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Reliefs vus du ciel

Articles/brèves :

Reliefs vus du ciel. Archéologie au Vieux-Poitiers avec Alain Ollivier. Par Jean-Luc Terradillos, photo : Alain Ollivier ;
Jean-Pierre Pautreau ;
Les constructions de l’abbé Michon. Avec Pierre Dubourg-Noves. Par Astrid Deroost, photos : Claude Pauquet ;
Raymond Réthoré.

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    à venir
    Une partie du site du Vieux-Poitiers. On distingue parfaitement le quadrillage des rues.
    TROUS DE POTEAUX A partir de trous de poteaux mis au jour dans un chantier de fouilles, les archéologues peuvent reconstituer des bâtiments. Ce fut le cas en 1976, sur le site protohistorique d’Antran, dans la Vienne, où Jean-Pierre Pautreau et son équipe on découvert d’énigmatiques traces au sol. Il s’agissait de vestiges d’un bâtiment en bois, datant du Bronze final, et d’une taille impressionnante : 46 m de long sur 17 m de large et, selon les hypothèses, environ 10 m de haut, le tout supporté au centre par 5 poteaux d’un diamètre supérieur à un mètre. L’usage de cette énorme construction demeure imprécis. Sa maquette (F. Boutet) est conservée au musée SainteCroix de Poitiers.
    Alain Ollivier
    Reliefs vus du ciel L es vestiges du Vieux-Poitiers, près de Châtellerault, permettent d’imaginer que la Gaule possédait là un des plus grands théâtres de l’époque, pouvant accueillir 10 000 personnes. Ce que l’archéologie aérienne a pu découvrir, c’est que l’édifice était ceint de rues sur environ 80 ha, dont il ne reste rien a priori. Alain Ollivier, archéologue municipal à Poitiers, survole le nord de la Vienne depuis 1976 lors des missions confiées par le Service régional de l’archéologie. Piloté par Serge Audouin dans un Cesna 150 de l’aéroclub du Poitou, il a ainsi repéré environ 1 500 sites dans cette région, datant du Néolithique à la fin de la période romaine. Les images sont ensuite traitées à l’ordinateur ; les dessins et plans qui en résultent vont alors enrichir la Carte archéologique de la France. Alain Ollivier prospecte de mai à fin août. «Les années de sécheresse sont les meilleures, dit-il, car la rareté de la végétation renforce les effets de contraste. Les lignes claires révèlent des structures en élévation. Dans un terrain sec, les murs enfouis sont encore plus secs, donc plus clairs et plus visibles. Sur les photos aériennes du Vieux-Poitiers, on détecte aisément les rues et les trottoirs. Quant aux zones sombres, elle correspondent à des structures en creux, de type cave ou escalier. En outre, quand la lumière est rasante, le moindre petit relief, invisible au sol, produit une ombre portée.» Certaines cultures possèdent un e x c e l l e n t pouvoir révélateur, comme les céréales, les petits pois ou le colza. En revanche, on ne voit rien en survolant des champs de maïs irrigué. Alain Ollivier a découvert une centaine de villas gallo-romaines et quantité de petits sanctuaires, dont bon nombre en bordure de la r o u t e menant de Vendeuvre à Saint-Jean-de-Sauves, deux cités importantes à cette époque. Et de noter que les villas étaient toujours implantées en décalage par rapport à la voie romaine, comme si les propriétaires recherchaient la tranquillité. J.-L. T. Ci-dessous : cette maquette permet d’imaginer la structure et la taille du grand bâtiment d’Antran dont il ne restait que les trous de poteaux.
    Christian Vignaud - Musées de Poitiers
    BAN WANG HAÏ Jean-Pierre Pautreau, responsable de la mission archéologique française en Thaïlande, vient de publier ses recherches, menées avec Patricia Mornais et Tasara DoyAsa, sur un cimetière de l’âge du Fer en Thaïlande du Nord. Ed. Silkworm Books
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    s L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES s N° 57 s
    insolite nomme «père de la graphologie» repose dans le petit cimetière communal depuis 1881. «Il fut membre de plusieurs académies et sociétés savantes. Si l’on voulait établir une liste des activités de ce personnage polyvalent, on pourrait inscrire en plus des titres prêtre, écrivain, archéologue, graphologue gravés sur sa pierre tombale : polémiste, historien, biographe, théologien, botaniste, géologue, voyageur, prédicateur, journaliste, architecte et sculpteur de son propre château...» Ainsi témoigne Pierre Dubourg-Noves dans les Bulletins et Mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente (n° 3, 3e trimestre 1986). Société que l’abbé Michon contribua à fonder en 1844 avant d’entamer la rédaction de la Statistique monumentale de la Charente. Ses biographes et laudateurs, nombreux sur le sol de cette Charente que le Corrézien adopta dès l’âge de 10 ans, le disent doué d’une énergie hors pair. L’homme s’engage certes, avec style, pour le patrimoine qu’il conseille de protéger «d’éventuelles démolitions d’esprit aventureux» mais aussi en politique républicaine et en littérature. «La révolution de 1848 lui apparaît comme la promesse d’un monde nouveau», écrit Claude Savart (actes de colloque, Baignes, septembre 1981). Dans La rénovation de l’église, la pieuse plume s’élève contre une église figée, contre les prières en latin, le célibat d e s prêtres, le port de la soutane... L’ouvrage sera mis à l’index. Choqué
    Les constructions de l’abbé Michon
    C
    rénelage médiéval, lucarnes Renaissance, arcs polylobés et colonnettes de marbre rose empruntés à l’art mauresque... A Baignes-Sainte-Radegonde, en Charente, le manoir planté sur l’ancienne emprise du château des Montauzier impose une lecture appliquée de sa façade. Et plus encore d’une architecture de vie : celle de Jean-Hyppolite Michon. Etre de culture et abbé de son état, celui que l’on
    Claude Pauquet
    mais toujours combatif, l’abbé publie ensuite Le Maudit, ouvrage dont il dira que «sous la forme attrayante du roman, ( i l ) n’est que le programme d’une réforme sérieuse au sein du catholicisme». Entre bonnes fortunes et revers, Jean-Hyppolite Michon fonde en 1871 la toujours actuelle Société française de graphologie, et fait de Baignes son ultime refuge. Il y bâtira le château des ses rêves : lieu de travail et de vie joyeusement familiale. Lieu-mémoire aussi, de ses voyages archéologiques et de ses infinies curiosités. L’abbé a lui-même sculpté les niches, les frontons et laissé les frises inachevées. «Sa mort fut un deuil public pour sa commune qu’il aimait tant et où il était chéri comme un père», rapporte un témoin. Aujourd’hui, la bâtisse originale et privée s’observe de la route. Mais à Baignes, les petites archives municipales sont pleines de cet homme qui donnait «à tous un même accueil gracieux et sympathique». Astrid Deroost
    UN RÊVE DE CHÂTEAU Ci-dessus : le château de la Mercerie, inscrit à l’Inventaire en 1988. A droite : le château de l’abbé Michon à BaignesSainteRadegonde.
    Raymond Réthoré, député de la Charente pendant la première moitié du XXe siècle, et son frère Alphonse, architecte, ont laissé dans la campagne charentaise un rêve de château... visible de la route. Sur les terres de Magnac-Lavalette (entre Torsac et Villebois-Lavalette), à flanc de coteau, une construction de 220 mètres de long évoque Versailles. Les maîtres des lieux avaient amassé des collections et des matériaux afin de transformer le manoir originel en résidence de prestige. Mais l’édifice est, en partie, demeuré façade et ses galeries ouvrent aujourd’hui sur le bleu du ciel. Les propriétaires actuels, antiquaires à Paris, viennent d’achever la remise en état du parc malmené lors de la tempête de 1999. Ils pourraient, dans les années qui viennent, donner vie au château de la Mercerie et l’entrouvrir au public.
    Claude Pauquet
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