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THIERRY DES OUCHES
Vaches limousines E
n mars dernier, Thierry des Ouches, auteur du célèbre ouvrage Vaches et autres milliers d’images, s’est imprégné de senteurs boisées, d’architectures rurales et de paysages ensauvagés par les brumes. Pendant une semaine, le photographe, aussi créateur d’icônes urbaines et publicitaires, a baladé son œil en Charente limousine, dans un petit périmètre autour des lacs de Lavaud-Mas Chaban. Le travail était de commande, la carte... blanche et le choix pas innocent. Le Syndicat mixte d’études sur l’espace touris-
DEUX EXPOSITIONS
Lancée fin juin, la manifestation «Au pré de la vache» se poursuit tout l’été au travers de différentes expositions fixes ou déambulatoires. Renseignements à la Maison des lacs de HauteCharente (05 45 65 26 69), Massignac. Le travail de Thierry des Ouches sur la Charente limousine est présenté en deux expositions, visibles jusqu’au 28 août : «Vaches limousines» à Massignac, et «Paysages limousins» à l’hôtel de ville (05 55 03 72 73) de Rochechouart, Haute-Vienne.
tique Lavaud-Mas Chaban souhaite attirer des visiteurs épris de vacances vertes et d’authenticité, en s’appuyant sur l’économie locale. Il veut donner à voir, ici et a i l l e u r s , la forte identité culturelle, environnementale, d’une campagne modelée par l’élevage et la race bovine limousine. Les photographies réalisées par Thierry des Ouches s’insèrent donc dans un programme d’animations estivales, intitulé «Au pré de la vache», toutes destinées à valoriser les productions, les savoir-faire locaux et le bocage limousin. «Il s’agissait de porter un regard sur un territoire qui souffre d’un déficit d’image, de lui donner une image un peu prestigieuse», explique Thierry des Ouches. Précisément, le photographe s’emploie sans calcul à magnifier la chose regardée. «J’aime sublimer le quotidien, l’ordinaire. C’est une forme de légèreté profonde.» Ce regard enchanté l’avait guidé lors de la réalisation de son livre sur les vaches. «Le thème était comme un fil rouge qui me permettait de raconter la campagne, en me baladant aux quatre coins de la France», précise le citadin de Paris aujourd’hui installé en Loire-Atlantique. Les images prises à cette époque disent l’émotion ressentie à la découverte du monde rural, de ses villages, de ses places de l’église et de ses petits cafés aux tons d’autrefois.
Au cours de sa promenade charentaise, le photographe a naturellement capté les aspects «forts, esthétisants, émotionnels» de la région. Paysages, lumières, arbres, matière, vaches en robe rousse se retrouvent mis en scène, sans autre artifice que la sensibilité d’un homme. Les images en noir et blanc, les couleurs apprivoisées mettent en lumière une douceur de vivre et plus encore, dit l’artiste, une absence d’agressivité... de paisibles paysages à découvrir à Massignac (Charente) puis à Rochechouart (Haute-Vienne) dans et hors les cadres.
Astrid Deroost
A COMPANION TO ANGOULÊME
Andreas Prindl, banquier d’origine américaine, s’est épris des Charentes. Avec A Companion to Angoulême and the Angoumois, anthologie réunissant histoires, anecdotes, chants et poèmes, il fait partager sa passion à ses «compatriotes», à partir d’extraits significatifs de l’histoire de la région : un voyage de dix-sept siècles, de Richard Cœur de Lion (The Lionheart) au festival de la bande dessinée (comic strip festival). Premier livre de qualité et rédigé en anglais sur l’histoire régionale, l’art et la culture locale vus à travers le regard des Anglais, résidents ou de passage dans la région, cet ouvrage s’adresse également aux Français grâce à des textes courts et accessibles, agrémentés des illustrations originales du peintre Michel Danglade. Ed. Le Croît vif, 344 p., 22 €
TUSSON
Les éditions du Lérot, une fois n’est pas coutume, viennent de publier deux ouvrages consacrés à l’histoire locale. Le premier, Tusson, village de Charente. Guide du promeneur, met en valeur l’architecture, l’histoire et la vie de ce village protégé. Le second est une réédition de la Monographie de
Thierry des Ouches
Tusson par Daniel Touzaud publiée en 1886 dans le Bulletin de la société archéologique et historique de la Charente.
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création
GILLES CLÉMENT
Jardin des sens L
e Jardin des sens, îlot de verdure en ville situé sur la propriété de l’hôpital Pasteur à Poitiers, est né en 2002 d’un partenariat entre le CHU et le CPIE Seuil du Poitou (Centre permanent d’initiatives pour l’environnement). Au cœur de Poitiers, à proximité du Clain, ce jardin est particulier dans la mesure où il a été réalisé avec des plantes spécifiques, dans le but de stimuler les sens de ceux qui s’y promènent. Les visiteurs se prêtent au jeu : le théâtre de verdure, l’allée des rosiers, les bacs aromatiques excitent l’odorat et le goût, tandis que les seringats en fleur et la prairie de coquelicots et de bleuets charment le regard. Puis on se risque à toucher le houx et l’épiaire laineuse, avant de prêter l’oreille aux oiseaux, insectes et grenouilles du bassin. Le Jardin des sens bénéficie d’une gestion écologique et d’un entretien minimal. Selon le concept de «jardin en mouvement» de l’architecte paysagiste Gilles Clément, il évolue de manière autonome, en mouvement permanent dans le temps et l’espace. «Les volumes changent au fil des saisons, en hiver la prairie disparaît presque, raconte Claire Touchard, responsable de la gestion du jardin. Et voici une autre sorte de mouvement : ce pied de sauge sclarée a surgi seul à un endroit très
éloigné des autres, sans doute semé par le vent. Il nous a échappé.» Parfait exemple de ce que le paysagiste appelle «l’illusion du désordre», dans son ouvrage manifeste Le Jardin en mouvement. Les plantes n’ont pas de place attitrée, elles vagabondent et créent l’imprévu, et c’est là tout l’intérêt du projet. Pourquoi s’achar-
ner à entraver l’évolution naturelle du jardin en le structurant de manière arbitraire ? «Il y a dans la gestion du jardin en mouvement une sorte d’apaisement. Non que l’on s’y agite moins : il occupe le corps et l’esprit comme d’autres jardins. Mais on sait pourquoi on s’agite.» Il semblerait alors insensé de s’évertuer à éliminer les quelques brins d’herbe qui poussent entre les dalles du chemin. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises herbes.
Aude Debenest
Mante religieuse du Jardin aux insectes à Poitiers.
Marc Deneyer
RENDEZ-VOUS AUX JARDINS
Chaque année, davantage de jardins sont accessibles lors des Rendez-vous aux jardins, manifestation organisée par le ministère de la Culture et de la Communication. En 2005, on en dénombrait 120 en PoitouCharentes, certains (des privés) n’étant ouverts que ces jours-là (3-5 juin). Parmi les plus singuliers, citons le Jardin aux insectes à Poitiers pour observer les invertébrés qui peuplent nos campagnes, le Jardin des histoires à PougneHérisson, autoproclamé «nombril du monde» et «refuge d’histoires pour mythes fatigués», les Jardins du village historique de Tusson, le Conservatoire du bégonia à Rochefort qui abrite la plus riche collection mondiale dédiée à cette plante, les Jardins du monde à Royan, le Jardin médiéval de Pons, haut lieu du chemin de SaintJacques-de-Compostelle. La liste complète des jardins sur le site poitou-charentes.culture.gouv.fr
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