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Trésors des collections ethnographiques

Trésors des collections ethnographiques. En parallèle au chantier de rénovation des bâtiments du muséum d’histoire naturelle de La Rochelle, l’anthropologue rochelaise Elise Patole oeuvre à améliorer les connaissances sur les collections ethnographiques et à rendre leurs richesses accessibles au public.

Par Mireille Tabare. Photos : Marc Deneyer.

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    Trésors des collections ethnographiques « M En parallèle au chantier de rénovation des bâtiments du muséum d’histoire naturelle de La Rochelle, l’anthropologue rochelaise Elise Patole œuvre à améliorer les connaissances sur les collections ethnographiques et à rendre leurs richesses accessibles au public Par Mireille Tabare
    Marc Deneyer
    on travail a consisté d’abord à poursuivre l’étude déjà engagée par mes prédécesseurs pour reconstituer l’histoire du fonds ethnographique, explique Elise Patole, responsable des collections ethnographiques et archéologiques au muséum d’histoire naturelle de La Rochelle, à mener des recherches au travers des archives pour savoir exactement à quelle époque et dans quelles conditions les collections ont été acquises.» La création de la section ethnographique revient à Etienne Loppé, conservateur du muséum entre 1919 et 1954. Avant son arrivée, le musée ne possédait que quelques dizaines de pièces. Pour récupérer des objets anciens,
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    muséum Etienne Loppé a d’abord prospecté au niveau régional, auprès des sociétés savantes ou de personnes susceptibles de détenir des pièces intéressantes, notamment les familles de chirurgiens de marine ou d’administrateurs rochefortais partis au XVIIIe siècle vers les colonies. Puis il a élargi ses recherches et obtenu, en 1923, un important dépôt (500 éléments) en provenance de l’ancien musée naval du Louvre. Tout au long de son mandat de conservateur, ce médecin cultivé a enrichi le fonds d’objets nouveaux grâce à son réseau d’amis – médecins, antiquaires, naturalistes – et à ses liens avec les coloniaux rochelais. A son décès, il avait ainsi collecté plus de 5 000 pièces. «Je me suis attachée également à comprendre les motivations qui ont poussé ce conservateur d’un muséum d’histoire naturelle à créer une section d’ethnographie. Etienne Loppé était d’abord très influencé par les théories des préhistoriens parisiens de l’époque s’interrogeant sur l’origine de l’homme, selon lesquelles les populations africaines, océaniennes et américaines représentaient des “fossiles vivants” pouvant nous renseigner sur le passé des Européens. Il était animé en même temps du souci d’informer le public sur les richesses et la diversité des colonies, son but étant, selon ses propres mots, de constituer “une collection ethnographique et coloniale”. Avec le temps, il a évolué vers une vision plus esthétique des collections.» C’est ainsi, par goût des belles pièces, des objets énigmatiques, qu’il a acquis un masque de Papouasie-Nouvelle-Guinée ayant appartenu à André Breton, et qu’il a constitué une collection océanienne véritablement atypique, encore considérée aujourd’hui comme l’une des plus belles des musées de province. Il s’est également intéressé à l’Amérique du Sud, dont il a réuni un ensemble de pièces de grande qualité. Sans être aussi exceptionnelle, la collection africaine offre l’intérêt de refléter davantage l’histoire du passé colonial local : la plupart des pièces réunies au musée ont en effet été rapportées des colonies françaises d’Afrique par des militaires ou des missionnaires rochelais.
    Collier Jivaro, Equateur-Pérou (groupe Achuar, Shuar ou Shiwiar, haute Amazonie, fin XIXe-début XXe).
    Collection du muséum d’histoire naturelle de La Rochelle. Coquillages, élytres de coléoptères, bec de toucan. Don de Stephen Chauvet. Parure sans doute portée par un chamane en raison de la présence du bec de toucan. Coiffe des Indiens Marepisanos, Amazonie brésilienne. Ecorce, fibres végétales, plumes d’ailes d’ara Araruana. Collecté par le docteur Munerati entre 1857 et 1860. Acquise par le muséum en 1935 (échange avec le MHN de Marseille).
    Muséum d’histoire naturelle de La Rochelle
    Masque de phacochère, population Piaroa, Venezuela. Coton, écorce battue, fibres végétales. Collections du Page de gauche : Collier royal d’Hawaï (XIXe). Cheveux humains, ivoire de cachalot, fibres végétales. Coll. du docteur Etienne Loppé. Achat de la ville de La Rochelle en 1956. muséum d’histoire naturelle de La Rochelle (2005.22.12). Ce masque est utilisé lors du rituel annuel du Warime. Au cours des danses, les masques évoquent les esprits mythiques. Marc Deneyer
    Acquisition en 2005.
    Marc Deneyer
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    Elise Patole est également chargée de cours en anthropologie à l’Université de La Rochelle. Elle mène par ailleurs des recherches sur les techniques de pierre taillée préhistorique en Asie du Sud-Est.
    «Il est intéressant aussi de voir que les méthodes de collecte dans les pays d’origine sont très variées et dépendent du collecteur.» Il y a, par exemple, le collectionneur amateur – tel le baron de Chassiron – qui achète des pièces sur un coup de cœur au bazar de la ville, le militaire qui s’approprie des objets à l’occasion d’un conflit armé, le missionnaire, plus intégré dans la vie locale, qui se procure des pièces dans les villages auprès des populations indigènes, ou encore l’administrateur colonial ou le commerçant qui profitent de la présence militaire pour récupérer des objets, ou qui les font fabriquer localement sur commande. A partir des années 1920, s’organisent les premières véritables expéditions de collecte ethnographique conduites par des spécialistes, qui recueillent de manière systématique objets et informations sur le terrain, au contact direct avec les populations. Elise Patole réalise également un travail documentaire sur les pièces elles-mêmes, en collaboration avec des spécialistes et chercheurs du CNRS. «Nous effectuons des datations, des études de matériaux, nous rassemblons un maximum d’informations sur les objets, le but étant de pouvoir à terme les intégrer dans les expositions, permanente ou temporaires, du muséum. Muséum d’histoire naturelle de La Rochelle
    Dans le nouveau projet, l’ethnographie est conçue comme un moyen de mettre en regard, au travers d’obj e t s , des pratiques passées et actuelles, d’ici et d’ailleurs, et d’interroger le public sur des thématiques sociales et culturelles contemporaines. On pourra par exemple utiliser l’engouement actuel pour les musiques et danses africaines pour faire découvrir au public – au travers d’expositions, de concerts, de spectacles – la diversité des instruments de musique dans les différentes régions d’Afrique. On pourrait, de même, susciter un débat autour de la pratique corporelle du tatouage – utilisé en Occident comme marque de singularité – en remontant à ses origines, chez les populations polynésiennes, où il était au contraire considéré comme un signe d’intégration sociale. L’idée, c’est de faire du musée plus qu’un lieu de conservation, à la fois un pôle éducatif et un acteur à part entière de la vie sociale et politique rochelaise.» ■
    Nkisi nkonde, population Sundi du Mayombe, Congo. Bois, fer, pigments naturels. Collecte du médecin de marine Louis Bizardel entre 1880 et 1890 (H 2729). Acquisition en 1957. Le nkonde (ou
    Masque tatanua, , populations Tigak, Notsi et voisines, province de Nouvelle-Irlande, Papouasie-NouvelleGuinée. Bois, pigments naturels, fibres naturelles, opercule de turbot. Collecte de l’ethnologue Alfred Bühler, 1931-1932. Collections du muséum d’histoire naturelle de La Rochelle (H 24 36). Dans le nord-ouest de la NouvelleIrlande existe un cycle rituel appelé
    nkondi) est une figurine présentant des lames de fer et/ ou des clous qui matérialisent le serment ou l’accord trouvé entre deux parties en conflits.
    Malanggan. Il s’agit d’une série de cérémonies comprenant les funérailles d’hommes importants et la célébration d’adolescents nouvellement initiés. Cette cérémonie donne lieu à d’importantes productions matérielles qui seront jetées à la fin des festivités. Les tatanua font partie des masques portés par les initiés et qui sont autorisés à danser.
    Muséum d’histoire naturelle de La Rochelle
    Reliquaire, population Tsogho, Gabon. Os, bois, métal, corne, peau. Collections du muséum d’histoire naturelle de La Rochelle (H 1030). Acquisition en 1944. L’ancêtre est une sorte de lien entre les vivants et le monde de l’au-delà et il est garant de l’ordre social. Chaque individu se positionne donc en fonction des ancêtres du clan.
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    Muséum d’histoire naturelle de La Rochelle


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