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Peggy Adam, auteur de bande dessinée et illustratrice, publie ses premiers récits, courts et intimistes
Par Astrid Deroost Photo Claude Pauquet
Les états d’âme de Peggy Adam
prend la langue et entrevoit l’extrême dénuement d’un peuple. Cette expérience de vie la pousse vers la BD... sans succès auprès des professeurs canadiens acquis à la seule illustration. «Finalement, je suis venue à Angoulême un peu par hasard, plaisante Peggy Adam, c’était un joli nom qui sonnait comme le sud.» Ironie du cursus, elle entre, en 1997, en 4e année à l’Ecole supérieure de l’image et n’a plus théoriquement accès à l’option BD. Elle trouvera la formation souhaitée auprès de ses compères de 3e année : «C’était la première fois que l’on me demandait de montrer mon travail. Je connaissais de la bande dessinée ce que l’on trouve un peu partout. J’aimais par exemple Loisel. Ces gens-là m’ont fait découvrir Muñoz, Baudoin, Aristophane... Je ne pensais pas que l’on pouvait raconter des choses aussi intimes, intenses. Cela m’a beaucoup influencée.» Dès lors, elle mêle collage et peinture, participe à différentes revues d’école et de collectifs. L’un de ses récits, muet, séduit l’Association qui la publie dans Comix 2000. Sortie de l’école en 1999, Peggy Adam mène parallèlement sa carrière de sculptrice et d’illustratrice (affiches, livre d’un spectacle de Yannick Jaulin) et vient d’achever Les Chevaux illustres pour la collection Contes et légendes de Nathan. «Pour moi, la bande dessinée est le moyen le plus rapide de m’exprimer. Lorsque je fais une bande dessinée, je ne vois personne. C’est peut-être pour cela que mes histoires sont courtes. Aujourd’hui, je vais vers quelque chose de beaucoup plus simple, je préfère peindre en noir et blanc», confie la jeune artiste qui a tout de même, dans ses multiples cartons, des œuvres longues à achever. s
La BD que nous publions a été réalisée par Peggy Adam pour coconino-world.com, webdomadaire consacré à la bande dessinée. Elle est aussi sur son site : peggy-adam.com Au cours du festival, Peggy Adam participe à «Underboom» organisé par la Fanzinothèque de Poitiers et à une exposition installée dans les locaux des Comités de jumelage.
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e pratique la bande dessinée pour y mettre mes états d’âme, sans aller jusqu’à l’autobiographie, la sculpture pour me libérer et l’illustration, que j’aime aussi, me permet de gagner ma vie.» Peggy Adam, 27 ans, accorde au neuvième art le privilège de la profondeur. La bande dessinée se prête excellemment, selon elle, au récit personnel, à l’irrationnel et à l’inéluctable violence des relations humaines. Ses histoires courtes, publiées par L’Association, Ego Comme X ou auto-éditées, et ses histoires en cours content cela : l’intime et l’indicible. Mais avant d’affirmer un tel parti pris, la jeune femme, originaire de la région Rhônes-Alpes, a cheminé au gré de ses envies et de son instinct. Désireuse de pratiquer la peinture, elle prépare un diplôme d’art à Saint-Etienne. Puis, profite d’un échange avec une école de Toronto pour partir à la rencontre des Amérindiens. Au contact de la nation Ojibway, elle ap-
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s L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES s N° 55 s
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