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Lycée Kyoto

Lycée Kyoto – François Gillard : un défi stimulant. Entretien avec l’un des architectes du lycée Kyoto, réalisé par Anh-Gaëlle Truong. Croquis de François Gillard ;

Objectif zéro énergie fossile. Les solutions adoptées par les architectes du lycée Kyoto. Par Anh-Gaëlle Truong.

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    lycée Kyoto
    Entretien Anh-Gaëlle Truong
    François Gillard : un défi stimulant L’Actualité. – Ces nouvelles priorités environnementales ne freinent-elles pas la créativité de l’architecte ? Quelles règles guident votre crayon quand vous t r a v a i l l e z sur un projet ? Vous inscrivez-vous dans une école d’architectes ?
    J’imagine que chaque architecte peut voir ce travail différemment. Pour moi, c’est un défi stimulant. D’autant plus stimulant que notre époque est confrontée à des questions cruciales sur lesquelles les architectes peuvent avoir leur part de réponses et de responsabilité. La recherche de solutions environnementales adéquates passe par des interrogations sur l’usage des lieux, leur occupation dans le temps, le comportement des habitants, le site du projet, les dimensions paysagère (physique et symbolique) du lieu, etc. La complexité des situations et toutes ces interrogations font partie intégrante du travail architectural et de la justesse de la réponse. Ce n’est donc pas pour moi un frein à la créativité, au contraire... F r a n ç o i s Gillard. – Exigent-elles de votre part des formations complémentaires ?
    Je résumerais ma démarche par l’attention que je porte au contexte physique, temporel et humain du projet : la siuation. Un bâtiment doit entretenir un dialogue voire même une relation de politesse empreinte de respect avec le paysage qui l’entoure, avec l’époque dans laquelle il est construit, avec les hommes qui vont l’utiliser. Et, c’est après avoir accordé de l’attention à toutes ces données et après les avoir analysées que nous pouvons seulement penser à ce que nous pouvons apporter. Pour cette raison, je pense que les architectes repartent chaque fois de zéro. Je ne veux pas construire un objet tourné sur lui-même, coupé de son contexte. De fait, je me méfie des écoles mais aussi des discours mettant en avant le génie créateur d’un seul homme. L’objet n’est pas de mettre un ego en avant mais d’intervenir, en équipe, plus ou moins justement dans un contexte.
    Croquis de François Gillard.
    Il faut quitter l’image de l’architecte démiurge qui conçoit tout seul les projets. A chaque projet collabore toute une équipe qui va du client à l’architecte en passant par les usagers, les programmistes, les bureaux d’études, les paysagistes, les spécialistes consultants, etc. En terme de développement durable nous nous forgeons une expérience en consultant et en travaillant avec des bureaux d’études spécialistes sur chaque projet. Pour le lycée Kyoto nous avons, par exemple, bénéficié de retours d’expériences mesurées in situ avec des bâtiments performants construits en Suisse.
    La SCAU (société de conception d’architecture et d’urbanisme) a été créée en 1971 par Guy Autran, Thierry Grüber, Michel Macary, Xavier Menu et Eric Zubléna alors que la plupart des architectes de cette époque choisissaient d’exercer sous le statut de profession libérale. Depuis, des associés se sont ajoutés au quartet de départ : François Gillard, Bernard Cabannes et Luc Delamain, et l’agence emploie 88 personnes dont les trois quarts d’architectes. Aujourd’hui, la SCAU est un des plus gros cabinets d’Europe ayant, par exemple, conçu le stade de France (Michel Macary et Aymeric Zubléna ont travaillé avec CR Architecture) ou l’aile Richelieu du Louvre (Michel Macary a travaillé avec Jean-Michel Wilmotte et Ieoh Ming Pei).
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    ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 75 ■
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    10/01/2007, 10:05
    lycée Kyoto
    Objectif zéro énergie fossile Voici les solutions adoptées par les architectes du lycée Kyoto. OBTENIR UN BILAN ÉNERGÉTIQUE PERFORMANT RÉDUIRE LA CONSOMMATION D’ÉNERGIE
    Les murs, d’une quarantaine de centimètres d’épaisseur, sont isolés par l’extérieur avec du chanvre, puis des panneaux de fibre de bois et du béton. L ’ i s o l a t i o n extérieure supprime les ponts thermiques et favorise l’inertie thermique avec l’épaisseur des murs. En bref, il fait plus frais l’été et plus chaud l’hiver. Les vitrages, emplis de gaz isolants, sont traités pour ne pas laisser passer les infrarouges. La toiture végétalisée renforce encore l’inertie du bâtiment. Les protections solaires ou stores ont été placés en fonction de la course du soleil. Dans l’atrium, ils sont automatisés et mobiles.
    En multipliant les ouvertures pour l’apport de lumière naturelle. En utilisant des étagères à lumière (plaques réfléchissantes) pour un meilleur éclairage en fond de classe. En utilisant des ampoules basse consommation. En modulant et en automatisant l’allumage des éclairages artificiels en fonction de la présence d’élèves et de la lumière naturelle grâce à des détecteurs. En utilisant les courants d’air plutôt que la climatisation pour refroidir le bâtiment en été, la nuit. UTILISER LES ÉNERGIES RENOUVELABLES
    En utilisant les calories produites par les élèves pour réchauffer l’air arrivant de l’extérieur par un échangeur de chaleur à plaque servant à transférer la chaleur d’un fluide à un autre. En stockant des calories produites en été par l’incinérateur voisin dans la cuve de stockage intersaisonnier. Ensuite en utilisant la cogénération (production d’électricité et de chaleur) à l’huile végétale. Et, enfin, les capteurs solaires photovoltaïques produisent le reste des besoins en électricité.
    AUTRES SOLUTIONS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE Pour la gestion de l’eau : les eaux pluviales sont stockées dans des citernes et utilisées pour l’arrosage et les chasses d’eau. Pour contrôler les rejets, les toitures végétalisées servent de stockage d’orage. Les espaces plantés sont le moins imperméabilisés possible pour éviter la circulation de l’eau en surface et faciliter son transfert dans la terre. De fait, il y a le moins de voiries possible et les existantes sont placées en périphérie. Dans le choix des matériaux : l’utilisation du pvc a été proscrite car la fabrication de ce matériau puise dans les ressources pétrolières. De fait, les menuiseries sont en bois et les sols en linoléum. Dans la gestion des espaces de stationnement : la CAP construit un gymnase en l i m i t e de terrain avec des parkings dimensionnés pour des manifestations sportives en fin de journée. Ce parking sera donc mutualisé entre lycée et gymnase pour éviter de créer des places de parking complémentaires pour les lycéens, le personnel et les enseignants. «Autant d’espace gagné sur l’emprise délirante attribuée à la voiture en ville, autant d’espace végétalisé gagné...», note François Gillard. Les circuits vélos et transports en commun ne sont pas du ressort du projet mais ont été pris en compte dans la réflexion sur le stationnement des vélos et les déposes cars des élèves. «Une attention particulière a aussi été portée sur les cheminements des personnes à mobilité réduite dans l’ensemble du projet et ses abords, en s’assurant de la continuité des cheminements.» A.-G. T.
    PRIX D’ARCHITECTURE Le ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres a remis, mardi 12 décembre 2006, les prix décernés cette année par l’Académie internationale d’architecture à 12 architectes français et leurs équipes, parmi lesquels Guy Autran pour le lycée Kyoto de Poitiers (prix spécial de la maison d’édition Atlas Style). La plus haute distinction a été attribuée à l’architecte Paul Andreu. ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 75 ■ 31
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