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Jimmy Beaulieu

Bande dessinée – Une connivence internationale. Entretien avec Jimmy Beaulieu, auteur québécois de 34 ans, ex-résident de la Maison des auteurs d’Angoulême (L’Actualité n°66).

Réalisé par Astrid Deroost, Photo Claude Pauquet.

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    bande dessinée JIMMY BEAULIEU Une connivence internationale immy Beaulieu, auteur québécois de 34 ans, ex-résident de la Maison des auteurs d’Angoulême (L’Actualité n° 66), a publié plusieurs ouvrages de bande dessinée à caractère autobiographique. Il achève aujourd’hui le deuxième tome d’une fiction, Ma voisine est en maillot. Regard de la jeune génération, à l’ère d’Internet, sur un nouveau jeu d’influences entre bande dessinée d’ici et d’ailleurs J L’Actualité. – Vous êtes un jeune auteur nord-américain et vous avez résidé à la Maison des auteurs d’Angoulême en 2004-2005, pourquoi ? Jimmy Beaulieu. – d’auteur unique et d’une connivence internationale étonnante, ce qui a été fort bien démontré par le projet Comix 2000 (L’Association, 2000). A l’ère d’Internet, les courants graphiques et narratifs voyagent par des logiques nettement plus chaotiques et globales que par celles de l’importexport commercial des générations qui nous ont précédés. Mais petit, j’ai été exposé à un dosage parfaitement équilibré entre les bandes dessinées belgofrançaises et nord-américaines (mes plus grandes influences enfantines sont André Franquin et John Byrne). Quel regard portez-vous sur le jeu des influences entre bande dessinée américaine et européenne ou française ? C’était une occasion unique pour moi de travailler dans un pays où la bande dessinée a un peu mieux réussi qu’ici à faire sa niche (quoique depuis, ça s’est beaucoup amélioré). En général, la France est pour nous, francophones d’Amérique, un pays mythique, une espèce de terre originelle, et on ne peut que se réjouir de pouvoir y habiter pendant quelques mois. Quel fou refuserait ? est plus forte pour le côté kinétique, passionné, brut, instinctif, et que la bande dessinée belgo-française est plus réfléchie, pudique, polie, élégante, ambitieuse. Mais je pourrais passer des heures à vous parler d’exceptions notoires. Aujourd’hui, je lis surtout de la bande dessinée «d’auteur» française et «grand public» américaine, et je n’ai que très peu d’intérêt pour l’inverse (je répète qu’il y a, bien sûr, des exceptions). Ceci dit, la bande dessinée québécoise, certes nourrie par ces trois pôles (n’oublions pas le Japon), commence à affirmer une identité bien propre et assez forte. Suivez ça de près, vous verrez que c’est étonnant ! Astrid Deroost Comme les clichés ont parfois raison, je dirais que la bande dessinée américaine Au lit, les amis (Colosse, 2008), Appalaches (Colosse, 2007), Quelques pelures (Mécanique générale, 2006), sélectionné pour le prix Bédélys Québec 2006, Ma voisine en maillot (Mécanique générale, 2006), Le moral des troupes (Mécanique générale, 2004), prix Bédéis Causa de l’espoir québécois 2005, sélectionné pour le prix Bédélys Québec 2004, –22ºC (Mécanique générale, 2003), Résine de synthèse (Mécanique générale, 2002), sélectionné pour le prix Bédélys Québec 2002. Présentation de l’auteur et de ses ouvrages sur www.pastis.org/mg/jimmy.html Vous publiez, entre autres, des ouvrages autobiographiques, avez-vous été inspiré par des auteurs américains, français ? Les deux, et des Japonais aussi. Je pense que les Québécois ont les qualités du défaut de ne pas avoir d’identité trop lourdement implantée («l’identité québécoise», sujet sur lequel nos penseurs sont toujours penchés, est toujours quelque chose de flou, ambivalent). Nous sommes un peu éponges. Par exemple : contrairement aux Français ou aux Etats-Uniens, on peut assez facilement parler une langue étrangère sans accent ou presque. On grappille par-ci par-là ce qui nous convient dans le monde qui nous entoure. C’est bon ou mauvais ? Aucune idée. Aussi, en ce qui a trait à la bande dessinée, disons... «d’auteur», les trois modèles hégémoniques de bande dessinée (album cartonné-couleur 48 pages belgo-français, super-héros américain et manga avec gros yeux et lignes de mouvement intenses, avec tous les stéréotypes qui y sont respectivement attachés) n’ont plus vraiment cours, les différences stylistiques «nationales» sont atténuées au profit d’une patte Claude Pauquet LES AMÉRIQUES DE MUÑOZ À ANGOULÊME Comme le montre la remarquable exposition de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image sur le 9e art argentin, l’Amérique de José Muñoz est latine, arrimée à Buenos Aires et au chant, mythique, de Carlos Gardel. Mais l’imaginaire de l’artiste, séduit, enfant par une BD de Disney, s’est aussi nourri de la production culturelle nordaméricaine. Son personnage, le privé Alack Sinner (créé avec Sampayo), baigne dans des récits noirs à la Chandler. Quant à sa virtuosité du noir et blanc, José Muñoz l’a, dit-il, héritée de ses maîtres, l’Urugayen Alberto Breccia et l’Italien Hugo Pratt, eux-mêmes disciples du nordAméricain Milton Caniff... La bande dessinée argentine vue par José Muñoz, plus de deux cents dessins et planches originaux présentés, scénographie originale. Jusqu’au 31 août à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, 121, rue de Bordeaux, Angoulême, 05 45 38 65 65. ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 81 ■ 103 Actu81.pmd 103 01/07/2008, 18:06

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