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L’argent de Potosi

Nouveau Monde – L’argent de Potosi. Florian Téreygeol, chercheur au CNRS, prouve que l’atelier monétaire de La Rochelle importait de l’argent de Bolivie.

Par Florian Téreygeol et Adrien Arles. Photos de pièces d’argent en illustration.

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    L’argent de Potosi à La Rochelle Par Florian Téreygeol et Adrien Arles
    L
    a mise en exploitation du Cerro Rico (actuelle Bolivie) par les Espagnols en 1545 va entraîner un énorme bouleversement dans l’économie européenne moderne en conduisant à la faillite la plupart des mines d’argent du vieux contient et entraînant l’arrivée d’un stock de métal blanc considérable en Europe. Les Espagnols étaient partis à la conquête de l’Eldorado, ils vont découvrir non le pays de l’or, ce dont se chargeront les Portugais, mais celui de l’argent par le biais de la mise en exploitation du Cerro Rico. Les conquistadors ont immédiatement saisi l’importance de leur découverte et la négation historique de toute exploitation antérieure du gîte en est la preuve la plus éclatante alors qu’il est aujourd’hui avéré que la montagne était bien connue des Incas. Ces derniers n’y ont pourtant pas entrepris d’exploitation à grande échelle. Sur le gisement va naître et grossir rapidement une importante ville : Potosi. Les routes commerciales qui se tissent
    ARCHÉOLOGIE EXPÉRIMENTALE AUX MINES D’ARGENT DE MELLE Florian Téreygeol a effectué sa thèse sur les mines d’argent des rois francs exploitées à Melle du VIe au Xe siècle. Ce jeune chercheur au CNRS (Iramat UMR 5060) fréquente régulièrement le site où il continue ses recherches en archéologie expérimentale sur les métaux en usage au Moyen Age. Du 18 juillet au 15 août, il doit travailler sur l’extraction du minerai par abattage au feu, la préparation des minerais, la fusion, l’affinage, la coupellation (séparation de l’or et de l’argent des métaux vils), la cémentation des cuivres, la réduction du minerai de fer, la fabrication de la fausse monnaie d’argent. Ces ateliers sont accessibles aux visiteurs des mines d’argent. Tél. 05 49 29 19 54
    sont connues. De l’Europe va venir, dès le dernier quart du XVIe siècle, le mercure nécessaire à l’amalgamation des minerais d’argent. En retour, de Potosi, à 4 500 m d’altitude, vont descendre les trains de lamas chargés d’argent. S’ensuit alors la traversée du continent sud-américain jusqu’à l’actuel Venezuela où le métal précieux est chargé à bord des bateaux. La grande majorité de cet argent est à destination de l’Espagne mais les ports de la façade atlantique, dont La Rochelle, voient parfois arriver de l’argent de cette région. Ce métal peut de fait être converti en monnaie d’argent ou de billon (cuivreargent) et entre dans le circuit commercial du royaume de France. Il semble alors impossible de le distinguer des autres argents. Mais, comme les autres ateliers monétaires, celui de La Rochelle marque sa production d’un signe distinctif, un H. Il est donc possible de savoir où a été produite une monnaie. De plus, des analyses en laboratoire montrent clairement que la frappe monétaire rochelaise entre 1570 et 1680 a bénéficié du métal blanc de Potosi. La présence d’un élément inconnu des métallurgistes comme des monétaires de l’époque, l’Indium, signe la provenance de l’argent de Potosi. Seules les techniques modernes permettent de le pister et de le quantifier. Du travail reste à faire sur l’atelier. Sa fouille conduite par l’AFAN a eu lieu dans les années 1990 à l’emplacement de l’actuel parking de la place de Verdun. Pour la première fois, il a été possible de fouiller un atelier royal. Cette opération
    archéologique est en soi exceptionnelle puisqu’elle a permis la mise au jour de l’ensemble des phases de fabrication d’une monnaie entre le XVIe et le XVIIe siècle. Une a p p r o c h e à la fois archéologique, archéométrique et expérimentale, menée conjointement par le service régional de l’archéologie Poitou-Charentes, l’Institut de recherche sur les archéomatériaux (CNRS, UMR 5060) et le laboratoire Pierre Süe (CNRS-CEA, UMR 9956), permet de caractériser ce travail du métal aussi bien avec les monnaies de cuivre qu’avec celles d’argent.
    Teston, 4e type, 1576, La Rochelle, H sous le buste, (Ar, 17.649 ex., (53), 26 mm, 11 h, 9,20 g ), (pd. th. 9,598 g, 898°/°°, taille 1/25 1/2 marc, 14 s. 6 dt., 11 d. 6 gr. A.R. ). A/ .HANRICVS. III. D. G. FRA. ET. POL. REX.. Buste d’Henri III à droite, lauré et cuirassé avec col plat ; lettre d’atelier audessous. R/ + SIT. NOMEN. DN[I. B]ENEDICT[(Mm)] 1[5]76 (Mg). Écu de France couronné accosté de deux H couronnées.
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    28/06/2004, 15:55


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