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Culture – Relecture intégrale d’ Ernest Pérochon. Avec Eric Kocher-Marboeuf, maître de conférences d’histoire contemporaine à l’Université de Poitiers et président des Amis d’Ernest Pérochon. Par Jean-Luc Terradillos ;

Pierre Loti n’est plus incompris. Par Jean-Luc Terradillos, photo issue de la collection Pierre-Loti à Rochefort ; Exposition d’Alain Fleg ;

Simenon et la côte Atlantique. Patrick Métais à choisi pour son premier film de se pencher sur Simenon. Par Camille Lecoq ; Jacques Villeglé.

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    culture
    Relecture intégrale d’Ernest Pérochon este éditions a entrepris de publier les œuvres complètes d’Ernest Pérochon (1885-1942), auteur dont les romans furent autant de mines pour les dictées jusque dans les années 1970. Le premier tome réunit quatre romans qui illustrent l’évolution de la condition fémi-
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    nine dans le milieu rural depuis la fin du siècle : Babette et ses frères (1939), L e s Gardiennes (1924), Le Crime étrange de Lise Balzan (1929), MarieRose Méchain (1931). Ce volume est préfacé Eric Kocher-Marboeuf, maître de conférences d’histoire contemporaine à l’Université de Poitiers et président des Amis d’Ernest Pérochon. Il a recensé dix-huit romans, deux recueils de poésie, un essai et sept romans scolaires. L’intégrale, hors romans scolaires, sera publiée en quatre tomes au rythme d’un par an. Ernest Pérochon, né à Courlay dans les D e u x - S è v r e s , est un peu oublié aujourd’hui. Pourtant cet instituteur a connu le succès littéraire avec des histoires ancrées dans le terroir et les réalités sociales. Son premier roman, Les Creux de maison (1913), a d’abord paru en feuilleton dans L’Humanité et le second, Nêne, a obtenu le prix Goncourt en 1920. «Dans les années 1920 et 1930, note Eric Kocher-Marboeuf, les tirages d’Ernest Pérochon atteignent plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires et donnent lieu à une diffusion nationale puis internatioXIXe
    nale comme en témoignent les traductions étrangères des titres les plus célèbres. Nêne va même être adapté au cinéma par Jacques de Baroncelli en 1923.» Hussard noir de la République, ancré à gauche, Ernest Pérochon refuse d’être assimilé aux écrivains ruralistes qui plaisaient tant au régime pétainiste. Il se garde de répondre aux sollicitations de la propagande de Vichy mais, en 1942, il est convoqué et menacé par le préfet des Deux-Sèvres. Choqué, l’écrivain rentre chez lui. De santé fragile, il meurt quinze jours plus tard d’un infarctus. Il est enterré en catimini. Le préfet vichyste ne sera jamais inquiété… J.-L. T. Œuvres complètes tome 1, d’Ernest Pérochon, Geste éditions, 552 p., 29 €
    GESTE ÉDITIONS Collection «Histoire» : Le plan bleu. 1947, un complot contre la République de Jean-Marie Augustin (320 p., 22 €). Alphonse de Poitiers de Robert Ducluzeau (240 p., 20 €). Collection «Images du patrimoine» : Celles-sur-Belle et son canton d’Aurélie CravalléeLiège (80 p., 18 €). Melle Deux-Sèvres de Pascale Moisdon-Pouvreau (88 p., 18 €). Collection «Villes et rivages» : Royan les saisons d’une cité de Thierry Sauzeau et Michel Garnier (124 p., 29 €). Melle et le pays mellois de JeanPierre Andrault et Christian Desaivres (174 p., 30 €). Niort portrait de ville de JeanPierre Andrault et Christophe Gauriaud (174 p., 30 €). Angoulême la ville belvédère de Nathalie Guillaumin et Michel Garnier (124 p., 30 €). Collection «Biographie» : Emile Combes. Itinéraire politique d’un républicain charentais d’Olivier Ginestet (poche, 224 p., 10 €). Collection «Archives de vie» : Monseigneur Augouard. Un Poitevin roi du Congo de Maurice Mathieu (294 p., 23 €).
    SCULPTURES GOTHIQUES DE CHARROUX L’abbaye Saint-Sauveur de Charroux fut un haut lieu de la chrétienté au Moyen Age. C’est là qu’eut lieu le premier concile de la paix de Dieu en 989. Ruinée dès le XVIIIe siècle, l’ancienne abbatiale se distingue aujourd’hui grâce à sa tour octogonale. Les sculptures du XIIIe siècle conservées dans la salle capitulaire sont moins connues et pourtant elles sont dignes des plus grands ateliers. Marie-Thérèse Camus, historienne de l’art, note que les sculpteurs ont insufflé de la vie à chaque personnage et qu’ils connaissaient certainement les chantiers de Notre-Dame et de la Sainte-Chapelle à Paris, des cathédrales d’Amiens, Bourges et Reims. Jean-François Amelot a pris le temps de les photographier. Il a trouvé la lumière qui rend manifeste la beauté et l’humanité dégagées par ces visages. Geste éditions, 72 p., 25 € 10
    EGLISES ROMANES D’ANGOUMOIS Marie-Thérèse Camus a préfacé l’ouvrage de Sylvie Ternet issu de sa thèse de doctorat sur la construction romane en Angoumois, soutenue à l’Université de Poitiers, soit une dizaine d’années de travail. Les éditions du Croît vif publient ce travail en deux volumes : Bâtisseurs et modes de construction en Angoumois roman et Soixante-quinze églises de l’Angoumois roman, ce qui représente au total 640 pages, illustrées de 358 photos, 114 plans et 11 cartes (45 € les 2 tomes). Une somme qui fera référence pendant quelque temps.
    POITIERS IL Y A 100 ANS Daniel Clauzier raconte la ville sans chauvinisme en commentant 450 cartes postales du fonds Gérard Simmat. Ed. Patrimoines & médias, 224 p., 39,50 €
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    11/01/2007, 09:05
    culture
    Pierre Loti n’est plus incompris L orsqu’en 1986 Alain Quella-Villéger publia sa première biographie de Pierre Loti il n’imaginait sans doute pas que vingt ans plus tard l’écrivain pour dictées de grand-mères connaîtrait un regain de jeunesse. D’ailleurs il avait intitulé cette biographie Pierre Loti l’incompris. Le titre de la nouvelle biographie publiée en 2005, considérablement augmentée, atteste du chemin parcouru : Pierre Loti, le pèlerin de la planète (éd. Aubéron). Il faut bien ce temps pour mener sérieusement des recherches. Dans le cas de l’écrivain rochefortais, il y avait tant à découvrir : récits de voyages, reportages, journal intime inédit, correspondance, photographies… et ce culte du corps, ce goût du travestissement et de la mise en scène qui font de Pierre Loti – du moins aux yeux d’artistes contemporains – un performer avant la lettre. Donc depuis une vingtaine d’années, l’image de Pierre Loti a changé ; elle est devenue plus complexe, plus étoffée, plus séduisante. Il attire de nouveaux lecteurs, ce qui encourage la recherche et incite les éditeurs à reconsidérer l’œuvre. Ainsi, au moment où le musée de la Vie romantique à Paris présentait «Pierre Loti. Fantômes d’Orient» (été 2006), les Indes savantes publiaient le premier volume du Journal de Loti, édition établie, présentée et annotée par Alain Quella-Villéger et Bruno Vercier. Soit 650 pages où l’on voit le jeune aspirant de marine Julien Viaud découvrir le plaisir de noter sur le vif ce qu’il voit. C’est capital car le Journal est la matrice de son œuvre. Julien Viaud est en train de devenir l’écri-
    Pierre Loti à Persépolis, 1903. Coll. Maison Pierre-Loti à Rochefort.
    vain Pierre Loti qui publiera son premier roman, Aziyadé, en 1879. S o n dernier livre, Suprêmes visions d’Orient (1923), vient d’être réédité par Bleu autour. Dans la préface, Alain QuellaVilléger évoque la turcophilie militante de Loti, qui s’en prend aux Grecs, aux Bulgares, aux Arméniens, en prenant soin de préciser : «L’étude historique et l’esprit critique n’autorisent ni le silence ni la censure posthumes : il n’eût naturellement pas été concevable d’amputer le présent volume de ces textes peu amènes. Au lecteur de juger Loti dans ses amitiés comme dans ses inimitiés.» En 1985, Alain Quella-Villéger donnait à voir «Pierre Loti photographe» au musée Sainte-Croix de Poitiers et ouvrait la voie à de nouvelles recherches. Son complice Bruno Vercier vient de livrer chez Monum Les Orients de Pierre Loti, où sont reproduites les photos prises par l’écrivain (en Afrique du Nord, au Proche-Orient, en Turquie, en Perse, en Inde et jusqu’au Japon), mais aussi celles qu’il achetait a u x ateliers locaux (Bonfils, Beato, Zangaki…). Ou comment l’image construit un imaginaire exotique. Autant de lectures introductives à la visite de la pièce majeure de l’œuvre de Loti : sa maison-musée à Rochefort. J.-L. T. Journal 1868-1878 de Pierre Loti, Les Indes savantes, 650 p., 39 € Suprêmes visions d’Orient de Pierre Loti, Bleu autour, 260 p., 16 € Pierre Loti. Fantômes d’Orient, ParisMusée, 174 p., 30 € Les Orients de Pierre Loti de Bruno Vercier, Monum éditions du patrimoine, 252 p., 260 ph., 42 €
    L’AVENTURE ORIENTALE Alain Fleig, plasticien et historien de la photographie, a réuni plus de 200 tirages originaux des grands ateliers photographiques du Proche-Orient et du Maghreb (18601914) pour l’exposition visible à Royan (Voûtes du port) jusqu’au 21 janvier. L’Aventure orientale est aussi le titre du livre remarquable publié à cette occasion (éd. D’une certaine manière , 96 p., 19 €). Hippolyte Arnoux, Reine de Somalie, 1875.
    ARTAUD CORPUS FRAGMENTS L’univers d’Artaud est le fil rouge d’une expérimentation musicale et visuelle, entre concert et performance, avec Pierre Jodlowski (musique électronique), Sébastien Lespinasse (poésie sonore), Jacky Mérit (spatialisation). Leurs matériaux : Fragments pour Artaud de Pierre Henry et Pour en finir avec le jugement de Dieu. Une production de l’ECM pour le planétarium de l’Espace Mendès France le 17 février à 21h.
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    culture
    Simenon et la côte Atlantique C ’est en découvrant les articles de Paul Mercier publiés dans L’Actualité Poitou-Charentes (n° 53 et 60) que l’idée de réaliser un documentaire sur Georges Simenon est venue à l’esprit de Patrick Métais. Pour son premier film dans notre région, ce Rochelais a choisi de se pencher sur l’écrivain dans ses années charentaises. Plutôt qu’une simple biographie, Patrick Métais a préféré mêler fiction et
    documentaire. C’est ainsi que, sur les traces de Simenon, il est parti avec une équipe de France 3 en quête d’images et de témoignages à travers la Charente-Maritime tout au long du mois de septembre 2006. De Nieul-sur-Mer à Marsilly, Simenon a vécu ponctuellement entre 1927 et 1945 dans la région, s’inspirant des lieux atypiques pour le déroulement des «histoires dures» d’une trentaine de ses
    romans et nouvelles. Patrick Métais a adapté quelques passages de plusieurs récits dont Le Flair du petit Docteur, Le Haut Mal, Le Coup de Vague et Vente à la bougie avec l’autorisation du fils de l’auteur, John Simenon, qui est venu rendre visite à l’équipe de tournage. Les acteurs locaux font bien souvent partie intégrante du paysage, comme Marcel Martin, habitant de Marsilly et boucholeur retraité, qui a guidé la caméra sous l’œil attentif du réalisateur dans les endroits fréquentés par Simenon. Les personnages fictionnels du romancier sont juxtaposés aux habitants, ainsi les acteurs (Florence Berlioz, Marcel Kanche, Jean Trutet, Camille Lecoq, etc.) ont-ils interprété, dans un contexte réel, des héros enchevêtrés dans des histoires simenoniennes. A travers les souvenirs d’enfance et les rêveries de Marcel Martin, le spectateur est amené à découvrir l’œuvre charentaise de Simenon dans ce documentaire. Coproduit par Cinérgie Productions (basée à Nantes et SaintMalo) et France 3, le film Georges Simenon et la côte Atlantique sera diffusé en mars 2007 sur France 3 Limousin Poitou-Charentes. C. L.
    EXPOSITIONS Espace Art contemporain, La Rochelle : «La cantine populaire» d’Elodie Carré et Pascal Sémur, jusqu’au 10 février ; expérimentation de l’objet «bol mou» le vendredi après-midi. Carré Amelot, La Rochelle : «Paysages du Japon» de Michaël Kenna, jusqu’au 24 février ; «Hiatus chilien» de Daniel Nouraud, du 17 mars au 14 avril. D’autres photographes dans la galerie d’essai : Céline Jarret du 25 janvier au 24 février, Maud Torrent du 8 au 31 mars, Raymond Aussant du 4 avril au 5 mai. Rur’art, Venours : «Le jardin des délices» de Slimane Raïs, jusqu’au 31 janvier. Musée de Cognac : «Le musée d’Emile André» par Sylvain Mellot, jusqu’au 7 mai. Médiathèque de Rochefort : «Psychédélisme 1965-1973» jusqu’au 4 mars. 12
    Flash, Université de La Rochelle : photographies de Benjamin Caillaud à partir de la mi-mars. Galerie Louise-Michel, Poitiers : peintures de Bernard Decourchelle à partir de la mi-mars.
    JAROSLAW FLICINSKI L’école d’arts plastiques de Châtellerault a commandé un mur peint à Jaroslaw Flicinski, artiste polonais né en 1965 à Gdansk, où il vit et travaille. Sa peinture géométrique, aux vibrations chromatiques et rythmiques très marquées, modifie notre perception de l’espace. L’école propose deux expositions ce trimestre : «Mutations des ailes», poèmes d’Adonis et peintures de José Maria Sicilia, du 11 janvier au 7 février ; «Colors, couleurs…», avec des œuvres de douze artistes (Blais, Flicinski, Förg, Mosset, Rousselot…). 05 49 93 03 12
    Jaroslaw Flicinski
    JACQUES VILLEGLÉ Pour la nouvelle médiathèque d’Availles-en-Châtellerault, Jacques Villeglé a créé une œuvre en écriture sociopolitique où il reprend des phrases de Descartes, La Fontaine, Maurice Bedel, Michel Foucault, Alberto Manguel, Denis Montebello et François Bon.
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