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Campagnes et fermes gauloises

Age du fer – Campagnes et fermes gauloises. Les connaissances sur l’âge du fer, notamment sur l’habitat rural en Poitou-Charentes, ont bénéficié d’un enrichissement spectaculaire des données archéologiques. « Habitats et paysages ruraux » feront l’objet de la moitié des communications lors du colloque. Avec Patrick Maguer et Alain Duval, archéologues.

Par Anh-Gaëlle Truong, photo : Cédelle et Nibeaudeau.

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    âge du fer
    Les connaissances sur l’âge du Fer, notamment sur l’habitat rural en Poitou-Charentes, ont bénéficié d’un enrichissement spectaculaire des données archéologiques. «Habitats et paysages ruraux» feront l’objet de la moitié des communications lors du colloque Par Anh-Gaëlle Truong
    Campagnes et fermes gauloises « Amphore, terre cuite, fin de la Tène D1, vers 80/70 av. J.-C., Tesson (Charente-Maritime), Musée de la Société archéologique et historique de la Charente.
    epuis la création de l’Afan remplacée ensuite par l’Inrap, nous avons beaucoup travaillé sur des tracés d’autoroute, de voies de chemin de fer, sur des lotissements et des ZAC qui correspondent souvent à des habitats ruraux», explique l’archéologue Patrick Maguer, en ajoutant que «moins spectaculaire que la civilisation gallo-romaine et souvent réduite à d’indéchiffrables trous de poteaux, la civilisation gauloise est moins facile à “vendre”.» De fait, c’est l’implantation rurale qui est la mieux connue même si les dernières fouilles réalisées rue de la Marne et aux Hospitalières à Poitiers ont permis de confirmer l’étendue de l’occupation gauloise et son statut d’oppidum. Dans la région, la prospection aérienne a permis d’identifier un réseau très dense dont seule une minorité de sites ont été mis au jour. Parmi les plus prestigieux ou les plus récents, on peut citer la grotte d’Agris ayant livré le fameux casque en or, le sanctuaire de F a y e - l ’ A b b e s s e , le sanctuaire à épées de Muron, Mortagne-sur-Gironde, Vieux-Poitiers ou Pons. Dernièrement, à Migné-Auxances, aux Rochereaux, la fouille d’une ferme a livré un intéressant atelier de bronzier, spécialisé dans la réalisation de flans monétaires (monnaies sans figuration coulées par deux et reliées par des ergots). Au total 152 creusets pour la fusion de l’alliage cuivreux et 39 flans ont été mis au jour. A Angoulins sur le littoral, Patrick Maguer a dirigé la fouille d’une ferme qui avait, comme beaucoup d’autres sur la côte Atlantique, une activité salicole. Les boues des marais étaient collectées, cuites et filtrées pour récupérer des saumures qui étaient ensuite placées dans des bacs appelés augets pour être chauffées. Après la cuis-
    D
    son, les exploitants récupéraient un pain de sel. «Cette technique est d’ailleurs encore décrite dans l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert.» «Ces nouvelles données montrent que l’habitat rural explose au IIIe siècle avant Jésus Christ», constate Patrick Maguer. Des modifications climatiques et des avancées techniques comme la charrue qui retourne mieux la terre et garantit de meilleurs rendements que l’araire peuvent expliquer cette densification des habitats. «Nous avons retrouvé de nombreux silos de cette période, ce qui nous permet de conclure que de nombreux surplus ont pu être dégagés et donc vendus améliorant les conditions de vie. Cette amélioration se traduisant immédiatement par une explosion démographique…» De fait, la période comprise entre le IIIe et le Ier siècle était très prospère en Gaule, ce qui contribua à attiser la convoitise des Romains. De grandes fermes comme le Chemin-Chevaleret à E c h i r é dans les Deux-Sèvres ou les Ormeaux à Angoulins (Charente-Maritime), bâties sur le même principe que les villas gallo-romaines mais en terre et bois au lieu de la pierre, se mettent alors en place, matérialisées par des enclos comprenant un espace Reconstitution d’une habitation rurale (Patrick Maguer).
    J.-Ch. Cédelle - SRAC
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    ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 76 ■
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    04/04/2007, 16:05
    Tête «celtique», calcaire,
    IIe -
    début
    Ier
    s. av. J.-C., Poitiers.
    Fouilles Inrap 2002, rue de la Marne, J.-P. Nibeaudeau.
    Les pierres de l’âge du Fer « O n connaissait une statuaire dite gauloise en Touraine, dans le Berry et le Limousin mais les historiens ont qualifié de gauloise toute la sculpture indigène d’avant et après la conquête. Il y a donc des problèmes récurrents de datation», explique Alain Duval. Depuis, l’étude de la statuaire gauloise du grand Centre-Ouest a bénéficié de découvertes récentes comme à Poitiers ou Agris. Ces avancées dans l’étude de la statuaire permettent dans un premier temps de comprendre comment les Celtes utilisaient la pierre et de mieux cerner le rôle des ancêtres et des héros dans leur civilisation. A plus long terme, il s’agira de définir des groupes stylistiques entre grandes régions, «mais nous n’en sommes pas encore là». ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L’ÉTUDE DE L’ÂGE DU FER Créée en 1980 par Alain Duval, l’AFEAF organise des colloques réunissant les archéologues spécialistes de l’âge du Fer. Les actes sont publiés à l’issue de chaque réunion se déroulant tous les ans dans une région différente, voire au-delà des frontières nationales. «Notre rôle est aussi de
    Le premier type d’éléments sculptés comprend des stèles à bords chanfreinés surmontant certains tumulus funéraires et signalant certainement la qualité des défunts. En Rhénanie, ces stèles représentent les défunts ou leurs ancêtres sous la forme de guerriers héroïsés, influencées par la sculpture gréco-étrusque. De plus petites stèles, moins taillées, sont aussi installées dans les sanctuaires comme celles retrouvées récemment à Agris. «On suppose qu’elles délimitent des espaces, de cérémonie ou de libations par exemple. Mais elles pourraient aussi comptabiliser des desservants, des héros, des ancêtres.» Quant aux statues à figures humaines, qui disparaissent en Rhénanie au IVe siècle av. J.-C., on les retrouve, sous une combler les lacunes pouvant exister dans les champs d’investigation respectifs du CNRS, Inrap ou ministère de la Culture. Ainsi, par exemple, cette année, nous avons réalisé le recensement des habitats ruraux datés de l’âge du Fer. Il y en a plus de 500 : les données sont suffisamment conséquentes pour avoir une représentation correcte de la période», précise A. Duval. www.archeo.ens.fr/site-afeaf/index.htm
    forme différente mais avec des détails iconographiques communs, dans le SudEst de la Gaule à partir du IVe siècle dans des sanctuaires ou des habitats. Dans le reste de la Gaule, les sculptures de ce type sont bien plus sommaires et sont jetées : «A un moment donné, le statut de l’ancêtre ou du chef ou du druide que la statue représente est réduit à néant. Son image est donc jetée.» A Poitiers, l’étude de la tête retrouvée rue de la Marne montre qu’elle a été enfouie deux fois dans deux positions différentes. «On l’a sans doute jetée une première fois, puis a été réutilisée comme un caillou lambda.» Les techniques sont toujours les mêmes : des ciseaux mais pas de burins, les détails étant réalisés par polissage avec des constantes iconographiques : nez en trapèze, cheveux en arrière, torque au cou, torque ou poignard à la main. «Cette statuaire est assez semblable à celle retrouvée en Bretagne, malgré quelques nuances. En revanche, elle n’a rien à voir avec la statuaire du Sud-Est de la Gaule qui présente des canons tout à fait différents.» De nombreuses pièces venues d’entre Loire et Dordogne seront présentées dans l’exposition et comparées à une statuaire plus éloignée venue de Bretagne, d’Ars, Rodez ou même de Bohême. 35
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    04/04/2007, 16:28
    Christian Vignaud - Musées de Poitiers
    domestique et un espace de travail agricole et/ou artisanal. Les activités y sont plus variées que dans les fermes modernes : on y travaille le fer, le cuir, la terre pour fabriquer les produits de consommation courante. Seules seront achetées les pièces de vaisselle fine ou d’armement. Ces fermes accueillent de deux ou trois générations à près d’une centaine de personnes. Leur taille dépendant de la richesse du personnage et du secteur. A des zones denses, où les exploitations ne sont distantes que d’un kilomètre ou plusieurs centaines de mètres, succèdent de vastes étendues forestières. «A cet habitat dispersé s’ajoutent quelques villages ceints par des enclos réunissant plusieurs familles comme à Cholet», poursuit Patrick Maguer. A l’échelle supérieure, viennent les villes comme Vieux-Poitiers, une agglomération ouverte, commerciale et artisanale comprenant un sanctuaire. Puis les oppida comme Poitiers qui sont fortifiées et dont les populations sont difficiles à estimer. «Mais il est certain que César a communiqué des chiffres aberrants, comme 40 000 hommes lors du siège de Bourges, pour augmenter son prestige de les avoir soumis.» ■


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