fermer... ILES, DE RÉ AUX GALAPAGOS
Une exposition du Muséum national d’histoire naturelle présentée à l’Espace Mendès France jusqu’au 28 octobre. Deux conférences à noter : «Les îles des cosmographes, de la Renaissance aux Lumières», par Franck Lestringant, le 18 octobre à 18h30 ; «Les îles du Ponant, enjeux et perspectives», par Louis Brigand, le 23 octobre à 20h30.
Le dernier livre de Jean-Jacques Salomon, Le scientifique et le guerrier (Belin «Débats»), est un plaidoyer pour davantage d’éthique et de responsabilité de la part des scientifiques en dénonçant les dérives de leur compromission avec le complexe militaro-industriel. Nous lui avons demandé de commenter le sondage réalisé par la Sofres pour le ministère de l’Education nationale qui montre que les Français ont confiance dans la science mais se méfient des produits générés par celle-ci.
PRÉHISTOIRE
Jean Clottes, conservateur général honoraire du patrimoine, est invité à l’Espace Mendès France le 20 novembre à 20h30 pour parler de «l’art des chamans des cavernes».
Les nouveaux métiers issus de la recherche en biologie moléculaire
Le 17 à 17h, à l’Espace Mendès France, débat animé par Yves Cenatiempo, avec Philippe Dessen, Jacques Haiech, Pierre-Etienne Bost, Stéphane Sermadiras, Christian Dumas. Organisé par la Société française de biochimie et de biologie moléculaire et l’EMF IBMIG 40, av. du Recteur Pineau 86000 Poitiers
Ethique et progrès scientifique
Le 17 à 21h, à l’Espace Mendès France, débat avec Alain Claeys, député de la Vienne, rapporteur du groupe parlementaire sur le projet de loi de bioéthique, et Jacques Haiech, professeur à l’Université de Strasbourg, Raymond Julien, professeur à l’Université de Limoges, et Jean-Yves Le Déault, biochimiste.
L’évolution de l’enseignement de la biologie
L e 18 à 14h30, au CNED ( C h a s s e n e u i l - Futuroscope). Table ronde - Plateau télévision Connexion avec le réseau des lycées ou conception d’une cassette, avec Jean Wallach, François Nau, Jean Figarella, Brice Casanova, Claude Siret.
sur lequel notre civilisation les a placés tient à une imagerie conventionnelle qui les dépeint «comme s’ils étaient plus que des humains, comme des dieux dans leur créativité, mais aussi comme moins que des humains, privés des passions, des attitudes et des liens sociaux propres aux gens ordinaires. Le résultat est qu’ils ont été déshumanisés à force d’être idéalisés et, à l’occasion, tenus pour des idoles.» Or, l’institution scientifique, de plus en plus étroitement associée aux entreprises privées, sinon tributaire de leurs intérêts, ou aux orientations stratégiques des ue les Français aient confiance dans la science, Etats, ne ressemble plus en rien à ce qu’elle pouvait tout en se méfiant des produits qu’elle peut être encore au XXe siècle. Quand la revue Nature exige engendrer, me paraît une réaction de bon sens. La désormais (depuis... août 2001 !) de chacun de ses recherche scientifique apporte inauteurs qu’il précise s’il a des contestablement des progrès, un liens d’argent avec des entreprimieux-être, des conditions de vie ses dont les activités sont liées à JEAN-JACQUES SALOMON m a t é r i e l l e m e n t facilitées, au son programme de recherche, si moins dans les pays industrialidonc le contenu des articles prosés. De ce point de vue, il y a un posés peut être affecté par des «avant» et un «après» dans le conflits d’intérêt, c’est bien que domaine de la santé, de l’éducal’institution ne fonctionne plus tion ou du travail qui rend absolusur le mode idéal (ou idéologiment obsolètes des solutions techque) de la science suivant le moniques, des procédures institudèle hérité de l’ère pastorienne. tionnelles, des comportements Si les «experts» sont objectifs ou tout en améliorant le décor maténeutres sous réserve de leurs liens riel dans lequel nous vivons. avec les institutions subventionComme disait Spinoza, la connant leurs travaux, le grand punaissance libère, et c’est parfaiblic n’a-t-il pas de bonnes raisons tement vrai ! de se méfier ? Mais simultanément l’accéléraOn n’est pas irrésistiblement du tion du progrès et l’évidence des côté de l’anti-science quand on risques qu’entraîne le recours à s’interroge sur certaines réperdes produits nouveaux, souvent cussions de la recherche scientitrop hâtivement mis sur le marfique – d’autant qu’il y a de plus ché, ont de quoi susciter quelque en plus de scientifiques pour afméfiance. La science n’est pas fronter ouvertement eux-mêmes pour rien dans la réalité de certaines menaces auxquelces interrogations : qui a dit et écrit que la bombe H les les sociétés postmodernes sont exposées : armeétait une arme de génocide ? Non pas un public de ment atomique, déchets nucléaires à vie longue, médiprofanes mais deux prix Nobel, Enrico Fermi et Isidor caments dangereux comme celui que les laboratoires Rabi. Et ce n’est pas rendre service à l’institution que Bayer ont pu introduire contre le cholestérol, incertitude la revendiquer comme un foyer inexorable de biendes liées aux OGM, au clonage, à l’effet de serre, etc. faits et de vertus, alors qu’elle est devenue aussi une La face exclusivement positive que comportait l’image source de menaces et de risques. Pendant des années, du progrès a connu quelques dimensions moins heule lobby nucléaire a expliqué que le salut des besoins reuses depuis le XXe siècle – des gaz asphyxiants de la énergétiques de l’humanité était du côté de ses centraPremière Guerre mondiale à la bombe atomique et aux les et sans aucun danger. Si les gens s’inquiétaient, camps d’extermination de la Seconde Guerre monc’est qu’ils étaient peureux, anti-science et anti-prodiale. Et depuis, Tchernobyl ou Bhopal ont pu susciter grès. Aujourd’hui, le lobby est plus mesuré ou plus des réserves, ma foi très justifiées. Comme l’a dit habile dans ses campagnes de relations publiques, et André Malraux : «Depuis les gaz de 14-18, il y du l’on n’est plus disqualifié du seul fait qu’on prend négatif au bilan de la science» ; ou Oppenheimer : quelque distance critique à l’égard de ses proclama«Avec Hiroshima la physique a connu le péché.» tions. Reconnaître et faire sa place au principe de Peut-être vivons-nous sur l’idée reçue d’une science précaution dans la pratique de la recherche comme pure, désintéressée, vouée au bien de l’humanité, dont dans l’application de ses résultats n’est pas se ranger du le XXe siècle a vu en Pasteur le modèle. Mais il y a côté de l’obscurantisme. Ou alors sont obscurantistes toujours eu une ambivalence de l’institution scientifides scientifiques qui, comme Einstein, Oppenheimer, que : ambivalence propre, comme l’a souligné le soPauling, Wiener, von Neumann et tant d’autres, ont ciologue Robert Merton, à toutes les institutions sociaréfléchi, souvent avec angoisse, à l’allégorie de l’aples, à laquelle toutefois certains scientifiques entenprenti sorcier et se sont demandé dans quelles condident faire spécifiquement échapper l’institution dont tions les pouvoirs de la science peuvent ne pas tourner ils sont les héros. Merton a montré que le «piédestal» au cauchemar. s
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Ambivalence de la science
Mytilus
s L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES s N° 54 s
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