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Histoire

Histoire – Articles/brèves :

Les petites villes du Haut-Poitou font l’objet d’un ouvrage dirigé par Luc Bourgeois, maître de conférence en archéologie médiévale à l’Université de Poitiers. Par Jean-Luc Terradillos ;

Alain-Quella Villéger à propos de René Caillié ; Christian Richard ; « Châtellerault sous l’occupation » de Marie-Claude Aubert ;

André Benoist publie un livre sur l’histoire de la paysannerie du sud Deux-Sèvres. Par Elisa Artigue-Cazcarra, photo : Franck Gérard.

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    histoire
    Petites villes du Haut-Poitou n g l e s - s u r - l ’ A n g l i n , ArgentonChâteau, Charroux, Melle, Parthenay et Rom font l’objet d’une monographie synthétique dans le deuxième volume de l’ouvrage dirigé par Luc Bourgeois, maître de conférences d’archéologie médiévale à l’Université de Poitiers : Les Petites Villes du Haut-Poitou de l’Antiquité au Moyen Age. Formes et monuments. Le premier volume, paru en 2000, était consacré à Bressuire, Briouxsur-Boutonne, Loudun, Montmorillon, Saint-Savin et Thouars. Ce travail est issu d’un projet collectif de recherche réalisé au CESCM (1997-2002) avec le
    A
    Le château de Bressuire dominant la vallée du Dolo.
    soutien de la Région, des départements de la Vienne et des Deux-Sèvres. Chaque monographie, illustrée de plans, photos et documents, confronte les résultats de l’archéologie, de l’histoire de l’architecture et de l’analyse des sources écrites et graphiques. Les douze sites présentés fournissent un échantillon représentatif de formes urbaines reconnues dans le Centre-Ouest de la France depuis la fin de l’Antiquité. Edité par l’Association des publications chauvinoises (BP 64, 86300 Chauvigny), 176 p., 22 € (35 € les deux volumes). www.musees.chauvigny@alienor.org
    LITTÉRATURE ET HISTOIRE COLONIALE Grâce à des documents inédits, Alain Quella-Villéger éclaire les péripéties du retour de René Caillié, après sa découverte de Tombouctou, de Rabat à Toulon via Tanger en 1828. L’auteur de René Caillié. Une vie pour Tombouctou (éd. Atlantique, 1999) en fait le récit dans Littérature et histoire coloniale, actes du colloque tenu à Nantes en 2003 édités par Les Indes savantes (374 p., 35 €). Jacques Weber, qui a dirigé l’ouvrage, y publie une étude approfondie sur «La littérature, une source d’histoire coloniale (1889-1940)». Yvan Daniel, de l’Université de La Rochelle, signe un article sur «La vision impériale au risque du désir : l’exemple de l’Indochine littéraire érotisée», de Victor Segalen à Marguerite Duras.
    CLERGÉ RÉSISTANT En 1940, l’évêque de Poitiers était pétainiste. Pourtant des curés ont décidé de résister et la plupart l’ont payé de leur vie, tel l’abbé Bonnin, curé de Smarves et membre du réseau Renard, mort à Nordhausen le 4 avril 1945. L’actuel curé de Smarves, Jérôme de la Roulière, lui consacre une monographie de 60 pages : Le Clergé poitevin face à la barbarie nazie. Il évoque également le parcours de douze autres religieux résistants. L’ouvrage est préfacé par Mgr Rouet et Pierre Joulain, et suivi des contributions des historiens Jean-Henri Calmon et Eric Alary.
    Jean-Luc Terradillos
    Châtellerault sous l’Occupation
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    e livre de Marie-Claude Albert, p r o f e s s e u r d’histoire au lycée Marcelin-Berthelot de Châtellerault, est salué par Eric Alary, historien spécialiste de la ligne de démarcation et de l’Occupation, qui écrit dans sa préface : «L’enquête historique présentée dans ces pages offre un observatoire privilégié de l’histoire d’une partie des Français qui vécurent dans une ville proche de la ligne de démarcation. Elle offre aussi un panorama de tous les aspect de l’Occupation.» Marie-Claude Albert, qui prépare actuellement une thèse d’histoire contempo-
    r a i n e sous la direction de Danièle Voldman, a mené une enquête minutieuse tant dans les archives publiques et privées qu’auprès de témoins. De sorte que dans Châtellerault sous l’Occupation, on suit l’évolution des autorités locales et de l’opinion et l’on découvre quantité de destins individuels. Le livre e s t dédié «aux Châtelleraudaises et Châtelleraudais qui ont mis leur vie au service de la liberté, et à leurs familles», et les droits d’auteur seront versés à la délégation locale des Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation. Geste éditions, 358 p., 25 €
    LA GUERRE AÉRIENNE DANS LA VIENNE Christian Richard est un archéologue passionné par l’aviation et par la Seconde Guerre mondiale. Il a récolté des centaines de documents et témoignages de résistants, d’aviateurs, de parachutistes et de sauveteurs pour raconter l’histoire de la guerre aérienne dans la Vienne entre 1939 et 1945. Geste éditions, 348 p., 26 €
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    ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 72 ■
    histoire
    Une histoire de la paysannerie du sud Deux-Sèvres S pécialiste du protestantisme dans le Poitou, André Benoist a voulu situer cette religion dans son cadre géographique pour en saisir les différentes évolutions au cours des siècles. Son étude, centrée sur le secteur alors très rural de La Crèche et ses alentours, vise à montrer les interactions entre la façon de vivre des paysans et la pratique du protestantisme du XVIIe au XIXe siècle. A partir d’un fonds documentaire considérable, André Benoist nous plonge dans le quotidien des principaux personnages de la paysannerie : le simple valet de ferme, qui se loue aussi cher pour les trois mois d’été que pour le reste de l’année ; le riche métayer, éleveur de mules ; et le journalier agricole, changeant de maître d’un jour à l’autre. «On trouve à Niort une manne unique en France, souligne André Benoist. Grâce aux fonds de l’élection et du siège royal de Saint-Maixent sauvé d’un incendie qui emporta en 1805 la majorité des documents de l’Ancien Régime, nous disposons de la plupart des dossiers fiscaux de l’époque. Une véritable mine d’or pour la recherche historique.» Ainsi, les rôles de taille fournissent des renseignements d’une précision inespérée : «La superficie cultivée par chacun, le nombre de ses bestiaux ou encore la nature de ses activités agricoles y sont consignés.» On peut y suivre, année après année, tous les chefs de famille des soixante paroisses étudiées, reconstituer, village par village, les variations démographiques, classer la population selon les critères de privilège et de roture, de niveau de vie, de profession, de statut social, etc. Autant d’informations qui permettent à André Benoist de refaire vivre une partie des DeuxSèvres jusque-là peu connue. Cette région, qui s’étend entre Niort, Saint-Maixent et Melle est constituée de plaines. Les élevages y sont rares. On y cultive principalement du blé et de l’orge selon un système de jachère triennale : une année de blé, une année de baillarge (ou orge de printemps) et une année de jachère. Cette obligation coutumière remonte au Moyen Age. Contraignante pour une part, elle oblige les paysans à semer les mêmes céréales. «Cette organisation collective de l’agriculture a aussi des avantages. Elle permet aux chèvres des miséreux de survivre, par exemple. Ainsi, avec la vaine pâture qui ne délimite pas les champs, les troupeaux se promènent librement entre les exploitations», raconte André Benoist. Très vite, la production de blé froment dépasse les besoins locaux. Dès le XVIe siècle, les minots du Poitou (farine de froment) sont exportés vers le Portugal et les Antilles. Pour André Benoist, cette production illustre parfaitement la manière dont le sud Deux-Sèvres s’émancipe et s’enrichit : «Ce bassin protestant a su s’adapter et créer de la richesse. Avec l’abolition des droits seigneuriaux en 1789, s’ouvre un nouvel avenir pour l’agriculture. Les protestants sauront en tirer profit. Sous l’Empire, c’est cette paysannerie sûre d’elle-même qui prendra en mains la destinée des communes rurales de la plaine et y développera l’idée de progrès.» Elisa Artigue-Cazcarra Paysans du sud Deux-Sèvres, XVIIe-XVIIIe siècles. La terre, les traditions, les hommes, Geste éditions, 2005, 360 p., 25 € A paraître : Paysans du sud DeuxSèvres, XIXe siècle. L’esprit de progrès.
    Photographie de Franck Gérard : Economie de marché, paysage de production : La Couarde, la Bertaudière, Deux-Sèvres, avril 2005
    GESTE ÉDITIONS Dans la collection «Témoignages» : Ceux des écarts de Gérard François Gréard (142 p., 16 €). Des jours se sont passés. Journal de deux STO de Suzanne Bontems (168 p., 22 €). Le bonjour d’Alfred d’Yves Barou (176 p., 20 €). Dans la collection «Villes et rivages» : La Rochelle entre tours et détours de Mickaël Augeron et Christophe Gauriaud (156 p., 30 €). Se souvenir de Saint-Martin-de-Ré d’André Diétrich (250 photos et cartes postales anciennes inédites, 160 p., 37 €). Se souvenir de La Crèche d’Annie Marchais et Bernard Haury (128 p., 25 €). Trois guides bien documentés et illustrés qui proposent des balades pour découvrir le Pays mellois, le Marais poitevin et le protestantisme charentais. ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 72 ■ 9


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