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La restauration du musée d’Angoulême, contigu à la cathédrale romane Saint-Pierre, allie le caractère exceptionnel des collections et celui, monumental, de l’architecture du lieu. Entrée gratuite
Par Astrid Deroost Photos Claude Pauquet
Le monde selon le musée d’Angoulême
Ci-dessus : salle du Crétacé et salon de peintures de l’ancien évêché.
ussi vivant que la connaissance et que le supposent des collections, pour deux d’entre elles d’intérêt national et international, audioguidé en français et en anglais, doté du label tourisme et handicap : le musée des Beaux-Arts d’Angoulême, installé dans l’ancien évêché, s’offre totalement rénové, reconfiguré, à la découverte. Depuis le 1er mars. «Les collections archéologiques et d’art africain sont parmi les plus belles de France, l’architecture du lieu (XIIe-XXIe siècles) est exceptionnelle, l’entrée est gratuite, la muséographie, pensée pour le grand public, accorde une grande place au plaisir, à l’émotion», commente Monique Bussac, conservateur en chef, qui a accompagné la métamorphose. Fermée depuis 2002, la bâtisse renaît, restaurée, agrandie de 1 000 m2 et embellie de judicieuses transparences. L’entrée vitrée, transportée côté jardin, ouvre sur une vaste salle synodale, voûtée, jusqu’alors inconnue des visiteurs... devenue hall d’accueil. Sur le flanc de l’édifice, une tour d’angle, de métal et de verre,
A
dessert désormais les étages et place à portée d’œil les modillons romans de la cathédrale Saint-Pierre. Tel était le pari lancé aux architectes, en l’occurrence les Parisiens Stéphane Barbotin et Paul Gresham : créer de manière invisible des surfaces supplémentaires dans un monument historique, adossé à un monument historique, logé à la fois dans un périmètre historique et dans un site urbain classé. A l’intérieur, pour créer la surprise, la muséographie joue en ambiances et en couleurs de la spécificité des collections, elles aussi en partie restaurées : ethnologie ou arts d’Afrique, d’Océanie et du Maghreb, archéologie et beaux-arts. Fond bleu-vert pour un monumental masque kanak dont un seul double est, à ce jour, connu au monde ou pour une perche cérémonielle des îles Cook ; rouge pour cette autre figure, Toma de Guinée, suspendue parmi treize autres raretés cultuelles, africaines, à hauteur de regard ; pigment terre, pourpre, pour l’évocation de grottes de Charente et de leurs vestiges, en
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grand nombre néandertaliens, qui attirent des chercheurs de toute la planète, pour les grands animaux – reconstitués – de la préhistoire ou l’araucaria fossile du Crétacé ; pour le casque d’Agris, pièce d’apparat celte vieille de 2 400 ans, ciselée d’or, d’argent et de corail ; tons poudrés pour la salle des tableaux et des sculptures allant de la fin du XVe siècle à nos jours. Collection support, dès ce mois d’avril, d’une première exposition temporaire, consacrée à l’art actuel et intitulée «Modernes et singulières». Le monde selon le musée, «slogan culturellement ambitieux et modeste, limité par les collections», précise Monique Bussac, s’étend donc sur quelque 2 700 m2. La surface comprend des espaces nouveaux, non dévolus stricto sensu à l’exposition, mais révélateurs de l’activité muséale à venir : salles de conférences, d’animation, de documentation, local pour les chercheurs doté d’une ostéothèque, d’une lithothèque... «La gratuité des entrées fait partie d’un tout, elle a pour but de faire en sorte que les visiteurs aient une relation libre avec le musée, pour qu’ils viennent, même pour quelques minutes, et surtout reviennent», explique le conservateur. Afin de provoquer cette spirale vertueuse, l’équipe du musée, renforcée de deux assistants de conservation du patrimoine, a prévu d’accueillir le public dans un environnement particulièrement convivial et
dynamique, accessible en continu de 10h à 18h. Animations (payantes sauf pour les scolaires) pléthoriques – jeux de piste en famille, ateliers archéologiques, conférences, visites nocturnes, thématiques, de durée variable, et prestations personnalisées, répondant à la demande des enseignants, des associations –, expositions temporaires, vitrines renouvelées... Cette carte culturelle a pour vocation de captiver et de fidéliser un large public. Après les premiers mois de fonctionnement, les responsables peaufineront d’ultimes détails. «Nous allons voir comment les gens circulent, confie Monique Bussac. Comment ils découvrent et s’approprient le musée.» ■
La restauration du musée a été menée en collaboration étroite avec les Bâtiments de France et l’architecte en chef des Monuments historiques. L’opération a coûté 6,6 M€, financés par la Ville, le Département de la Charente, l’Etat et l’Europe. De 2003 à 2005, l’équipe du musée a déménagé, mis à plat les collections (10 000 pièces pour l’ethnologie, des centaines de milliers de pièces pour l’archéologie, 3 000 à 4000 pour les Beaux-Arts) et procédé,
Le dieu assis de Verteuil.
avec le concours d’experts missionnés par l’Etat, à leur réévaluation. Les parcours actuels ont été organisés autour des pièces les plus pertinentes. Ce temps de transition a également été consacré à l’informatisation (fiches et photos) des collections. Les travaux de rénovation proprement dits, lancés en 2005, se sont achevés début 2008. 1, rue de Friedland, 16000 Angoulême. Tél. 05 45 95 07 69 www.angouleme.fr/musee
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