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Musique

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Emmanuelle Bercier, des allures de barjo rock’n roll. Par Boris Lutanie, portrait photo : Sébastien Laval ;

Cristal Production est aux avant-postes de la production indépendante hexagonale. Par Boris Lutanie ;

Art sensitif et interractif. Rencontres à l’espace Mendès France consacrées aux systèmes interractifs en temps réel. Avec Patrick Tréguer, responsable développement et création de l’Espace culture multimédia. Par Boris Lutanie. En photo : une création de Jean-Noël Montagné, Jacques Lucas et Luc Martinez.

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    musique acoustique) épouse les oscillations ténues et les grincements de ces petites histoires intérieures, de «ces espoirs distordus». Le cœur a ses déraisons qu’Emmanuelle Bercier ne connaît que trop. Si l’on discerne pêle-mêle des influences aussi diverses que Bashung, Brassens, Gainsbourg, les Stones ou encore Tom W a i t s , les chansons d’Emmanuelle Bercier nous immergent dans une ambiance musicale inédite et décalée. Toujours transportée par «la prise de risque a v a n t chaque concert», Emmanuelle Bercier fait la première partie du groupe Tryo au Cabaret Sauvage (Paris) du 18 au 21 mars. Un CD huit titres sort ce printemps, produit par le label parisien Garage. A voir et à écouter de toute urgence, «histoire de vagabonder un moment»… Boris Lutanie
    Emmanuelle Bercier Des allures de barjo rock’n’roll D epuis sa présélection aux Découvertes du Printemps de Bourges en novembre 2003, Emmanuelle Bercier multiplie les festivals (Francofolies/Printemps de Bourges/Aquarock) et les premières parties prestigieuses de groupes et d’artistes tels que La Tordue ou encore Keziah Jones. Après avoir accompagné Nicolas Jules à l’harmonica et au chant pendant plusieurs années, Emmanuelle Bercier, toujours à Poitiers, débute sa carrière solo en trombe. Ses chansons dérangent et dérogent aux classifications habituelles des genres musicaux : «Je me suis mise à composer des chansons construites comme des formes courtes, des exercices de style et les musiques sont ensuite arrivées. La structure est assez classique : couplet-refrain. La chanson peut se construire à partir d’une image qui sonne ou d’un jeu de mots.» A l’écoute, on hésite, on vacille, ballotté entre les oxymores d’une profonde légèreté et d’un souriant désespoir comme en témoigne cet autoportrait en chanson : «Elle dit avec le sourire de Fernandel qu’elle n’écrit que des chansons de désespérée. Sur scène, elle a des allures de barjo rock’n’roll. Aujourd’hui sa voix, son univers tantôt fragile, tantôt grinçant, sont comme le reflet d’un Matthieu Boggaerts au féminin et une personnalité entre Barbara et Catherine Ringer.» Transfuge artistique, Emmanuelle Bercier a commencé dans le théâtre et ses chansons sont toujours «composées dans la perspective de la scène». Lorsqu’elle ne chante pas, Emmanuelle Contact management : 06 87 27 23 99 champagne.catherine@libertysurf.fr
    Bercier expose ses toiles, et son goût pour la peinture et la poésie se télescopent dans sa chanson Flaminck le Watteau : «Pourtant tu Matisse / Et j’en suis Miro / De ton Beckmann / C’est InSoutinable / Tu me Picasso / Flaminck le Watteau…» La voix tangue, palpite et bringuebale les quelques bribes d’amourettes «amochées par les douches froides de notre amour haché». Minimaliste et hypnotique, la musique servie par Eric Proux (guitare électrique & accordéon) et Dominique Bercier (guitare
    Sébastien Laval
    Cristal Production
    C
    réée en 1992 à La Rochelle, Cristal Production est aujourd’hui aux avant-postes de la production indépendante hexagonale. Le catalogue de cette société de production et de management compte actuellement une cinquantaine d’artistes signés sur le label Cristal Records. Une dizaine d’années auront ainsi suffi à Cristal Production pour devenir l’une des références de la production indépendante sur le plan national. Cristal Production se distingue avant tout par
    la diversité de ses styles musicaux : jazz, blues, pop, trip-hop, électro, reggae, rap... S’il semble difficile de rivaliser avec les grosses sociétés parisiennes, l’objectif affiché de Cristal Production est de se hisser à la première place de la production en province. A l’origine destinée à promouvoir les artistes de la scène locale, Cristal Production s’est rapidement développée autour de plusieurs pôles : Cristal Publishing (société d’édition fondée en 1996), le label Cristal Records, un studio d’enregistrement doté des dernières technologies de son (Alhambra-Colbert Studio) et une qua-
    trième structure Cristal Net dédiée à la promotion des artistes sur le Web. Ces quatre entités étroitement complémentaires permettent aujourd’hui au groupe Cristal de regrouper aussi bien des artistes régionaux, nationaux qu’internationaux. Parmi les dernières nouveautés de Cristal production, on signalera notamment Orlika ainsi que l’excellent album reggae-ragga de Momo Roots : Le temps m’est témoin. B. L. Tél. 05 46 44 96 48 fax 05 46 34 20 47 cristalpro@wanadoo.fr www.cristalprod.com
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    ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 64 ■
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    05/04/04, 19:02
    Art sensitif et interactif D u 31 janvier au 1er février 2004 se déroulaient une série de rencontres à l’Espace Mendès France consacrées aux systèmes interactifs en temps réel. Fondés sur la transversalité entre les arts, la culture numérique et les technologies de capteurs, ces workshops s’adressent aussi bien à des artistes ( m u s i c i e n s , chorégraphes, plasticiens…) qu’à des étudiants travaillant sur le son et l’image. Interconnectés et couplés à des robots ou des micromoteurs, les capteurs (de mouvement, pression ou de température) investissent le domaine de l’art. Selon Patrick Tréguer, responsable développement et création de l’Espace culture multimédia, le «recours à ces techniques de capteurs offre de multiples champs d’exploration» et ouvre de nouveaux espaces de recherches interdisciplinaires. Equipée de capteurs, une œuvre d’art interactive peut détecter, en temps réel, la présence et le comportement du public. Ce dernier se déprend ainsi de son simple statut de spectateur passif pour devenir acteur (volontaire ou involontaire) de l’œuvre elle-même. Ces dispositifs interagissent avec le spectateur en déclenchant du son, de la lumière, des images et sont susceptibles de modifier l’aspect général d’une création. Spécialisée dans la fabrication de capteurs dédiés aux artistes, la société Interface Z «détourne les compétences appliquées en technologie électronique, robotique, automatique ou domotique, pour en faciliter l’exploitation par un artiste, un danseur, un plasticien ou un musicien». Ce détournement «transartistique» de la technologie est opérant dans les domaines les plus vastes : «Nos interfaces permettent de mesurer la distance des spectateurs (télémètre à ultrason), détecter par capteur leur présence et/ou leur position (tapis sensitif), faire réagir une installation en fonction de leurs mouvements et de leurs déplacements. Il est aussi possible de détecter un sens de passage (barrière infrarouge), de mesurer la vitesse de déplacement d’un spectateur, l’intensité lumineuse ambiante ou le poids d’un spectateur. Les danseurs pourront jouer avec les dalles FSR qui réagissent à leur posture (répartition du poids dans l’espace).» Ultime avatar de l’avant-gardisme contemporain, dernier sursaut de la postmodernité artistique ? On pourrait hâtivement conclure à l’apparition d’un art émergent, mais en la matière, la nouveauté est anachronique ou, pour reprendre cette formule de Tristan Tzara : «J’aime une œuvre ancienne pour sa nouveauté.» Précurseur d e l’interactivité artistique, Nicolas Schöffer (1912-1992) inaugure en 1955 la première œuvre interactive en temps réel : la Tour spatiodynamique et cybernétique. Artiste et membre de l’association Art sensitif, Jean-Noël Montagné s’inscrit dans cette filiation : «En été 2005, nous fêterons les 50 ans de la première œuvre multimédia interactive au monde, une installation réagissant en temps réel à son environnement par un système de capteurs, et ancêtre de toutes les installations interactives actuelles.»
    A ses yeux, l’histoire de l’art est marquée par trois évolutions majeures accomplissant le passage du statique au cinétique puis à l’interactif : «Utiliser des technologies interactives, créer des installations artistiques qui réagissent à d e s phénomènes sociologiques est d’abord un acte politique. Quelle ignorance des technologies est supportable d a n s un système de plus en plus technocentrique et technogarchique ?» Les arts interactifs se réapproprient des technologies utilisées parfois à des fins liberticides : télésurveillance, télé-falsification du réel, traçabilité de notre vie quotidienne, multifichage informatique, identification biométrique… Face à cet univers technocratique, code-barrisé, et à la complexification croissante d’une société régie par le «tout technologique», Jean-Noël Montagné dresse le constat suivant : «A l’heure où les technologies de traçage envahissent discrètement la vie quotidienne en grignotant progressivement nos libertés, la présence généralisée de l’art et du dialogue q u ’ i l impose devra remplacer ou réintroduire les pans de liberté que nous avons déjà perdus.» Boris Lutanie
    INDUSTRIES DE LA CONNAISSANCE Les actes de deux colloques organisés à Poitiers et au Futuroscope par la Mission pour les industries de la connaissance viennent de paraître : Symposium international, 5 et 6 juin 2001 (240 p., 35 €) et Les Politiques de protection et de valorisation des patrimoines dans la mondialisation (158 p., 28 €).
    «Voies tracées», création de Jean-Noël Montagné, Jacques Lucas et Luc Martinez. www.artsens.org www.interface-z.com www.olats.org/schoffer
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