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Vincent Ard

Le secret du dolmen. Vincent Ard travaille sur une thèse dont le sujet porte sur « les traditions techniques et les savoir-faire céramiques au Néolithique récent et final dans le Centre-Ouest de la France ».

Par Pauline Lumeau, photo Noémie Pinganaud.

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    archéologie vincent ArD le secret du dolmen v incent Ard a vint-cinq ans. Inscrit à l’Université de Nanterre (Paris X), il travaille sur une thèse dont le sujet porte sur «les traditions techniques et les savoir-faire céramiques au Néolithique récent et final dans le Centre-Ouest de la France». Le Néolithique (5 000 à 2 000 avant J.-C.) voit apparaître les premières productions de céramiques. Répondant aux phénomènes de mode, elles permettent aujourd’hui aux archéologues de déterminer la chronologie d’occupation des sites. «De 3 500 à 3 000 avant J.-C., on observe dans la région, dans les vallées de la Charente et de la Vienne ainsi que dans le Marais poitevin, l’apparition d’une céramique grossière, peu lissée et non décorée ; alors que l’on trouve à la même époque, sur la façade atlantique, des poteries de bonne qualité et richement décorées. L’objectif de ma thèse est d’essayer de mieux comprendre cette production qui, jusqu’alors, n’était pas caractérisée.» Vincent Ard propose une classification de ces céramiques, non pas uniquement sur leur forme et leur décor comme la majorité des études portant sur les poteries, mais sur leurs techniques de fabrication. Il suit ainsi la chaîne opératoire de conception, de l’acquisition de la matière à la création de la forme. vincent ard devant le dolmen de la pierre levée à poitiers. Parallèlement et toujours dans le cadre de sa thèse, Vincent Ard a sollicité le musée des tumulus de Bougon afin de monter avec lui une exposition sur la pittoresque histoire du dolmen de Puyraveau situé près de Thouars. «Lors de mes études sur la céramique dans le nord Deux-Sèvres, je me suis penché sur l’histoire de ce site situé sur la commune de Saint-Léger-sur-Montbrun, explique-til. Je savais que le dolmen avait été pillé dans les années 1960 par un groupe de jeunes lycéens. Peu de temps après, le doyen Etienne Patte, directeur de la circonscription des antiquités préhistoriques de Poitou-Charentes (aujourd’hui Service régional de l’archéologie) avait récupéré les objets sortis par les jeunes en leur expliquant qu’ils ne seraient pas inquiétés judiciairement s’ils rendaient leur larcin. Les objets récupérés, le doyen Patte les publia en 1971. Tout le monde fut étonné par la quantité de matériel trouvé : une vingtaine de poteries et de poignards en silex, plus de quatre-vingt-dix pointes de flèche, des parures et des outils en os.» Dans les années 1970, Georges Germond, instituteur, se lança dans un inventaire des mégalithes des Deux-Sèvres. Lors de ses recherches, il découvrit que les objets livrés par les jeunes n’étaient en réalité qu’une petite partie des objets soustraits. En effet, le groupe avait conservé du matériel. Pire que cela, le site étant situé sur une propriété privée proche d’un dépôt de munitions, l’un des employés avait observé le pillage des lycéens de son mirador. Lorsque les jeunes se rendaient en classe, lui et un de ses amis venaient dévaliser le dolmen. Le résultat de l’inventaire de Georges Germond multiplia le nombre de matériel trouvé par deux : une cinquantaine de vases, près de quatre-vingts poignards, plus de deux cents pointes de flèches… Intrigué par cette histoire hors du commun, Vincent Ard mène son enquête en 2008. Il retrouve alors l’ancien instituteur ainsi que l’ensemble des lycéens qui ont soigneusement conservé le mobilier du dolmen. Lors des entretiens avec le doctorant, ils lui expliquent leurs aventures comme si elles dataient d’hier. «Ils avaient créé un club d’archéologie et de spéléologie à Thouars, raconte Vincent Ard. Ils ont fouillé pendant deux ans. Ils emmenaient le matériel dans une salle que la mairie leur avait prêtée. Là, ils restauraient les objets, les marquaient, tenaient des carnets de notes et prenaient des photographies. Le plus étonnant, c’est qu’ils disent avoir prévenu les autorités mais que personne ne leur a répondu, donc ils ont continué.» Aujourd’hui, les anciens du «club», qui possèdent encore le matériel chez eux, regrettent la fouille clandestine du dolmen qu’ils effectuèrent à l’époque. Toutefois, lorsque Vincent Ard leur a proposé de prêter ce matériel pour l’organisation d’une exposition rassemblant pour la première fois la quasi-totalité des objets du dolmen, ils ont volontiers accepté, souscrivant entièrement à ce projet muséographique et à la publication scientifique qui suivra. Du 10 juillet 2009 au 3 janvier 2010, à l’occasion de l’exposition «Le secret du dolmen», leur trésor sera présenté aux côtés des collections Patte du musée Sainte-Croix de Poitiers et de celle du musée des tumulus de Bougon. On y découvrira le matériel du dolmen de Puyraveau, monument apparaissant aujourd’hui comme l’un des monuments mégalithiques le plus riche de France en mobilier. Pauline Lumeau exposition “Puyraveau, le secret du dolmen“ du 10 juillet au 3 janvier. Musée des tumulus de bougon. tél. 05 49 05 12 13 www.deux-sevres.com/musee-bougon ■ L’ActuALité Poitou-chArentes ■ n° 85 ■ 105 Noémie Pinganaud

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    actu085juil2009_105

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