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Serge Roullet, l’exigence

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Serge Roullet, l’exigence. Un cinéaste rare, à la recherche de pureté comme son maître Bresson, mais bien ancré dans ses vignes, en pays de cognac. Entretien avec Serge Roullet réalisé par Jean-Luc Terradillos et Jean Roquecave. Photo : Franck Gérard. Photo prise sur le tournage du « Procès de Jeanne d’Arc », collection Serge Roullet.

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    création
    Symbiose argentique Entretien Jean-Luc Terradillos Por trait Marc Deneyer
    P
    ourquoi les lichens de Pascale Gadon sont-ils si étranges, si parfaits qu’on les croirait irréels ? Parce que de ces structures végétales complexes émane une lumière crue, qui révèle les moindres détails, sans aucun jeu d’ombres. Parce que les lichens de Pascale Gadon ne sont pas restitués via la focale d’un appareil photo mais balayés par le faisceau d’un scanner. Elle fait ensuite réaliser de grands tirages sur du papier photographique. Cette artiste nous explique sa démarche. L’Actualité. – D’où vient votre intérêt pour les lichens ? Pascale Gadon. – Mon intérêt pour les
    Pascale Gadon vit en Charente. Sa formation artistique s’est effectuée à l’Ecole supérieure de l’image, à Angoulême. Lauréate du prix Marguerite Moreau, elle expose deux séries d’images grand format, en couleur et en noir et blanc, à l’Ecole municipale d’arts plastiques de Châtellerault, du 20 octobre à la fin novembre 2001.
    lichens vient du plaisir éprouvé à observer… La biodiversité n’est pas seulement faite de différences, elle s’anime surtout de relations. Le monde des lichens m’a d’emblée fasciné lorsque j’ai compris qu’il s’agissait d’êtres vivants générés par une relation réciproque. Cette nature cachée me révélait à la fois des particularités, des différences et des états relationnels. Je découvris donc que le lichen était constitué d’une relation symbiotique entre une algue et un champignon. Cette forme de vie particulière appelée «symbiose» se trouve communément dans la nature, mais elle n’engendre pas d’identité ou d’individu distinct issue de l’association entre les deux partenaires. C’est donc dans un domaine scientifique que s’est progressivement concrétisée ma démarche artistique qui, alors, questionnait déjà le rapport entre identité et altérité. Parallèlement, mes recherches plastiques évoluaient et les médiums utilisés se multiplièrent. Les nouvelles technologies me permirent d’affiner le point de vue particulier du rapport à l’image et de celui que je désirais suggérer. Point de vue plus environnemental que déterminé où identité et individu ne sont plus au centre. Qui vous a guidé sur le terrain et pouvez-vous envisager un travail systématique sur un lieu ?
    tre-Ouest et de l’Association française de lichénologie. Je l’ai accompagné sur le terrain où j’ai beaucoup appris. Il m’a permis aussi de rencontrer des lichénologues, en particulier Chantal van Haluwyn, auteur avec M. Lerond, d’un ouvrage de référence sur les lichens et leur qualité de bio-indicateurs de pollution. La morphologie des lichens change en fonction des écosystèmes. Il est donc très important pour moi de travailler avec et dans un site. Mes collectes sont toujours en relation à un lieu et il m’arrive d’effectuer un relevé systématique, ce que j’ai fait au château d’Oiron avant que la tempête n’abatte les arbres du parc. Quels regards portent les chercheurs sur votre travail ?
    Il m’est arrivé à plusieurs reprises de présenter mon travail à des chercheurs, en particulier en 1999 lors de l’exposition «Regards croisés» sur le site de l’Inra à M o n t p e l l i e r , et récemment à Bruno Dennetière, chercheur sur la symbiose lichénique, au Muséum national d’histoire naturelle. Il s’est montré très intéressé par mes recherches et par la possibilité qu’offrirait une collaboration, à savoir, d’avoir simultanément deux points de vues, deux approches différentes d’un même sujet ou d’une même cible, s’il s’agit d’images. Mais les chercheurs sont souvent très occupés et il y a malheureusement un écart entre le désir d’ouverture et la réalité d’un labo. Si j’avais la possibilité de concrétiser un de mes projets, ce serait de réaliser avec un chercheur des saisies d’images au microscope électronique ou à balayage afin de s’approcher de la «structure qui relie» l’algue et le champignon dans la matièremême du lichen. Je lance donc un appel à tout scientifique intéressé, mais aussi équipé, pour effectuer en commun des clichés de coupes d’haustorium chez le lichen. L’intérêt étant bien sûr d’échanger nos interprétations et suggestions sur ce travail. s Usnea, lichen récolté en 1999 à Meymac, Corrèze.
    J’ai fait la connaissance de Robert Begay, botaniste bien connu des Charentais, membre de la Société botanique du Cen42
    s L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES s N° 54 s
    s L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES s N° 54 s
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