fermer... document
La charte communale de Poitiers
En 1199, Aliénor d’Aquitaine restitue et confirme aux habitants de Poitiers et à tous ceux qui y viendraient demeurer les libertés concédées par son grand-père Guillaume IX
Photo Olivier Neuillé Médiathèque François-Mitterrand
A
Cette charte originale est conservée à la médiathèque de Poitiers (Archives municipales, A 1). Nous reproduisons les textes établis par Georges Pon et Yves Chauvin dans leur édition et traduction des «chartes de libertés et de communes de l’Angoumois, du Poitou et de la Saintonge (fin
XIIIe XIIe-début
siècles)», dans Bonnes villes du Poitou
et des pays charentais (XIIe-XVIIIe siècles), sous la direction de Robert Favreau, Régis Rech et Yves-Jean Riou, Société des Antiquaires de l’Ouest, 2002.
liénor, par la grâce de Dieu reine d’Angleterre, duchesse de Normandie, d’Aquitaine, comtesse d’Anjou, aux archevêques, évêques, comtes, vicomtes, barons, prévôts, justiciers, baillis et à tous les fidèles à qui la présente lettre parviendrait, salut dans le Seigneur. Sachez vous tous que nous avons restitué et par la présente charte confirmé à nos chers et fidèles hommes de la ville de Poitiers les libertés et droits que leurs ancêtres ont eus et tenus du temps de notre grand-père, de notre père et de nos autres prédécesseurs, à savoir de marier leurs filles et toutes les autres femmes à marier là où ils le voudraient, soit à l’extérieur, soit à l’intérieur de la ville de Poitiers, et nous leur avons aussi concédé que lorsque l’un d’entre eux, parvenant à la fin de sa vie, aura réparti son aumône, celle-ci soit pleinement et intégralement tenue et qu’elle soit défendue, gardée et tenue par la contrainte du seigneur de la ville de Poitiers contre quiconque lui ferait violence. Nous leur avons concédé encore que tous ceux qui voudraient et
pourraient donner des fidéjusseurs et s’en remettre au roi pour quelque forfait [qu’ils auraient commis] dans la ville, sauf pour meurtre, trahison ou vol, ne soient pris ni retenu de force et qu’on ne porte pas violemment la main sur eux ni sur leurs biens. Nous leur avons également concédé qu’un étranger venant dans la ville de Poitiers pour y demeurer aurait les mêmes libertés susdites aussi librement et paisiblement que celles que possèdent et tiennent les autres hommes demeurant dans la ville. Témoin de cette donation et exemption : notre très chère fille la reine Jeanne. Pierre Bertin, sénéchal de Poitou. Laon Ogier, Châlon de Rochefort, nos chevaliers. A[demar], abbé de Saint-Maixent. P[ierre], abbé de Saint-Cyprien. Savari de Chiriaco, Augis, son fils. Vivien Beidestrau. Pierre Bonin et son frère. Pascaud de La Rochelle. David de Puilboreau. Sanche de La Rochelle. Geoffroi de Chauvigny, chevecier chevalier, et beaucoup d’autres. Donnée à Niort, l’an du Verbe incarné 1199.
Alienor, Dei gracia regina Ang[lie], ducissa Normannie, Aquitanie, comitissa Andegavie, archiepiscopis, episcopis [comit]ibus, vicecomitibus, baronibus, justiciis, prepositis, bailivis, et omnibus fidelibus suis, ad quos presens [pag]ina pervenerit, salutem in Domino. Noverit universitas vestra nos reddidisse et presenti carta confirmasse dilectis et fidelibus hominibus nostris de villa Pictavis libertates et jura sua que antecessores eorum habuerunt et tenuerunt tempore avi et patris nostri et aliorum predecessorum nostrorum, videlicet et filiabus suis maritand[is] [et] de omnibus aliis feminis que maritande erunt in quocumque loco voluerint, aut extra villam Pictavis aut infra villam, et etiam concedimus eis ut, quando aliquis eorum ad finem vite sue perveniens, elemo-sinam suam divisam habuerit, plenarie et integre teneatur, et qui elemosinam illam violentiam fecerit, a domino ville Pictav[is] defendatur, custodiatur et teneri cogatur. Adhuc vero eis concedimus quod nulli eorum qui [fide]jussores stare juri dare voluerint et potuerint, de aliquo forisfacto quod in villa fecerint, nisi [m]urtrerii vel proditores seu latrones fuerint, capiantur, nec vi retineantur neque manus in eis vel in rebus suis violenter mittantur. Adhuc illis concedimus, quod, si aliquis extraneus in villam Pictavis venerit causa manendi ibi, has predictas libertates habeat, ita libere et quiete sicuti alii homines in villa manentes habent et tenent. Hujus vero donationis et quietationis testes sunt : karissima filia nostra regina Johanna. Petrus Bertini, senescallus Pictavie. Lonnus Ogerus. Kalo de Rupeforti mili-tes nostri. A[demarus], abbas Sancti Maxentii. P[etrus], abbas Sancti Cypriani. Savaricus de Chiriaco. Ogisus, filius suus. Vivianus Beidestrau. Petrus Bonini, et frater ejus. Pascaudus de Rupela, David de Podio Liborelli. Sanctius de Rupela. Gaufridus de Calviniacio, capiscerius miles, et multi alii. Data apud Northium, anno Verbi incarnati M° C° XC° IX°.
18
■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 65 ■
Actu65.pmd
18
28/06/2004, 15:29
■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 65 ■
19
Actu65.pmd
19
28/06/2004, 15:30
fermer...
Discussion
Aucun commentaire pour “La charte communale de Poitiers”
Poster un commentaire