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Rochefort, capitale du bégonia

Botanique – Rochefort, capitale du bégonia. Le conservatoire du bégonia de Rochefort abrite la plus riche collection mondiale dédiée à cette plante. Avec Patrick Rose, conservateur.

Par Mireille Tabare, photos : Abdelkrim Kallouche.

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    botanique
    Rochefort, capitale du bégonia Créé il y a quinze ans, le Conservatoire du bégonia de Rochefort abrite aujourd’hui la plus riche collection mondiale dédiée à cette plante. Une manière de rendre hommage à Michel Bégon, intendant de Louis XIV et urbaniste de la ville, et au botaniste Charles Plumier, qui le premier découvrit et nomma le bégonia Par Mireille Tabare Photos Abdelkrim Kallouche
    E
    n 1986, la ville de Rochefort, renouant avec trois siècles de tradition botanique, décide de se porter acquéreur d’une collection privée de 200 bégonias, botaniques et hybrides (à l’époque la plus importante en France). En 1988, on construit une serre pour accueillir la collection qui comporte alors 400 bégonias : le Conservatoire voit le jour. «Aujourd’hui, notre serre conservatoire abrite, sur 1 000 m2, plus de 1 500 bégonias – 500 botaniques et 1 000 hybrides – et constitue la plus importante surface de serre consacrée à un seul genre en Europe, explique Patrick Rose, conservateur. On ne connaît
    Ci-dessus : Begonia L. ‘Southern Aurora’. Ci-contre : Patrick Rose, qui dirige le Conservatoire du bégonia. 1, rue CharlesPlumier 17300 Rochefort Tél. 05 46 99 08 26
    généralement de cette plante que les trois ou quatre formes les plus couramment répandues dans nos jardins et espaces verts. En réalité, le bégonia constitue, avec 2 200 botaniques et près de 15 000 hybrides, l’un des genres botaniques les plus prolifiques du règne végétal.» Les bégonias sont répartis dans la serre en fonction de leur origine géographique : Afrique, Amérique, Asie. On rencontre des bégonias dans toutes les régions tropicales et subtropicales du globe, à l’exception de l’Australie, et principalement en Amérique centrale et en Amérique du Sud. On les trouve à peu près à toutes les altitudes, de 0 à 3 800 mètres. De quoi battre en brèche l’idée faussement répandue que le bégonia est une plante fragile. Ainsi le Begonia grandis, qui pousse à plus de 3 000 mètres d’altitude dans les montagnes au nord de Pékin, peut supporter des hivers jusqu’à – 30 °C ! Véritable vitrine d’écologie tropicale, la serre abrite d e s plantes d’une incroyable diversité, par leurs tailles, leurs formes, leurs couleurs : depuis les miniatures africaines aux géantes sud-américaines, du bégonia du Gabon à petites fleurs jaunes aux hybrides bambusiformes aux lourdes grappes rose vif, des feuillages épais du Mexique à ceux, multicolores, de la péninsule indo-malaise… Au fil des ans, la collection s’est enrichie de nouvelles plantes en provenance d’autres collections ou directement de leur pays d’origine. «Le Conservatoire de Rochefort est aujourd’hui agréé au niveau mondial en tant que Collection nationale du genre bégonia, et membre du réseau du Bureau international des jardins botaniques. Notre principale mission consiste, en ce qui concerne les bégonias botaniques, à sauvegarder et cultiver des espèces rares ou menacées,
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    Ci-contre :
    Begonia L. radicans. Vellozo - 1831, Brésil. Ci-dessous :
    Begonia L. odorata. Willedenow - 1813, Antilles et Guadeloupe.
    et , en matière d’hybrides, à préserver toutes les formes nouvelles obtenues par les horticulteurs depuis le XIXe siècle. Nous sommes détenteurs à la fois d’un patrimoine botanique mondial et d’un patrim o i n e historique horticole.» Mener à bien cette mission passe, pour les chercheurs, par l’acquisition de connaissances sur les modes de culture propres aux différentes espèces. Au travers de l’expérience directe et de l’observation de leur comportement, mais aussi par la collecte de données bibliographiques, historiques et iconographiques. Le Conservatoire accueille aujourd’hui 6 000 visiteurs par an. Une promenade dans la serre offre, tant aux spécialistes qu’aux néophytes, l’occasion d’aborder des sujets très variés comme par exemple la culture du bégonia, l’horticulture actuelle, la préservation des forêts tropicales et, plus généralement, de la biodiversité planétaire. «Notre Conservatoire a pour vocation de faire découvrir un genre botanique souvent injustement décrié, de lui restituer ses lettres de noblesse auprès des horticulteurs, des distributeurs et du grand public, en leur proposant une grande variété de bégonias, moins classiques, plus originaux, plus esthétiques, plus robustes… et plus faciles à cultiver.» ■
    On appelle bégonias botaniques toutes les espèces, sous-espèces, formes et variétés que l’on peut rencontrer dans la nature. Les bégonias hybrides n’existent que rarement à l’état naturel, ils ont pratiquement tous été créés par l’homme au moyen de croisements, de mutations et de sélections. ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 64 ■ 33
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