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Archéologie

Archéologie – Articles :

Trésors du Guangxi (province au sud de la Chine). Exposition itinérante. Par Anh-Gaëlle Truong, photo de Christian Vignaud-Musées de Poitiers ;

Parures du Myanmar. Avec le préhistorien Jean-Pierre Pautreau. Par Jean-Luc Terradillos. Photo d’un collier en cornaline.

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    Trésors du Guangxi travers une centaine de pièces datant du néolithique au XXe siècle, l’exposition «Archéologie chinoise» décline l’histoire d’une province du sud de la Chine, le Guangxi. Retrouvés pour la plupart dans les sépultures de hauts dignitaires, les objets reflètent les influences auxquelles la province a été soumise : celle, raffinée, des cours princières des Zhou et des Han, celles, singulières, du royaume de Dian et celle, exotique, du territoire vietnamien.
    A
    Ferme en terre cuite datée de la dynastie des Han orientaux (25-220 de notre ère). Coll. de la région autonome du Guangxi.
    Une occasion unique de confronter les regards occidentaux aux formes savantes de l’art chinois. La maîtrise technique des artistes se déploie très tôt, comme sur le vase you en bronze de la période Shang (1600-1027 av. J.-C.) à décor de masque zoomorphe et à anses à têtes de bovidés. Le vase zun de la période des Printemps et des Automnes (770-476), destiné à réchauffer l’alcool, arbore une silhouette encore plus étonnante : bouche ouverte, œil globuleux et oreille dressée. Epées et poignards finement incisés reflètent la période tumultueuse des Royaumes combattants, issue de la disparition des premières dynasties et suivie d’une reconquête. Avec la dynastie des Quin, les armes cèdent la place aux objets utilitaires. Catherine Buret, conservateur du patrimoine aux Musées de la ville de Poitiers, met l’accent sur d’originales petites maquettes de fermes en argile. «Leur présence dans les sépultures montre que l’entourage du défunt cherche à ancrer par la présence d’objets du quotidien et de la vie, l’âme négative sous terre.» A cette collection ont été ajoutées des pièces issues des musées de PoitouCharentes, témoins des échanges commerciaux initiés dès le XVIIIe siècle entre les ports de la région et la Chine. Le musée
    Christian Vignaud – Musées de Poitiers
    Bouteille en porcelaine bleue et blanche de la dynastie Ming, datée de 1630. Coll. Rupert de Chièvres des Musées de Poitiers.
    Guimet a également prêté une vingtaine de pièces. Cette exposition est le fruit d’un important partenariat culturel, économique et universitaire entre la province autonome du Guangxi et Poitou-Charentes. Anh-Gaëlle Truong Exposition itinérante, jusqu’au 1er février au musée de Cognac, du 13 février au 14 mars à Loudun, du 27 mars au 22 mai à La Rochelle, du 15 juin au 15 août à Saint-Jeand’Angély, du 1er septembre au 15 novembre à Niort.
    Christian Vignaud – Musées de Poitiers
    Parures du Myanmar Q Collier en cornaline.
    uand il ne fouille pas le sous-sol du Poitou-Charentes, le préhistorien Jean-Pierre Pautreau mène des campagnes archéologiques en Asie du Sud-Est.
    Il a commencé en Thaïlande en 1996, travaux qui ont donné lieu à un livre : Ban Wang Hai. Un cimetière de l’âge du fer en Thaïlande du Nord (Silkworm books). Depuis 2001, il dirige la mission archéologique française au Myanmar (Birmanie) qui travaille avec le département d’archéologie de Mandalay. En 2002 et 2003, c’est une équipe poitevine, composée de Patricia Mornais, Anne-Sophie Coupey et Florence Pellé, qui a fouillé un cimetière des âges du bronze et du fer, à Ywa Htin, village situé au sud de la capitale. L’équipe a relaté ces campagnes dans Archéologia (n° 404, oct. 2003). Parmi le matériel mis au jour, il y avait environ 200 perles en pierre de couleur et des dizaines de perles en verre. L’étude de ces parures est en cours, néanmoins les archéologues notent que les perles en cornalines, très utilisées à l’âge du fer, proviendraient de l’Inde. Elles sont très recherchées par les villageois qui ont
    découvert le site lors de travaux agricoles, entre 1997 et 1999, et de la construction de l’école, en 2000. En effet, les perles issues d’un pillage partiel sont portées par des femmes ou ont été vendues aux collectionneurs. Les perles en verre, souvent de couleur bleue ou vert-bleu, également datées de l’âge du fer, auraient été importées du sud de la Chine ou de la péninsule indochinoise. Selon Jean-Pierre Pautreau, ces fouilles permettent de mieux cerner l’évolution des premières civilisations agricoles et métallurgiques de Myanmar. La protohistoire de cette région étant mal connue, il souhaiterait mener des investigations dans les pays voisins afin de mettre en évidence et de préciser les influences réciproques de l’Inde et du sud de la Chine. J.-L. T.
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