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JACQUES VILLEGLÉ
La ville est son musée
lors que se tient dans les étroites galeries du Grand Palais à Paris une exposition consacrée au Nouveau Réalisme (jusqu’au 18 juin), l’un de ses fondateurs, Jacques Villeglé, est enfin à l’honneur. En attendant l’indispensable rétrospective qui ne laisse de se faire désirer dans l’un des musées nationaux, les amateurs d’art entreront de plain-pied dans l’œuvre de cet artiste visionnaire, qui a fait des rues des villes du monde occidental son atelier et son musée. Ceci grâce à une monographie substantielle éditée par Flammarion. Rappelons que Jacques Villeglé est le seul artiste français vivant exposé au MOMA à New York. Trois auteurs sont associés à la publication : Kaira Cabanas de l’Université de Princeton signe un essai intitulé «L’arc h é o l o g i e de l’affiche» ; Nicolas Bourriaud, critique d’art, recueille les propos de l’artiste ; l’écrivain François Bon dresse un vivant portrait du plus «participatif» des artistes, inventeur du «lacéré
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anonyme», releveur de nos traces de civilisation et de «nos réalités collectives» par l’appropriation exclusive, dès 1949, de l’affiche lacérée par les passants. Ces «réalités collectives» sont le titre d’un texte de Jacques Villeglé écrit en 1958, précurseur du Nouveau Réalisme.
C’est l’histoire et le destin du monde dans toutes ses strates que porte l’œuvre monumentale de Jacques Villeglé. «Ce sont les signes du temps des hommes depuis que la ville est ville. Ces signes qu’en permanence on enlève de la vue pour que le temps continue : la peau lacérée du temps», écrit François Bon. «En prenant l’affiche, j e prends l’histoire, dit-il : à nous aujourd’hui de nous en ressaisir, au nom de toutes nos urgences , au nom de ce qui compte dans notre totalité d’art et ce péril où nous sommes, ou – plus simplement – une œuvre pour garder nom où lui, Villeglé, a rempli sa tâche d’homme.»
Dominique Truco
Jacques Villeglé, Flammarion, 212 p., 200 ill., 39 €
«Guide du pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle», peinture graphisme de Jacques Villeglé sur quatre toiles de 2,10
J.-L. T.
x 5 m, cathédrale Saint-Pierre à Poitiers, La nuit des temps, septembre 2006.
Jardin d’orties de Gilles Clément Q
uinze artistes internationaux1 participent à la Biennale internationale d’art contemporain de Melle (23 juin-2 septembre) intitulée «Eau, air, terre : la sagesse du jardinier», parmi lesquels Gilles Clément, créateur de jardins mondialement (parc André-Citroën à Paris, musée du Quai Branly…). Jardins-laboratoires de sa philosophie où s’incarnent ses grands concepts rendus manifestes notamment dans le «Jardin planétaire» à la Villette en 1999-2000. L’auteur d’une Ecologie humaniste (Aubanel 2007) réalise pour la biennale une œuvre pérenne, un «Jardin d’eau-Jardin d’orties». Jardin modeste par sa taille,
mais emblématique par son sens dans la ville où l’arbre est roi parmi les 4 200 habitants grâce aux 1 200 essences plantées il y a vingt ans (la ville a été distinguée par le prix national de l’arbre en 2006). Ce jardin met en œuvre le traitement de l’eau et l’usage horticole de l’ortie qui avait été «confisqué» en 2006 par la loi d’orientation agricole. Ce jardin va s’étendre sur le site de la Maladrerie entre la Fontaine des Lépreux et le ruisseau du Pinier, où pousse naturellement un océan d’orties. Sur 26 mètres, l’eau va circuler en zigzag dans cinq bassins de lagunage pour traverser une végétation aquatique de macrophytes à microphytes épuratrices. L’eau du dernier bassin servira à la réalisation de purin d’ortie offert aux habitants et visiteurs pour leurs jardins.
1. Gilles Clément, Knud Viktor, Erik Samakh, Sylvain Soussan, Adel Abdessemed, Michael Dans, Ingrid MwangiRobert Hutter, Ha Cha Youn, Laurie-Anne Estaque, Pascale Gadon, Herman de Vries, Franck Gérard, Claude Pauquet, Bertrand Gadenne, Andy Goldsworthy, Giuseppe Penone, l’écrivain François Bon, les musiciens JeanPierre Courjaud et Dominique Pichon.
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■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 76 ■
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05/04/2007, 15:24
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