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Festival / cinéma

Festival/cinéma – Articles :

Laurent Cantet, Juge et partie. Par Isabelle Hingand, photo : Alain Rezzoug ;

Piavic : Quelle place pour le cinéma indépendant ? Avec Michel Jaoul, président du Centre international de l’audiovisuel et du cinéma de Poitiers. Par Isabelle Hingand ;

Poitou-Charentes Tournages : « Un long dimanche de fiançailles » de Jean-Pierre Jeunet. Par Anh-Gaëlle Truong.

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    festival
    LAURENT CANTET
    Juge et partie « J ’ai été surpris de retrouver les perspectives de cette ville. Elles se sont gravées en moi sans que j’en sois conscient», s’étonne Laurent Cantet, de retrour à Poitiers. Originaire d’Echiré, dans les Deux-Sèvres, le réalisateur de Ressources humaines (1999) et de L’Emploi du temps (2001) fut membre du jury des Rencontres internationales Henri Langlois, le festival international des écoles de cinéma désormais organisé par le Théâtre-Scène nationale de Poitiers (11-14 mai 2004). Une nouvelle opportunité pour Laurent Cantet de revenir sur sa terre d’enfance. «Mes deux longs métrages ont été présentés à Niort dans la grande salle du Rex, les projections les plus émouvantes que j’ai vécues.» Poitiers, il connaît bien pour avoir été étudiant en anglais à l’université. «Je retrouve cette ville avec tous ces souvenirs, souvenirs des premières années d’indépendance, moments importants dans la vie d’un homme.» Pendant ce court séjour, il espère disposer d’un moment pour retrouver «sa rue», celle de sa chambre d’étudiant, non loin du Crous.
    Mais son rôle de jury passe en premier. L’idée de participer à ce festival lui apparaît normal puisque «les festivals m’ont beaucoup aidé et apporté». Laurent Cantet souligne «le professionnalisme incroyable des films d’origine nordique». Certains films donnent le sentiment de posséder des moyens techniques «énormes». Professionnalisme qui ne sert pas toutefois l’innovation et le caractère expérimental. «En venant dans un festival de films d’écoles, j’attends d’être surpris par des films qui tentent des choses souvent impossibles lorsqu’on a des contraintes de financement.» Son regard est celui d’un spectateur. «J’essaie d’avoir ce même regard sur les films que j’avais avant de savoir comment on les réalise.» Le film français De l’autre côté, de Naassim Amaouche, et le documentaire suisse Chez Parish, de Yael Parish, axés sur le thème de la filiation paternelle, son thème de prédilection, l’ont séduit – films distingués, respectivement, par le prix spécial et le grand prix du jury. Mais quel que soit le film primé, l’exercice est formateur. Le festival permet des rencontres et le court métrage «de se confronter à des questions techniques, de narration et de mûrir un peu». Mûrir encore un peu avant de revenir, peut-être
    un jour, réaliser un long métrage dans cette région. «Je suis très nostalgique et la tentation du retour en arrière existe. Mais ce sont les films qui s’imposent à moi sans qu’il y ait préméditation.» Isabelle Hingand
    PIAVIC
    Quelle place pour le cinéma indépendant ? « iavic est un enfant de Poitiers, un enfant international, un enfant du cinéma et de l’audiovisuel», explique Michel Jaoul, président du Centre international de l’audiovisuel et du cinéma de Poitiers. Récemment créé, Piavic est «né de l’enthousiasme et du dynamisme de professeurs et de jeunes cinéastes participant aux Rencontres Henri Langlois». L’objectif est de créer un lieu de coopération internationale pour la promotion et le d é v e l o p p e m e n t du cinéma, un lieu d’échanges sur des savoirs, des pratiques, des techniques et sur l’économie du cinéma. Il s’agit donc de construire des passerelles entre professionnels de France, d’Europe et des Etats-Unis en proposant des rencontres, tables rondes et sessions de formation, à l’heure où une des gran-
    Alain Rezzoug
    P
    des préoccupations des fondateurs de Piavic est la défense de la diversité et l’existence d’un cinéma d’esprit indépendant. «Cinéma indépendant et distribution» était justement le sujet du premier forum de Piavic, réunissant réalisateurs, distributeurs, producteurs et journalistes, français et américains, dans le cadre des Rencontres Henri Langlois. L’occasion de faire le constat du développement d’un cinéma «industriel» qui occupe la majorité des écrans, «un cinéma sans style, sans auteur, sans contenu, qui recycle le tout-venant audiovisuel, et pour qui la salle est un marchepied avant la télévision», selon Charles Castella, animateur du débat. Face à cette nouvelle réalité, des cinéastes indépendants, regroupés au sein de l’Agence du cinéma
    indépendant pour sa diffusion (ACID), ont rédigé un manifeste intitulé «Libérons les écrans», lu à cette occasion par la réalisatrice Marie Vermillard. Celui-ci dénonce «une durée de plus en plus réduite d’exposition des films, sur un nombre d’écrans de plus en plus réduit, conditions insuffisantes pour que les films indépendants trouvent leur public et une cohérence économique». D’autre part, la fonction critique de la presse tend à être déconsidérée. «La presse est traitée comme un moyen de communication par des attachées de presse de distributeurs prêtes à négocier pour une critique favorable», souligne Isabelle Régnier, journaliste au Monde. Comme l’affirme Laurent Cantet, un tel système ne permet plus à une salle «de faire un cinéma de répertoire, de créer une culture de cinéma, et pour le public de suivre l’histoire du cinéma à travers des films anciens et récents». I. H.
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    ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 64 ■
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    05/04/04, 16:45
    cinéma
    POITOU-CHARENTES TOURNAGES
    Un long dimanche de fiançailles L a Première Guerre mondiale a planté son décor au milieu du terrain militaire de Montmorillon, en octobre et novembre 2003. Un décor de tranchées, sacs de sable et carcasse d’avion fichée dans la terre. Les fumigènes et l’immense toile tendue doivent figurer un froid brouillard alors même que le ciel est d’azur. Silence, Jean-Pierre Jeunet tourne Un long dimanche de fiançailles, adaptation du roman de Sébastien Japrisot avec, e n t r e autres, Audrey Tautou, André Dussolier et Jodie Foster. Quelques poilus en tenue attendent leurs scènes et les équipes restent coites pendant que, au fond d’une tranchée, Albert Dupontel endosse le rôle de Célestin Poux. Pendant six semaines, l’équipe s’est installée dans la Vienne : 375 figurants, principalement du Poitou-Charentes, ont été choisis selon des critères très précis : «Des gueules. Jean-Pierre Jeunet aime les physiques de caractère», résume la directrice de casting. Nombre d’entre eux sont intermittents et ont postulé «d’abord pour le cachet – 80 € net par jour – ensuite par curiosité, pour voir un tournage de cette ampleur». En effet, Production 2003 dispose ici de 50 M€, le plus gros budget du cinéma français, à égalité avec Astérix et Cléopâtre. Et si Jean-Pierre Jeunet a trouvé le champ de bataille dont il rêvait, c’est grâce aux prospections de Poitou-Charentes Tournages. «Cette structure vise à promouvoir la région comme site de tournage de courts et longs métrages, de documentaires, de fictions pour la télévision», explique Pascal Pérennès, chargé de mission. De fait, Poitou-Charentes Tournages assure deux missions. La première consiste à instruire le fonds régional d’aide à la création cinématographique, audiov i s u e l l e et multimédia disposant de 750 000 €. La seconde à répondre aux demandes des réalisateurs «qui cherchent toujours le mouton à cinq pattes» en trouvant, souvent au pied levé, une place de village avec une fontaine, une chambre d’hôpital ou un décor de montagne (déniché dans le Confolentais), mais également des figurants et des techniciens. Pour ce faire, le bureau d’accueil dispose d’un fichier comprenant près de 1 000 figurants, 300 techniciens et 400 comédiens. «Les retombées d’un tournage comme celui de Jean-Pierre Jeunet sont multiples : économiques, culturelles et médiatiques. A titre d’exemple, Production 2003 a émis près de 1 500 cachets de figurants sans compter les techniciens. En outre,
    les équipes ont été logées et restaurées sur place et le tournage a bénéficié d’une large couverture par les médias.» Depuis la création de Poitou-Charentes Tournages en juillet 2000, l’activité cinématographique s’est fortement développée dans la région. De 11 tournages en 2001, elle est passée à 33 en 2003. Parmi ces derniers une majorité de courts métrages (22), 7 téléfilms, une série – L’Instit – et 3 longs métrages. «La plupart se passent en Charente et en Charente-Maritime, départements qui allouent des subventions supplémentaires à la création.» De nombreux tournages de téléfilms, séries et courts métrages sont programmés cette année. Figurants et techniciens sont invités à consulter les avis de recherche sur le site de Poitou-Charentes Tournages. Anh-Gaëlle Truong
    www.crpc.asso.fr
    Poitou-Charentes Tournages
    LA BRANDE TRANCHÉE Le tournage a soulevé l’indignation de Poitou-Charentes Nature car les tranchées ont été creusées dans un site de brandes classé zone d’intérêt écologique, faunistique et floristique. L’association voulait connaître la convention tripartite signée entre Production 2003, l’administration et l’armée pour l’utilisation d’une partie du site. On lui a opposé la confidentialité du document. Vienne Nature a déposé plainte contre X en septembre 2003 auprès du procureur de la République. L’enquête est toujours en cours. ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 64 ■ 15
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