fermer... culture scientifique
voyages des grands explorateurs, des précurseurs de la Renaissance, suivis par les géographes, océanographes et naturalistes du XIXe siècle, jusqu’aux équipes scientifiques de notre époque qui travaillent en Arctique ou en Antarctique. Tous les grands thèmes des recherches a c t u e l l e s sont présentés, qu’il s’agisse, par exemple, de l’étude des variations du climat de la planète, du déplacement des pôles magnétiques, de la biologie. On y découvre aussi les peuples de l’Arctique – grâce à de nombreux objets et documents – ainsi que les enjeux stratégiques que représentent ces milieux hostiles. UNE SCIENCE DU THÉÂTRE
Quand les scientifiques créent des compagnies de théâtre, ils ne se donnent pas seulement en représentation, ils inventent un «festival festif» ouvert à tous et gratuit. C’est le cas du Festival de théâtre en Oléron, du 24 au 28 juin, avec spectacles, ateliers théâtre, ateliers écriture, débats, interventions en milieu scolaire, etc. Il est organisé par le Comité d’action et d’entraide sociale du CNRS dans son centre de vacances de La vieille Perrotine, à Oléron. Cinq créations au programme : Teatr, de Mikhaïl Boulgakov (Cie de l’Incertitude, Bordeaux-Inra), L’Hygiène de l’assassin, d’Amélie Nothomb (Cie du Ciel, Orsay-Astrophysique), On a volé la lune, de JeanPaul Alègre (Castel Cie, SaintPierre-d’Oléron), Autour de Calaferte (Cie XXS, Palaiseau-Polytechnique), Derniers remords avant l’oubli, de Jean-Luc Lagarce (Tripiti Théâtre, MarseilleSciences de la vie). CAES du CNRS : 01 49 57 50 00
L’aventure polaire
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A l’Espace Mendès France, jusqu’au 1er septembre. Tél. 05 49 50 33 08 Conférence inaugurale de Georges de Caunes, journaliste et écrivain, sur les expéditions polaires de Paul-Emile Victor de 1948 à 1951, le 16 avril à 20h30.
inq siècles d’histoire, de découvertes et de science sont résumés dans «L’aventure polaire», exposition du Muséum national d’histoire naturelle et des Expéditions polaires françaises, conçue et réalisée par Jean-Claude Hureau et Benoît Tollu. Pour nous conduire à la découverte des pôles, l’exposition retrace les
Nacéra, Théodore, Paul-Emile et les autres
« la base, je suis peintre», dit Nacéra Kaïnou. Chez elle, la sculpture est une seconde nature. Une parmi d’autres, mais celle qui lui vaut une certaine reconnaissance. Nacéra est l’auteur du buste de PaulE m i l e Victor de l’exposition «L’aventure polaire». «J’avais participé à la création des décors de l’exposition, Jean-Claude Hureau, le commissaire, a donc accepté que je fasse ce buste», explique Nacéra. Comme tous ses autres bustes, son «PEV», comme elle dit, est très ressemblant et c’est en croisant son regard que le public y trouvera «l’humanitude» que Nacéra décèle dans chacun de ses modèles. «Je débute dans la sculpture et, comme tout cheminement artistique, cela passe par le naturalisme», dit-elle,
HISTOIRE DES SCIENCES
Dans le cadre des «amphis du savoir», Michel Blay expose la naissance de la science du mouvement à partir de Galilée, le 26 avril à 14h, à l’amphi J du campus de Poitiers.
Franck Gérard
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consciente du décalage qui existe entre elle et la tendance actuelle de «l’art-numérique-conceptuelantimondialiste». Ses bustes ont quelque chose de désuet. Elle assume : «Je sais, je suis très XIXe siècle. Mais, il y a encore des visiteurs au musée Rodin… On me dit aussi que j’ai un certain talent pour restituer la part d’ombre et de lumière de mes modèles. Cette intrusion dans l’intime m’intéresse.» Il lui faut quelques heures pour sculpter un personnage alors qu’elle peut passer des années sur une toile. «Mais avant d’en arriver là, je passe des mois à enquêter. Pour le buste de Théo, j’ai lu ses écrits, rencontré ses proches, visionné des vidéos.» Elle n’a jamais rencontré Théodore Monod mais lorsque Jean-Claude
Nacéra Kaïnou et son buste de Paul-Emile Victor, présent dans l’exposition «L’aventure polaire».
CREUZFELDT-JAKOB
Le professeur Roger Gil, neurologue, doyen de la faculté de médecine et pharmacie de Poitiers, participe à une table ronde sur la maladie de CreuzfeldtJakob, à l’Espace Mendès France, le 16 mai à 20h30.
Hureau, qui fut l’un de ses proches collaborateurs, lui a commandé son buste, Nacéra a voulu «restituer l’image que chacun avait pu se faire d ’ u n homme universellement connu». Manifestement, elle a atteint son but puisque son buste de Théodore Monod sera exposé, à partir du 9 avril, au Muséum national d’histoire naturelle ainsi qu’à l’oratoire du Louvre, à l’Académie des sciences, à l’Institut fondamental d’Afrique noire de Dakar et au lycée français de Nouakchott, en Mauritanie.
Sandrine Lopez
ESPACE DE MÉTIERS
Sur le thème «profession : infirmière», rencontre avec Marie-Thérèse ChauveauRonsin, directrice de l’Institut de formation des soins infirmiers du CHU de Poitiers, Nathalie Shibib, infirmière déambulatoire, et Christine Rambaud, infirmière à l’unité de gériatrie aiguë du CHU, à l’Espace Mendès France le 15 mai à 20h30.
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Des étoiles plein les yeux
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e planétarium de l’Espace Mendès France a dix ans. Si depuis sa création il n’a subi aucune évolution technique, c’est dans les services qu’il propose que le planétarium a évolué. Il existe en effet un renouvellement périodique des séances programmées. En particulier, des projections s’intègrent directement aux programmes scolaires (70% du public), mettant en avant la planétologie comparée et l’appréhension des distances dans l’Univers. «Nous sommes toujours prêts à répondre aux souhaits des enseignants, explique Pascal Baron, le responsable, même si l’appropriation du planétarium ne se fait que lentement.» Et pourtant, l’équipe met aussi en place des ateliers pédagogiques avec la fabrication de cartes du ciel, de cadrans solaires, l’invention de maquettes expliquant le phénomène des marées ou celui des saisons, permettant de traiter de thèmes astronomiques sous une forme concrète. Le planétarium participe aussi à diverses activités et observations avec des groupes d’amateurs. Par exemple, lors de la Nuit des étoiles, la Société astronomique populaire poitevine (Sapp) met à la disposition du planétarium et du public présent un matériel et un savoirfaire importants. «C’est pour nous l’occasion de montrer la complémentarité du planétarium et de l’observation extérieure, ajoute Pascal Baron. Dans le planétarium, on peut, sous un ciel jamais assombri, faire défiler la nuit au rythme désiré et sous n’importe quelle latitude ! Cela
permet aux néophytes de ne pas avoir à attendre que la Terre tourne pour préparer une observation ultérieure du ciel avec la Sapp.» Dans les Deux-Sèvres, l’Astro-club 79, dont l’objectif est la diffusion des connaissances en astronomie auprès d’un large public, a aussi établi une relation efficace avec l’Espace Mendès France. «Le centre nous a apporté son concours, nous prêtant en particulier une caméra CCD (Charge coupled device) avec laquelle nos membres s’essayent à la photographie astronom i q u e numérique, note JeanClaude Moreau, responsable du club et membre de l’Académie de sciences de New-York. Pour notre part, nous avons construit une coupole de quatre mètres. Notre projet actuel est en effet d’édifier le premier observatoire astronomique public à caractère pédagogique de la région Poitou-Charentes.»
Laetitia Becq-Giraudon
SCIENCES AGENTS DOUBLES
Un agent double est celui à qui l’on croit pouvoir faire confiance alors qu’il œuvre contre nous. Telles sont perçues les sciences aujourd’hui. D’où la méfiance qu’elles inspirent. Vincent Jullien, président de la Société française d’histoire des sciences et des techniques, affirme qu’en fait les sciences se développent en étroite affinité avec notre culture et notre sensibilité. D a n s son livre (publié chez S t o c k ) , il retrace notamment l a genèse de l’opposition e n t r e les sciences et les l e t t r e s , le géomètre et le p o è t e , la raison et les arts, e t en démontre les dangers. I l insiste sur la nécessité d ’ i n t é g r e r les sciences dans u n e culture commune.
Ci-dessus : la galaxie Andromède. Ci-contre : Io, un des galiléens de Jupiter. Nasa quatre satellites
Hommage à Alcide d’Orbigny
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LA SCIENCE ET SES LIEUX
Dans la série des conférences d’histoire des sciences organisées par le muséum et l’Université de La Rochelle à la Flash (amphi 250), signalons celles de JeanLouis Fischer sur «origine et fondation des stations marines» le 30 avril à 18h, et de Kapil Raj sur «terrain et topographie coloniale», le 15 mai à 18h. Entrée libre.
a Rochelle, Paris et la Bolivie s’associent pour célébrer cette année le bicentenaire de la naiss a n c e du voyageur naturaliste Alcide d’Orbigny. C’est sur le littoral rochelais qu’Alcide, jeune homme, réalisa ses premiers travaux scientifiques et se passionna pour les foraminifères, des coquillages microscopiques dont la présence permet, encore aujourd’hui, de dater et de caractériser certaines couches géologiques. C’est en Amérique du Sud qu’il voyagea, de 1826 à 1833, pour le compte du Muséum d’histoire naturelle de Paris, s’intéres-
sant à la flore, à la faune, mais aussi aux populations locales. C’est à Paris qu’il vit sa carrière couronnée avec sa nomination, en 1853, au Muséum national d’histoire naturelle. C’est là qu’il mourut, en 1857, laissant à la postérité une œuvre scientifique considérable. A La Rochelle, le muséum propose, à partir d’avril, une rétrospective de la vie du savant. En parallèle, à Paris et à La Paz, des expositions seront consacrées aux différentes facettes de l’œuvre de ce pionnier dans le domaine des sciences de l’homme et de la nature. Et des colloques internationaux : à l’Université de
La Rochelle les 18, 19, et 20 avril, puis à Paris en juillet et à Santa Cruz en août. A Esnandes (où vécut d’Orbigny) et La Rochelle, les enfants sont associés à la commémoration, au travers d’ateliers «découverte et croquis» et d’un concours organisé par le muséum, sur les traces du dessinateur naturaliste. En point d’orgue de la célébration dans la région, l’exposition du Muséum national sera présentée à l’automne à la Corderie royale de Rochefort. Avec également au programme une série de concerts de musique baroque et sud-américaine.
Mireille Tabare
Muséum d’histoire naturelle de La Rochelle : 05 46 41 18 25
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culture scientifique
Aka
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un peuple pygmée
’exposition consacrée aux Aka est une «invitation à une rencontre, non avec des objets – les Aka en produisent très peu – mais avec des hommes», souligne JeanFrançois Tournepiche, conservateur du musée des Beaux-Arts d’Angoulême et co-concepteur de l’exposition. De fait, il parie sur la photographie et la plongée dans l’ambiance étouffée d’une forêt équatoriale pour faire découvrir c e t t e civilisation. Les clichés d’hommes et de femmes pygmées de Bernard Descamps bordent le territoire Aka et la visite s’effectue au son de leurs musiques. Avant d’entrer dans leur monde, c e r t a i n s points méritent d’être éclaircis. En grec, pygmée signifie «haut d’une coudée». Ce peuple apparaît pour la première fois en pourfendeur de grues dans l’Iliade. Ce thème sera repris de façon récurrente jusqu’au Moyen Age. « A i n s i , indique Jean-François Tournepiche, avant que le premier Occidental ne rencontre de vrais pygmées au XVIIIe siècle, ceux-ci existaient déjà dans son imaginaire.» Depuis, ils furent tour à tour accusés de cannibalisme, désignés comme derniers spécimens
du bon sauvage et même élevés au statut de modèle économique. Ceux qu’on qualifie de pygmées sont en fait plusieurs groupes distincts dont font partie les Aka. Peuplant la forêt équatoriale qui s’étend sur le Zaïre, le Congo et la République Centrafricaine, ces tribus représentent une population d’environ 200 000 personnes. Plus petits que les populations des plaines, les pygmées ne sont pas des nains. «Leur taille est simplement
Après le musée des Beaux-Arts d’Angoulême, l’exposition «Aka, un peuple pygmée» est présentée au musée des tumulus de Bougon jusqu’au 30 septembre 2002. Tél. 05 49 05 12 13
adaptée à leur environnement.» Le visiteur prend alors le chemin de la forêt à la rencontre des pygmées. Un monde touffu et désordonné à nos yeux mais aussi balisé que nos villes pour ses habitants. Les Aka ne connaissent pas les classes sociales. Celui qui ne craint pas de monter à mains nues à trente mètres de haut sera chasseur de miel, celui qui manifeste des prédispositions de guérisseur sera chaman mais «ces statuts ne sont pas transmissibles de père en fils». En revanche, la répartition sexuelle des tâches est stricte : les femmes ne touchent pas ce qui donne la mort, elles s’occupent donc de la cueillette, et les hommes de la chasse. Fortement ritualisée, la chasse est un événement «social et religieux», notamment quand il est question de s’attaquer à un éléphant. Social parce qu’une telle proie nécessite le regroupement de plusieurs tribus, et religieux parce que la disparition d’un éléphant brise l’équilibre naturel du monde. «Ce peuple de chasseurs cueilleurs constitue une ressource extraordinaire pour les préhistoriens. Ils nous permettent d’envisager l’univers mental de nos ancêtres quand ils avaient encore ce mode de vie, c’està-dire avant le Néolithique», explique Jean-François Tournepiche. Les Aka s’expriment surtout par la danse. Les contes et les chants montrent également que l’absence de traces matérielles d’expression artistique ne découle en aucun cas d’une culture pauvre et simplifiée.
Anh-Gaëlle Truong
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