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création
Libor Teply
De la lumière romane
Par Dominique Truco Portrait Hervé Tartarin
u milieu des années 70, pendant ses études d’ingénieur agricole, Libor Teply fréquent aussi l’école d’art de Brno : «Tout était pour moi sujet à photographie, dit-il, ma maison, mon quartier, les fêtes folkloriques… mais les cours ne me guidaient pas dans mes recherches comme je l’entendais. Je voulais apprendre à penser.» Pour penser l’homme, sa temporalité et l’espace, Libor Teply a choisi d’emprunter les nefs et déambulatoires des architectures romanes, gothiques, baroques et contemporaines édifiés dans son pays, en Tchéquie. «Ces architectures de tous styles que je photographie depuis vingt ans, parmi lesquelles la villa de Mies
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Libor Teply dans l’église de Prinçay et, page de droite, sa vision de l’église de Bonneuil-Matours.
Les photographies de Libor Teply sont exposées à Châtellerault, salle de la Redoute, jusqu’au 31 août, ainsi que les peintures de Françoise Petrovitch. Dans cette ville, le musée Sully invite Eva Aurich et la galerie de l’ancien collège (école municipale d’arts plastiques) présente les œuvres d’Olivier Nottelet et les gravures réalisées par de jeunes artistes dans l’atelier de l’école, jusqu’au 31 août.
van der Rohe à Brno, sont des symboles forts de notre civilisation. Elles résistent au chaos du monde et permettent d’appréhender l’évolution des conceptions esthétiques et éthiques qui traversent notre histoire.» Dans cette spatialité, sacrée ou profane, l’artiste rejoint la présence immémoriale de la lumière, élément concret et figure symbolique de sa recherche. «Je cherche à capter la transformation. La lumière agit sur notre perception, donne à voir et librement à penser, crée des climats, renvoie aussi à des états psychologiques.» C’est à ce trouble, sans repentir, de la matière par la lumière que nous convie l’artiste au moyen de la photographie. Dans la complexité des architectures gothiques, l’image suit les nervures et les croisées d’ogive, fixe l’épure et en décante la profondeur en d’implacables plans géométriques aux tonalités blanches. Dans la sobriété des architectures romanes, sombres et trapues, Libor Teply compose des espaces picturaux qui, dans leur aplat de lumières bleues, ocres, noires, font se rejoindre les représentations fresquistes et l’abstraction du XXe siècle. C’est en 1996 qu’il découvre et explore le patrimoine roman en Poitou-Charentes. La série d’œuvres commanditées cette année par l’Ecole municipale d’arts plastiques et la Communauté d’agglomération du pays Châtelleraudais, réalisées dans huit églises – Archigny, Bonneuil-Matours, Colombiers, Monthoiron, Oyré, Prinçay, Saint-Sauveur, Thuré – cristallisent son art de la présence et de l’anticipation. Le regard se laisse envahir par les champs de lumière qui, peu à peu, traversent et sculptent l’espace. Ailleurs, il saisit un semis de lumière qui s’évapore d’une fenêtre en gouttelettes multicolores ou la fugitive impression chromatique glissant d’une colonne au rythme du soleil. «Par son implication dans l’architecture, Libor Teply met en œuvre le principe minimaliste “less is more”, souligne Gildas Le Reste, directeur de l’Ecole municipale d’arts plastiques, et il est plus peintre que photographe.» s
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