fermer... CAROLE MERCIER
Les poissons sont sensibles du cœur C
arole Mercier a obtenu un grand prix d e thèse de la Région PoitouCharentes pour son étude concernant les effets de la température de l’eau sur l’activité cardiaque des poissons, réalisée en collaboration avec le laboratoire de biologie et d’environnement marin (LBEM) de l’Université de La Rochelle et le Centre de recherche sur les écosystèmes marins et aquacoles (Crema), unité mixte CNRSIfremer installée près de La Rochelle. «Ma passion pour la biologie remonte à l’enfance, explique Carole Mercier, et c’est tout naturellement que je me suis orientée dans cette voie, d’abord à l’Université de Poitiers puis à celle de La Rochelle où je me suis progressivement spécialisée en biologie environnementale, et plus particulièrement en rapport avec le milieu marin, dans le cadre de la préparation de ma thèse de doctorat.» Cette recherche s’est focalisée sur deux espèces de poissons, le bar et la sole, présents le long de nos côtes et très différents au niveau de leur métabolisme. Les expériences ont été menées sur des poissons entreposés dans des bassins d’élevage à différentes températures, en balayant toute la gamme des températures supportées par les deux espèces dans leur milieu naturel. Premier résultat : on a constaté que certains mécanismes responsables de l’activité cardiaque étaient mis en œuvre différemment chez le bar et la sole face aux variations de température. On s’est aperçu également que, quelle que soit l’espèce, l’activité cardiaque était plus importante à température chaude.
Ces résultats peuvent être utilisés dans différents domaines. Au niveau de la recherche fondamentale, ils montrent que les mécanismes biologiques sont propres à chaque espèce et prouvent la nécessité d’étudier chacune d’elles séparément. Au niveau de la recherche appliquée, ils peuvent contribuer par exemple à améliorer les conditions d’élevage des poissons. L’accroissement de l’activité cardiaque des poissons aux températures chaudes produit un double effet. D’un côté, il peut favoriser un développement plus rapide
des espèces, de l’autre il entraîne une fatigue et une fragilisation cardiaque. On pourrait optimiser les conditions d’élevage en déterminant des seuils de températures «critiques», au-delà desquelles le risque de voir se développer des pathologies cardiaques l’emporte sur le bénéfice d’obtenir une croissance accélérée. «A plus long terme et dans une perspective de changements climatiques, il serait possible, en développant ce type de recherches, de prédire l’évolution du comportement des différentes espèces de poissons en fonction des variations de température. De nombreux étudiants sont attirés par ce domaine de recherche qui touche à l’écologie et au développement durable. On peut se demander, par contre, s’il existe actuellement en France une réelle volonté de dégager les moyens suffisants pour entreprendre de telles recherches, axées sur le long terme.»
Mireille Tabare
PASCAL EVEN, PRIX DES MOUETTES
Le Conseil général de Charente-Maritime a couronné en 2003 Les Hôpitaux en Aunis et Saintonge sous l’Ancien Régime, livre de grande érudition publié chez Geste éditions dans la collection «Pays d’histoire» (375 p., 22 €). Son auteur, Pascal Even, est archiviste paléographe, conservateur en chef du patrimoine, actuellement en poste à la direction des Archives de France. Pascal Even connaît parfaitement les institutions charitables et hospitalières des deux provinces puisque c’est son champ de recherche depuis sa thèse à l’Ecole des Chartes en 1980 (puis son doctorat à la Sorbonne en 1986). En outre, ce natif de La Rochelle a vécu pleinement parmi ses sources car il dirigea pendant huit ans les Archives départementales de Charente-Maritime.
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Abdelkrim Kallouche
SIMENON ET LES SECRETS DE LA ROCHELLE
Michel Carly, spécialiste de Simenon depuis une vingtaine d’années, consacre un livre à la place qu’a tenue La Rochelle dans l’œuvre de l’écrivain. De 1932 à 1935, dans le manoir de la Richardière à Marsilly, puis de 1938 à 1940 dans la maison de Nieul-sur-Mer, il y écrira trentequatre récits et une vingtaine de livres, jusqu’au Riche Homme en 1970, qui ont La Rochelle ou ses
environs pour cadre. «Après Paris, dit Michel Carly, La Rochelle est la ville la plus présente dans l’œuvre de Simenon. Ses paysages, en équilibre entre terre et mer, étaient importants pour lui.» Michel Carly a retrouvé les traces des amitiés de Simenon, des figures de la bourgeoisie rochelaise qui ont inspiré ses personnages et nous emmène sur leurs pas dans les rues de La Rochelle aujourd’hui. Omnibus, 144 p., 16,50 €
■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 63 ■
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recherche
VERA YARNYKH
Des guerres du Moyen Age L
ors de la session d’été 2002 du Centre d’études supérieures de civilisation médiévale, Vera Yarnykh, étudiante moscovite, tombe sous le charme de Poitiers et de sa relative tranquillité. Elle se rappelle avoir «apprécié l’ambiance très chaleureuse et amicale du CESCM qui permet d’échanger facilement avec les professeurs». Elle note également «la possibilité d’adopter au Centre une approche interdisciplinaire, ce qui est rare chez moi à cause du cloisonnement qui existe entre les disciplines». C’est l’un de ses professeurs d’histoire à l’Université de Moscou, Igor Fillipov, qui lui a recommandé de poursuivre ses études de troisième cycle au CESCM. Elle réalise un DEA sur la noblesse dans l’hagiographie, sous la direction de Martin Aurell. Vera Yarnykh s’intéresse plus précisément à la période du IX e au XI e siècle lors de laquelle ont lieu des guerres d’une extrême violence au sein des grandes et petites noblesses. Ces guerres ont souvent été conduites au détriment des pauvres et des paysans qui ont vu par exemple leurs villages pillés et leurs récoltes brûlées. Durant l’année qu’elle passera à Poitiers, Vera Yarnykh veut détailler le portrait de la noblesse en Bourgogne et en Aquitaine en recherchant comment l’Eglise et, entre autres, le comte Géraud d’Aurillac s’élèvent contre ces mauvais traitements. Pour ce faire, elle doit effectuer une analyse de documents historiques (entre 100 et 200) rédigés en latin témoignant des réalités sociales de cette époque. Une fois sa thèse terminée, elle dit vouloir retourner dans l’animation de Moscou et s’orienter vers la recherche et l’enseignement.
Charles Désy
LA LICORNE
L’activité éditoriale de l’UFR langues et littératures de l’Université de Poitiers sera désormais publiée aux Presses universitaires de Rennes, pour une meilleure diffusion. Fin 2003, La Licorne a donc publié ses trois derniers volumes : L’Enigme, dir. Stéphane Bikialo et Jacques Dürrenmatt ; Du maniérisme au cinéma, dir. Véronique Campan et Gilles Menegaldo ; L’Image pour enfants : pratiques, normes, discours (France et pays francophones, XVIe-XXe siècles), dir. Annie Renonciat.
Sébastien Laval
SEONG-JIN PARK
L’industrie de Neandertal en Charente
rrivé de Corée en 1999, Seong-Jin Park étudie la circulation des matières premières et des techniques lithiques en Charente à l’époque de Neandertal, «précisément à l’époque moustérienne, la période comprise entre 250 000 et 40 000 avant notre ère». Inscrit à Paris X-Nanterre en thèse de paléontologie sous la direction d’Hélène Roche, Seong-Jin Park a pris ses quartiers au musée des BeauxArts d’Angoulême, pour se rapprocher de son sujet d’étude. Il y partage son temps entre les prospections dans le sud du département et l’examen des pièces qu’il collecte et celles provenant de sites comme La Quina ou Arthenac. Son objectif : «Mettre en relation les outils en silex mis au jour dans ces lieux avec leurs sites d’extraction.» Ainsi, il s’est penché attentivement sur les 20 000 pièces supérieures à 2 cm
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Claude Pauquet
collectées à La Quina par André Debénath entre 1985 et 1995 pour déterminer leurs provenances. Les correspondances entre pièces et sites d’extraction lui permettront de dégager la stratégie d’approvisionnement en silex des hommes de Neandertal. «Par exemple, il n’y a pas de silex de bonne qualité à un rayon de 5 km autour de La Quina. Ils devaient donc le collecter audelà, à une distance moyenne d’une dizaine de kilomètres.» Soit ils taillaient sur place, soit ils débitaient grossièrement pour travailler plus finement dans la grotte. Parfois les silex sont d’origine inconnue ou très lointaine, au-delà de 30 km. Proviennent-ils d’échanges ou ont-ils été rapportés de longs voyages ? Les conclusions de sa thèse, que Seong-Jin espère terminer dans deux ans, enrichiront les connaissances encore maigres sur ce cousin de CroMagnon, trop longtemps rabaissé au rang de sous-homme. «Il est d’ores et déjà indéniable que Neandertal savait organiser son espace et ses déplacements.»
Anh-Gaëlle Truong
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