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ARCAE
Regards de femmes L
es chants de Circé résonnent dans l’abbaye de Ligugé. Les six femmes qui composent cet ensemble, Emmanuelle Huteau, Muriel Marshal, Marie-Georges Monet, Gwinnevire Quenel, Isabelle et Anne Dumont, ont trouvé une écoute attentive en ces lieux. Le père abbé, JeanPierre Longeat, est une fine oreille. L’association Chemins de musique, qu’il préside, a ainsi permis à Circé d’enregistrer son premier CD en l’église abbatiale. Arcae, regards de femmes est dédié aux femmes de l’Ancien et du Nouveau Testament, et à Marie. Soit 17 pièces des XVIe et XVIIe siècles (Vierdanck, Mazzocchi, Lassus, Schein, Frescobaldi, Monteverdi, Viadana, Marini, Grandi) et de plainchant. Une musique transcendante bien servie par l’enregistrement d’Emmanuel Deliquet (DBA productions). Ce jeune Civraisien de retour au pays, à SaintPierre-d’Exideuil, avait déjà enregistré à Ligugé les CD d’Absalon, Aliénor Voices et Manolo Gonzalez. Signalons qu’en décembre 2004, Chemins de musique propose à Ligugé et à Montmorillon des concerts et conférences sur J.-S. Bach (Tél. 05 49 55 89 00 et abbaye-liguge@siloe-librairies.com).
LES ÉCLATS CHORÉGRAPHIQUES
Du 14 au 20 octobre, cette manifestation dirigée par la chorégraphe Marion Bati offre un programme très étoffé de spectacles, ateliers, soirées cinéma-danse, stages et master class, conférences-débats, à La Rochelle, Saintes, Niort, Rochefort et Coulon. Sont invités : Maria Clara Villa-Lobos, Olivier Germser, Christine Bastin, Odile Azagury et la compagnie Lili Catharsis, Elinoar Zakaï, Jasmina Prolic, Toufik Oï, Fabrice Merlen, Delphine Pouilly et Julie Salgues. Tél. 05 46 43 28 82
DOMINIQUE PIFARÉLY
Le Théâtre Scène nationale de Poitiers programme cinq concerts «jazz et musiques nouvelles» avec Dominique Pifarély pour faire découvrir par étapes les musiciensimprovisateurs de la région que le violoniste a réuni au sein de l’ensemble Dédales (15 novembre, 15 décembre, 22 février, 7 avril, 30 avril). Notons par ailleurs que Dominique Pifarély a improvisé avec l’écrivain François Bon cet été lors d’une lecture Rabelais. Expérience qu’ils souhaitent poursuivre (voir le site remue.net).
Jasmina Prolic
AU BALLET ATLANTIQUE
EMMANUELLE BERCIER
Tête-bêche P
our ceux qui n’ont pas encore découvert Emmanuelle Bercier sur scène (L’Actualité n° 64), voici Têtebêche, le CD qui devrait les convaincre de ne pas rater son prochain concert. Cette chanteuse décalée a une voix qu’on n’oublie pas, des textes bien tournés, avec parfois un humour grinçant, et une p r é s e n c e . Sur ce CD de huit titres, Emmanuelle Bercier chante en compagnie d’Eric Proud (accordéon, guitare électrique, arrangements), Dominique Bercier (guitares acoustiques) et François Luçon (scie musicale, percussions). Une production Label et la bête (Studios de Virecourt à Benassay). Contact management : 06 87 27 23 99 catherinechampagne@tiscali.fr
A La Rochelle, le Ballet atlantique Régine Chopinot invite Xavier Le Roy, dont quatre pièces seront données du 9 au 11 décembre. Né 1963, Xavier Le Roy est diplômé en biologie moléculaire et cellulaire. Il commence à se consacrer à la danse à partir de 1990 et s’installe à Berlin en 1992. Il est considéré comme l’un des chorégraphes les plus novateurs de la danse contemporaine. Elu et Steven Cohen, deux Africains du Sud accueillis depuis 2002 par la compagnie pour laquelle ils ont créé une étonnante pièce («I wouldn’t be seen dead in that»), sont au programme de la saison : «Monk/Punk» d’Elu, le 21 décembre, «Dancing inside out» et «Taste» de Steven Cohen, du 24 au 26 février 2005.
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ALEXANDRA POUZET
Les veines du temps « L
i m o g e s , Cahors, Saint-CyrLapopie, Figeac, Aurillac, Le Puyen-Velay, Saint-Flour, Saint-Etienne, Lyon, Genève, Venise, et puis retour Poitiers», ce train de villes qu’égraine sans hésitation Alexandra Pouzet n’est pas seulement l’itinéraire d’un voyage, il est le tout premier chemin du désir qui se donne aujourd’hui à lire dans son exposition «Les veines du temps». Désir de voir et de savoir, désir d’approcher «l’énormité du monde» à travers d’autres quotidiens tout autant que l’intériorité de sa propre existence pour «trouver le lieu et le moi acceptable», soulignet-elle référant à l’Errance de Roland Depardon.
MÉTIERS D’ART À OIRON ET ROCHEFORT
Le Pôle régional des métiers d’art expose au château d’Oiron, du 15 octobre au 15 janvier, des pièces réalisées par des artisans d’art et des artistes. La plupart proviennent de la collection «Métissages» constituée par Yves Sabourin, chargé de mission art contemporain et savoir-faire textile au ministère de la Culture. Depuis 1997, des œuvres brodées ont été réalisées par l’Atelier du bégonia d’or et le lycée Gilles-Jamain à Rochefort. Ces brodeuses ont aussi travaillé pour Jean-Michel Othoniel qui présente «Le petit théâtre de Peau d’Ane», construit autour des poupée fabriquées par Pierre Loti, du 18 décembre au 15 janvier, sur la scène du théâtre de la Coupe d’or à Rochefort.
Cette légitime et troublante ambition nous est justement restituée dans la fugacité de quatre-vingt dix polaroïds réunis en trente triptyques constamment associés à trois villes traversées. Pourtant aucune des œuvres n’est une reconstitution des itinéraires de ces deux dernières années de voyages en sursaut. Pas d’avantage une chronologie du réel. Peut-être plutôt un ensemble de climats, une évocation de circonstances. Pour cette jeune artiste de trente ans, la réalité est aussi intérieure : «Assembler mes images a posteriori c’est écrire des histoires simples, proche de l’écriture automatique, pour dire que tout ce temps et tous ces lieux sont associables. Cette géographie personnelle me rassure face au vertige du monde et ces petits formats donnent une dimension plus acceptable à la planète.» Pulsation, respiration à trois temps, chaque triptyque met en rapport deux fragments de ville et un fragment de corps. Le plus souvent celui de l’artiste, parfois celui d’une personne inconnue croisée au hasard du voyage. Centrée ou décentrée, cette présence nous balance entre intimité et société. Et quand le corps est dénudé, il ne fait qu’exacerber la solitude éprouvée.
Dominique Truco
Des phrases du poète Alain-Pierre Pillet accompagnent l’exposition présentée à la chapelle du CRDP de Poitiers jusqu’au 30 octobre, puis à La Rochelle, au Carré Amelot, du 19 novembre au 18 décembre.
SILENCES
Bernard Descamps a photographié les lieux sacrés de l’Inde du Sud, région de l’hindouisme primordial. «J’ai toujours espéré, dit-il, que derrière l’aspect visible des choses se cachait un esprit : une sorte d’animisme dans la photographie pourrait révéler un peu de cet au-delà… Suffirait-il d’arrêter le temps pour voir au-delà des apparences ?» Exposition à la galerie du Carré Amelot, La Rochelle, du 3 octobre au 6 novembre.
KUJOYAMA
Marc Deneyer a réalisé son premier portfolio à partir de ses carnets de voyage au Japon. Ce livre de 26 pages contient 5 photographies originales en noir et blanc hors texte tirées en «piezography». Une belle édition signée et limitée à 53 exemplaires (550 €). marc.deneyer@wanadoo.fr
CHÂTELLERAULT
Jean-Charles Blais est invité au musée Sully par l’école d’arts plastiques de Châtellerault du 4 novembre au 10 décembre, et Ingrid Lüche à la galerie de l’ancien collège. L’exposition suivante réunira, du 17 décembre au 21 janvier, André Le Moënner, Cécile Pitois et Susan Jennings.
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Les Veines du Temps feront l’objet d’un
livre, à paraître chez Images en manœuvre, à Marseille.
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culture
Tous les arts du cognac L
e musée des arts du cognac s’est ouvert en juin à Cognac, cité mondiale des eaux-de-vie. De la vigne au design packaging : tous les savoir-faire liés au spiritueux sont présentés en français et en anglais sur quelque 1 600 m2. «Le patrimoine industriel du cognac est formé d’objets qui ne prennent leur sens que dans l’histoire d’une région, précise Laurence Chesneau-Dupin, attachée de conservation du patrimoine. Le nouveau musée permet aux habitants de la région de se situer dans la globalité de “l’entreprise cognac”». Cette filière qui rassemble la viticulture, la distillation, le négoce, les verreries, les tonnelleries, le courtage, l’imprimerie, l’emballage... représente en Charente et en Charente-Maritime une population active de 19 000 personnes. Les touristes découvrent, eux, l’identité du terroir producteur d’un breuvage apparu au XVIIe siècle et dont l’appellation d’origine contrôlée date de 1904. Le musée lui-même, dessiné par les architectes Jean-Jacques Bégué, de Rochefort, et Hervé Beaudouin, de Niort, est un lieu chargé d’histoire. L’ensemble, élevé à la place d’anciens chais, composé de l’hôtel particulier Perrinde-Boussac (XVIIe) et d’un bâtiment neuf, relie le fleuve Charente au vieux Cognac. «A l’intérieur, le visiteur retrouve d’emblée le produit qu’il connaît avec la présentation de bouteilles de différentes époques», poursuit Laurence ChesneauDupin. Puis la fabrication, la commercialisation et la consommation du cognac se déroulent, haltes successives enrichies de films-témoignages et d’expérimentations olfactives. Un espace évoque également les nombreuses références faites au cognac dans la littérature et le cinéma. Avec la machine à souffler le verre, inventée à Cognac en 1898, des carafes signées Lalique, des coffrets luxueux, des centaines d’étiquettes et d ’ a f f i c h e s publicitaires, le nouveau
Hervé Beaudouin
musée, sous tutelle du ministère de la Culture, dévoile des collections étonnantes. Elles étaient jusqu’alors modestement présentées au musée d’art et d’histoire de la ville.
Astrid Deroost
Musée des arts du cognac, place de la Salle verte à Cognac (fermé le lundi). Tél. 05 45 32 07 25
LES NUITS D’ADDIS-ABEBA
Francis Falceto a découvert la musique éthiopienne il y a une vingtaine d’années, lorsqu’il était encore à Poitiers. Depuis, il n’a cessé d’œuvrer pour faire connaître cette musique, notamment grâce à la collection «Ethiopiques» (18 CD chez Buda Musique), et, au-delà, pour tirer la culture éthiopienne de tous les clichés dont on l’affuble. Pour avoir une idée de la complexité et de la richesse de ce pays, il faut lire Les Nuits d’Addis-Abeba de Sebhat Guèbrè-Egziabhér, traduit de l’amharique par l’auteur et Francis Falceto (Actes Sud). Un roman picaresque qui se déroule au début des années 1960, dans le quartier chaud de la capitale, espace de liberté dans une Abyssinie étouffante.
Hervé Beaudouin
DAEWOO, ROMAN
Le «crime social» dont parle François Bon est monnaie courante. Une grande entreprise pompe un maximum d’aides publiques pour s’installer et licencie quelques années après pour gagner plus ailleurs, laissant le soin de réparer les dégâts humains à la collectivité – qui paye ainsi deux fois. François Bon a enquêté après la fermeture de Daewoo en Lorraine. Il a pris le temps d’arpenter les lieux, de les décrire, et de parler avec les ouvrières. Il en fait une pièce de théâtre et un roman. Dans une langue au phrasé incomparable, si proche de l’oral et pourtant très loin du décryptage brut, il donne une voix à ces femmes. Elles disent l’angoisse, la révolte, la solitude, l’humiliation. Avec intelligence.
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The road to mumbaï T
he road to mumbaï, autrement dit la route vers Bombay, est courte : 72 pages publiées aux éditions de L’Escampette, traduites et postfacées par Jean-Paul Chabrier. Cette route nous conduit à son auteur, le voyageur portugais Fernando Nenhum, qui, dans ce récit sous-titré Petits tableaux indiens, nous balade à la faveur d’un voyage en Inde entre son désir d’écrire et celui de découvrir et d’appréhender ce quotidien. En Inde comme partout, le constat prosaïque se mêle à l’émerveillement, l’inertie à l’éveil, l’ordinaire à
l’exceptionnel… Au fil de ces multiples variations et des pérégrinations transcrites au jour le jour se crée le livre. Récit ou fiction ? The road to mumbaï dessine le mouvement intérieur de la nécessité d’écrire, de sa difficulté, pour toutefois parvenir au livre présent. Et nous donne des phrases comme celle-ci : «Et tiraient-ils le juste accord de leurs sens incendiés ?» Finalement, ne serait-ce pas cette démarche créatrice que traduit si bien Jean-Paul Chabrier ? D. T.
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