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Livres – « Guérir les saisons » de Sofia Queiros, préfacé par Bernard Ruhaud ;
Pierre-Henri Simon réédité ;
Dernier combat de Jean Rousselot. Mort du poète le 24 mai 2004 ;
Jean-Jacques Greteau.

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    DERNIER COMBAT DE JEAN ROUSSELOT Le poète Jean Rousselot est mort le 24 mai 2004. Il avait 90 ans. Ce fils d’ouvrier, orphelin à 15 ans, a fait l’Ecole normale de Poitiers où il rencontra Maurice Fombeure. Il a participé au Front populaire puis s’est engagé activement dans la Résistance. En 1946, il quitte la fonction publique pour se consacrer entièrement à l’écriture. Dans notre édition «70 écrivains» (L’Actualité n° 53), le poète JeanFrançois Mathé lui rendait hommage dans une double page dont voici les premières lignes. «Jean Rousselot est né à Poitiers en 1913. Ville de l’enfance, de la jeunesse, “Poitiers natal” a plusieurs fois ressurgi dans ses poèmes, mais l’œuvre, si elle doit à la région des sources secrètes et vives (dont l’enfance pauvre et traversée de drames), a très tôt excédé l’inspiration régionaliste et les complaisances de la mémoire. Ses vraies racines, Jean Rousselot les a plongées dans la terre instable et chahutée du langage poétique, là où justement, chaque jour, se pose à nouveau et autrement la question de l’identité. Quand je dis “chaque jour”, c’est que la bibliographie poétique de Rousselot est impressionnante, et qu’à lire un par un ses poèmes on sent combien ils ont tous été nécessaires .»
    Cantos de Sofia Queiros « a poésie n’a ni règles, ni limites. Peut-on seulement la définir ? C’est le besoin de cohérence qui empêche de communiquer par bribes, alors que la pensée est vagabonde», prévient Bernard Ruhaud en préface de Guérir les saisons (suivi de Anima) de Sofia Queiros.
    L
    Ce troisième livre, structuré en 13 cantos, est un étrange chœur de monologues mêlant passé, présent, futur, hors temps. Un livre de l’effacement, comme un trou de mémoire qui blanchit plus qu’à demi chaque page. Un livre écrit à demi-mots où Sofia Queiros «égrène juste» des états d’être, entre raison et déraison. Extrait du canto 13 : «Je suis en mesure de répéter tout ce que j’ai dit avec la même exactitude. Je peux ajouter des dates et donner des noms. Ma maison ne désemplit pas. Je refuse les derniers sacrements. Et je cracherai si je veux. J’ai si mal employé mon amour.» Ed. Etre et Connaître, 96 p., 13,50 e (5, rue des Bonnes-Femmes, 17000 La Rochelle – tél. 05 46 41 77 49)
    Pierre-Henri Simon réédité D eux romans «charentais» de PierreHenri Simon (1930-1972) sont réédités par Le Croît vif, éditeur régionaliste qui permet ainsi de (re)découvrir deux facettes de cet écrivain né à Saint-Fortsur-Gironde, d’un père notaire, et qui baigna jusqu’au début des années 1930 dans le catholicisme maurrassien avant de rejoindre la revue Esprit créée en 1932 par Emmanuel Mounier. Et, plus tard, de devenir membre fondateur de l’Académie de Saintonge (1957), critique littéraire au Monde (1961), et de siéger à l’Académie française (1966). En pleine guerre d’Algérie, il publia un retentissant Contre la torture (Seuil, 1957). La publication d’Elsinfor en 1956 «déclencha une poussée d’urticaire chez les maîtres du cognac», comme l’indique dans sa préface Christophe Lucet, petitfils de l’auteur. En effet, ce roman met en scène le monde du négoce dans les années 1930 et 1940. Un roman aux antipodes du Bonheur de Barbezieux de Chardonne. «Dans Elsinfor, la dénonciation du goût du lucre et de la bonne conscience est d’une grande sévérité. Surtout quand s’y mêlent l’inculture crasse de tant de spécimens de la tribu et un esprit religieux affadi.» L’autre roman, Celle qui est née un dimanche (1952), est d’une veine différente, celle d’une «symphonie pastorale», à Saint-Fort-sur-Gironde. La naissance d’une bohémienne laisse augurer qu’il y aura de l’étrangeté et de l’amour… Ed. Le Croît vif : Elsinfor, 288 p., 15 e ; Celle qui est née un dimanche, 104 p., 12 e
    Claude Pauquet
    PATRIMOINES ET MÉDIAS Les éditions Patrimoines et médias ont eu un coup de cœur pour le roman «délicieusement rétro» de Jean-Jacques Greteau : De si jolis chrysanthèmes. Cela commence en 1961. Une journaliste qui enquête sur un crime nous fait visiter tout le Sud des Deux-Sèvres. 272 p., 18 e
    GESTE POCHE Geste éditions lance une collection en format poche à prix modique (6 e pour environ 250 pages). Voici les premiers titres : Femme de la côte, de Catherine SimonGoulletquer ; Une instit pas ordinaire, de Clod’Aria ; Amours d’autrefois, de Michel Gautier ; Fille de la terre, de Geneviève Proust-Bouffard. Pour les autres nouveautés, voir gesteditions.com ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 65 ■ 81
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    28/06/2004, 16:00


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