «La contestation n’a jamais eu de monument, dit-il. En faisant mes dessins, j’essaie avec mes pauvres moyens de créer ce monument.» D. T.
s L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES s N° 53 s 27
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