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Isabelle, comtesse d’Angoulême

Isabelle, héroïne d’Angoulême. Isabelle Taillefer, comtesse d’Angoulême, reine d’Angleterre, inspire à Sophie Fougère des scénarios de bande dessinée ou de téléfilms.

Par Astrid Deroost, photo : Claude Pauquet, dessin : Norma.

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    Isabelle, héroïne d’Angoulême Isabelle Taillefer, comtesse d’Angoulême, reine d’Angleterre, inspire à Sophie Fougère des scénarios de bande dessinée ou de téléfilms Par Astrid Deroost Photo Claude Pauquet Dessin Norma que. On y lira les mariages, les batailles et les complots. «Le sujet est assez romanesque pour que les lecteurs s’intéressent à l’histoire, poursuit Sophie Fougère, admirative de l’esthétique médiévale. J’ai moi-même aimé l’histoire à travers les films et les livres de Jeanne Bourin, de Juliette Benzoni ou de Régine Pernoud.» Même démarche pour la version télévisée dont un épisode de 90 minutes, sur les trois prévus, est écrit. L’historienne veille à la justesse relative des faits quand son coscénariste extrapole. Malgré les coûts de production d’un film d’époque, Sophie Fougère imagine Isabelle en flamboyante souveraine et s’autorise de belles références : La reine Margot de Patrice Chéreau ou Passion Béatrice de Bertrand Tavernier.
    B
    elle-fille d’Aliénor d’Aquitaine, fille d’Aymar Taillefer, ex-fiancée d’un Lusignan, femme de Jean sans Terre puis épouse, en secondes noces, de l’homme promis à sa fille Jeanne, mère à quatorze reprises... Isabelle, reine d’Angleterre, née en 1186 à Angoulême, n’avait certes pas prémédité le romanesque de son existence qui s’acheva en 1246 à Fontevraud. Sophie Fougère, 33 ans, historienne de formation en eut, elle, la révélation en lisant, très jeune, de vieux journaux. Ils contaient l’épisode fameux et populaire de l’enlèvement de la belle par le souverain anglais. En l’an 1200, Isabelle Taillefer doit épouser Hugues IX de Lusignan, comte de la Marche. Mais la raison des alliances déjoue les serments de circonstance et Jean sans Terre emporte l’adolescente vers les brumes d’outre-Manche... S’ensuivront de fastes et royales amours, un retour peu glorieux – à la mort du roi – sur le sol charentais, des marchandages avec les Capétiens et les Plantagenêts, et la puissance, un temps retrouvée. En 1220, Isabelle épouse Hugues X, le fils de son ancien fiancé. Quinze ans et quelques trahisons plus tard, le fief des Taillefer
    et des Lusignan s’étend sur l’équivalent de sept départements actuels. Conquise par la ténacité de la dame Taillefer, Sophie Fougère, native elle aussi d’Angoulême, consacre à Isabelle et au Moyen Age le plus clair de ses lectures. Et de ses études. En 1993, son mémoire de maîtrise se prolonge d’ailleurs en un livre intitulé Isabelle d’Angoulême, reine d’Angleterre (Edit France, 1998). Ouvrage qui annonce lui-même une biographie... encore à venir. «Isabelle est un peu l’histoire de ma vie», confie la jeune femme devenue scénariste. Des projets de bande dessinée, avec le dessinateur Norma, et de téléfilms sont très avancés : supports en parfaite adéquation, selon l’historienne, avec la modernité de l’héroïne. «Ce devait être une femme très belle, intelligente mais calculatrice. Elle usait de la violence et de la force pour se faire une place dans un monde d’hommes et, à son retour d’Angleterre, reconquérir son rang. Replacée dans le contexte politique, sa vie est aussi une histoire de survie.» Quant à la méthode choisie pour la bande dessinée, elle allie le classicisme du trait de Norma au registre du roman histori-
    UNE COMMUNE «ANGLAISE» DE 800 ANS En 1203, Jean sans Terre accorde des libertés à la ville d’Angoulême, confirmées notamment par la charte communale de 1204, dont une copie est aujourd’hui conservée aux archives de Londres. Le 25 septembre 2004, la ville d’Angoulême organise un colloque grand public sur la première commune d’Angoulême et une exposition. A découvrir pendant 15 jours dans le château-hôtel de ville dont la construction fut lancée par Isabelle d’Angoulême. ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 65 ■ 15
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    28/06/2004, 15:28


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