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Les Brachiopodes du Jurassique D
epuis 1996, Jean-Michel Minot, président de Deux-Sèvres Nature Environnement, a entrepris de récolter, d’inventorier et de classifier les Brachiopodes du Jurassique de la région Poitou-Charentes, travail colossal qui lui aura pris dix années et au bout duquel il publie le tout premier inventaire systématique régional. Ces mollusques sont caractérisés par une symétrie bilatérale qui les différencie des mollusques bivalves. La valve ventrale, la plus développée, est prolongée par un crochet en forme de bec et généralement percé d’un foramen par lequel sort le pédoncule permettant à l’animal de se fixer sur des substrats indurés. On a longtemps cru que les expansions brachiales (le lophophore) qui leur servent à se nourrir et à respirer pouvaient se projeter à l’extérieur de la coquille et servir à leur locomotion. On leur a alors attribué par erreur le nom de Brachiopodes. Actuellement, 250 espèces sont réparties dans toutes les mers du globe, mais la très grande variété de ces animaux est surtout ressentie dans la population de pierre, soit 6 000 espèces fossiles recensées à ce jour. Les séries jurassiques affleurent sur 40 % de la surface de Poitou-Charentes et celles des Deux-Sèvres sont mondialement connues pour leur très grande richesse fossilifère, elles regroupent plus d’espèces que les trois autres départements réunis. En dix années de prospection, Jean-Michel Minot a récolté dans les sols jurassiques de la région, à chaque fois qu’ils affleuraient et au gré des travaux routiers, environ 25 000 Brachiopodes répartis en 382 espèces. Il a ainsi, avec l’aide de pal é o n t o l o g u e s professionnels et ama-
Cheirothyris fleuriausa.
SIX TRIANGLES POUR DESCARTES
L’école d’arts plastiques de Châtellerault est située à deux pas de la maison de René Descartes. Aussi, lorsque Felice Varini a été invité par Gildas Le Reste à concevoir un projet de commande publique pour l’école, il a immédiatement pensé à rendre hommage à cet esprit moderne, qui était à la fois philosophe, mathématicien et physicien. D’autant que Felice Varini est passé maître dans l’anamorphose. Ses «Six triangles pour Descartes» se dessinent en peinture orange sur une façade de la cour, mais il faut trouver le point de vue pour les découvrir dans leur totalité.
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teurs, retrouvé des spécimens décrits dans la littérature du XIX e siècle (dont l ’ i n t é g r a l i t é de la collection de E. Eudes-Deslongchamps détruite sous les bombardements en 1944), découvert des spécimens inconnus en France, mais aussi probablement de nouvelles formes, dont la première d’entre elles est actuellement soumise à la communauté scientifique. L’extraordinaire travail d’étude, de datation et de classification qui a suivi ces découvertes a permis la reconstitution paléo-environnementale de la région, mettant en évidence le rôle de carrefour européen de la faune jurassique du Seuil du Poitou. Complété par les coupes stratigraphique totalement inédites réalisées par Patrick Branger (géologue et président de l’Association pour la promotion de la géologie et de la paléontologie en Poitou-Charentes - APGP), et enrichi de 3 500 clichés en couleur, l’ouvrage de Jean-Michel Minot est un véritable outil pédagogique. Grâce au soutien des collectivités territoriales, il doit être remis aux lycées de la région et aux collèges des Deux-Sèvres. Cet inventaire est destiné aux professionnels comme au grand public car il permet à chacun de trouver une information géologique ou paléontologique au niveau qui est le sien.
Marie-Camille Madrange
Les Brachiopodes du Jurassique du Poitou, ce petit patrimoine sous nos pieds, par Jean-Michel Minot et avec la collaboration de Patrick Branger, éd. DSNE-APGP, disponible auprès des associations DSNE et APGP, 43,50 € www.dsne.org
Hervé Tartarin
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Quand le numérique interroge l’éphémère
usqu’au 1er février 2008, l’établissement d’action culturel en milieu rural, Rurart, accueille l’exposition «HorsSol». Deux espaces virtuels évolutifs jouant sur l’interaction entre corps et territoire sont à expérimenter. Ils sont signés par les artistes B2FAYS et Hervé Jolly. Deux œuvres se côtoient dans l’espace d’exposition de Rurart. Deux œuvres seulement mais qui renvoient chacune à des dispositifs aux rendus toujours renouvelés. Dans la salle tenue dans l’obscurité, un grand rectangle blanc s’étend sur le sol et invite le visiteur à franchir le p a s . L’installation d’Hervé Jolly, L’amour est villes, prolonge une première expérience, Desseins Amoureux, proposée durant l’exposition des travaux des élèves de l’Ecole européenne
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Détails de «Digital Palimpsest» de B2FAYS.
supérieure de l’image (EESI) en 2006. Après quelques instants, le visiteur verra des grappes de pixels former la trace de son itinéraire sur le sol. Le dispositif prend toute sa dimension quand, sur ce même plan, sont réunies plusieurs personnes. Reliant chaque position, des flux se matérialisent, formant une carte qui rappelle les relations tantôt intimes tantôt impersonnelles que les villes tissent entre elles. Ce travail qui interroge les frontières entre réalité et virtualité trouve d’ailleurs une extension sur second life. L’installation «Digital Palimpsest» de B2FAYS s’appuie également sur cette notion de trace. Mais là, le cheminement à travers les échelles y est inversé. Si la première image que propose cette installation est un globe en
rotation, c’est au rapport avec son propre corps que chacun est renvoyé. Dès que le visiteur pénètre l’espace du disp o s i t i f , sa silhouette s’affiche sur l’écran. Captés par une caméra et un micro, gestes et voix agissent sur la toile numérique en faisant apparaître de manière éphémère les différentes couches la composant (toiles aux couleurs vives, représentation en trois dimensions filaires de lieux en lien avec le territoire de l’exposition). Les données numériques utilisées dans cette pièce ont été mises au point lors d’une résidence au sein de l’ECM de l’Espace Mendès France. Interagissant avec la toile numérique, le corps se fait pinceau explorant à travers les différentes strates de ce palimpseste ses propres possibilités. Dans les années 1980, l’artiste, Béatrice de Fays, a vu son atelier brûler emportant ses œuvres originales. Elle reste depuis très attachée à la notion de mémoire à l’œuvre dans le processus de création. La possibilité donnée à chacun de pénétrer dans l’espace même de la peinture est une occasion de revisiter cette thématique.
Alexandre Duval Exposition jusqu’au 1er février, Rurart, lycée agricole Xavier-Bernard, Venours. www.rurart.org
PHYSIQUE ET COULEURS
Du 29 janvier au 20 avril, l’Espace Mendès France présente une nouvelle exposition qui explique les mystères de la couleur et de sa perception. Elle a été réalisée en partenariat avec le laboratoire de métallurgie physique de l’Université de Poitiers, la société française de physique, le CRDP et l’Onisep (les métiers de la couleur). Deux conférences complètent l’exposition : «Une histoire de l’arcen-ciel» par Bernard Maitte, professeur à l’Université de Lille I, le 6 février à 14h45, à l’amphi A du campus universitaire de Poitiers ; «De la lumière aux couleurs», par Françoise Viénot, professeur au Muséum national d’histoire naturelle, le 25 mars à 20h30, à l’Espace Mendès France.
EXPLORATEURS ET SAVANTS
La médiathèque Michel-Crépeau de La Rochelle présente jusqu’au 23 février l’exposition sur les explorateurs originaires de la région réalisée par l’Espace Mendès France et des bibliothécaires dans le cadre de la Science se livre. En 2008, cette manifestation qui se déroule dans les bibliothèques, les collèges et les lycées, a pour thème le corps et la santé. www.maison-des-sciences.org
Hei tiki, pendentif, Nouvelle-Zélande, collecté par P.-A. Lesson en 1827. Collection du musée d’art et d’histoire de Rochefort. Photo Marc Deneyer.
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expositions
La fleur et l’imprimé D
u 21 janvier au 14 mars, le fonds ancien de la bibliothèque universitaire de Poitiers propose une exposition intitulée «La fleur et l’imprimé : représentations de plantes à l’époque moderne». Coordonnée par Anne-Sophie Durozoy, conservatrice du fonds ancien, elle est le fruit de la collaboration de plusieurs spécialistes de livres anciens, d’enseignants et d’étudiants en master de diverses disciplines : lettres, histoire de l’art, ingénierie information textuelle, patrimoine et nouvelles technologies. L’exposition présente des illustrations d’ouvrages de botanique du XVIe au XVIIIe siècle. On y découvre également quelques marques d’imprimeurs et des ornements de reliures. Elle traite aussi du symbolisme des fleurs à travers la mythologie, les jardins et les parfums. Parmi les pièces exposées, le Commentaire sur Dioscoride de Pierre-André Matthiole est l’un des plus beaux objets de la collection de l’Université. Reconnu pour la richesse du texte, la qualité et le nombre de gravures sur bois qu’il contient, cet ouvrage de botanique a été édité à Venise en 1565. Une présentation virtuelle est à découvrir sur Internet et un catalogue d’exposition doit rassembler les commentaires des spécialistes qui interviendront lors de la journée d’étude organisée le 4 mars 2008 à la Maison des sciences de l’homme et de la société. P. L.
Exposition à la Bibliothèque Lettres et Droit de l’Université de Poitiers. Tél. 05 49 45 33 11 http://la-rose-etlimprime.edel.univpoitiers.fr/
Christian Vignaud Christian Vignaud
L’exemplaire de la Bibliothèque universitaire de Poitiers (2e édition).
Le livre de PierreAndré Matthiole (1565) conservé à la Bibliothèque universitaire de Poitiers.
LOUIS PERCEAU, BIBLIOGRAPHE DE L’ENFER
L’exposition de la Bibliothèque nationale de France sur l’Enfer, sous-titrée «Eros au secret» (jusqu’au 2 mars, site FrançoisMitterrand), nous fournit l’occasion de rappeler l’œuvre de Louis Perceau, né à Coulon dans les Deux-Sèvres en 1883, mort à Paris en 1942. Avec Guillaume Apollinaire et Fernand Fleuret, il publia en 1913 L’Enfer de la Bibliothèque nationale, la première bibliographie des livres érotiques censurés. Pour en savoir plus sur ce «bibliographe poitevin», savant, libertin, militant révolutionnaire puis socialiste, auteur des Contes de la pigouille, lire la biographie de Vincent Labaume : Louis Perceau, le polygraphe (JeanPierre Faur éditeur, 2005). L’auteur a accordé un entretien à L’Actualité (n° 71, janvier 2006).
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