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Bande dessinée

Bande dessinée – Un nouveau musée à voir et à lire. Nouveau musée de la bande dessinée à Angoulême. Avec Gilles Ciment, directeur de la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image. Par Astrid Deroost, photo Claude Pauquet;

Bouillon de contre-culture. Fanzinothèque de Poitiers. Avec Cécile Guillemet, directrice. Par David Perrault.

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    bande dessinée ANgouLêME Un nouveau musée à voir et à lire « l a grande habileté de ce musée est de concilier une présentation sérieuse, il fait découvrir toute la bande dessinée, et il est aussi, notamment avec ses coins lecture, très convivial et accessible à tous les publics. Il contentera les passionnés aussi bien que les personnes qui viendront en curieux», explique Gilles Ciment, directeur de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image (CIBDI). Le musée de la bande dessinée ouvre à Angoulême le 20 juin, dans le cadre minéral d’anciens chais du xixe siècle, totalement réhabilités. Précédemment installées dans l’édifice livré par Roland Castro en 1989-1990, les collections se redéploient de l’autre côté du fleuve Charente, à une passerelle de leur lieu fondateur. Le nouvel espace consacré au 9e art s’étale sur 4 500 m2, avec des réserves à sa mesure, et, sur plus de 2 000 m2, des surfaces réservées au public : outre les vastes salles d’expositions, permanente et temporaire, elles offrent des locaux de médiation, un auditorium (65 places), un centre de documentation (en 2010), une librairie (25 000 titres)… Pour l’aménagement intérieur et la scénographie, l’architecte Jean-François Bodin a opté pour une simplicité très contemporaine, jouant de dégradés de gris, d’abat-jour et d’assises colorés et de plafonds tendus de lumière. Un parti pris de sobriété dont l’objectif est de valoriser au mieux des œuvres, des documents et des objets tirés d’un fonds patrimonial exceptionnel : quelque 8 000 pièces pour les seules planches ou dessins originaux – plus importante collection d’Europe – réalisés par de grands artistes français, européens, d’Amérique et d’ailleurs ; plus de 100 000 périodiques et illustrés et des objets dérivés. Claude Pauquet La CIBDI, établissement public de coopération culturelle financé par le Département de la Charente, la ville d’Angoulême, la Région Poitou-Charentes et l’Etat, regroupe désormais trois sites : le nouveau musée, le bâtiment Roland-Castro (bibliothèque, salles de cinéma, centre de documentation, centre de soutien technique multimédia, restaurant...) et la maison des auteurs. le coût de l’aménagement du musée s’élève à 9,5 millions d’euros, financés par Magelis, la Région, l’Etat et l’Europe. le bâtiment qui héberge le musée avait été préalablement acquis et réhabilité par magelis. 18 Dans la première et plus vaste salle de l’exposition permanente, le visiteur va serpenter à son rythme dans l’histoire foisonnante de la bande dessinée, du Suisse Rodolphe Töpffer à nos jours. Les débuts, 1833-1920 (Bécassine, Les Pieds Nickelés, Little Nemo...) ; l’âge d’or, 1920-1955 (Tintin, Zig et Puce, Spirou, Popeye, Le Spirit...) ; vers une bande dessinée adulte, 1955-1980 (Astérix et Obélix, Corto Maltèse, Gros Dégueulasse, Snoopy, Spiderman...) ; de la bande dessinée d’auteurs à l’arrivée des mangas, à partir de 1980 (Zep, Tardi, Satrapi, Trondheim, Spiegelman, Ware...). A l’exception d’un accrochage consacré à des reproductions de mangas, les planches originales seront présentées à plat sous vitrines avec, à disposition du visiteur, des informations (en français, anglais, espagnol), les ouvrages correspondants et de confortables salons de lecture. «La planche de bande dessinée est destinée à être imprimée et lue dans un livre, précise Gilles Ciment. Cette présentation la replace dans son contexte.» L’on pourra donc à plaisir contempler l’œuvre achevée, les séquences qui la composent et peaufiner la découverte grâce à des repères audiovisuels, d’ailleurs omniprésents dans le musée : interviews d’auteurs, documentaires... L’aspect genèse de cet art graphique narratif est développé de façon plus technique dans l’Atelier. Toutes les étapes de la création, du crayonné à l’encrage en passant par l’utilisation de l’informatique, y sont illustrées comme l’est celle du scénario... par une aventure de Lucky Luke signée Goscinny. Autres espaces : le Salon qui permet une approche plus spécifiquement esthétique, via l’exposition des plus remarquables dessins du musée signés, par exemple, Pratt, Hergé, Eisner, Moebius, Tardi, Franquin... et la Galerie, dont le contenu sera arrimé à l’actualité de la bande dessinée. Les expositions temporaires (4 par an) disposent d’un lieu modulable de 400 m2. Le premier événement d’envergure sera consacré au mythique personnage de Tarzan. D’abord présentée à Paris, au Quai Branly, l’exposition sera accueillie en 2010 à Angoulême. «Ce musée est une invitation à voir toute la variété de la bande dessinée, chacun peut y trouver les lectures de son enfance et découvrir, avec les auteurs contemporains, un autre pan de la bande dessinée, qui renouvelle le médium», promet le conservateur du lieu, Ambroise Lassalle. Astrid Deroost 15 e l’année pour tout voir, 22 e en duo. lieu d’exposition, de diffusion, le musée se doit aussi de conserver le patrimoine acquis. Cette ultime fonction impose, pour les œuvres exposées, une rotation trimestrielle puis un séjour de trois ans en réserve avant réutilisation. Ce renouvellement permanent des contenus est un attrait certain pour les visiteurs qui, pour un abonnement annuel de 15 e, pourront venir et revenir au musée, fréquenter les expos, assister aux conférences et bénéficier d’une remise de 5 % sur leurs achats en librairie. Pour l’année toujours et pour venir à deux, l’abonnement duo coûtera 22 e. ■ L’ACTuALITé PoITou-ChARENTES ■ N° 84 ■ FANzINoThèquE bouillon de contre-culture « r ubrique News : Dab a quitté JMN productions pour des raisons dont vous vous doutez : c’était des enfoirés.» «Rubrique nécrologique : Sect a la regret de vous annoncer le split total de Puscunt. […] Ils en avaient marre de jouer du deathgrind. Forcément tout le monde en joue !» Sect, dont nous publions ici des extraits, était un fanzine tourangeau sur la musique trash et hard. Il n’a apparemment survécu que deux numéros, mai et octobre 1994. Son rédac chef s’appelait Vlad (rapport à l’empaleur), et il évoquait la trajectoire de groupes locaux répondant aux doux noms de Sickness, Supuration ou Putrescence. Malgré son érudition et son franc-parler, Sect aurait été oublié à jamais si la fanzinothèque n’existait pas. Il est désormais archivé ici, à la lettre S, dans cette grande pièce en L, parmi des milliers d’autres titres. «A peu près 20 000, dénombre Cécile Guillemet, la directrice du lieu. Nous sommes un des endroits au monde qui en regroupe le plus, et en tout cas nous sommes les seuls à exister depuis 1989.» Bref, une Mecque du genre pourtant discrète, tapie au fond du Confort Moderne. C’est l’unique coin éclairé l’après-midi, tout droit après le bar, à quelques pas de la salle de concert. Une proximité rock’n’roll parfaitement raccord avec la concentration hallucinante de publications alternatives du monde entier. anniversaire Du 12 au 16 mai, pour ses 20 ans, la fanzinothèque invite pour la première fois des consœurs britanniques, américaines, allemandes ou espagnoles, lors de la 1re rencontre internationale du genre. Des expos, des concerts gratuits ou des ateliers de sérigraphie sont prévus. Programme complet sur www.fanzino.org Musique, BD, polar, politique, sciencefiction… On prend ici la pleine mesure du mot fanzine, contraction de fan et de magazine. Des publications à 90 % éphémères, créées et diffusées par des bénévoles. Leurs moteurs : la passion, la rage de faire découvrir un mouvement artistique ou des opinions minoritaires ignorées par la presse traditionnelle. Le fanzinomane, nourri à la contre-culture, est volontiers contestataire, radical, anarchiste. «A chaque fois que nous entendons parler de la valeur travail, nous reprenons une bière», décapsule la revue grenobloise Au bord du noir, dédiée aux polars. Mais il existe des exceptions : «Je viens de recevoir le fanzine d’un membre du MoDem… annonce Marie Bourgoin, la documentaliste. Bon, je ne sais pas trop quoi en faire.» Il finira peut-être entre un canard végétalien et un brûlot anticapitaliste. Ce melting-pot d’opinions et de thématiques représente un des grands atouts du lieu. Bien sûr, le visiteur peut se perdre dans ces textes parfois illisibles, mis en page de façon approximative, s’escrimant sur des sujets hermétiques. Par exemple la différence – toujours dans Sect – entre l’atmospheric death metal et l’atmospheric-doom-technic-metal. Puis on finit par tomber sur une revue qui nous parle. Parce qu’elle évoque avec brio un vieux groupe qu’on croyait oublié. Parce qu’on n’a jamais lu de fanzine croate. Ou parce que le mauvais goût assumé de certains interpelle. Nulle part ailleurs on peut trouver un gros plan de testicules en couverture (l’américain Horizontal Action n° 15). Nulle part ailleurs, la liberté d’expression n’est autant revendiquée et usée jusqu’à l’os – oui, des crânes en une. C’est drôle, choquant ou gonflant. Jamais tiède. Le fanzine traverse les années à la marge, et ne semble pas prêt de rendre l’âme. «Il n’est pas menacé par les webzines [fanzines en ligne], ils sont complémentaires», assure Cécile Guillemet. Certains mouvements, comme le punk, restent ainsi viscéralement attachés au support papier. No future for the queen, un futur pour les fanzines. A Poitiers, on en reçoit une centaine par mois, et le flot ne tarit pas. David Perrault Fanzinothèque (entrée libre et gratuite) 185, rue du Faubourg du Pont-Neuf 86000 Poitiers 19 ■ L’ACTuALITé PoITou-ChARENTES ■ N° 84 ■

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    Actu084avr2009_18-19.

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