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Olivier Bramanti, auteur de bande dessinée en résidence à Angoulême, s’intéresse à l’utilisation politique de la mythique Jeanne d’Arc
Par Astrid Deroost Photo Claude Pauquet
La Jeanne Olivier Bramanti
u prince serbe Lazar Hrebeljanovic tombé face aux Turcs au XIVe siècle – et sujet d’un ouvrage précédent – à l’actuelle Jeanne, Olivier Bramanti a suivi un même fil réflexif. L’artiste de bande dessinée, en résidence à la Maison des auteurs d’Angoulême, a observé, analysé la récupération contemporaine de figures mythiques à des fins politiques, en l’occurrence nationalistes. «J’aime le retour au passé pour aller à la recherche du présent. Je passe beaucoup de temps dans le travail de documentation parfois au détriment du dessin...», explique-t-il. Olivier Bramanti libère son élan créateur dans la foisonnance de la connaissance, du dessin et de la peinture. En témoignent son intérêt pour l’histoire, ses grands formats dont tout ou partie peut prendre place dans la page, sans cadrage préétabli. Et ses explorations continues d’outils et de techniques mêlées : huile, aquarelle, goudron, fusain... Donc après s’être intéressé à la manière partisane dont des Serbes ont réactivé la mémoire de la
A
Jeanne, éd. Carabas, avril 2007.
Peintures sur olivierbramanti. canalblog.com
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bataille du Champ des Merles (Kosovo Polje), l’auteur a posé son regard sur la façon dont Jean-Marie Le Pen accapare la Pucelle d’Orléans. Jeanne, son album à paraître fin avril aux éditions Carabas, conte l’insidieuse appropriation de l’espace public par une extrême-droite manipulatrice de symboles. L’auteur a suivi un défilé FN du 1er mai, au cours duquel, «traditionnellement», la famille frontiste communie autour de la statue de la sainte Lorraine. Il restitue son expérience dans une alliance d’empreintes photographiques, retravaillées à la peinture, et de légendes, écrites pour la plupart à la première personne. Entre témoignage, évocation et impression, l’ensemble invite, sourdement, à la vigilance. «Pour moi le dessin, c’est la narration, le rapport entre les noirs et les blancs, entre les vides et les pleins. J’en sais beaucoup plus sur la façon dont je vais traiter un sujet quand je commence à peindre», explique le jeune Marseillais venu voici quelques années suivre l’Ecole supérieure de l’image d’Angoulême et son option bande dessinée. Déjà auteur de plusieurs ouvrages, dont Qui a connu le feu avec Yvan Alagbé, Olivier Bramanti a, depuis l’enfance, naturellement, suivi la voie offerte. Par un père, amateur de dessin, de 9e art, de livres en général. Et dans le compagnonnage privilégié d’un frère jumeau, alter ego... en tout point. Jean-Philippe Bramanti, également auteur de bande dessinée, est connu pour la biographie romancée de Vinsor McCay, tressée avec Thierry Smolderen. Ensemble, les frères ont lu, admiré le trait d’Alex Raymond (Flash Gordon), de Burn Hogarth (Tarzan), d ’ H a l Foster (Prince Vaillant), de Jean Giraud (Blueberry). Et dessiné avec la même exigence, sans jamais cultiver l’imitation des aînés, ni le mimétisme fraternel. Ensemble, ils ont étudié jusqu’à Angoulême et imaginent, aujourd’hui, à 36 ans, de réunir leurs individualités d’artistes dans des projets communs. Le premier naîtra des dessins préparatoires réalisés pour McCay par Jean-Philippe Bramanti et sera malicieusement intitulé Chutes du double. ■
■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 76 ■
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04/04/2007, 15:58
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