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Photos ci-contre : Le crâne de Toumaï et le tamisage dans le désert du Djourab au Tchad. Exposition à l’Espace Mendès France, à partir du 4 mai 2003. Tél. 05 49 50 33 08
Toumaï, notre ancêtre
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PRIX DAN DAVID POUR MICHEL BRUNET
Un million de dollars, tel est le montant du chèque qui accompagne le prix de la fondation Dan David décerné à Michel Brunet pour ses découvertes paléontologiques. Ce prix lui sera remis le 19 mai à l’Université de Tel Aviv.
e plus ancien hominidé primitif connu a ce jour est âgé de 7 millions d’années. Son nom est Sahelanthopus tchadensis, une nouvelle espèce, mais tout le monde l’appelle Toumaï, ce qui signifie «espoir de vie» en goran, une des nombreuses langues du Tchad. C’est le nom que l’on donne aux enfants qui naissent juste avant la saison sèche. Car Toumaï a été d é c o u v e r t dans le désert du Djourab, en 2001 par la Mission p a l é o a n t h r o p o l o g i q u e francotchadienne, dirigée par Michel Brun e t , patron du laboratoire de géobiologie, biochronologie et paléontologie humaine de l’Université de Poitiers (UMR 6046). L’exposition créée par l’Espace Mendès France vise à fournir les principaux points de repère pour comprendre le travail des paléon-
M. P. F. T.
En octobre 2002, L’Actualité a consacré un dossier à Toumaï (n° 58) où s’expriment les paléontologues Michel Brunet, Patrick Vignaud et Likius Andossa.
tologues et apprendre à connaître Toumaï. Comment trouve-t-on les fossiles dans le désert et comment sont-il étudiés en laboratoire ? Dans quel environnement Toumaï vivaitil ? Aux côtés de quels animaux ? Quelle est sa place dans l’histoire des hominidés ? Que chamboulet-il dans le scénario de notre origine ? Autant de questions auxquelles cette exposition entend répondre sachant, comme aime à le souligner Michel Brunet, qu’en science toute vérité est provisoire.
VIVE LES MATHS
Avec dix exemples et manipulations, l’exposition «Maths en Méditerranée» évoque quelques points majeurs de la longue histoire des mathématiques (depuis 2 500 ans). Une autre exposition s’attache au phénomène du hasard et propose vingtquatre manipulations ludiques, de la courte paille à l’effet papillon. Exposition à l’Espace Mendès France jusqu’au 4 mai.
REPENSER LA SCIENCE
Ce livre sous-titré «Savoir et société à l’ère de l’incertitude» est cosigné par Helga Nowotny, Peter Scott et Mickaël Gibbons. Dans la préface, Jean-Jacques Salomon affirme : «Voici un livre important, qui projette un éclairage aussi original que révélateur sur l’évolution des sociétés que l’on dit postindustrielles et offre une vision nouvelle des liens d’influence réciproque entre la science et la société.» Ed. Belin, 260 p., 22,90 e
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Les états d’âme de la matière
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atière. Réalité constitutive des corps, susceptible de prendre toutes sortes de formes, substance ayant des caractéristiques déterminées. Vague définition que celle du monde qui nous entoure. Car, après-tout, ce monde n’est-il pas constitué uniquement de matière organisée ? Quoique… Partant d’idées reçues, dont l’une des plus ancrées dans nos pensées est que «la Nature a horreur du vide», Bernard Tyburce approche
la matière dans son intimité et tente de supplanter dans nos esprits des p r é j u g é s , vérités scientifiques «d’un autre temps». Ainsi, à partir de la constitution de base d’un atome (un noyau autour duquel gravitent des électrons), il nous démontre que celui-ci est vide à 99,999999% : la Nature serait donc, au contraire de ce que nous croyons, le royaume absolu du vide ! Matière d’Aristote, d’Einstein ou des alchimistes, matière explorée,
inerte, vivante, matière domestiquée, miniature ou gigantesque, p o s a n t des questions justes, l’auteur, maîtr e de conférences en chimie à l’Université de Poitiers, explore dans son ouvrage la «machinerie» de la matière, essence de la chimie d’aujourd’hui.
L. B.-G. La Matière, Editions
Le Cavalier Bleu, collection «Idées reçues», 128 p., 8 e
s L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES s N° 60 s
Photos du capitaine Yves Marie Bernard : le trois-mâts Rancagua sous voile et l’équipage du Montmorency qui fête le passage de la ligne au niveau de l’Equateur. Exposition du 24 mai au 3 novembre à la Corderie royale, Rochefort. Tél. 05 46 87 81 44
Cap Horn et cap-horniers P
ointe rocheuse balayée par les vents à l’extrême sud du continent sud-américain, passage obligé pour les navires pendant des siècles entre Atlantique et Pacifique, le cap Horn est sans doute, de tous les caps, le plus légendaire et le plus redoutable, surtout quand on l’aborde d’est en ouest, contre vents et courants. Les marins, ceux qui s’étaient déjà affrontés à ses colères, le nommaient «cap dur», et ce n’est jamais sans appréhension qu’ils se relançaient dans l’aventure. Depuis les côtes de France jusqu’au Pacifique, la route était longue, éprouvante pour les hommes, et très périlleuse. Avec aussi des moments de détente, comme au passage de l’Equateur, où l’on profitait souvent d’une accalmie – qui pouvait durer des jours dans cette zone du «pot au noir» – pour faire la fête et «baptiser» les nouveaux matelots. Passé l’Equateur en direction du sud, le vent se mettait rapidement à forcir et tout l’équipage se mobilisait : on changeait les voiles pour de la toile plus solide, on recalfatait le pont, bref, on se préparait au pire. Car le
pire était toujours possible. Pour réussir à franchir le cap, hommes et navires devaient parfois lutter vingt, trente jours, sous les cinquantièmes, dans le froid, au milieu des éléments déchaînés. Une fois gagnées les eaux du Pacifique, c’était comme si on respirait un air nouveau. La navigation devenait plus sereine, c’était l’occasion pour les marins de prendre enfin un peu de repos, l’occasion aussi de réparer sur les voiliers les dégâts causés par le gros temps. Le passage du cap Horn, lors du voyage de retour, s’effectuait généralement plus aisément, les navires bénéficiant d’un vent arrière favorable. «La guerre de 14-18 et le bateau à vapeur ont contribué à la disparition des derniers grands voiliers de commerce, le creusement du canal de Panama a marqué la fin de l’épopée mythique du cap Horn, explique Michaël Liborio, commissaire de l’exposition «Cap Horn – cap Dur», réalisée par le Centre international de la mer, et présentée à la Corderie royale de Rochefort à partir du 24 mai. En choisissant d’évoquer cette légende, nous voulons surtout rendre hommage à ceux, capitaines, officiers ou simples matelots, qui l’ont écrite. L’aventure humaine constitue le cœur de notre propos. Sur la toile de fond des voyages commerciaux de la France vers le Chili entre 1880 et 1914, c’est le point de vue des marins qui est ici privilégié.» Au travers des témoignages des caphorniers – lettres, journaux de bord, photographies, films, objets, tableaux, maquettes, et autres «travaux de matelots» –, le
visiteur découvre l’univers si particulier de ces voyages maritimes : les différentes étapes, les péripéties de la navigation, la vie à bord des grands voiliers de 3, 4 et 5 mâts et de plus de 80 mètres, pouvant jauger plus de 3 000 tonneaux. Le parcours se tisse sur des jeux de formes, de matières, de couleurs et de lumières, suggérant les mouvements et les métamorphoses de la mer et du ciel, au gré des paysages rencontrés sur la route. Une mise en espace sensible et poétique réalisée par l’artiste et navigateur Gildas Flahault.
Mireille Tabare
AU LARGE
De grands photographes maritimes, tels Beken of Cowes, Erwan Quénéné ou Philip Plisson, sont présents dans l’exposition «Au large, 30 ans de courses», réalisée par l’Union nationale pour la course au large et présentée au musée national de la Marine à Rochefort jusqu’au 7 septembre 2003. Tél. 05 46 99 86 57 / musee-marine.fr
POURQUOI PAS L’ANTARCTIQUE
Un site internet permet de suivre l’évolution du projet culturel, scientifique et pédagogique conduit par Isabelle Autissier et André Bronner (L’Actualité n° 56), de se documenter sur l’Antarctique et les expéditions de J.-B. Charcot : pourquoipaslantarctique.com
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s L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES s N° 60 s
Le pays ostréicole E
n quinze ans, le nombre d’éleveurs d’huîtres dans le bassin de Marennes-Oléron a diminué de 30 %. Concentration, modernisation, le secteur ostréicole, principale activité traditionnelle locale, est en pleine mutation. Cette évolution rapide préoccupe professionnels et collectivités locales, qui s’interrogent sur l’avenir du métier et sur le devenir des sites ostréicoles abandonnés. «Pour tenter de répondre à ces questions, la Section régionale conchylicole a lancé une étude prospective sur le sujet, explique Jean-Michel Thibault, directeur du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) de la Charente-Maritime. Nous avons décidé d’appuyer cette démarche par une opération de sensibilisation du public. Il existe, en
Photographies de Jean-Christophe Ballot. Exposition au Centre international de la mer, à Rochefort, du 5 avril au 5 mai 2003. Tél. 05 46 87 01 90
effet, tout un patrimoine paysager, architectural et ethnologique à valoriser. Et, plutôt que de dresser un inventaire général des sites, nous avons choisi de donner carte blanche à un artiste photographe, JeanChristophe Ballot.» En quarante clichés, noir et blanc et couleurs, l’exposition itinérante produite par le CAUE – avec le concours du Conseil général, de la Région Poitou-Charentes, des communautés de communes de Marennes et d’Oléron, et de la Section régionale conchylicole – et présentée par le Centre international de la mer à la Corderie royale de Rochefort du 5 avril au 5 mai, propose, à la manière d’un état des lieux, une approche originale sur le pays ostréicole, de Mornac-sur-Seudre jusqu’à Boyardville. Les images nettes, sans effets, comme des vues à l’œil nu, forcent le regard. Avec pour seule mise en scène des cadrages insolites et incisifs sur le paysage, les constructions, les alignements, les entassements de matériaux et d’outils, et le jeu avec les couleurs, les matières et les formes. Des photographies brutes, en prise avec le réel, passé et présent, de l’élevage ostréicole dans le bassin, d’où émane petit à petit, comme par effet d’accumulation, toute la magie des micro-paysages ostréicoles, modeste trace humaine d’une très ancienne activité, seuls repères dans un espace aux horizons ouverts, entre ciel, terre et mer.
Mireille Tabare
CONSTRUCTIONS NAVALES À ROCHEFORT
Joël Pierre, petit-fils de matelot fusilier à Rochefort, a dressé l’inventaire des 550 navires construits entre 1668 et 1919 à Rochefort et dans l’estuaire de la Charente. Plus de 100 dessins et photos viennent illustrer dans un livre cette longue histoire. Martine Acerra, professeur à l’Université de Nantes, souligne dans l’introduction que Rochefort fut «un lieu expérimental pour de nouvelles techniques de construction et nouveaux types de navires de guerre». Par exemple, cet arsenal réalisa le Sphinx en 1829, premier navire à vapeur de la marine française, et les premiers essais d’immersion statique du sous-marin expérimental le Plongeur (1863). L’histoire des constructions navales à Rochefort, Brouage, Soubise et Tonnay-Charente, éd. Le croît vif, 224 p., 35 e
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