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Que faire d’une
image ?
La numérisation des images aiguise le regard des historiens d’art et fait évoluer cette discipline
Par J.-L. Terradillos Photo J.-P. Brouard – CESCM
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Eglise Notre-Dame, à Montmorillon, Vienne. Détail de la scène de la Vierge à l’enfant. C’est ce type d’image fournie par le CESCM que traite l’Institut de recherche en communications optiques et micro-ondes – Signal Image communications (Ircom-Sic). Dans une première phase, le laboratoire réalise une segmentation de l’image qui permet de distinguer les contours, les textures et les couleurs. Ensuite l’image est traitée plus finement selon des critères, souvent très complexes, formulés par les médiévistes.
ès sa création dans les années 50, le Centre d’études supérieures de civilisation médiévale (CESCM) de l’Université de Poitiers a entrepris de constituer un fonds iconographique sur l’art médiéval, qui compte maintenant plus de 100 000 clichés, principalement en noir et blanc. Eric Palazzo, directeur du CESCM, aime à dire que ce fonds, vu de l’extérieur, a souvent été considéré comme une «épicerie». La numérisation des images change la donne. «Le passage aux nouvelles technologies, dit-il, nous a pris du temps parce que, au-delà des problèmes techniques et de la formation requise, il a fallu résoudre des questions de méthode qui sont en train de faire évoluer notre discipline. Quelles images numérisées allons-nous donner à nos collègues du monde entier ? Jusqu’où pouvons-nous retoucher une image ? Et pour quel type d’utilisation ?» Précisons que le CESCM constitue, avec l’Institut de recherche sur l’histoire des textes et l’Ecole des chartes, le Centre de compétences thématique du CNRS au sein du Département des sciences de l’homme et de la société. La mission de ce pôle de référence est de réfléchir et de travailler sur l’image médiévale numérisée. Plusieurs finalités sont assignées à la numérisation. «D’abord la recherche, affirme Eric Palazzo. Désormais le fonds iconographique s’enrichit d’images numérisées dans le cadre de programmes de recherche. Par exemple, si un chercheur étudie la représentation des anges, il doit pouvoir visualiser en quelques minutes des centaines d’images et les sélectionner selon des critères nombreux, qui prennent en compte tous les aspects formels de l’image (type de motif, contexte, traits, couleurs, etc.). C’est pourquoi le traitement d’une image peut, dans le cadre de la recherche, nécessiter plusieurs jours de travail. En effet, la numérisation nous permet de mieux voir ce qui, parfois, est difficilement perceptible in situ. Elle sert aussi à travailler notre regard d’historien d’art.» Afin d’accroître ses capacités, le CESCM a fait appel aux compétences techniques du laboratoire Ircom-Sic de l’Université de Poitiers. Autres finalités : la diffusion de ces images, c’està - d i r e la publication de livres ou de CD-Rom («av ant la mise en ligne généralisée»), et éventuellement la commercialisation. Dans ces cas, la retouche s’avère nécessaire, sans pour autant transformer l’image. Le public pourra en juger prochainement. En effet, le premier «produit» multimédia issu du CESCM a été conçu avec le CRDP PoitouChar entes. Il s’agit d’un CD-Rom à vocation pédagogique intitulé «Vivre au Moyen Age». s
s L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES s N° 55 s
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