fermer... 597 lieux de mémoire
L’inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France en PoitouCharentes a relevé les traces des migrants dans 245 communes. De la plaque commémorative à l’église de village, ces lieux offrent des visages très différents, à découvrir et à partager avec nos amis du Nouveau Monde
Par Pauline Lumeau
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La citadelle de Brouage, cité natale de Champlain. Photo Franck Gérard
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La chambre de commerce de La Rochelle, aile sud et colonnades vues depuis la cour des Tilleuls.
Région Poitou-Charentes Inventaire général - Alain Dagorn
L
1. Cette commission a pour objectif de promouvoir les échanges francoquébécois à travers le patrimoine, les archives, les musées et la langue. En 1996, à l’initiative du délégué général du Québec à Paris, Marcel Masse, une commission binationale sur les lieux de mémoire communs a été créée par la commission. Initialement présidée conjointement par Marcel Masse et Henri Réthoré, elle est coprésidée depuis 2006 par André Dorval et Pierre-André Wiltzer.
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’église Saint-Jouin-de-Marnes, le port de La Rochelle, la Corderie royale à Rochefort, la tour du Prince-de-Galles à Thouars : bien que d’époques différentes, ces sites ont quelque chose en commun. Ils font partie des 597 lieux de mémoire répertoriés par «l’inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle France en Poitou-Charentes». Répartis sur 245 communes de la région, ils ne sont pas tous associés à l’histoire des échanges transatlantiques. Certains, comme les églises où les migrants se sont fait baptiser, ne sont encore qu’un patrimoine potentiel qui ne demande qu’à être valorisé. A la recherche d’un patrimoine fondateur de leur identité, les Québécois sont les premiers à s’investir dans un inventaire des lieux de mémoire. Très vite, le besoin d’établir des ponts avec la France se fait sentir. En 1999, la Commission franco-québécoise des lieux de mémoire communs1 (CFQLMC) se tourne vers le ministère de la Culture et de la Communication pour entreprendre un programme d’inventaire du patrimoine commun franco-québécois. Cette initiative officialise les recherches et les échanges des universi-
Marc Deneyer
Monument à la mémoire de Pierre Dugua de Mons à Royan. Nommé lieutenant général de la Nouvelle-France par Henri IV en 1603, il est chargé de fonder une colonie en Amérique du Nord en échange du monopole de la traite des fourrures. Après deux tentatives infructueuses en Acadie en 1604 et 1605, il se tourne vers la vallée du Saint-Laurent. En 1608, il fournit à Samuel Champlain les moyens financiers et matériels nécessaires à la fondation de Québec, un acte qui le place aujourd’hui au rang de cofondateur du Québec.
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Franck Gérard
taires français et québécois. A la fin de l’an 2000, sous l’impulsion de Dominique Guillemet, professeur d’histoire moderne à l’Université de Poitiers, membre du Groupe d’études et de recherches historiques du Centre-Ouest atlantique (Gerhico) et de l’Institut d’études acadiennes et québécoises (IEAQ), et de Georges Coste, conservateur du patrimoine à la Direction régionale des affaires culturelles (service régional de l’Inventaire), Français et Québécois se réunissent pour définir les cadres de l’inventaire et la notion de «lieux de mémoire». Enoncée par Pierre Nora, historien français, membre de l’Académie française dans Les Lieux de mémoire2, cette notion rassemble aussi bien les monuments, les sites, les paysages, les objets que le patrimoine immatériel (les fêtes, les commémorations, les devises et les chants…) qui portent une mémoire. Ces lieux sont le «point de cristallisation d’un héritage collectif»3. Dans son ouvrage, Pierre Nora offre un inventaire des sites et des objets dans lesquels s’est incarnée la mémoire nationale des Français. Les Québécois souhaitent se calquer sur ce modèle pour
créer l’inventaire des lieux de mémoire communs. Ils proposent à la France et en particulier à la Région Poitou-Charentes, choisie pour être la région d’expérimentation du projet, d’être guidée par cette même définition. Mais devant l’inégalité d’importance des lieux de mémoire communs sur les sols français et québécois, Dominique Guillemet propose de revisiter et d’adapter à la France le concept de Pierre Nora. Si le Québec a déjà recensé et investi de nombreux sites, la France n’en compte que 100 en 1990. Seulement 30 d’entre eux se trouvent en Poitou-Charentes et peu ont une vraie dimension publique. Cette différence s’explique en grande partie par l’histoire des deux pays car si au Québec le patrimoine est essentiellement lié à l’histoire des migrants français, en France, il n’est pas dissociable de l’histoire européenne et méditerranéenne. En France, les lieux de mémoire de la Nouvelle-France sont donc des éléments patrimoniaux parmi d’autres. Perçus différemment, ils ne sont pas souvent liés au seul Québec. C’est par exemple le cas de la chambre de commerce de La Rochelle où des négociants commercent avec
Fléac-sur-Seugne, domaine de Pierre Dugua de Mons où il est mort en 1628. Il était né à Royan vers 1560.
2. Sous la direction de Pierre Nora, Les Lieux de mémoire, Gallimard coll. «Quarto», 1997, 3 tomes 3. Nora Pierre, «Entre mémoire et histoire, la problématique des lieux de mémoire», Les Lieux de mémoire, Introduction au tome I, 1984.
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Les lieux de départ des migrants pour la Nouvelle-France aux
XVIIe
et
XVIIIe
siècles.
Cette carte dénombre majoritairement les lieux de baptême des migrants. Dans certains cas, il s’agit du lieu de la dernière résidence du migrant.
Région Poitou-Charentes Inventaire général
le Canada mais aussi avec bien d’autres pays. Créée en octobre 1710, la chambre partage les mêmes locaux que la juridiction consulaire (rue du Palais). Sous l’impulsion des marchands-négociants rochelais, un bâtiment lui est ensuite dédié au numéro 14 de la même rue. Les travaux se déroulent de 1760 à 1766 sous la direction de l’architecte Hué. Ne se rapportant pas au seul fait québécois, ce lieu illustre la complexité de réaliser un inventaire des lieux de mémoire en France en s’appuyant sur le concept de Pierre Nora, car si les Québécois ont déjà une forte conscience de ce patrimoine, les Français n’en sont qu’au début de cette prise de conscience. Ils doivent alors adapter la vision de l’historien à leur regard, déterminer le sens qu’ils vont donner à ce patrimoine, un sens fondé sur le plan scientifique et non déconnecté de la réalité. Au lieu de partir, comme le fait généralement l’Inventaire, de la période et de la valeur historique donnée par la qualité architecturale de l’objet, on pose comme valeur discriminante le fait qu’il se rapporte
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à la Nouvelle-France. «Dès lors qu’il y a une inscription matérielle qui peut être ancrée sur un point du territoire régional, on la considère comme un lieu de mémoire», explique Serge Bouffange, directeur de la médiathèque François-Mitterrand à Poitiers, ancien directeur du service de l’Inventaire général du patrimoine de la Région. «Ce critère nous a permis d’étendre notre domaine de connaissance du patrimoine franco-québécois. On y a même inclus des noms de rues.» En Poitou-Charentes, 130 noms de rues ont été recensés. Si la plupart d’entre eux se rapportent à des personnalités comme Samuel Champlain, Pierre Dugua de Mons, Jacques Cartier, les autres évoquent des noms de lieux (rue du Québec, rue de l’Acadie, rue Montréal, rue du Canada). L’attribution des noms de rues relatifs à la NouvelleFrance apparaît en Charente-Maritime à la fin du XIXe siècle. Une attribution qui gagnera la Vienne et la Charente à partir des années 1930, avant de s’étendre à l’ensemble de la région en 1980.
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La Corderie royale de Rochefort. Cette manufacture a été construite sur les plans de l’architecte François Blondel. Constituée d’un bâtiment bas surmonté d’un comble servant au stockage du chanvre, elle a été mise en service en 1670.
A l’heure actuelle, le Québec compte 1 000 lieux de mémoire communs. Il poursuit l’inventaire de l’ensemble de son territoire. Du côté français, en Poitou-Charentes, la région pilote, l’inventaire y est terminé : 597 lieux y ont été recensés et une base de données mise en ligne sur Internet. Autant de matériaux que les associations, les collectivités, et tous ceux qui le souhaitent peuvent désormais exploiter. L’Inventaire fait une proposition, c’est désormais aux acteurs du patrimoine et à chacun de valoriser les lieux qui font sens, ceux que nous allons nous approprier. Car derrière la notion de «lieu de mémoire» se cache celle de «reconnaissance» par les groupes. La notion de patrimoine rejoint la notion d’identité. Pour qu’un groupe constitué existe, il lui faut un passé commun, facteur de cohésion. Le patrimoine est cet élément commun. «En réalité, la valorisation des lieux de mémoire communs dépasse la question identitaire, explique Mickaël Augeron, maître
La tour Prince-deGalles de Thouars. Erigée à la fin du
XIIe
siècle sur la ligne de fortifications de la cité médiévale, elle a été transformée en tourporte au
XIVe
siècle.
Utilisée comme prison à l’époque moderne, elle a accueilli seize fauxsauniers envoyés en Nouvelle-France entre 1730 et 1743. Aujourd’hui, elle accueille des œuvres d’Ange Leccia et Jacques Vieille.
Sébastien Laval
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Région Poitou-Charentes Inventaire général - Raphaël Jean
Cour intérieure de l’hôpital Saint-Louis à La Rochelle. Fondé en 1667, l’hôpital général de La Rochelle est implanté à son emplacement actuel après la révocation de l’édit de Nantes.
de conférences en histoire moderne à l’Université de La Rochelle. Le patrimoine franco-québécois est porteur de valeurs pour les deux territoires car, aujourd’hui, on ne célèbre plus le fait colonial. On a remplacé ces valeurs anciennes par des valeurs positives d’ouverture sur le monde, symbole de la diversité et de la francophonie. Les explorateurs, ceux d’hier, d’aujourd’hui et de demain sont célébrés en ce sens.» Installée au cœur des marais, la citadelle de Brouage est aujourd’hui l’un des sites communs de mémoire les plus visités en Poitou-Charentes. Lieu de naissance de Champlain, lui-même symbole de la présence des Saintongeais dans les Amériques, il est l’exemple même de cette célébration. La commémoration de ce lieu a commencé en 1874, lorsque l’artiste oléronais Omer Charlet a proposé au Conseil général de la Charente-Inférieure d’élever un monument en souvenir de Champlain. En 19101911, on commence la restauration de l’église de Brouage où ce dernier a été baptisé. En 1970, lors du 400e anniversaire de sa naissance, on inaugure
Franck Gérard
La ligne acadienne dans la Vienne. Rassemblées par groupes de deux, quatre, six ou huit, des fermes étaient installées le long de cette route très large bordée de fossés.
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une stèle à l’endroit désigné comme étant celui de sa maison natale, un square où siège aujourd’hui la Maison Champlain. Centre d’interprétation, la Maison Champlain a vu le jour en 2004, à l’occasion du 400e anniversaire de la fondation de l’Acadie. Musée virtuel, elle illustre les relations entre la France et le Canada.
LES ACADIENS DE LA VIENNE
D’autres lieux, comme la Ligne acadienne dans la Vienne, sont déjà considérés par la population comme représentatifs du patrimoine franco-québécois. Rassemblant des maisons construites par mesure d’économie et d’urgence sur un modèle unique, cette ligne regroupait 58 fermes devant accueillir les réfugiés acadiens ayant fui lors du Grand Dérangement. Située sur les communes d’Archigny, La Puye et Saint-Pierre-de-Maillé, la ligne ne compte plus aujourd’hui que 36 habitations. Deux d’entre elles ont été protégées au titre des monuments historiques en 2000. Toutes deux sont situées à Archigny et l’une abrite un musée de l’Acadie.
Sur la côte Atlantique, dans les villes de Rochefort et de La Rochelle, la prise en compte du patrimoine est toute autre. Chargées d’histoire, ces villes portuaires ne sont pas considérées dans leur ensemble comme faisant partie du patrimoine québécois. Toutefois, leur situation et leur rôle commercial avec la NouvelleFrance les font bénéficier d’une concentration plus importante de lieux et de bâtiments où s’est écrite cette histoire. La Corderie royale de Rochefort, qui confectionnait les cordages nécessaires à la construction navale et à la navigation, et le vieux port de La Rochelle qui, depuis la conquête anglaise, est resté un endroit incontournable des échanges transatlantiques, en sont des exemples. Mais l’histoire commune de ces deux villes et de la Nouvelle-France ne se résume pas à ces deux seuls lieux. On ne peut pas oublier l’ampleur des bâtiments administratifs et militaires élevés au cours du dernier tiers du XVIIe siècle à Rochefort : casernes, magasins, entrepôts mais aussi un hôpital, la fonderie à canons et les hôtels particuliers comme celui de la Marine ou l’hôtel de Cheusses qui abrite le musée de la Marine depuis 1936.
Via la Sèvre niortaise, les fourrures, peaux et huiles étaient importées du Canada par les tanneries et chamoiseries de Niort qui, en retour, exportaient leurs gants en Nouvelle-France.
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L’église de SainteEanne (DeuxSèvres) où fut baptisé en 1641 Philippe Gaulthier de Comporté, officier du régiment de CarignanSalières. Décédé à Québec en 1687.
A La Rochelle, il est des sites qui méritent d’être mentionnés pour l’originalité de leur histoire. Le couvent des sœurs de la Providence et l’hôpital général en font partie. Des jeunes orphelines y séjournèrent avant de partir pour la Nouvelle-France. On les appelait les filles du roi. Envoyées vers la colonie pour s’y marier, ces filles étaient au nombre de 770 entre 1663 et 1673. Cent deux étaient originaires du PoitouCharentes. Si le souvenir de ces filles est déjà célébré au Québec par la pose d’une plaque dans l’arrondissement historique de Québec, en Poitou-Charentes il n’en est rien. Le couvent et l’hôpital général sont les exemples même des lieux mis en évidence par l’inventaire et encore non appropriés car méconnus des acteurs touristiques et de la population. Ces lieux, que l’on attribue à un patrimoine «potentiel», peuvent a priori, si on les charge de sens, devenir des lieux de mémoire. Ce sens peut être donné par la famille du migrant qui revient aujourd’hui sur les traces de ses ancêtres et pratique ce que l’on appelle «le tourisme des racines». Ce patrimoine «potentiel» rassemble différents types de sites. Environ
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Les pierres des carrières de Saint-Même (Charente) ont été exportées en Nouvelle-France, notamment pour les fortifications de Louisbourg.
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Région Poitou-Charentes Inventaire général - Raphaël Jean
Sur les traces de la NouvelleFrance en Poitou-Charentes et au Québec, dirigé par Mickael Augeron, Dominique Guillemet, Alain Roy, Marc Saint-Hilaire (direction scientifique), Serge Bouffange, Georges Coste (direction éditoriale), accompagné d’un CD, Cahiers du patrimoine 90, Geste éditions, 376 p, 45 €
Région Poitou-Charentes Inventaire général - Raphaël Jean
90 % d’entre eux sont relatifs à la population. C’est notamment le cas des 180 lieux de culte où ont été baptisés et où se sont mariés les migrants. Le fait que seulement 11 d’entre eux sont marqués d’une plaque commémorative montre qu’une grande partie de ces lieux ont été oubliés. Ce n’est pas le cas de l’église romane de Saint-Jouin-de-Marnes où, en 1682, le migrant Guillaume Boily a été baptisé. Parti au Québec, cet homme finit ses jours à Baie-SaintPaul où une place porte aujourd’hui son nom. On comprend alors l’intérêt de suivre l’inventaire des deux côtés de l’Atlantique. En effet, il permet d’appréhender les trajectoires des migrants et ainsi de mieux connaître les origines de la société québécoise et le contexte d’émigration en France.
UNE DÉMARCHE VOLONTARISTE
L’inventaire a également permis de mettre en lumière des immeubles où résidaient des personnalités relatives à ces relations transatlantiques. C’est le cas à Rochefort de l’hôtel de Voutron situé à l’angle des rues Thiers et Edouard-Grimaux. Construit en 1755
pour Mme et M. Voutron, cet hôtel est acquis par Pierre Martin vers 1800. Né à Louisbourg en 1752, Pierre Martin fuit la forteresse conquise par les Anglais et, installé à Rochefort à l’âge de six ans, il effectue ensuite une grande carrière militaire. Avant de devenir commandant des armées à Rochefort en 1797, il est promu, en 1793, capitaine de l’Hermione, la fameuse frégate dont Rochefort bâtit actuellement la réplique. Aujourd’hui, une plaque est apposée sur les murs de son lieu de résidence en souvenir de son passage dans la ville. En recensant un patrimoine qui n’est pas encore reconnu par la population, le service de l’Inventaire assume une démarche volontariste. C’est désormais aux acteurs du patrimoine de prendre le relais et de valoriser ce potentiel latent, car derrière cette opération d’inventaire se cache un véritable enjeu touristique. Aujourd’hui, si le Poitou-Charentes a terminé son recensement, des lieux de mémoire restent à découvrir dans d’autres régions. Les Pays de la Loire et l’Aquitaine parlent de se lancer dans l’aventure mais rien ne semble encore officiel. ■
Plan du cours de la Sèvre niortaise, 1720. Médiathèque Michel-Crépeau, La Rochelle (2 Pl 757). L’hôtel de Cheusses à Rochefort. Propriété d’Henri de Cheusses en 1665 avant qu’il émigre, cet hôtel est ensuite repris par Louis XIV en 1666. En 1672, on l’agrandit pour y loger des chefs d’escadre, le commandant du port et des ingénieurs du roi.
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