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YANNICK JAULIN
Tomber en amour
annick Jaulin est le parrain de Poitou-Charentes Québec 2008. Le conteur et comédien a effectué son premier voyage au Québec à l’âge de 20 ans. Voilà donc trois décennies qu’il traverse régulièrement l’Atlantique pour y nouer des relations d’amitié et de travail. Dans le cadre du 400e anniversaire de la fondation de Québec, il fait la Tournée du Ponant avec le groupe électro-folk Sloï, tournée qui a débuté fin juin à Ottawa, Montréal et Québec, et qui se poursuit cet été dans l’Ouest de la France, de Pornic à l’île d’Aix.
Y
rêts, qui a été donnée 175 fois avec 11 personnes sur scène et qui fera l’ouverture du festival d’Avignon l’an prochain dans la cour d’honneur. Je suis coproducteur avec ma compagnie.
La France est-elle attractive ?
L’accent québécois, est-ce une survivance du passé ?
L’Actualité. – Avec quels artistes québécois travaillez-vous ?
D’un point de vue personnel, j’ai des relations suivies avec Michel Faubert, musicien et conteur qui est un peu mon alter ego ; nous avons tous les deux un parcours assez similaire. Il est venu jouer avec Sloï à La Rochelle pour le lancement des festivités du 400e et il est prêt à faire une tournée avec le groupe durant l’été 2009 au Québec. D’autre part, il y a bientôt dix ans que je travaille avec Wajdi Mouawad, un auteur et metteur en scène de théâtre que j’ai rencontré à Montréal grâce à André Curmi qui m’avait fait lire sa première pièce, Littoral. Wajdi m’a aidé à écrire trois pièces et m’a fait jouer dans FoYannick Jaulin. –
C’est paradoxal. Les Québécois ne rêvent plus de la France, par contre ils en ont besoin économiquement et, pour eux, la langue est un outil économique. Dans un pays de 6 millions d’habitants, la survie d’un artiste est impossible. Quand il a joué dix fois à Montréal et cinq fois à Québec, la tournée est terminée. Cette possibilité de diffusion réduite engendre du protectionnisme et parfois une envie de venir en France pour y jouer un maximum. D’autre part, le Québec est devenu un pays anglo-saxon où la pratique culturelle régresse. Après l’utopie, dans les années 1970, d’un Québec quasiment indépendant, sont arrivées les années de l’argent. Ils ont compris le monde global et les intérêts qu’ils pouvaient en tirer. Devenus commerçants et efficaces, ils ont voulu faire partie du monde en étant aussi lisses que les autres et en fournissant des produits de grande consommation internationale comme le cirque du Soleil ou Céline Dion.
C’est ce qui nous attend en France ?
Quand on parle de cet accent si chaleureux, qui nous plaît beaucoup, ça les énerve profondément. Le Québec n’est pas un conservatoire de langue de nos ancêtres. La langue des Québécois devrait être considérée comme une autre dimension de la francophonie. Elle évolue tout le temps, en sachant garder le côté vif et populaire de la langue française – qui, chez nous, est parfois ampoulée. Elle a développé des particularismes géniaux qui commencent à entrer dans notre langage courant, par exemple «tomber en amour».
Recueilli par Jean-Luc Terradillos
Dans un pays de 60 millions d’habitants, il y a un pourcentage suffisant de gens qui résistent à la consommation de masse, et surtout il y a en France des outils culturels et des politiques publiques fondamentales qui n’existent pas au Québec. Quand tu es comédien à Montréal, on te demande : «Dans quel restaurant tu travailles ?»
CHAMPLAIN EN BD
Dans le cadre de Poitou-Charentes Québec 2008, la Région a initié et soutenu la création de la première BD retraçant la vie de Samuel de Champlain, fondateur de la ville de Québec. Champlain, je me souviens est l’œuvre Philippe Girard, scénariste québécois, et de Guy Michel, dessinateur originaire d’Haïti qui vit en France (coédité par Sangam et Vibrato). L’histoire est suivie d’un récit de Yannick Jaulin, Un French, où se rencontrent une étudiante québécoise en stage au Biopôle de Poitiers et un Rochelais qui, lui, fait son stage dans les éco-industries.
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Claude Pauquet
■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 81 ■
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01/07/2008, 19:04
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