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Le Paléopass de Saint-Césaire

Le Paléopass de Saint-Césaire. En Charente-Maritime, sur le site où fut découvert une femme de Néanderthal, un centre d’interprétation ouvrira en 2005. Avec Bernard Vandermeersch et Allan Smith.

Par Jean Roquecave, images : Gibson International.

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    néandertal
    En Charente-Maritime, sur le site où fut découvert une femme de Néandertal, un centre d’interprétation ouvrira en 2005 Par Jean Roquecave Images Gibson International
    Le Paléopass de Saint-Césaire S aint-Césaire, village de 900 habitants à une douzaine de kilomètres à l’est de Saintes, est une capitale pour les préhistoriens grâce à une découverte qui a révolutionné la paléontologie. En 1979, François Lévêque y met au jour, au lieu-dit la Roche à Pierrot, dans des couches rocheuses datant de 35 000 ans avant J.-C., époque contemporaine de l’homme de Cro-Magnon, des ossements humains associés à des outillages du type Cro-Magnon. Bernard Vandermeersch les identifiera comme ceux d’un homme, ou plutôt d’une femme de Néandertal, baptisée par la suite Pierrette. Pour la première fois, on avait la preuve irréfutable que les deux espèces humaines ont vécu en même temps sur le même territoire, et que l’homme de Néandertal possédait des outils et une culture similaires à ceux de l’homme de Cro-Magnon, notre ancêtre le plus proche. En 1996 l’idée a été lancée d’aménager autour de cette découverte exceptionnelle un centre d’interprétation consacré à l’homme de Néandertal. Six ans après, le Paléopass est entré dans sa phase de réalisation. Le permis de construire devrait être délivré d’ici la fin de l’année et un appel d’offres a été lancé pour trouver l’exploitant du site dans le cadre d’une délégation de service public. Si tout se passe bien, les travaux dont le coût sera de 11,5 millions d’euros devraient commencer au début l’année prochaine pour une ouverture programmée début 2005. Lors de la seconde édition des Entretiens de la préhistoire de Saint-Césaire, en juillet dernier, les responsables du Syndicat mixte de la vallée du Coran, maître d’ouvrage du projet, et les membres du comité scientifique présidé par Yves Coppens ont présenté la mouture quasi définitive du Paléopass. Ni un musée au sens classique du terme, ni un parc d’attraction, le centre de SaintCésaire doit être «ludique, interactif et didactique», allier souci de vulgarisation et rigueur scientifique, offrir un «voyage scientifique émotionnel» adapté aux nouvelles générations, à ceux qui zappent. «La quasi-totalité du centre sera basée sur des présentations et des reconstitutions virtuelles, dit Bernard Vandermeersch, articulées en deux volets : une phase scientifique qui présentera la réalité des découvertes, et un second volet qui sera la mise en scène de ce qu’on ne sait pas. Par exemple, on peut imaginer que l’Homo sapiens et Néandertal se sont croisés, mais on ne le sait pas. Si on présente cette rencontre, on doit imaginer comment ils étaient habillés, ce qu’on ne sait pas non plus. Sous un contrôle scientifique très rigide, il faut essayer de faire passer un message très complexe en utilisant des techniques très modernes.» A la suite d’un concours, la scénographie de Paléopass a été confiée au cabinet néo-zélandais Gibson International, qui s’est fait connaître en France avec la réalisation du centre culturel Jean-Marie Tjibaou en NouvelleCalédonie, et dont la maison mère a réalisé notamment des images de synthèse pour le compte de la trilogie de films à succès comme Le Seigneur des anneaux. Allan Smith, directeur de projet chez Gibson Interna-
    Ci-contre : L’espace des expérimentations interactives où l’on pourra comparer les caractères physiques et morphologiques des Néandertaliens aux nôtres.
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    tional, a imaginé d’aménager les cinq hectares du centre en une séquence de sept espaces, sorte de parcours initiatique qui amèneront les visiteurs, sur les pas de Pierrette, à une découverte de la vie, de l’environnement et de la culture des Néandertaliens, ainsi que de la démarche scientifique menée depuis plus de vingt ans à partir de la découverte de 1979. La visite d’environ 1h30 commencera par le gisement de la Roche à Pierrot et se poursuivra vers le bâtiment où seront mis en œuvre l’ensemble des techniques modernes d’évocation et de reconstitution, films sur écran géant, animations interactives et images de synthèse en 3D. Un film resituera l’homme dans le contexte historique de l’univers, un dispositif interactif permettra de comparer sa morphologie avec celle d’un homme de Néandertal, pour bien comprendre que Homo sapiens et Néandertal sont deux espèces différentes. Un laboratoire reconstitué, avec ses tiroirs garnis de fossiles permettra d’expliquer l’état actuel des connaissances et les techniques employées par les chercheurs, alors que des projections d’images virtuelles permettront au public de «dialoguer» avec les scientifiques. Une reconstitution de l’histoire de Pierrette entraînera les visiteurs à se prêter au jeu des hypothèses. La présentation des outils de la vie quotidienne, la rencontre imaginaire entre Néandertal et Cro-Magnon. Si elle a eu lieu, était-elle amicale, y a-t-il eu combat ? Pierrette, on le sait, a reçu un coup sur la tête, porté
    Ci-dessus : Le visiteur empruntera une sente forestière pour accéder aux bâtiments. Il mettra ses pas dans ceux de Pierrette. Ci-contre : Reconstitution de fouilles.
    par un objet pointu. Elle n’en est pas morte, la blessure a cicatrisé. Pourquoi cette blessure ? Le visiteur sera invité à participer à la résolution de l’énigme que pose ce qui est peut-être la première utilisation connue d’une arme de guerre. A l’extérieur, l’abri où vivait Pierrette et la flore contemporaine de Néandertal seront reconstituées, ainsi qu’un chantier de fouilles où les visiteurs pourront découvrir les traces archéologiques de la vie des Néandertaliens et seront invités à vérifier leurs hypothèses. «L’idée, note Allan Smith, est de s’assurer que le monde complexe des scientifiques est accessible à tous.» La visite de Paléopass pourra se prolonger dans le temps grâce à un ticket d’entrée intelligent comportant un code d’accès, qui pourra recueillir des informations sur le visiteur et ses centres d’intérêts et lui permettra de poursuivre sa recherche via un accès Internet sur le site même ou encore à domicile. s s L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES s N° 62 s 25


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