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Samuel Champlain

Samuel Champlain – Entrée du dossier : Photo du dernier livre imprimé en 1632 par Samuel Champlain consacré à ses « Voyages en Nouvelles France ». Photo : Abdelkrim Kallouche ;

Article : Champlain à Brouage. La maison Champlain à Brouage présente l’entreprise saintongeaise vers le Nouveau Monde. Par Jean Roquecave, photos : Franck Gérard et Abdelkrim Kallouche.

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    Dernier livre imprimé en 1632 par Samuel Champlain consacré à ses Voyages en Nouvelle-France. Richement illustrée, cette édition est la plus complète et la plus recherchée des œuvres de Champlain. (Archives départementales de la Charente-Maritime, Res. 20) Photo Abdelkrim Kallouche
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    La maison Champlain à Brouage présente l’entreprise saintongeaise vers le Nouveau Monde Par Jean Roquecave Photos Franck Gérard et Abdelkrim Kallouche
    Champlain à Brouage Franck Gérard
    L
    e 26 juin 1604, Pierre du Gua, Samuel Champlain et leurs compagnons fondaient le premier établissement permanent européen en Nouvelle France, sur l’île Sainte-Croix, au large de l’actuel Nouveau-Brunswick. Tout l’été, le Canada et la France célèbrent le 400 e anniversaire de l’événement. A Brouage, ville natale de Champlain, le gouvernement canadien et le département de Charente-Maritime se sont associés pour édifier la maison Champlain. Samuel Champlain est né à Brouage entre 1567 et 1575. La date exacte de sa naissance est inconnue. «On n’a jamais retrouvé son acte de baptême, affirme Nathalie Fiquet, conservatrice du site de Brouage. Soit qu’il ait été détruit, soit, ce qui est plausible, que Champlain ait été d’une famille huguenote. Samuel était en effet un prénom biblique en faveur chez les réformés, et La Rochelle était à l’époque une place forte du parti protestant.» La naissance de Champlain n’est pas la seule zone d’ombre du personnage. Aucun portrait authentique de lui n’a été conservé, sinon un dessin de sa main où il est figuré de dos, en train de tirer à l’arquebuse sur des Indiens. Et nul ne sait où se trouve sa sépulture. Après sa mort, le jour de Noël 1635 à Québec, le corps du fondateur de la ville ne sera pas ramené en France, et les historiens québécois sont encore aujourd’hui à sa recherche. «Tout cela fait que finalement, en ce qui concerne Champlain lui-même, il n’y a qu’assez peu de choses à montrer, c’est pourquoi il a été décidé de faire de la maison Champlain un centre d’interprétation plutôt qu’un musée.» Le site choisi, qui était jusqu’à présent le square Champlain, avait été acquis pour le 350e anniversaire du voyage de Champlain par une entreprise canadienne, qui envisageait d’en faire un équipement culturel. L’opération ne s’était pas réalisée et l’affaire était tom-
    bée dans l’oubli. A l’approche du quatrième centenaire, le gouvernement canadien, qui souhaitait mettre sur pied une réalisation pour marquer l’événement, a saisi l’occasion, et le terrain a été rétrocédé au département en 2001. Elevée sur deux niveaux pour une superficie totale de 700 m2, la maison Champlain présentera un aspect traditionnel côté rue et une architecture moderne ouverte sur l’extérieur côté jardin. Le rez-de-chaussée abritera une exposition permanente et un espace pédagogique, l’étage proposera deux salles informatiques, ainsi qu’une salle polyvalente pour l’organisation de conférences et de projections. «Une des salles, cogérée par l’Université de La Rochelle et l’Université d’Ottawa, sera réservée aux chercheurs. Car la maison Champlain sera aussi un laboratoire universitaire, souligne Nathalie Fiquet. Des visioconférences en duplex entre étudiants et chercheurs canadiens et français pourront être organisées, et le résultat des travaux qui seront réalisés dans la maison sera mis à la disposition du public lors d’expositions temporaires.» «Samuel de Champlain et l’entreprise saintongeaise vers le Nouveau Monde» : l’objectif des expositions qui seront présentées à la maison Champlain est de permettre aux visiteurs de «découvrir, d’explorer et d’interpréter» le patrimoine commun de la France et du Canada et, en particulier, les relations historiques avec la région Poitou-Charentes.
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    ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 65 ■
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    Abdelkrim Kallouche
    «L’idée est de faire revivre aux visiteurs l’aventure de ces hommes partis créer un nouveau monde au XVIIe siècle. Qui étaient-ils ? Des bourgeois protestants ouverts au capital risque, des marins qui armaient des bateaux pour la pêche à la morue, ou encore des émigrants venus de l’intérieur des terres, jusque de Niort ou de la Vienne. Nous pourrons resituer le contexte de La Rochelle dans la première phase d’implantation française au Nouveau Monde, expliquer aux enfants que leurs ancêtres allaient au Canada, car si c’est la première fois que des implantations permanentes ont été envisagées, peu d’entre eux faisaient souche, alors que beaucoup ont fait des allers et retours.» La scénarisation de l’exposition fera appel à des techniques de réalité virtuelle, images, odeurs, sons pour q u e la visite soit aussi une «expérience multisensorielle», une immersion dans l’univers des pionniers. «Nous ne voulons pas faire quelque chose de poussiéreux, dit la conservatrice, il s’agit aussi de montrer que Champlain, à son époque, était à la pointe de la modernité. C’était un esprit curieux, un homme de la Renaissance abouti. Les cartes qu’il a dessinées sont encore très précises, il faisait des dessins superbes, il a décrit la faune et la flore, et c’était aussi un ethnologue, un des premiers à découvrir les mœurs des Indiens sans porter un jugement de valeur. Un diplomate aussi, qui, dès l’hiver 1604, a compris que sans les Indiens, leur connaissance du milieu et leurs
    techniques, les colons allaient mourir. Les échanges culturels étaient donc indispensables à la survie de la colonie. Pour autant, il ne s’agit pas non plus de tomber dans l’imagerie pieuse, ou de faire du «saint Champlain», mais simplement d’être à la pointe de ce qu’on peut connaître – ou ne pas connaître – du personnage.» Pour permettre aux visiteurs qui le souhaitent d’aller plus loin, un centre de ressources informatiques sera consacré à une série d’activités interactives pour le grand public, et permettra notamment de répondre aux questions que pourront susciter les expositions. Et les salles de recherche disposeront d’une documentation en ligne, qui donnera accès aux deux millions d’images documentaires issues du projet de numérisation des archives historiques de la Nouvelle-France. ■ CHAMPLAIN ET LA NAISSANCE DE L’AMÉRIQUE FRANÇAISE Le Conseil général de la Charente-Maritime s’est associé à l’éditeur québécois Septentrion pour publier un ouvrage monumental : Champlain, la naissance de l’Amérique française (400 p., disponible en août). Cet ouvrage collectif, dirigé par Raymonde Litalien et Denis Vaugeois, retrace et analyse tous les aspects de la vie de Champlain et du contexte de ses expéditions. Une iconographie abondante fait une large place aux dessins de la main de Champlain, dont toutes les cartes sont reproduites.
    Document daté du 27 septembre 1630, Brouage. Notaire Gouyn. (Archives départementales de la CharenteMaritime : 3 E 3105) En septembre 1630, pendant ses trois dernières années passées en France, Champlain est à Brouage où il vend ses deux maisons. L’une est acquise par la fabrique de l’église, l’autre par le marchand Jean Grain. Ces transactions liquident l’héritage familial de Champlain à Brouage et par là même ses ultimes attaches.
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