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OGM, des outils pour la recherche

OGM, des outils pour la recherche. A l’Espace Mendès france, les 5 et 6 décembre 2007, les Rencontres du vivant étaient consacrées aux organismes génétiquement modifiés. Ce dossier reprend quelques-uns des thèmes traités lors de ces journées.

Par Sarah Caillaud, photo : Sébastien Laval.

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    11/01/2008, 14:46
    OGM Des outils pour la recherche A l’Espace Mendès France, les 5 et 6 décembre 2007, les Rencontres du vivant étaient consacrées aux organismes génétiquement modifiés. Ce dossier reprend quelques-uns des thèmes traités lors de ces journées Par Sarah Caillaud Photo Sébastien Laval
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    n 1983, deux chercheurs américains mettent au point la première plante transgénique, un tabac résistant à un antibiotique. En 2007, environ 102 millions d’hectares d’OGM sont cultivés dans le monde dont 22 000 hectares en France. Lorsque l’on parle d’OGM, on a tendance à les réduire à ces champs de maïs, soja, coton ou colza. Or, dans la famille des OGM, il y a bien entendu les plantes, mais aussi les animaux ou les bactéries transgéniques. En effet, l’utilisation des organismes transgéniques n’est pas uniquement l’affaire du monde agricole et de l’industrie agroalimentaire. De la recherche scientifique à l’industrie en passant par la médecine, les biotechnologies offrent de nombreux champs d’application. Dans le domaine médical notamment, les OGM ont un intérêt thérapeutique. Depuis la fin des années 1970, des bactéries puis des levures transgéniques ont permis par exemple de produire de l’insuline, le médicament à destination des diabétiques. Au sens de la réglementation européenne, on entend par organisme génétiquement modifié (OGM) «un organisme, à l’exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle». Les techniques du génie génétique permettent ainsi de prélever un ou plusieurs gènes sur un organisme (micro-organisme, animal, plante, etc.) et de les insérer dans le patrimoine génétique d’un autre être vivant pour lui conférer une propriété qu’il ne possède pas natur e l l e m e n t . Cette technique plus connue sous le nom de transgénèse a vu le jour dans les années 1970. Ci-contre, vitro-plants de vigne du laboratoire Transport des assimilats. Les Rencontres du vivant sont organisées par le pôle histoire des sciences de l’Espace Mendès France et l’école de l’ADN en Poitou-Charentes en partenariat avec l’Inra Poitou-Charentes, Terre des sciences (CCSTI d’Angers), en collaboration avec le CNRS et l’Université de Poitiers.
    Aujourd’hui, la controverse porte essentiellement sur les plantes génétiquement modifiées cultivées en plein air. Les caractères recherchés pour ces plantes transgéniques sont par exemple la résistance à un insecte, la pyrale. Certains maïs transformés sont alors capables de produire leur propre insecticide. Pour les industriels et certains agriculteurs, l’intérêt de ces OGM est multiple : meilleur rendement, utilisation réduite des pesticides... Des avantages qui ne font pas l’unanimité et qui sont contredits dans des études scientifiques. Pourquoi cette défiance à l’égard des OGM ? Tout d’abord, leur innocuité sur la santé humaine ainsi que sur l’environnement n’a, à ce jour, pas été prouvée. Autre question épineuse au cœur de l’actualité : la dissémination des OGM en plein champ (par les pollens, les graines ou les bactéries dans le sol) et par conséquent, le risque de contamination des filières biologiques et conventionnelles. Le débat qui divise opposants et défenseurs des OGM commerciaux concerne surtout cette question de la coexistence des filières OGM et non-OGM. Pour l’heure, aucune réglementation ne définit des distances de sécurité entre ces deux types de culture. Sans mesure de sécurité pour protéger les cultures traditionnelles, la garantie 0 % OGM risque d’être de plus en plus délicate à atteindre. Du côté des anti-OGM, les attentes sont donc grandes à l’approche de l’adoption d’une loi sur les OGM. Celle-ci devra garantir à chacun la liberté de produire et de consommer sans OGM. Car les Français ne sont pas prêts à accepter l’idée de retrouver des OGM dans leurs assiettes sans le savoir. Un sondage du CSA réalisé en 2006 révélait que 66 % des Français étaient inquiets à l’idée de consommer des OGM. Dans un autre sondage d’octobre 2007, 80 % des personnes interrogées considéraient même que les développements des cultures d’OGM n’était pas une priorité. ■
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