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Bande dessinée : Marie Caillou

Bande dessinée – Marie Caillou, le dessin sans frontières. Film d’animation ou motifs pour une ligne de kimonos japonais : Marie Caillou dessine, quel que soit le support, avec la même énergie.

Par Astrid Deroost, photo : Claude Pauquet. Page de droite : dessin de Marie Caillou pour L’Actualité.

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    bande dessinée
    Film d’animation ou motifs pour une ligne de kimonos japonais : Marie Caillou dessine, quel que soit le support, avec la même énergie Par Astrid Deroost Photo Claude Pauquet
    Marie Caillou le dessin sans frontières « a ne me dérange pas de raconter des histoires affreuses ou sexuelles avec des univers enfantins. Il y a dans mon travail un décalage difficile à exploiter. J’ai été contactée par des éditeurs de livres pour enfants... mais raconter des histoires aux enfants ne m’intéresse pas.» Marie Caillou, 34 ans, dessinatrice-illustratrice, en résidence à la Maison des auteurs d’Angoulême, se méfie des stéréotypes et se reconnaît volontiers un esprit de contradiction. Enfant, elle a été conquise par les dessins animés japonais. Elle a aimé leur graphisme simplifié, très énergique, inventif, quand le milieu scolaire enseignait d’autres formes. De là, lui sont venues une culture «plus télévisuelle qu’autre chose», une attirance pour le Japon et une admiration pour des auteurs tels que Hayao Miyazaki. Plus tard, après les Arts décoratifs de Strasbourg et une spécialisation en animation, Marie Caillou a exploré, seule, ordinateur et logiciels (Illustrator et Flash) pour créer des univers volontairement inquiétants. Ses personnages, poupons r o n d s , mi-humains, mia n i m a u x , clones vectoriels et lisses, n’ont de candide que l’apparence. «Il faut que les aplats de c o u l e u r soient extrêmement propres, insiste-t-elle. Mon travail est de l’ordre du logo, je ne suis pas dans la recherche picturale.» Et pour, toujours, contredire l’usage, la jeune dessinatrice applique son art au cinéma d’animation, à l’illust r a t i o n de presse (Le
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    Monde, Elle, etc.), à la publicité, à la mode, aux objets... sans frontières, ni états d’âme. «Le dessin est un médium qui génère des formes diverses et variées. Je ne vois pas de différence entre la publicité et un film d’animation. Je mets dans chaque travail, quel que soit le support, une énergie équivalente.» En France, Marie Caillou, dont le talent a été repéré par la maison de production Prima Linea, a dessiné Marika et le loup, court-métrage et partie du programme d’animation – désormais fameux – Loulou et autres loups (2003). Elle renouvelle sa collaboration avec l’entreprise installée à Angoulême pour La Peur du Noir, film dont la sortie est prévue en 2006. Sur un scénario de Romain Slocombe, artiste pluriel, lui aussi fasciné par le Japon et auteur de photographies bondage, Marie Caillou a d’abord crayonné personnages, décors et storyboard. Plaisir retrouvé «indispensable», reconnaît-elle, du dessin à la main avant de s’en remettre à l’ordinateur. Au Japon, où elle a commencé à travailler en 1999, la jeune femme bénéficie depuis longtemps déjà d’une belle reconnaissance. Après des campagnes publicitaires (Nescafé ou Sony creative products), et des illustrations pour magazines (Casa Brutus), Marie Caillou vient de créer des motifs pour une prestigieuse marque de kimonos. Expérience réjouissante et paradoxale : ses dessins d’une minutie numérique, inspirés de l’art nouveau, ont été reproduits à la main sur la plus sensuelle des soies. Après une première bande dessinée en huit planches, parue dans Bang en 2004, Marie Caillou parle prudemment d’une «histoire longue en gestation, d’une chose un peu plus construite». Et comme pour cont r e b a l a n c e r sa préférence première pour l’image écranique et virtuelle, elle ajoute : «Sur un support que l’on puisse regarder plus tard.» ■
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    ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 70 ■
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